C'est en 1954 que l'agent de Marilyn, Charles Feldman, contacte Ben Hecht pour lui demander d'aider l'actrice à écrire ses mémoires. A 28 ans, elle a déjà tourné une vingtaine de films, dont ses premiers succès - Niagara et ... > voir plus
Sans qu'on s'en aperçoive, il y a des gens qui ont une vie extraordinaire mais qui sont surement les plus seuls au monde. C'est ce qu'on ressent à la lecture de cette bio/auto de Marilyn. L'écriture est simple, naturel comme si une petite fille l'avait écrit. Beaucoup de frustration vers la fin car cette auto/bio n'a rien de finie. On ressentirait plus une lassitude à raconter la suite.
Une lecture sympathique, sans prise de tête, juste de la mélancolie et de la tristesse pour cette jeune femme qui n'avait pas demandé autant. Une chose dérange pourtant profondément : le livre n'a rien de surfait, il a juste des airs… de fabriqué. Les photos sont magnifiques, elle est d'une rare beauté alors que c'est connu que Marilyn n'avait rien d'extraordinaire. Enfin des passages miséreux du type "Je suis le genre de fille qui termine dans une chambre d'hotel morte d'overdose" sont touchants à la lecture mais ont de faux-airs de fabriqué, de glauque et de morbide. Je ne dénie pas qu'elle ait pu le penser et le dicter à son biographe mais c'est beaucoup trop gros pour que tout le livre soit sincère et vienne réellement d'elle. C'est dommage car encore une fois on ne fait que regarder le personnage à travers les photos et notre envie morbide d'en savoir un peu plus sur elle à travers le texte échoue.
Une bonne lecture car c'est touchant mais ne vous attendez pas à trouver la Marilyn derrière ces lignes.
Loin de la sensuelle icône qui a construit la carrière de Marilyn Monroe, sa plume, aux nuances sincères, trouble et fascine ici par la vulnérabilité de ses mots. Fragile conteuse de sa propre existence, elle met en lumière celle qui est à l'origine du mythe Monroe : Norma Jean. Petite orpheline longtemps abandonnée, en éternelle quête d'amour et d'un regard bienveillant, elle raconte ses débuts, sa recherche de soi, d'un travail pour subvenir à ses maigres besoins et sa quête de légitimité dans une peau trop grande et trop sensuelle pour elle. Un désir d'appartenir à un public qui l'a construite à l'image de ses attentes... Marilyn Monroe nous étonne une fois de plus ici par la candeur de ses mots, la douceur de son personnage et l'éternelle recherche de tendresse qui a alimenté toute sa vie...
Puisqu'elle n'a jamais cessé d'être la petite Norma Jean, perdue et tremblante dans un monde trop grand pour elle, ce livre devient un brillant hommage à la femme mais également à la petite fille qu'elle était. Un roman touchant et fragile à son image, mystique et candide... magique.
Coup de cœur pour ce livre qui dénonce le monde impitoyable du cinéma à Hollywood. Mais pas seulement. On découvre une Marilyn Monroe probablement atteinte de schizophrénie, parlant de la petite Norma Jean à la troisième personne. Écriture naïve d'une jeune femme de 28 ans frustrée d'être aussi peu reconnue pour ses véritables talents d'actrice. Considérée comme une blonde écervelée et comme une mangeuse d'hommes, elle ne sera jamais prise au sérieux. Et bien qu'entourée, elle demeura très seule jusqu'à sa mort..
Un témoignage émouvant et assez naïf. Dans ce texte autobiographique, Marilyn fait une différence quand elle parle Norma et Marilyn. Cette sorte de schizophrénie rend le récit étrange et narcissique.
[Marilyn Monroe] dit [...] les revers, les directeurs de studio qui exigeaient un droit de cuissage pour accorder le moindre rôle (elle assure avoir toujours refusé de s'y soumettre) et décrit l'"Hollywood des ratés" qu'elle a bien connu.
" - Je comprends maintenant les problèmes que vous pouvez avoir, Marilyn. Vous émettez réellement des vibrations sexuelles - quoi que vous soyez en train de faire ou de penser. Le monde entier a déjà réagi à ces vibrations. Elles sont retransmises par les écrans de cinéma quand vous y apparaissez. Et vos grands patrons ne s'intéressent qu'à vos vibrations sexuelles. Elles suffisent à leur rapporter une fortune. Voilà pourquoi ils refusent de vous considérez comme une comédienne. Tout ce qu'ils veulent, c'est tirer parti du stimulant sexuel que vous représentez. Leurs motifs et leurs projets sont très clairs."
Quand il entrait dans ma chambre et me prenait dans ses bras, tous mes ennuis s'envolaient. J'oubliais aussitôt Norma Jean et cessais de voir les choses par ses yeux. J'oubliais même que je n'étais pas photogénique. J'avais l'impression de faire peau neuve, je n'étais plus une actrice à la recherche d'un monde aux couleurs chatoyantes. Toute la gloire, la beauté, tout le génie dont j'avais rêvé étaient réunis en moi. Quand il me disait "je t'aime", je me sentais plus comblée que si un millier de critiques m'avait sacrée grande vedette en chantant mes louanges.
J'avais l'impression de me précipiter vers le bord d'un toit pour me jeter dans le vide. Chaque fois je m'arrêtais juste avant de sauter, me retournais vers lui, le suppliais de me retenir. C'est terriblement dur de prendre une décision qui vous déchire le coeur, surtout s'il s'agit d'un coeur neuf qui ne survivra pas, pense t-on, à la première blessure.
Le véritable amant, c'est celui qui d'une légère caresse sur les cheveux, d'un simple sourire ou même d'un regard perdu dans le vague vous fait chavirer de bonheur.
Je me rendis compte que, tout comme j'avais du me battre pour faire du cinéma et devenir une actrice, je devrais maintenant me battre pour obtenir le droit d'être moi-même et d'utiliser mes talents. Si je ne me défendais pas, je deviendrais une marchandise bonne à être vendue dans les vitrines de cinéma.