ISBN : 9782070133406
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 2.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
En 1915, en Lorraine, quatre Alle mands de vingt ans, Otto, Simon, Heinrich et Nathan, partent à la guerre. A l’arrivée, leurs envies d’aventures tranchent avec la réalité sur la ligne de front.
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Skorpionnan, le 24 août 2011

    Skorpionnan
    C'est un roman, pas une enquête. Les faits sont réalistes mais pas forcément véridiques.
    On apprend d'abord à connaître Lucio, sa vie simple et tranquille. Il est réservé, un peu perdu. Il a bien sûr des amis, collègues ou autres, mais c'est une amitié bourrue.
    J'avoue qu'à la lecture du premier tiers de ce livre je me suis un peu ennuyé. Il ne se passe pas grand-chose, Lucio et vit tranquillement sans à-coups. Sortant de la lecture d'un thriller, ce livre bien qu'aéré et agréable m'a paru mou.
    Puis, petit à petit, je me suis laissé accroché par ce personnage si renfermé. Même la passion qu'il exprime pour sa femme paraît réservée bien que profonde. de ces tranches de vie, de ces instantanés, se dégage une impression de gâchis. On a vraiment le sentiment que Lucio est là pour quelque chose, mais on ne sait quoi, ni quand cela viendra. Lucio lui-même semble attendre, toujours attendre, se réserver. Cela laisse un certain malaise. Car ce n'est pas une attente vive, agile et active mais plutôt une veille ensommeillée, subie et un peu maladive.
    On le suit également dans son travail au tunnel. Cela est prétexte à montrer comment l'accumulation de routine, de petit compromis, d'économies de bouts de ficelle a pu mener à la catastrophe, celle qui a coûté la vie à une quarantaine de personnes. Elle commence et reste longtemps traitée comme une alerte mineure et banale. Ce sera le catalyseur du réveil de Lucio. Comme s'il n'avait vécu jusque-là que pour ce qu'il doit accomplir. La relation de la catastrophe en elle-même est beaucoup plus dynamique et l'on ne peut s'empêcher de penser à une descente aux enfers.
    La conclusion historique est assez amère.
    Le livre traite donc d'une attente, d'un réveil et d'une rédemption ; mais de quelle faute ? Juste celle de ne pas avoir su vivre, de ne pas avoir su respirer la joie, de ne pas avoir su s'émerveiller, de ne pas avoir cultivé la lumière qui permet de regarder les jours d'un regard radieux.
    Les chapitres sont courts (jusqu'au chapitre LVIV, que j'ai supposé être le chapitre LIX), soit 4 pages par chapitre. L'ensemble est léger et se lit facilement même si le malaise devant la vie de Lucio se fait rapidement sentir. le style de l'auteur est agréable bien qu'insuffisamment travaillé à mon goût, un peu las , comme Lucio.
    Conclusion
    Un roman au premier abord assez plat mais qui questionne sur la façon d'appréhender l'existence et laisse un goût amer de fatalisme. Intéressant finalement mais inabouti.
    Ma note 12,5/20

    Lien : http://www.atelierdantec.com/joomla/humeurs/283-dix-chronique
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    • Livres 3.00/5
    Par leprixvirilo, le 21 septembre 2011

    leprixvirilo
    Eric Sommier rêve la vie d'un pompier qui va mourir dans le tunnel du mont blanc à travers un récit bien ficelé que n'auraient peut-être pas boudé un de Luca pour les aspirations simples et autres sentiments mis à plat avec franchise, ni un Giono pour les montagnes peuplées de personnalités taciturnes. Bilan ? le prix virilo vous dit tout sous ce lien :

    Lien : http://prixvirilo.com/2011/09/07/dix-eric-sommier/
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • Lhumanite , le 26 décembre 2011
    Éric Sommier organise son premier roman autour de la catastrophe survenue dans le tunnel du Mont-Blanc en 1999, dont il suit pas à pas les circonstances.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Lexpress , le 09 septembre 2011
    Le premier roman d'Eric Sommier, Dix, prend quant à lui le parti de la fiction pour raconter un drame bien réel et faire évoluer ses involontaires protagonistes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 24 octobre 2011

    [ Incipit ]

    Le soleil inondait le jardin et tout autour les montagnes glacées se découpaient sur le ciel. C’était le début du printemps, le lendemain même de l’équinoxe. La veille, le jour était strictement égal à la nuit.
    Son grand corps accroupi sur le sol, comme recroquevillé, Lucio souriait. Les saxifrages étaient sur le point d’éclore et les grappes blanches des roses de Noël flottaient dans l’ombre légère du camélia. Le camélia lui-même était couvert de bourgeons. Leur vert plus clair tranchait sur le feuillage sombre. Bientôt, ils s’épanouiraient en masses blanches, d’une blancheur plus soutenue et plus éclatante que le pastel vieilli des roses de Noël ou que celle, ourlée de violet et presque transparente, des crocus de printemps.
    La main de Lucio progressait minutieusement entre les fleurs. Il procédait avec méthode, ôtant délicatement du bout des doigts les pousses désordonnées des mauvaises herbes, et se rapprochait peu à peu des bruyères des neiges, là où tout semblait se confondre avec le parfum du chèvrefeuille d’hiver, entêtant comme la promesse de ce nouveau printemps.
    Lucio souriait parce qu’il savait maintenant proche ce moment où il serait possible de voir à l’œil nu pousser les plantes et la vie jaillir de toutes parts.

    C’était un dimanche et, bien qu’il fût encore tôt, l’après-midi tirait déjà à sa fin. Les jours restaient courts et le froid ne tarderait pas à recouvrir d’un coup toute chose. Mais à cette heure, le foehn qui courait dans la vallée et hâtait la fonte des neiges caressait son visage.
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