Par Laurence Tardieu

Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes)
Stock 2008
ISBN : 2234060451  
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" Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury, est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ça encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas. Les choses les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche ? Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère. "

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Critiques et avis sur Rêve d'amour


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    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    Ce livre est un nouveau récit de Laurence Tardieu sur le deuil. Il est écrit dans une langue sobre, précise, au plus près du ressenti, de l'image qui passe par la tête, du frisson qui traverse le corps, de la chaleur brutale qui transfigure le visage et fait qu'il devient rouge. Les yeux se baissent, les personnages rentrent en eux mêmes, le cœur bat à tout rompre, le silence est pesant, les sourires sont doux et délicats, l'émotion affleure, toujours, comme par miracle, mais pas d'éclats, seulement des caresses, de la douceur, triste ou joyeuse, qui enveloppe le récit et le fait avancer tout doucement, à pas feutrés et chuchotés.

    Laurence Tardieu a une nouvelle fois lancé sa petite musique, pour nous faire suivre la quête têtue d'une femme de 30 ans emportée par un élan vital irrépressible alors qu'elle est en deuil de son père qui vient de mourir, et qu'elle ne cesse d'être obsédée par l'image impossible à construire de sa mère.

    Cette dernière est morte alors que l'enfant avait 5 ans. Le père a tout effacé d'elle, plus de photos, plus d'objets pouvant la ramener en souvenir et aussi plus un mot, même pas son prénom.

    L'enfant entrevoit la douleur immense, la faille qui pourrait dévaster son père encore un peu plus, alors, elle accepte, elle subit, elle fait avec, et autour de ce creux, de ce manque, elle se construit en marge, en négatif, en ombre...

    La mort qui emportera son père le poussera à lui lâcher un secret trop longtemps retenu, Blandine a aimé un autre homme, il s'appelle...

    La révélation de ce secret,( enfin quelque chose de dit sur sa mère) va mettre la narratrice en quête. Avec courage, elle va affronter son fantôme chéri, espérer lui donner chair et âme, le retrouver et savoir... Ce qu'elle découvrira la mettra en paix, et lui ouvrira une nouvelle porte sur la vie...

    Encore une fois, Laurence Tardieu nous parle de ce cheminement difficile du deuil qui arrive par des détours mystérieux à mener à l'apaisement. Cela semble être la grande affaire de l'auteure, mais elle est experte en la matière. Elle sait parler de ce qui sert de tremplin à l'âme pour prendre les chemins de la vie. Elle nous dit comment ce sentier est balisé d'œuvres d'art, qu'il s'agisse de musique, de littérature, ou de peinture..

    Par petites touches, comme un tableau impressionniste, ce texte fait vibrer la lumière , les couleurs bleues et blanches, et il en devient vibrionnant d'émotions :

    L'art a une grande importance dans ce récit et il apparait comme le meilleur onguent pour masser les bleus du cœur ; Laurence Tardieu nous offre de belles pages sur ces moments précieux que peuvent apporter la peinture, la musique, la lecture et l'écriture :

    Ce titre est dans la sélection des livres pour le prix Lilas.

    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/02/rve-damour-laurence-tardieu.html
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    • Livres 4.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, 2009-04-23 18:39:44

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    C’est quand elle a 30 ans que le père d’Alice Grangé meurt. Sa mère, elle, est morte depuis longtemps, très longtemps. Elle n’a qu’un vague souvenir de cette femme qu’elle cherche, recrée, imagine, aime tout au long de ce beau roman.

    Alice a été élevée par un père silencieux. Mais avant de mourir, il lui dira : « Elle l’a aimé, Alice, ta mère a aimé cet homme. »

    Et cet homme, un peintre, Emmanuel Basini, Alice va alors partir à sa recherche pour connaître enfin cette mère trop tôt disparue.

    Délicat, émouvant, touchant mais se terminant sur une note optimiste, un très beau roman écrit à la première personne.

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    • Livres 0.00/5
    Par wakinasimba, 2009-01-18 10:12:12

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    Sait-on jamais avec qui l'on vit ?

    Lancelot ne cesse de se heurter à cette question depuis que sa femme, Irina, a été victime d'un accident qui l'a précipité au fond de la rivière Okomo. Déjà ébranlé par sa mort, il va vivre un "Très Grand Choc Supplémentaire" en découvrant que des mystères entourent sa disparition. Un à un se dévoilent les secrets que sa femme avait pris soin de lui cacher. Dès lors, il ne lui reste qu'à mener l'enquête et élucider cette énigme : que faisait Irina, ce jour-là, à Catano, au volant d'une voiture qui ne leur appartenait pas et dont le coffre contenait des objets pour le moins suspects...

    Lancelot est pour le moins "ébranlé" par la mort de sa femme. On découvre, touches par touches, la vie du couple, sa rencontre pour le moins improbable, et leur vie pleines de mystères, jusqu'au jour de l'accident.

    Puis c'est la quête de Lancelot, un peu malgré lui, pour finir aps découvrir aui était sa femme.



    Un bon livre qui se déroule à la fois nulle part et dans un futur pas si lointain. Un peu de suspense, un peu de rêve : un bon moment de lecture.



    Lien : http://lescouassous.over-blog.com/45-categorie-10165524.html
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    • Livres 2.00/5
    Par mustango, 2009-01-15 21:07:28

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    Dans le cadre de Masse Critique j'ai reçu Rêve d'amour de Laurence Tardieu et je dois dire que la lecture du livre a été laborieuse. Alice, une femme de 30 ans, cherche des informations sur sa mère qu'elle a très peu connu, son père ayant fait disparaître les photos après le DC de sa femme. Elle rentre en contact avec l'amant de sa mère... Alice est en pleine période de doute et s'interroge beaucoup. Elle voudrait savoir d'où elle vient, qui elle est. Concrètement cela donne une quantité pas croyable de phrases interrogatives. Exemple : "Après quoi suis-je en train de courir? Des rêves? des souvenirs? Des désirs ? Qu'y a t il de vrai dans tout ça?" etc. Toutes ce questions m'ont gênées, j'aurai aimé un peu plus d'action...
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    • Livres 4.00/5
    Par Elisabeth_Bennett, 2009-01-15 21:07:28

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    C'est un livre relativement court, le style est très enlevé parce qu'il est construit sur une quête et sur l'impression que le lecteur a de courir comme l'héroïne après son passé. Quand les réponses arrivent, le rythme d'écriture se ralentit comme la course du personnage principal qui trouve et donc n'a plus besoin ni de courir, ni de fuir ce qu'elle est.



    J'ai été happée par ce roman et relativement jusqu'à la fin, on ne sait pas trop où l'auteur veut nous mener.

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Citations et extraits de Rêve d'amour


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  • Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    La lecture :

    " Ma mère fouille dans son sac, elle sort un livre. Elle lit. Je l'observe. Elle est attentive. Elle est belle. Elle est ailleurs. Je pense que, plus tard, moi aussi je lirai des livres; Je m'évaderai."
    ."Les livres ne se finissent pas : le mouvement qui les a fait naitre, qui les a fait battre, ne s'achève pas. Les vies non plus.
    ... je n'ai pas oublié cet instant où mon père, m'apparaissant vulnérable, m'avait semblé profondément humain, plus proche que jamais. Pendant des années je me suis demandé quel était le livre qui avait réussi le prodige de mettre mon père à nu, de l'amener au bord des larmes, au bord de l'abandon....
    ... C'est ce soir là que j'ai compris que les livres étaient une des expressions les plus fortes, les plus troublantes et les plus vraies de la vie."
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  • Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    La couleur bleue :

    "Je choisis ma robe préférée, une robe de coton bleu. Comme chaque fois que je la mets, je pense à ma mère : dans les rares images qu'il me reste d'elle, je la vois en bleu. ... seulement une grande tâche bleue sur le corps de ma mère. Un mouvement bleu qui avance vers moi ...Me suis-je endormie avec ce bleu au creux de moi ?"
    "Alors nous nous étions baignés, tous les jours, dans cette mer bleue et radieuse qui nous apaisait...
    ... J'ouvrais les yeux, juste un instant, et j'apercevais le ciel au-dessus de moi, vaste et bleu, éblouissant."
    ... "Je me lève. Voilà, je me lève. Ce n'est pas difficile après tout. Même en robe bleue ce n'est pas difficile."
    ..."Je viens vers vous. Je n'ai pas changé de tenue : j'ai gardé ma robe bleue."
    ..."Le ciel est immense, rien qu'à le contempler, il me semble que je pourrai m'y perdre."
    ...j'enlève ma robe, j'enlève le bleu...
    ... J'écris sur un cahier bleu, un cahier d'écolier à grosse spirale.
    ...Les dimensions du tableau doivent approcher les deux mètres sur trois. Je me perds dans la contemplation de ce bleu que rien ne semble pouvoir troubler. Cela ressemble à une image du bonheur
    ... Je préférais rapporter le bleu vaste, apaisé et éclatant de la mer.
    ...Le mouvement bleu, flou, fantasmagorique, s'était transformé en une réalité : un corps, des gestes, des paroles, aujourd'hui disparus, mais qui, de manière certaine, avaient existé.
    ...Il portait une chemise bleue pâle que je ne lui connaissais pas et qui donnait à son visage une douceur singulière.
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  • Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    La couleur Blanche :

    ... et soudain son visage qui s'éclaire, il rit, mon Dieu il rit, comme ce moment est merveilleux, j'ai envie de pleurer, de me jeter dans ses bras, de le couvrir de baisers, je ramasse une autre boule de neige, je l'envoie sur lui...
    ...j'aimerais que cela ne cesse jamais, j'aimerais qu'il neige tous les jours, oh comme nous serions heureux, lui et moi, dans tout ce blanc étincelant."
    ..."Ta mère aimait les paysages de neige. Elle en a peint beaucoup. C'étaient ses plus belles toiles, je crois."
    ..."Je me lève. j'allume la radio. La voix de Michel Berger : Je m'en irais dormir dans le paradis blanc, Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps, Tout seul avec le vent, Comme dans mes rêves d'enfant."
    ..."J'aimerais croire que je n'étais nulle part. J'aimerais croire que je m'étais effacée, pour un instant, du monde des vivants. la petite fille n'existait pas. La petite fille était au paradis blanc."

    L'art a une grande importance dans ce récit et il apparait comme le meilleur onguent pour masser les bleus du cœur ; Laurence Tardieu nous offre de belles pages sur ces moments précieux que peuvent apporter la peinture, la musique, la lecture et l'écriture :
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  • Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    La musique :

    "La seule chose qui m'apaisait, qui me consolait, éclairait ma vie, c'était la musique : je passais des heures à en écouter, allongée sur mon lit.
    ... La musique était mon refuge. Certaines musiques, certains textes me faisaient pleurer.Je me disais qu'ils avaient réussi à saisir un je-ne-sais-quoi de fragile et de fulgurant qui avait quelque chose à voir avec la beauté de la vie. Je ne faisais rien pour arrêter mes larmes. Tout le reste était clos, hermétiquement clos : aucun accès à la vie; aucun accès au mouvement.
    ...Je ferme les yeux, je cesse d'écrire, la musique emplit la pièce, je vois le piano, je vois ma mère, son dos, sa nuque, ses mains...
    ..Je voudrais que cela dure longtemps, que ma mère ne s'arrête pas de jouer, que la musique nous emporte toutes les deux, ...
    ..."Certaines musiques, parce qu'elles m'ont emportées, m'ont fait entrevoir ce que la vie avait de large et d'infini, de fragile et d'unique, d'irrévocable, d'éternel."
    Je mets de la musique : les rêves d'amour de Liszt.Mon père n'aimait pas...
    ...Lui qui aimait tant Schubert, ses mélodies tristes et romantiques, les rêves d'amour l'effrayaient...
    ...Je m'étais dit, dans un éclair, que ma mère, peut-être, elle aussi, aimait les Rêves d'amour. ça avait été une pensée heureuse.
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  • Par sylvie, 2009-01-15 21:07:28

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    L'écriture :

    "Le désir d'un livre ressemble au désir d'un homme, les mêmes vagues au fond de soi, le même mouvement qui n'en finit pas, allant et venant sans cesse, ample, secret, obsédant, magnifique. Ce livre se serait quelque chose à accomplir. ...écrire, c'est aller à la recherche de ce qu'on ne sait pas; Ne pas être certain d'arriver quelque part, mais avancer, la peur au ventre, le désir au ventre, avancer et s'émerveiller du chemin."
    ..."écrire, est-ce aimer ? écrire, est-ce chercher à être aimé ? Y a-t-il une écriture possible sans amour ? Y a-t-il un amour possible sans mots, sans verbes, sans langage ?
    Dire, l'amour. écrire, l'amour. L'écriture provient d'un désir, qui vient de très loin et s'éprouve au présent. Le désir crée l'écriture. Amour, écriture, même abandon. Un mouvement de va et vient, un roulis, qui ne finit jamais et donne corps aux rêves, les entrainant toujours plus loin. Qu'y a-t-il tout là-bas, là où l'amour se détache du temps, du réel, du cadre ? là où l'écriture devient vivante ? Trouverai-je quelque chose ?
    ..."Est-ce toujours le manque qui guide l'écriture, saurai-je un jour écrire un livre, l'amour comble-t-il tous les manques...
    ..."l'écriture peut-elle redonner vie à ce qui n'est plus ?
    ..."Mon père est l'homme qui, parce que nous n'avons jamais rien su nous dire, m'a tant donné envie d'écrire."
    ..."écrire, c'est approcher au plus près de certaine brulures."
    "Les livres ne se finissent pas : le mouvement qui les a fait naitre, qui les a fait battre, ne s'achève pas. Les vies non plus.
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