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Ce qui est violent, ce n'est pas le temps qui passe, c'est l'effacement des sentiments et des émotions. Comme s'ils n'avaient jamais existé.
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Je ne crois pas que ce soit le temps qui passe. Le temps ne passe pas. Ce qui passe, c'est nous. [...] J'avais pensé que tu serais celui qui me consolerait. Tu me consolerais du sentiment déchirant de se savoir en vie et pourtant que de passage. Tu me consolerais de ce que la vie ne soit qu'une insupportable succession de pertes. De ce que rien ne dure et que tout s'efface. De ce qu'on s'efface. [...] Mais je crois avoir compris que personne, jamais, ne pourra me consoler. On devrait peut-être apprendre aux enfants qu'on reste à jamais inconsolable. Que ça ne sert à rien de chercher ça. Que ça n'existe pas. Que c'est un rêve qui n'existe pas.
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Parfois, ce qu'on vit et ce qu'on éprouve ne coïncident pas. [...] La vie fragile, qu'on ne sait comment retenir, la vie qui vous file entre les doigts, qui perd son battement, sa pulsation. Un jour on se dit que c'est fini, elle ne reviendra plus, notre tour est passé, on a été vivant, traversé par des énergies, des espérances plus grandes que soi, des rêves qui nous dressaient vers le ciel, et on est devenu autre chose, non plus dressé mais courbé, quelque chose entre le mort et le vivant, comme une poupée dont le mécanisme s'est cassé et qui désormais ne danse plus et reste immobile, les yeux éteints ; et puis si, la vie revient, c'est comme si elle s'était plu à nous jouer un tour, elle revient, c'est violent, fulgurant, ça vous coupe le souffle et vous fait monter les larmes aux yeux, alors on comprend qu'on ne saura jamais rien de ça, de cette vibration mystérieuse, la vie qui peut soudain nous abandonner puis parfois nous reprendre, nous rendre au présent.
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Les vies sont si fragiles, si incertaines. On croit parfois leurs fondations solides, on s'émerveille du chemin parcouru, puis, comme ça, soudainement, pour un éblouissement, elles volent en éclats, se fracassent contre un rêve. Qui peut se prémunir de ça ? Qui peut se croire assez fort pour ne jamais chuter, pour ne pas désirer céder à ce qui un instant l'a fait défaillir ?
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Par Audreyy le 06/08/2010
Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d'un doigt, lentement d'abord, puis dans un baiser, passionnément. S'embrasser. S'étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants.
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Par Audreyy le 06/08/2010
On n'oublie rien de ce qui nous a traversé.
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Le temps finit-il par avoir raison des instants qu'on avait crus inoubliables ?
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J'ai pensé qu'on pouvait vivre et ne pas le savoir. On peut vivre comme on dormirait, longtemps, longtemps. Et un jour, ce serait la fin. On ne se serait pas réveillé. Rien ni personne ne nous aurait réveillé.
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De quoi se souvient-on avec précision ? Ne réinvente-t-on pas tout sans cesse, dans l'espoir fou de donner du sens aux instants détachés et flottants de notre vie ?
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Par luocine le 13/09/2009
Je marche dans la nuit, je voudrais ne penser à rien, n’être qu’un corps qui marche, un corps en mouvement dans la ville endormie.