ISBN : 275480305X
Éditeur : Futuropolis (2011)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Atteint d’un cancer généralisé, 3 kilos de tumeur, M. Vanadris est pris en charge dans un centre de soins palliatifs. Il suivait jusqu’ici une chimiothérapie, qu’il a été décidé d’abandonner. Le personnel soignant règle les détails de son séjour. Une perfusion d’analgé... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 21 mars 2012

    chocobogirl
    Un fils qui se remémore ses souvenirs d'enfance avec son père. Un homme qui arrive dans un centre médical. Un coup de fil amer qui évoque la fin prochaine d'un homme et la nécessité des soins palliatifs. Mr Vanadris se meurt, vraisemblablement d'un cancer. Il est affecté désormais dans un centre de soins palliatifs, où il finira ses jours. Son fils tente de l'accompagner alors que le vieil homme essaye d'appréhender la mort et la déchéance. Des moments intenses de fin de vie entre un père et son fils.
    Mr Vanadris entre donc dans cette unité médicale en sachant qu'il n'en ressortira pas vivant. L'accueil est chaleureux, le personnel tente de le mettre à l'aise mais comment accueillir sereinement l'idée de finir. Vient la ronde des traitements de plus en plus forts, les attentions des infirmières qui sont d'une cruelle ironie.
    " - Il faut manger pour prendre des forces...
    - Des forces ? Pour quoi faire ? "
    Son quotidien se rythme au gré des visites régulières de son fils et de ses discussions avec un jeune prêtre sur la foi et la mort. Mais, la déchéance le guette inéluctablement et les fantômes qu'il croise dans les couloirs ou gisant dans leur lit d'hôpital sont d'autant plus effrayants lorsque l'on sait que cela sera votre devenir.
    Cyril, le fils, tente le plus possible d'être présent auprès de son père. Il essaye de tenir le choc en gardant une vie en apparence normale. Mais le magasin des pompes funèbres n'est pas loin et les inquiétudes de son père qui tente de lui faire comprendre qu'il souhaiterait qu'on abrège ses souffrances ne fait qu'accentuer sa douleur. Une souffrance dont les autres tiers seront victimes, par ricochet.
    Il est évident que La Mort dans l'âme n'est pas un livre gai. Mais la force de cet album est telle qu'elle ne pourra que toucher au coeur chacun d'entre nous.
    Un homme se meurt. Il apprend à accepter l'idée de sa finitude, et à ne plus craindre la mort. Accepter la mort, oui, mais vouloir aussi décider de quelle manière on ira l'embrasser. Un dernier sursaut de dignité pour un homme qui vit ses derniers instants, une façon de rester encore maître de ce qui reste de vie.
    Un fils voit son père mourir. Il se sent impuissant à l'aider, à apaiser ses douleurs physiques. Un fils qui peine lui aussi à accepter la fin de son père et se refuse à y jouer un rôle actif.
    Mais surtout entre ces deux hommes, il y a ces derniers moments de complicité, d'affection, de conversation.
    La fin imminente de l'un renforce la force du lien qui les attache.
    La relation entre le père et son fils, voilà ce qui m'a le plus bouleversé dans cet album.
    Sans y toucher, les auteurs donnent vie avec une grande force de réalisme à ces derniers moments de vie commune. La façon des bien portants de parler de banalités, de garder une apparence joviale et presque positive pour ne pas plomber un peu plus l'ambiance et surtout cacher leur propre souffrance afin de ne pas alourdir celle du malade. Ces silences pesants qui contiennent à eux seuls plus de mots que vous ne pourrez en dire. Ces petits bonheurs futiles, comme le vol d'un papillon, auquel on fait désormais attention. Ces moments intenses où l'on essaie malgré tout d'avouer ses peurs et d'en partager le poids. La maladresse des proches, les formules éculées pour réconforter. La douleur qui reflue lorsque la porte de l'hôpital est tournée.
    Pour tout cela (et bien d'autres choses encore, comme la mémoire, la transmission, le rapport avec son propre statut de père, etc...), cet album est totalement bouleversant.
    Alors même si le sujet principal était surtout la question de la fin de vie, de l'euthanasie et du choix d'une mort digne, La Mort dans l'âme m'a touché personnellement pour cette relation-là, pour l'authenticité de ces moments.
    Il est évident que chaque lecteur ressentira une émotion différente selon sa propre expérience, sa sensibilité. Pour ma part, mon père est heureusement bien vivant et on ne peut "m'accuser" d'y retrouver là une part de vécu. Pourtant, cet album renvoie à d'autres pertes, à nos propres peurs aussi peut-être. Chacun ne pourra nier de devoir faire face un jour à la mort d'un proche et il me semble que cette histoire ne pourra que parler, peu importe la manière, à tous les lecteurs.
    Je vous l'avoue donc sans honte, j'ai terminé cet album à chaudes larmes. Des larmes arrivées de manière totalement impromptue au détour d'une page, sans que j'en sache la raison. Et la rédaction de ce billet me fait sensiblement le même effet...
    Alors voilà, pour une fois, je ne m'étalerais pas sur les caractéristiques plus "techniques" de cet album, sur son scénario, sur son dessin crayonné si torturé.
    Seule l'émotion qui reste est essentielle. Et nos questionnements. Que feriez-vous à la place du fils ? Comment réagiriez face à la déchéance de ceux que vous aimez ?
    Je vous invite très très chaleureusement à trouver vos propres réponses dans ce formidable album qui s'arrête sur des questions quelques peu taboues tout en bouleversant son lecteur sans tomber dans un pathos gratuit.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-mort-dans-l-ame-910..
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 09 mai 2012

    liratouva2
    M. Vanadris, dans les quatre-vingts ans, est en fin de vie. Cancer probablement. Une tumeur de deux kilos dans le corps. Il n'en peut plus. Il est en phase terminale et son fils Cyril, qui l'adore, doit l'accompagner dans un établissement de soins palliatifs. Visite du centre avec un docteur. Accueil pour remplir les papiers. Mise en fauteuil. La nourriture, les autres malades, tous plus mal en point que lui les premiers temps. Il les voit se dégrader peu à peu jusqu'à leur disparition, ce qui le déprime encore plus. Les soins consistent essentiellement en des injections de morphine. Les tuyaux s'ajoutent toujours plus nombreux au fil des jours. Son seul plaisir consiste à regarder le Tour de France à la télévision. Il préfère parler au prêtre de l'hôpital plutôt qu'au psychologue. Arrive le moment où son état est tel qu'il réclame l'euthanasie. Refus du prêtre et du médecin, chacun se retranchant derrière des interdits religieux ou légaux. Seul le fils, par amour, finalement, décide de rester une nuit près de lui. Il a respecté le désir de son père de l'aider à partir.
    Les dessins sont simples et couleur sépia. On ne les remarque pas vraiment tant ils sont au service du récit.
    J'ai aimé cette histoire dure mais réaliste et courageuse. Sur le thème du dernier âge, j'avais déjà beaucoup aimé: Rides de Paco Roca mais ici, le thème va plus loin et touche à un problème de société très actuel: la liberté et la possibilité légale et médicale pour un mourant de décider du moment de sa mort. Ce n'est pas un plaidoyer, juste un constat. J'ai apprécié.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.fr/2012/05/la-mort-dans-lame-de-sylvain-r..
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    • Livres 4.00/5
    Par alouett, le 27 septembre 2011

    alouett
    (...)
    L'album s'ouvre sur un poème d'Étienne Ricard. Les mots sont justes pour décrire l'émotion et la tristesse liée à la mort imminente d'un proche, tout l'album le sera. Cette fiction réaliste invite le lecteur à vivre les derniers jours entre un fils et son père. Entre déni, peur et volonté d'être présent dans ces derniers instants, le scénario met en valeur la complexité voire la confusion des sentiments des personnages. On passe une bonne partie de cet ouvrage à observer, confortable position sur un tel sujet qui nous permet d'épier les moindres réactions des deux hommes, de nous imaginer in situ mais sans angoisse. Pourtant, force est de constater que le récit nous happe au dernier tiers de l'album. le ton change, on ne peut plus se contenter de survoler, on doit s'impliquer. L'émotion des personnages est alors palpable, la manière dont elle est retranscrite fait écho auprès du lecteur. On ressent leur désarroi et leur impuissance à gérer la situation, chacun étant dépendant de l'autre. Sylvain Ricard nous propose une réflexion intéressante sur la mort et le sens de la vie. A cela s'ajoute les interventions de trois personnages secondaires, eux aussi utilisés à bon escient. Ils permettent tour à tour d'enrichir la narration de nouveaux éléments : le regard professionnel et compréhensif du médecin, celui du jeune prêtre (plus dans l'écoute du ressenti) et enfin, le regard plus distancié de la compagne de Cyril (qui fait preuve d'empathie). L'ensemble donne une vision réaliste et profondément humaine de ce qu'implique l'euthanasie (humainement parlant). Sans juger, sans prendre parti et sans pathos, Sylvain Ricard a trouvé le bonne équilibre pour traiter intelligemment cette question
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/09/27/la-mort-dans-lame-ricard-wens/
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    • Livres 5.00/5
    Par MissAlfie, le 26 mars 2012

    MissAlfie
    Voilà un ouvrage qui a le mérite de poser des questions intéressantes et importantes. Il soulève les sujets de l'acceptation de la maladie, le fatalisme face à la mort, l'accompagnement de fin et de vie et, bien évidemment, l'euthanasie sous différentes formes (par le médecin, par un proche ou par un suicide plus ou moins assisté). Les questions sont posées mais à aucun moment l'auteur ne prend parti. Il laisse au contraire le lecteur se faire son avis, combler les lourds silences induits par nombre de situations. C'est dur, c'est violent, ça prend la gorge mais la lecture de cet ouvrage n'a pas d'autres buts que d'amener le lecteur à se poser les questions de savoir comment il réagirait si cette situation devait arriver à lui ou un de ses proches.
    Graphiquement, l'utilisation du seul crayonné sur un fond sépia ajoute à la gravité du propos. Les traits sont simples mais l'évolution du père du héros est notoire. On est également frappé par le contraste entre la position du personnel soignant, ses phrases toutes faites, ses sourires de façade et la position du malade qui connaît sa situation et qui a pleinement conscience qu'il ressortira de ce centre entre quatre planches. La force de cet ouvrage tient dans son réalisme simple. Par là, je veux dire qu'il n'en rajoute pas pour faire pleurer dans les chaumières. Il reste juste, simple, objectif dans les descriptions des diverses situations. Tout est fait pour mettre le lecteur au centre de la réflextion. Il n'y a pas forcément beaucoup d'autres choses à dire sur ce livre sinon, qu'il est touchant et qu'il demande au lecteur une réflexion sur sa relation à la maladie et à la mort.

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/10/19/22336460.html
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Critiques presse (5)


  • BulledEncre , le 03 novembre 2011
    Isaac Wens utilise des tons sépia et un coup de crayon sombre et peu précis qui illustrent parfaitement cette période de phase terminale. Sylvain Ricard, le scénariste, met le doigt sur un thème tabou en France, à travers deux personnages touchants par leurs rapports entres eux.
    Lire la critique sur le site : BulledEncre
  • ActuaBD , le 31 octobre 2011
    Outre que La Mort dans l’âme repose aussi sur un véritable suspense (le fils aidera-t-il son père à mourir ?), les questions abordées ne touchent pas seulement les lecteurs ayant l’expérience du deuil. Les personnages du médecin et du prêtre alimentent la réflexion sur la mort, l’euthanasie et la foi.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD
  • Actualitte , le 17 octobre 2011
    Les dessins gribouillés, hystériques, qu'elle jette sur le papier à ces moments-là comme un ultime contact avec le monde réel sont bouleversants, et viennent ponctuer comme autant de stations sur un chemin de croix le récit de son traitement sous la forme d'une bande dessinée claire et fluide... Exprimer l'indicible par des moyens très simples, c'est la force de cet album exemplaire !
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Sceneario , le 07 octobre 2011
    Une bande dessinée certes grave mais sensible, qui a l'avantage de mettre sur la table la dure problématique liée à l'acte irréversible qui pourrait mettre fin à la vie d'une personne pour lui éviter de souffrir.
    Lire la critique sur le site : Sceneario
  • BDGest , le 03 octobre 2011
    La maladie, la mort, la souffrance voire l'euthanasie sont des sujets difficiles à aborder, ce que les Sylvain Ricard et Isaac Weins font avec délicatesse. L'album est agréable à lire, suffisamment réaliste pour être crédible, trop sans doute pour s'y précipiter.
    Lire la critique sur le site : BDGest

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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    Tu sais, c’est comme si j’avais visité une maison témoin. Tu passes dans le couloir et tu vois toutes les étapes qui te conduiront jusqu’au bout. Et toutes ces blouses qui s’acharnaient autour de lui… Je veux bien finir ma vie, mais pas comme ça. Je préfère qu’on me laisse mourir tranquille
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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    Le suicide est autorisé, mais lorsqu’on en a le plus besoin, qu’on est le plus démuni, que la mort devient un outil de dignité, c’est alors qu’on vous le refuse. Comme si on n’était plus propriétaire de sa propre vie…
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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    Je ne suis qu’une folle envie d’ouvrir une fenêtre sur la vie
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  • Par Gregor, le 17 novembre 2011

    Ben, les soins palliatifs, tu sais ce que ça veut dire, non ? ça veut dire que c'est la fin. Qu'il va mourir, quoi.
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