ISBN : 2070349284
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 26 août 2011

    Malaura
    Ralph Greenson fut le dernier analyste de Marilyn Monroe.
    De 1960 jusqu'à sa mort prématurée en Août 1962, ils vécurent une relation plus fusionnelle et destructrice qu'une relation amoureuse.
    Au-delà de son rôle de médecin de l'âme, il fut tour à tour un père, une mère, un frère, un ami mais il ne put la sauver d'elle-même, de sa peur et de sa solitude.
    Derrière le portrait lumineux de Marilyn se cachait Norma Jean, petite fille perdue parmi les étoiles d'Hollywwood.
    Ce n'est pas une biographie de Marilyn que propose Michel Schneider, ni un ouvrage racoleur et voyeur sur celle qui est l'incarnation du mythe Hollywoodien.
    Cette histoire triste aborde l'attraction mutuelle et exagérée du cinéma et de la psychanalyse.
    Autour de Marilyn, l'écheveau complexe des images et des mots se dévide comme une bobine de film, donnant toute sa force à ce roman-montage fait de rushes, de fragments et de raccords.
    Un très beau livre récompensé en 2006 par le Prix Interallié.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Insensible au(x) charme(s) de Marilyn, indifférent aux frasques du microcosme hollywoodien, vierge de toute connaissance psychanalytique, pourquoi ai-je eu envie de lire ce livre ? Sans doute à cause des multiples articles parus au moment de la sortie de ce roman, qui faisaient l'éloge de la singularité avec laquelle était présenté le mythe Marilyn, dévoilant une facette moins connue et plus sombre de l'«ange blond».
    Et c'est vrai que dans Marilyn, dernières séances, Michel Schneider nous raconte une nouvelle histoire de blonde. Mais attention, pas n'importe quelle blonde, rien de moins que celle-là même qui a réussi l'exploit de faire fantasmer des générations d'hommes tout en touchant le cœur des femmes.
    Et pas n'importe quelle histoire non plus. Parce que justement, derrière la carrosserie impeccable du sex-symbol se cache une pauvresse toute déboussolée, prisonnière de cette image superficielle et de ce corps de rêve. "« Lee (Strasberg) dit toujours que je dois partir de moi-même. Je lui réponds : moi-même ? Qu'est-ce que c'est moi-même ? Qui ? Je ne suis pas si importante. Qui croit-il que je suis : Marilyn Monroe ? »"
    Sauf que si on n'est pas du genre à se contenter des simples apparences, souvent trompeuses, on s'en doutait déjà avant même d'avoir ouvert le livre. C'est pour cela que j'ai failli abandonner la lecture au premier tiers du roman. La brièveté des chapitres aidant, j'avais l'impression de lire ces chroniques parues dans Cinémonde ou Cinévogue, ancêtres de la presse people, où étaient rapportés les moindres faits et gestes des vedettes de l'époque. Pas vraiment déplaisant, plutôt élégant, mais pas passionnant outre mesure, d'autant plus qu'on connaît déjà l'histoire et même sa fin. Paradoxalement, cette impression est renforcée par un des tours de force de ce roman qui est de si bien mêler le vrai (relevant du document) et le faux (relevant du roman) qu'il est très difficile de les distinguer. Longtemps, j'ai eu le sentiment d'avoir été floué, de ne lire qu'une énième biographie plutôt que le roman annoncé. Alors, j'ai picoré quelques chapitres pour y revenir ensuite plus tard.
    Et puis, tout à coup, mon intérêt n'a cessé de croître au fur et à mesure que se profile une liaison contre nature entre la ravissante idiote et le psychanalyste freudien : Marilyn, la star de cinéma qui aimerait retrouver l'ombre et Ralph Greenson, le psychiatre hollywoodien (son quatrième thérapeute) qui ne rêve que de la lumière des projecteurs. Quelle est la nature exacte de son intérêt pour Marilyn ? Sont-ce les névroses de la star qui l'intéressent, ou plutôt la possibilité qu'il entrevoit à travers elle de pénétrer dans le temple du cinéma, et donc accéder enfin à la célébrité et à la reconnaissance dont il rêve ? Souvent m'est venue à l'esprit l'image du Docteur Frankenstein exploitant sa créature.
    Entre eux va se nouer une relation ambiguë, sorte de liaison amoureuse chaste mais passionnée et dévorante, dont les deux protagonistes vont devenir accros, de la même façon que Marilyn était accro aux drogues et aux somnifères. Cette relation va les conduire à tous les excès, chacun vampirisant l'autre. Marilyn va multiplier ses séances chez Greenson à raison de plusieurs séances chaque jour, tous les jours de la semaine, au moment de son suicide. Elle l'appelait plusieurs fois par jour, parfois même en pleine nuit. Quant à Greenson, il va outrepasser son rôle de psychanalyste pour s'immiscer dans la vie professionnelle de l'actrice, allant jusqu'à exiger des changements dans les scénarios, faire virer des producteurs ou se porter garant de sa présence sur les tournages. Il va transgresser la déontologie de sa discipline en accueillant dans son foyer Marilyn comme il l'aurait fait avec un membre de sa famille. Marilyn l'accaparait tant, l'obsédait tant qu'il a fini à n'avoir plus qu'elle comme patiente.
    A star is dead. Et puis arrive le jour fatidique. Là encore, Greenson sera à la fois la dernière personne à avoir vu Marilyn vivante, et la première à l'avoir découverte morte, ce qui alimentera les rumeurs quant à sa participation au supposé meurtre de la blonde atomique. Mais une autre qualité de ce roman est de ne privilégier aucune des théories qui ont cours pour expliquer la mort de Norma Jeane (suicide, overdose médicamenteuse, assassinat où tremperaient la CIA, la mafia, les Kennedy…). Schneider nous épargne toutes les théories fumeuses et révélations scabreuses. On reste avec un Ralph Greenson abasourdi par la disparition de sa patiente chérie, preuve incontestable de son échec et des limites de la psychanalyse, même s'il ne se l'avouera jamais. «Notre boulot, dit le médecin, c'est de les réparer, de les faire aller bien, juste assez bien pour nous quitter et aller à la mort.»
    Mais, pouvait-on sauver Marilyn de ses démons, la protéger d'elle-même ? Elle n'est pas glamour la Marilyn de Schneider, c'est une femme beaucoup plus complexe et moins lisse que le veut la légende, moins ingénue qu'il n'y paraît, objet de convoitise de tous les hommes de la planète mais n'hésitant pas, quand l'envie lui prenait, de devenir à son tour prédatrice en enfilant perruque brune et lunettes de soleil pour aller lever le premier venu qui voudrait bien la sauter. Toute sa vie, elle va souffrir de ne pas réussir à concilier son image et sa personnalité profonde, cherchant sans cesse à être rassurée, tant auprès des hommes que des somnifères ou de ses analystes...
    Seules les photographies avaient sur elle ce pouvoir d'apaisement, ce qui explique sans doute le nombre incalculable de clichés réalisés. « Mais tu sais, on change quand on change d'endroit. Nous avons tous un jeu de personnes, différentes manières d'être soi dans différents endroits. Je ne suis pas la même à New York et à Hollywood. Différente dans ce bar et sur un plateau. Différente avec Strasberg et avec toi. Je vois ça quand on m'interviewe. Les questions vous dictent les réponses et on paraît être telle ou telle personne. Les questions m'en disent souvent plus sur celui qui les pose que mes réponses ne lui en disent de moi. La plupart des gens se trompent quand ils pensent qu'ils sont un seul moi toute leur vie, bien plein, constant, fermé. Comme ils seraient plus tolérants envers les autres s'ils reconnaissaient qu'ils sont eux aussi en morceaux, troués, changeants. »
    Au final, ce qui était mal parti s'est avéré une lecture agréable en général, plus que ça même par moments. Car si j'ai eu un sentiment de déjà vu avec Marilyn, malgré l'éclairage nouveau de sa personnalité, j'ai en revanche été passionné par le personnage (mais peut-on parler de personnage pour quelqu'un qui a réellement existé ?) de Greenson, et je me suis mis à rêver du même livre, mais centré sur lui.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Marilyn%2C%20derni%C3%A8res%..
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 mai 2011

    cicou45
    Durant trente mois, Marilyn Monroe et son psychanalyste, le docteur Michel Schneider, formèrent un couple idyllique mais aussi le plus improbable qui soit.
    Michel Schneider revient dans cet ouvrage sur ce que fut sa vie avec Marilyn et nous retrace les derniers moments de sa vie. Il nous fait également un exposé de ce que fut sa vie en général. Marilyn Monroe, de son vrai nom Norma Jeane Mortenson, avait beau tout avoir pour elle (la beauté, la gloire, une foule de prétendants à ses pieds), elle n'était pourtant pas heureuse. Ayant terriblement manqué d'amour durant son enfance puisque, sa mère ne pouvant pas s'occuper d'elle en raison de sa vie très instable, elle a été trimballé de famille d'accueil en famille d'accueil. Cela se ressentira plus tard sur Marilyn qui, inconsciemment, reproduira le même schéma que sa mère et aura de nombreuses aventures sans lendemain. Elle a besoin de se sentir aimée et c'est ce que tenta de lui apporter son psychanalyste durant les derniers mois de sa vie.
    Livre poignant et bouleversant puisque le lecteur découvre Marilyn Monroe sous un autre oeil. Il comprend certains des comportements qu'elle a eu durant sa carrière et notamment sa façon obsédante de se faire aimer à travers l'objectif de la caméra. À découvrir !
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    • Livres 2.00/5
    Par ygounin, le 23 novembre 2011

    ygounin
    Ce livre a suscité en moi des sentiments paradoxaux.
    Je l'ai trouvé trop long : 500 pages serrées, répétitives, hypnotiques. Et pourtant j'ai aimé cette succession rapide de courts billets de 3-4 pages jouant à saute-moutons entre les époques.
    J'ai trouvé qu'il ne nous apprenait rien. On savait déjà que Marilyn s'était suicidée et que les théories autour de son assassinat par la mafia et/ou le FBI et/ou la CIA étaient fumeuses. Et pourtant, il ne prend pas parti sur les causes de sa mort, n'écarte aucune hypothèse.
    Je n'ai pas aimé ce livre de psychanalyste qui parle de psychanalyse aux analysés que nous avons tous été , sommes ou serons un jour. Et pourtant, je me suis laissé prendre à cette longue description de l'échec d'une cure.
    Arte avait demandé à Michel Schneider un scenario sur la psychanalyse et le cinéma. En faisant des recherches, l'auteur avait découvert la matière d'un livre. Finalement, trois ans plus tard, il en fera un documentaire qu'on peut télécharger (légalement ?) sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xa0kb4_marilyn-monroe-1_webcam. La boucle était bouclée.
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    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 04 mars 2011

    soukee
    Sur Marilyn Monroe, beaucoup a été écrit, trop peut-être... Après avoir lu deux biographies la concernant, j'ai décidé de m'en tenir là sur les récits plus ou moins fantasmés concernant sa vie.
    Pourquoi alors avoir succombé à Marilyn dernières séances ? Je ne sais pas. Peut-être parce que le parti de Michel Schneider n'était pas, comme bien d'autres, de comprendre le destin brisé de la star à travers son enfance, ses errements ou encore ses amants.
    Peut-être aussi parce qu'il n'affirme jamais entreprendre de comprendre celle qui fut tant médiatisée qu'elle se perdit en chemin. Il ne subsiste de la fascinante Marilyn que des souvenirs, des films, des mensonges aussi, et puis des réalités arrangées. Et Michel Shneider compose avec ces vides laissés au présent.
    De ses derniers instants, il n'évoque que des bribes, décidant de laisser de côté la polémique sur cette nuit ultime où tout a basculé. Et finalement, c'est ce qui m'a plu.
    Loin des documentaires plus ou moins fiables qui promettent de révéler enfin ce qu'il advint de l'actrice adulée, Marilyn dernières séances se propose comme un ouvrage à part qui, s'il ne débute pas avec l'enfance de la jeune femme, n'échappe néanmoins pas à quelques rapides retours sur cette époque. Sa construction déconstruite chronologiquement évite, pour qui connaît un tant soit peu le parcours artistique et personnel de la belle, de lasser son lecteur. Michel Schneider alterne passé et présent, sans pour autant perdre son lecteur dans les méandres de cette vie chaotique.
    Son propos ? Se pencher sur les relations qu'entretinrent Marilyn et son quatrième psychanalyste, Ralph Greenson, durant les deux dernières années de la vie de la mythique blonde. Sur leur relation destructrice, l'auteur ne porte pas de jugement, mais laisse parler les professionnels qui connurent ce tandem improbable. Des deux, qui avait l'emprise sur l'autre ? Qui détruisait l'autre ? le mystère reste entier. Et finalement, des incertitudes qui demeurent sur la vie de Marylin, celle-ci semble être la plus fascinante.
    Sans jamais sombrer dans une psychologie facile et hasardeuse, Michel Schneider offre ici un ouvrage étonnant autant qu'agréable. Un livre au rythme rapide, sans temps mort, au style soigné et imagé, qui a su capter mon intérêt malgré deux ouvrages déjà lus sur le sujet.

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/03/04/20537755.html
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Mais tu sais, on change quand on change d’endroit. Nous avons tous un jeu de personnes, différentes manières d’être soi dans différents endroits. Je ne suis pas la même à New York et à Hollywood. Différente dans ce bar et sur un plateau. Différente avec Strasberg et avec toi. Je vois ça quand on m’interviewe. Les questions vous dictent les réponses et on paraît être telle ou telle personne. Les questions m’en disent souvent plus sur celui qui les pose que mes réponses ne lui en disent de moi. La plupart des gens se trompent quand ils pensent qu’ils sont un seul moi toute leur vie, bien plein, constant, fermé. Comme ils seraient plus tolérants envers les autres s’ils reconnaissaient qu’ils sont eux aussi en morceaux, troués, changeants.
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  • Par soukee, le 04 mars 2011

    Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle.
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  • Par ennA, le 29 mars 2010

    Seule la fiction donne accès au réel. Mais ce qu'on atteint à la fin d'un récit comme à celle d'une vie n'est pas la vérité des êtres. Celui qui écrit et qui n'est pas moi, pas que mes personnages ne sont Marilyn et Ralph, regarde comme celle d'un autre sa main qui rebrousse le temps mot à mot.
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  • Par Laurane_C, le 18 janvier 2010

    " Vous l'avez connue quand elle n'était pas le mythe qu'elle est devenue. Juste une actrice. Vous savez, je l'aimais, Marilyn. Et vous êtes assez intelligent pour savoir ce qu'aimer veut dire, dans la psychanalyse comme ailleurs, dans ce que vous appelez la vraie vie. "
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  • Par soukee, le 04 mars 2011

    La détresse était le seul moyen pour elle de s'assurer de la présence de l'autre et elle était devenue une entité cauchemardesque qui en dépit de tout amour, de toute fragilité ou splendeur, le détruisait inexorablement. Et s'il n'avait pas envie d'être détruit ?
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Michel Schneider, Dialogues littéraires
www.librairiedialogues.fr Michel Schneider nous parle de son livre Comme une ombre (Éditions Grasset) dans l'émission Dialogues littéraires, réalisation : Ronan Loup.








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