ISBN : 2916207309
Éditeur : Editions Ca et Là (2008)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Après quelques 40 années de vie commune, Maggie et David Loony choquent leurs trois enfants en leur annonçant qu’ils se préparent à divorcer. Leur explication est des plus simples : « nous ne nous aimons plus ». Cette annonce lance une réunion de famille de 6 jours dans... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par alouett, le 08 septembre 2011

    alouett
    Invités par leurs parents pour une Fête de famille, Peter, Claire et Dennis se retrouvent. Ils ont tous quitté le cocon parental depuis quelques années et ont commencé leurs vies d'adultes. Dennis, l'aîné, s'est installé en couple, il est désormais jeune père de famille. Claire est mère-célibataire depuis sa rupture avec le père de Jill. Peter, le cadet, égocentrique et éternel célibataire, tente de percer dans le domaine artistique.
    Cette année-là, rien ne leur laissait présager ce qui allait se passer au sein de la famille Loony. Après 40 ans de mariage, leurs parents ont décidé de divorcer. Si la nouvelle semble n'affecter ni Claire, ni Peter, elle ébranle Dennis qui tente en vain d'en comprendre les raisons.
    -
    Un album réalisé de mars 2005 à aout 2007 qui, en 720 pages, parvient à nous offrir un concentré de tracas quotidiens et d'émotions. Prétextant un couple qui se sépare, Dash Shaw explore l'onde de choc que cet événement déclenche au sein d'une famille américaine banale. Tel un avion qui se pose en douceur, à l'image des premières planches de l'album, le lecteur prend progressivement sa place d'observateur du drame familial. Observateur n'est pas voyeur puisque l'auteur s'aide de nombreux passages muets pour créer une ambiance inattendue et une profondeur agréable à son récit. Bien qu'assez lent, le rythme de l'album nous permet d'accompagner les membres de cette famille bon an mal an le temps d'une semaine (deux tout au plus).
    Un huis-clos prenant où se dévoilent tour à tour les personnalités des différents personnages. Seule bizarrerie : le frère cadet – que j'ai sentis (pour une raison que je n'explique pas) proche de l'auteur – est le seul membre de la famille qui n'a pas visage humain. Peter la grenouille évolue donc dans ce récit comme un être à part, cet anthropomorphisme sert à merveille le caractère décalé d'un personnage en quête d'identité, de sexualité et de réponses.
    Quant au divorce, c'est l'événement qui focalise l'intrigue et le déclencheur de bien des révélations. le drame familial force tendrement les personnages à se rapprocher et à se soutenir. On les découvre initialement tous très étrangers et extérieurs les uns aux autres puis, progressivement, les langues se délient et s'autorisent confidences et complicité. Peu à peu, ils mettent en mots leurs sentiments malgré le poids du paraître et des conventions qui pèsent lourdement sur cette famille jusque-là habituée aux non-dits.
    Avec ironie, Dash Shaw illustre cette tranche de vie de longs passages silencieux mais lourds de sens. Il donne à certains visuels une pointe d'humour délicieuse qui force le lecteur à réfléchir sur la notion de famille et de relations inter générationnelles. Comme dans les mangas, on trouve ici de nombreuses onomatopées inhabituelles pour un Comic. Une planche qui craque, une porte qui s'ouvre, des objets qui s'entrechoquent… sont autant de détails qui permettent au lecteur de s'immiscer dans la vie de cette famille voire de s'y investir tant on entre dans leur intimité et on partage leurs souvenirs. Je me suis même prise au jeu de décrypter une lettre d'amour codée…
    Difficile d'affirmer s'il y a un personnage se détache en particulier. Excepté Peter qui intrigue, on passe tour à tour des moments privilégiés auprès de chacun d'eux. Au terme de la lecture, les personnages ressortent profondément grandis de ce séjour en famille atypique, le lecteur ressort avec la satisfaction d'être dans la confidence qui lui permet enfin de donner du sens à ce titre on ne peut plus original. Seule Maggie, la mère, semble stoïque, inébranlable… Je pense qu'une seconde lecture me serait utile pour porter plus attention à ce personnage et relever les éléments du récit qui m'ont échappé à la première lecture.
    BOTTOMLESS BELLY BUTTON devraient plaire aux amateurs de récits intimistes. Un album qui se découpe en trois chapitres, trois marqueurs de temps différents qui mettent réellement en valeur la période-charnière que sont en train de vivre les 7 personnages de l'univers de Dash Shaw. Comme l'explique si bien Chronicart : « Ce n'est pas une nostalgie ringarde et creuse qui le conduit à cataloguer ces moments fugitifs. Il traque, avec un soin maniaque, les traces du vécu, la densité et l'épaisseur des sentiments« .
    Un album d'une richesse certaine sur le thème du couple et ses variantes (relations hommes femmes, parents-enfants, liens entre les membres d'une fratrie…). Il nous renvoie à nos préjugés et à nos propres valeurs. Les clichés y sont nombreux mais la manière dont Dash Shaw les utilise est intéressante. Un album dans lequel je suis progressivement entrée et dont je sors convaincue.

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/09/07/bottomless-belly-button-shaw/
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sejy, le 29 mai 2010

    Sejy
    Je devrais le savoir, ce n'est pas la taille qui compte ! Pourtant, à l'instant où l'intimidant « BOTTOMLESS BELLY BUTTON » m'exhibe ses cinq monstrueux centimètres (d'épaisseur), je me sens subitement indisposé. L'album, sous ses extérieurs de parpaing bicolore, renferme la bagatelle de 720 pages. le plaisir sera-t-il à la hauteur de la besogne ? … Ooooh oui !!... En réalité, il se passe peu de choses dans ce roman graphique et la narration fluide, en dépit d'un pouls engourdi, favorise une lecture relativement rapide (deux heures trente, montre en main). Sa densité émotionnelle et sa sensibilité n'en sont que plus inattendues. Une perception de l'essentiel encouragée par une singulière et talentueuse manière de raconter.
    La page de garde annonce la couleur : une chronique familiale, tapisserie tramée de trois perspectives. Trois points de « fuite » délivrés comme autant de récits autobiographiques indépendants qui se croisent, s'entrechoquent et laissent émerger les approches contrastées d'adultes appréhendant l'annonce du divorce de leurs parents septuagénaires. Dennis, l'ainé (peut-être le plus immature), va progressivement péter les plombs. Claire, plus nonchalante, trouve dans cette réunion de famille l'occasion de profiter d'une semaine de vacances. Peter, enfin, se montre carrément indifférent. Looser déprimé et frustré, nanti d'une déplorable image de soi, il est affublé tout au long de l'album d'une étonnante tête de grenouille. La métaphore fantaisiste pour un « crapaud » qui n'a pas encore trouvé sa princesse.
    Chacun des itinéraires, chaque point de vue va tirer parti d'une construction imparable. L'abstraction d'un dessin « blanc et sable » minimaliste et le langage très naturel délivré par des dialogues stylisés et économes secondent une mise en scène tout aussi inspirée que limpide. Une chirurgie cinématographique où l'auteur dissout le temps dans l'accumulation de plans-séquences éclatés dont l'action parfois si ralentie donne l'impression d'observer les poses successives d'une bobine 35 mm (48 cases pour une scène de déshabillage, pensez donc !). Intégrant régulièrement des mots, des onomatopées explicites dans la scénographie, il affine notre compréhension contextuelle et émotionnelle de l'environnement. Ainsi, que ce soit dans la description de l'anecdotique ou du plus substantiel, il traque le moindre mouvement, la moindre attitude qui laisserait trahir un sentiment. Cette appréhension méticuleuse de l'intime, mise en exergue croissante des caractères, autorise une empathie plus tangible. Elle devient totale quand Shaw affiche sa maîtrise d'une certaine plasticité de la lenteur. Modulant la taille des cadrages et des espaces intericoniques, il invente une ponctuation, créée des respirations temporelles qui génèrent la réflexion et l'introspection. Invité à lire entre les cases, à lire entre les gens, on verra poindre l'âme collective cachée derrière les individualités.
    Au travers d'un remarquable questionnement mélancolique sur la famille et la vie en générale, ce pavé libère une force d'attraction telle que l'on engloutit ses innombrables pages sans s'en apercevoir. À la dernière, on s'étonne et l'on déplore que tout soit déjà terminé.
    Monsieur Dash, j'en reprendrais bien cinq centimètres !

    Lien : http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8295&action=6
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    chocobogirl
    Bienvenue dans la famille Loony ! Après 40 ans de mariage, les parents ont décidés de divorcer. Ils ont réunis leurs 3 enfants pour leur annoncer. La semaine de séjour dans leur maison en bord de plage s'annonce longue, très longue pour tous les membres de la famille. Chacun se retrouve face à ses échecs. Dennis l'ainé, lui même père d'une jeune bébé, est complètement bouleversé et cherche à tout prix une explication. Sa femme qui a l'impression que sa vie est toute tracée cherche de rares moments de liberté. Claire se remet difficillement de son divorce et cherche à comprendre une fille adolescente mal dans sa peau. Enfin Peter, le dernier fils, est un looser. Réalisateur raté, il découvre enfin l'amour dans les bras d'une jeune femme un peu spéciale. On va partager avec cette famille le dernier séjour où la famille sera réunie.
    Tout d'abord, n'ayez pas peur du pavé de 700 pages sous lequel se présente ce formidable roman graphique. Sa lecture est très fluide et son graphisme prend le temps de s'attarder sur les détails du quotidien sans alourdir le récit. On y trouve des planches sans paroles, des plans de maison, des lettres,des messages crytptés ...
    Mais ce qui touche dans ce récit, c'est la richesse de la palette émotionnelle. Dash Shaw, auteur de 25 ans je le rappelle, a su rendre avec brio les sentiments contrastés des personnages qui ont une tous une personnalité bien marquée. Chacun est noyé dans sa solitude et les échanges sont rares dans cette famille.
    Un roman graphique qui parle de mémoire, du passage à l'age adulte, de fuite des responsabilités, de relations humaines, où chaque lecteur pourra se reconnaitre.
    Les 40 premières pages sont à lire gratuitement ici.
    Vous pouvez aller faire un tour sur le site internet de Dash Shaw : http://www.dashshaw.com/ où il publie actuellement "Bodyworld" (un nouveau chapitre tous les mardis)


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-35901247.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 06 janvier 2011

    Lencreuse
    Toute la famille Loony est réunie dans la maison familiale en bord de mer pour quelques jours. L'occasion pour Patrick et Maggie, les parents septuagénaires d'annoncer à leurs trois enfants qu'ils divorcent. Quarante ans de mariage et juste une petite phrase, « nous divorçons », laconique. Si Claire et Peter sont surpris par la nouvelle, ils semblent l'accepter plus facilement que leur aîné Dennis qui cherche en vain une explication. « Nous ne nous aimons plus » lui répond sa mère mais pas assez pour Dennis, jeune père, qui est ébranlé par le divorce de ses parents. Pendant six jours, les trois enfants et leur famille vont assister aux derniers instants de vie commune de Patrick et Maggie. Aki, la femme de Dennis, se sent démunie devant la réaction de son époux et incapable de l'aider. Claire, elle-même divorcée du père de sa fille adolescente Jill, ne s'immisce pas dans ce divorce, essayant juste de passer un peu de temps avec ses parents. Quant à Peter, le dernier de la famille, il reprend son rythme d'ado entre joints, alcool, hygiène douteuse et heures passées dans sa chambre. Il vivra aussi le temps de cette semaine une histoire amoureuse avec une jeune fille un peu étrange rencontrée sur la plage.
    Si vous aimez l'action et les péripéties à tout-va, passez-vous votre chemin ! Cet énorme pavé (700 pages) a le rythme lent de la vie qui s'écoule, il prend le temps des petites choses, des gestes quotidiens. Il explore les solitudes intérieures mais aussi les petits instants de partage entre membres d'une famille. Chronique des derniers instants d'un couple et chronique familiale, BOTTOMLESS BELLY BUTTON offre une narration linéaire mais originale par son organisation : pages à vignettes classiques, plans de maison, place laissée à une seule case… (Bref plus facile à voir qu'à expliquer…) apportant une vraie force au récit. Un bon gros roman graphique tendre et touchant.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Culturopoing, le 16 décembre 2011

    Culturopoing
    Acclamé par le festival d'Angoulême, considéré par les journaux américains comme l'une des révélations de l'année dans son domaine, j'espérais naïvement que ce livre au titre incroyable me provoquerait un choc à la hauteur du Jimmy Korrigan de Chris Ware. Mais malgré une épaisseur « convaincante » (720 pages), une présentation beige et noire élégante et des annotations anodines proches de l'esprit de son mentor, ce livre très porteur n'est pas le chef d'œuvre escompté.

    Lisez notre chronique en entier pour découvrir pourquoi nous sommes déçus, et pourquoi nous aimons quand même un peu... le tout sur Culturopoing !

    Lien : http://www.culturopoing.com/Livres/Dash+Shaw+%E2%80%93+%E2%80%9CThe+..
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 08 septembre 2011

    Je suis le cliché du petit dernier qui ne trouve pas sa place. Ma famille me considère comme une espèce de grenouille étrange et idiote
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  • Par Gregor, le 21 décembre 2011

    Mon père me parle comme si je le démarchais au téléphone. Rien que moi. J'ai réalisé ça quand j'étais au collège. Je suis le cliché du petit dernier qui ne trouve pas sa place. Ma famille me considère comme une espèce de grenouille étrange et idiote. Tu trouves que j'ai l'air d'une grenouille ? Quelque fois, j'ai cette impression.
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