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Par nuit, le 15/01/2009
Premier de cordée de
Roger Frison-Roche
Des coureurs de montagnes et des escaladeurs de cimes, il y en a toujours eu chez les Servettaz comme dans les autres familles de la région de Charnonix - et depuis que la vogue de l'alpinisme amène en Savoie des « monchus » désireux de vaincre les sommets, on est aussi guide de père en fils mais, parce qu'il connaît trop bien les dangers du métier, Jean Servettaz a décidé de préparer le sien à devenir hôtelier. Cela n'a pas empêché Pierre de s'entraîner et d'être un fin grimpeur. Aussi est-il un des volontaires de la cordée qui doit descendre le corps de son père tué par la foudre pendant un orage au retour d'une course dans les Drus. La neige et la glace rendent l'expédition quasi impossible. Pour avoir voulu forcer quand même un passage, Pierre tombe. Il ne se relèvera de son lit d'hôpital que plus résolu à ne pas s'enliser dans la vie d'homme des plaines. Il sera guide comme son père. Il découvre alors que son accident lui a laissé une terrible séquelle : le vertige. Un prodigieux effort de volonté et l'aide de ses camarades lui permettront pourtant de répondre enfin à l'appel envoûtant des hauteurs. Un appel qui résonne tout au long de ce récit où sont merveilleusement évoqués la rude existence des montagnards et le site grandiose où ils vivent.
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Par Elisanne, le 30/12/2010
La Piste oubliée de
Roger Frison-Roche
Elle se lève, ravive les braises, met l’eau à chauffer dans la bouilloire,
prépare les verres,les théières, sort le pain de sucre d’un sac […],
le casse à petits coups secs avec le martelet de cuivre […].
Elle verse le premier verre de thé bouillant,le hume en faisant claquer ses lèvres charnues; elle ferme à demi ses yeux de gazelle passés au khôl.
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Premier de cordée de
Roger Frison-Roche
Les deux hommes avaient quitté Courmayeur le matin même, à l'heure où la rosée nocturne s'évapore en fumées bleues des lourds toits de lauzes grises. Marchant à grands pas sur la route d'Entrèves, ils atteignaient et dépassaient le petit bourg montagnard, encore assoupi dans sa conque verdoyante. Le sentier du col du Géant s'amorce là entre deux murettes de pierres sèches et court à la diable d'un lopin de terre à l'autre, respectueux des fantaisies du cadastre. À cette heure matinale, les étables déversaient sur le chemin leur trop-plein de bétail, cornes hautes et naseaux fumants, carillonnant de toutes leurs sonnailles. Dans les champs minuscules, épaulés de talus pierreux, quelques paysans binaient ; au passage des deux étrangers, ils arrêtaient un instant leur tâche, levaient la tête en gardant le buste mi-courbé vers le sol, et, l'outil en main, dévisageaient les voyageurs. Poliment, ces derniers saluaient :
«Bien le bonjour !
- Bonne montée !» répondaient les paysans.
Bientôt, le damier des champs cultivés cessa pour faire place à la forêt de mélèzes. Déjà la vallée semblait s'élargir, et le grondement de la Doire s'épandait plus librement dans l'air.
Comme le sentier, au premier lacet, heurtait de front la montagne, les marcheurs firent halte. D'abord le jeune, un adolescent robuste qui jusque-là montait avec une certaine fantaisie, bondissant d'un bord à l'autre du chemin, sautant avec agilité sur les murettes, fauchant d'un large coup du manche de son piolet les orties qui gênaient sa marche, ou bien s'arrêtant brusquement, pour regarder en contrebas le village coincé entre les deux parois de la montagne, la vallée paisible et les lointains bleutés sous le ciel de saphir. Ensuite le vieux qui, à quelques toises derrière, allait lentement, d'une foulée égale, pliant légèrement le genou comme pour mieux sentir la terre sous ses grosses semelles cloutées.
«Fini de faire le cabri, mon Pierre, dit-il en rejoignant le jeune, posons les sacs et soufflons.»
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Par litolff, le 28/04/2012
Lumière de l'Arctique : Le rapt ; La Dernière migration de
Roger Frison-Roche
L'homme et son renne s'immobilisèrent sur le point culminant.
L'inconnu venait du sud. Peut-être de Finlande, peut-être de Norvège. Il s'était arrêté au sommet de la colline dénudée où les vents avaient ciselé la neige en vagues courtes et brisées. Son attelage soufflait et le grand renne gris, assoiffé, broutait tête basse la neige poudreuse. Il avait les flancs couverts de sueur. La fatigue avait eu raison de sa combativité naturelle, et il ne cherchait plus à s'échapper des traits souples qui le reliaient au long traîneau lourdement chargé ; sa soif étanchée, l'animal releva l'encolure, et ses bois magnifiques se découpèrent sur le fond lumineux de la nuit arctique.
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Par Rafaell3, le 24/04/2012
Premier de cordée de
Roger Frison-Roche
"Alors en équilibre sur un clou de soulier et le corps collé à la paroi, il se concentre pour tenir. Il sentit tout à coup que sa jambe était prise d'un tremblement de fatigue, il fit un brusque mouvement pour retrouver la prise de main, mais déjà il basculait. Ses doigts griffèrent le granit sans l'accrocher et il tomba à la renverse sans pousser un cri."
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Par Rafaell3, le 24/04/2012
Les Montagnards de la nuit de
Roger Frison-Roche
"Le froid était si vif que les hommes, pour se réchauffer, sautillaient, tournaient sur place comme des toupies. Les heures coulaient si lentement que la marche du temps devenait celle de l'éternité. Pourtant il fallait tenir, veiller, épier la nuit d'où viendrait soit le salut, soit le danger."