ISBN : 2234070147
Éditeur : Stock (2011)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Le récit d’une femme qui cherche à se libérer d’un poids qui l’empêche de vivre depuis dix ans : la condamnation de son père pour corruption, et dans le même temps la mort de sa mère. Elle tente de comprendre le cheminement de ce père qu’elle a adoré étant enfant, et qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 07 octobre 2011

    Cath36
    Quelle force, quelle jaillissement de mots pour dire ce qui étouffe,ce qui a été tu,ce qui tue ! Quelle richesse de vocabulaire pour dire le non-dit et laisser sourdre un torrent d'émotions et de reproches enfouies, et tenter d'atteindre la vérité des êtres, au plus près d'eux-mêmes. Pour révoquer les hontes, les refus et tout ce poids de culpabilité et d'échec qu'engendrent les fautes. Pour renouer avec la vie, celle qui ouverture et consentement à ce qui est, à ce qui a été. Beau livre en vérité que ce petit texte, incisif, avec ses phrases qui font mouche crevant l'abcès du mensonge et du refoulement.
    A conseiller à tous ceux qui un jour ont eu à souffrir du silence de leurs proches ou qui se sont enfermés eux-mêmes dans un silence mortifère.
    Laurence Tardieu nous donne ici une belle leçon de vie, d'espérance et de courage pour affronter les démons du "familialement correct".
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par brigittelascombe, le 30 novembre 2011

    brigittelascombe
    "Ce livre Laurence,tu l'écriras lorsque je serai mort".
    La phrase m'a frappée dés l'ouverture de La Confusion des Peines, et j'avoue, lassée de la récente avalanche de livres sur la perte du père ou de la mère (Patrick Poivre d'Arvor, Delphine le Vigan, Christine Orban...et bien d'autres), avoir été tentée d'interrompre ma lecture.
    Point de décés ici! Aiguillonnée par la curiosité,me voilà devenue voyeuse de cette longue lettre au père déifié tombé de son piédestal.
    "Je ne sais pas être légère": nous voilà avertis.
    Non pour l'écriture, qui court et raconte, et mitraille, et se reprend, et repart et pardonne, sans lasser.
    Mais, je me suis sentie spectatrice d'une télé réalité glauque entre le règlement de comptes de la fillette trahie par son papa et la vengeance d'une femme bafouée dans son honneur (d'où confusion sans doute).
    Famille bourgeoise du XVI°. Père brillant, polytechnicien,cultivé, musicologue,aimé,généreux,intègre, "directeur de l'ex compagnie générale des eaux condamné pour corruption" à 24 mois de prison dont six mois fermes par la Cour d'appel de l'Ile de la Réunion. Stop!
    Double drame puisqu'au même moment la mère meurt d'une tumeur au cerveau.
    Le monde s'écroule. OK. L'image de la famille parfaite aussi. D'accord. Et là, cri d'amour (ou de haine!!) pour percer la chappe des non-dits: tu me l'as interdit,mais je le dis haut et fort: "mon père n'est pas si pur", "c'est ton enfant qui sort de la chappe du silence","en tombant tu m'as ouvert la porte de la liberté" etc...
    Me voilà choquée, ayant envie de dire comme la soeur "Et alors?", il a fauté, a été condamné, a purgé sa peine, a payé son amende et a du souffrir. Il est un être humain, mais ce livre ne le respecte pas!
    L'écriture est souvent un exutoire. Laurence Tardieu confie: "Les livres, peut-être servent à raconter ça:ce que d'ordinaire on cache. Ce que d'ordinaire on tait.L' envers du décor.Là où sont tapis les monstres."
    Là c'est sûr, les monstres sont lâchés!!!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 09 décembre 2011

    mimipinson
    L'objet, le point de départ, le prétexte de ce livre est abordé, certes, assez pour que le lecteur comprenne. Par un temps, il m'a un peu gêné, tant cela paraissait éloigné de la matière du livre. Et puis, insidieusement, comme Laurence Tardieu, j'ai laissé de côté tout cela pour ne retenir que l'essentiel, et plus beau : l'amour d'une fille pour son père, qui faute d'avoir pu être dit, est écrit.
    Dans cette famille comme dans tant d'autres, on s'aime, mais on ne se le dit pas, on ne se touche pas. A quoi bon le dire ? le montrer tous les jours n'est pas l'essentiel ? C'est ce qui revient le plus souvent quand on aborde le sujet entre 4 yeux.
    « Entre nous pas d'effusions. On ne dit pas la douleur. On ne dit pas l'amour. On en vibre, on en défaille, mais on les tait. On les cache. »
    Plutôt qu'un roman, ces pages sont plus, pour moi, tantôt une confession, avec la narration à la troisième personne, tantôt une lettre lorsque Laurence Tardieu s'adresse directement à son père.
    La construction y est hétérogène, pas vraiment organisée ; et cela traduit une certaine confusion, un malaise par rapport à tout ce que peut ressentir l'auteur. La longueur et la complexité des phrases sont aussi marquant. Des phrases, des mots qui raisonnent, qui interpellent.
    Comme d'autres, écrire pour Laurence Tardieu, c'est comprendre, se libérer, évacuer, c'est sortir d'un long silence.
    « Je reprends la parole parce que je ne peux pas faire autrement. Je prends la parole pour reprendre mon souffle. »
    Un souffle que, moi lectrice, aie un temps, un peu perdu, avec ces phrases longues t lourdes, et qui s'est apaisé ensuite.
    « de ce silence nous sommes tous responsables : mon père ne disant rien, nous n'osant rien demander. »
    « le silence est pour nous un territoire si intime, si familier, qu'il constitue notre espace vital, le seul au sein duquel nous sachions nous mouvoir, même si nous y étouffons, mais où nous nous obstinons à errer. »
    « Ecrire c'est lutter contre le silence. (..)Ecrire c'est aussi tenter de mettre en ordre ce qui dans ma vie l'était si peu. »
    De Laurence Tardieu, j'ai tout lu, sauf Un temps fou. Comme un père et Le Jugement de Léa, ses deux premiers ouvrages, m'ont particulièrement marquée. La justice y occupe une grande place, et je mesure pleinement, en lisant cet ouvrage-là, combien le sujet a pu la toucher personnellement. Etait-ce déjà deux timides tentatives de libération ?
    Les dernières lignes sonnent comme un apaisement, un nouveau départ, la naissance de quelqu'un d'autre.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/12/la-confusion-des-pein..
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    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 12 septembre 2011

    jostein
    " Alors qu'on me laisse dans mes livres aller vers l'irracontable, pénétrer les espaces nocturnes au seuil desquels les mots sont restés faute d'avoir pu être prononcés, qu'on me laisse chercher là où la vie a enfoui, là où la vie a caché, c'est là que je veux aller, dans ces pays perdus, ces terres de non-dits, comme dans l'amour on cherche à rejoindre l'autre dans ce qu'il a de plus secret et que seul parfois le corps finit par livrer dans un cri que nul mot ne pourra jamais remplacer."
    Ce livre est une longue lettre de Laurence Tardieu à son père. Il émane du besoin de rompre le silence qui a toujours été une règle d'or de la famille.
    Le père, cadre important de la Compagnie Générale des Eaux, se voit inculper de corruption en 1996. Plus que de cette affaire, l'auteur a souffert du silence familial qui l'a suivie. Quelques années plus tard, son père passe ses nuits en prison et sa mère se meurt d'un cancer.
    Ainsi que lui dit son père, cette histoire de famille n'intéresse pas le lecteur et la première partie n'a obtenu mon attention que par la qualité du style. En seconde partie, j'ai apprécié le regard de l'auteur sur la société bourgeoise du XVI e arrondissement de Paris et surtout ses réflexions sur l'emprisonnement (thème cher à l'auteur).
    Dans ces prisons où "le dehors et le dedans ne se rejoignent jamais" et où l'homme est dépossédé de sa liberté, de son identité et de son temps.
    Par contre, j'adore le style de cette auteure qui sait dévoiler sa pensée. Elle alterne souvent les phrases courtes révélatrices de ses émotions et les longues envolées avec une successions d'appositions.
    J'aimerais beaucoup lire, à nouveau cette auteur, mais sur une œuvre de fiction.
    Mon roman préféré reste "Puisque rien ne dure".

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-confusion-des-pe..
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    • Livres 4.00/5
    Par claracambry, le 16 novembre 2011

    claracambry
    "Tu ne veux pas que j'écrive ce livre. Tu me l'as dit. Tu me l'as demandé. Tu y avais pensé toute la soirée, toute la nuit, tu ne voulais pas. Ou, plus précisément, tu ne voulais pas que le l'écrive maintenant. Ce livre, Laurence, tu l'écriras quand je serai mort. Voilà ce que tu m'as dit."
    A cette demande de son père, Laurence Tardieu répond par un acte d'insoumission à trente-huit ans. Ce livre, elle l'écrit parce qu'elle en a besoin, pour que les mots soient enfin dits. le silence a toujours calfeutré les sentiments de l'appartement bourgeois de ses parents et se déclinait en toutes circonstances. Savoir se tenir et jamais d'effusion.
    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/laurence-tardieu-la-confusion-des.html


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/laurence-tardieu-la-confusion..
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Critiques presse (6)


  • Bibliobs , le 29 septembre 2011
    Avec un calme et une douceur étonnants, qui tranchent avec la violence du propos, Laurence Tardieu ressort le dossier du procès, met son père face à sa responsabilité comme pour mieux l'obliger à tomber le masque et l'enjoindre - lui qui a si peur des mots et des gestes essentiels - de la serrer dans ses bras. En somme, elle le condamne à la peine capitale: répondre enfin à son amour fou.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 14 septembre 2011
    Un père qui se dérobe, une mère emportée par la maladie. Un texte poignant sur l'amour filial.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeFigaro , le 09 septembre 2011
    La Confusion des peines est un livre à la fois pudique et brutal. Il remue, il secoue. Mais tout est dit avec tact, dans le seul but de mettre au jour une vérité.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LeSoir , le 05 septembre 2011
    C'est son histoire que Laurence Tardieu raconte ici, comme une nouvelle naissance. Il s'agit du livre d'une fille à son père, mais combien universel ! Ecrit sans chercher la vérité absolue.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Lexpress , le 26 août 2011
    Quand la chute du héros tant admiré meurtrit une famille. Laurence Tardieu brise la loi du silence.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 19 août 2011
    Laurence Tardieu fait entendre ses doutes, ses peurs, sa honte née du silence complice, mais aussi les interrogations qui fondent son écriture.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 07 octobre 2011

    Rien ne me bouleverse plus que l'ombre et ceux qui s'y dabattent : les êtres troubles et complexes, forcément faillibles, forcément contradictoires. Ceux qui doutent et sans cesse font et défont, ceux qui préfèrent les longs détours aux lignes les plus droites, qui ne se sentent jamais arrivés nulle part. Eux peut-être ne trichent pas. Le monde ne sera jamais en ordre et nos vies non plus.
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  • Par Cath36, le 07 octobre 2011

    Tu tends un voile sur ce pan-là de ta vie...Comme ces gens qui ont tué et vite enterrent le corps au fond du jardin, et veulent se persuader que tout est fini puisqu'il n'y a plus aucune trace au-dehors, mais les traces c'est au-dedans de nous qu'elles font leur chemin, qu'elles font leur tumulte, qu'elles nous réveillent la nuit, qu'elles nous rendent fou...
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  • Par Cath36, le 07 octobre 2011

    Alors qu'on me laisse dans mes livres aller vers l'irracontable, pénétrer les espaces nocturnes au seuil desquels les mots sont restés faute d'avoir pu être prononcés, qu'on me laisse chercher là où la vie a enfoui, là où la vie a caché, c'est là que je veux aller, dans ces pays perdus, ces terres de non-dits, comme dans l'amour on cherche à rejoindre l'autre dans ce qu'il a de plus secret et que seul parfois le corps finit par livrer, dans uns cri que nul mot ne pourra jamais remplacer.
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  • Par Cath36, le 07 octobre 2011

    Ecrire, c'était lutter contre le silence. Faire surgir, des eaux dormantes, des mots que je découvrais miens. C'était prendre conscience que je pouvais moi aussi parler.
    Ecrire, c'était aussi tenter de mettre en ordre ce qui dans ma vie l'était si peu. Avoir l'illusion de triompher sur le faux désordre.
    Aurais-je tout faux ?
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  • Par captainju, le 23 septembre 2011

    Mais peut-être cela n'a t-il rien à voir avec le temps qu'il me reste, peut-être est-ce plus impérieux encore : Le sentiment que cette fois je n'ai plus le choix. Que t'obéir encore et me soumettre à ton désir de silence, continuer à me taire comme nous nous taisons depuis longtemps, c'est me laisser tomber dans le gouffre à la lisière duquel je me tiens depuis toujours avec toi. C'est risquer d'y laisser sa raison, risquer d'y laisser sa peau.
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Laurence Tardieu - La Confusion des Peines
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif 29e Foire du livre de Saint-Louis, Alsace Entretien avec Laurence Tardieu, lauréate du prix du Printemps du roman pour son livre La Confusion des Peines, publié chez Stock.








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