ISBN : 2234071046
Éditeur : Stock (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
« L’image du mont Blanc en flammes m’est apparue, une image extravagante, de feu et de glace mêlés, dont je ne savais que faire. Surtout, je n’ai pas immédiatement saisi en quoi cela pouvait me toucher. »
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par emeralda, le 30 juin 2011

    emeralda
    J'ai tout d'abord fait quelques recherches avant de rédiger mon billet et je me suis vite aperçue qu'il semblerait bien que ce second roman soit effectivement autobiographique puisque j'ai eu la confirmation que les parents de Fabio Viscogliosi ont disparus un jour de printemps dans une catastrophe routière dans un tunnel, ce qui hélas correspond bien avec la tragédie qui tient la part belle dans ce récit.
    Une catastrophe telle que l'incendie du 24 mars 1999 sous le tunnel du Mont Blanc, qui fait 39 victimes, cela ne s'oublie pas. Même si à cette époque, je ne vivais pas à Chamonix Mont Blanc comme aujourd'hui et donc à moins de deux kilomètres du tunnel meurtrier, cette tragédie m'avait touché. C'était un nom familier et puis c'était sans doute parce que j'aurai très bien pu me trouver moi-aussi prise au piège des flammes et fumées toxiques.
    Depuis cet accident, la sécurité dans les tunnels a changé et c'est tant mieux car j'en emprunte tous les jours ou presque. D'ailleurs chaque fois, j'ai une pensée (fugace certes) pour cette catastrophe. C'est inné, de l'ordre de l'inconscient. Je vous rassure, je ne suis pas terrorisée à l'idée de prendre un tunnel, mais quand même j'y pense.
    La montagne peut aussi vous tuer en son sein, elle reste la plus forte malgré tout !
    Je n'ai jamais lu le premier roman de Fabio Viscogliosi, mais je me doute que ce second titre ne fut pas évident à écrire. Il est sans nul doute encore plus personnel et il a dû murir avant de pouvoir sortir sur papier. La maturation à pris au moins plus de 10 ans, mais elle a fait son travail. L'écriture est agréable, on dirait que l'auteur parle avec nous comme avec des amis. C'est vif, pleins de détails, mais jamais morbides, du moins gratuitement. Quand on évoque une tragédie, c'est rarement gai quand même !
    On ne pleure pas non plus à toutes les pages, ce récit n'est pas larmoyant, il reste pudique, digne, mais humain car en cas de disparitions brutales, vous êtes une coquille vide que les évènements ballotent. Il faut pourtant tenter de reprendre pied dans la réalité (de toute manière, cette dernière vous rattrape toujours). On se raccroche alors à des détails. On respire deux minutes avant d'y replonger en apnée. Fabio Viscoglisi trouve les bonnes expressions, le franc parler qui fait que nous nous, lecteur, on le suit , on a envie de l'épauler comme on le peut, de l'écouter, de le lire.
    Contrairement au traitement de l'affaire, du procès, le livre est assez court : à peine 180 pages en tout. Cela va vite sans pour autant sauter des étapes importantes. C'est un condensé de l'essentiel, ce qui est resté après toutes ces années. Car oui, il faut bien le dire aussi, il leur en a fallut de la patience aux familles des victimes. Après le coup de feu (sans mauvais jeu de mot), il y a eu le feu qui couve (qui vous dévore de l'intérieur), le calme avant la nouvelle tempête (médiatique entre autre chose) : le procès proprement dit. Une nouvelle épreuve à traverser avec au bout…
    Quand on traverse ce type de situation, on réfléchie beaucoup à tout et à rien à la fois. on ouvre son esprit en grand et cela part tout azimut. A lire cela, on trouverait presque cela drôle tant les coïncidences sont énormes. C'est cela aussi la vie. Elle dépasse parfois de loin la fiction. Et quand on est dans le cadre d'une affaire exceptionnelle, c'est encore plus vrai.
    On fait des rencontres étonnantes, en bien comme en mal (enfin disons fort désagréables). Souvent on ne comprend même rien et on reste spectateur. Cela nous laisse coi !
    Fabio Viscoglisi a écrit certains passages qui ne semblent pas liés au sujet principal. Digresse-t-il ? Même pas, en fait, tout finit par se rejoindre. La vie est ainsi faite, pleine de méandres, comme les fleuves, mais au final, ils se jettent tous dans la mer ou l'océan.
    Le procès, le final de tout ceci ?! C'est loin d'être certain. On veut y croire, mais dans le box des accusés, ce sont des hommes qui ne ressemblent pas à des coupables, mais plus à d'autres victimes. Rien de plus que des hommes… Perfectibles et mortels.
    La mort nous rattrapera tous et nous devons donc profiter pleinement de notre rendez-vous avec la vie. Telle pourrait être la mortalité de cet ouvrage qui n'est pas morose, ni triste, au contraire, il est porteur d'espoir car tourné vers l'avenir.
    Le Mont-Blanc et ses neiges éternelles en sont témoins !

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/06/mont-blanc-de-fabio-v..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • Telerama , le 07 décembre 2011
    Une suite de récits subtilement enchâssés, d'images et de souvenirs en correspondance, tressés avec un sens précieux du croquis et de la miniature. Et ce sourire tendre et piquant à la fois, qui faisait déjà le bonheur du précédent roman
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 09 septembre 2011
    Dans un texte poignant et étonnant, il parle comme personne de la perte et de la mélancolie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Vidéo de Fabio Viscogliosi

Jakuta Alikavazovic, écrivain, lit "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit" de Fabio Viscogliosi (Éditions Stock, coll. La Forêt, 2010).








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