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ISBN : 2234060451
Éditeur : Stock (2008)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 89 notes)
Résumé :
" Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury, est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ça encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas. Les choses les plus importantes son... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
PiertyM25 janvier 2015
Sur les traces de sa mère, Alice se découvre elle-même, le vide de l'amour l'entraîne sur les traces de l'amour maternel bien que sa mère soit morte lorsqu'elle avait 5 ans, elle décide de ressusciter l'image de cette mère mythique lorsque son père agonisant lui parle du peintre qui a été l'amant de sa mère. Lasse des non dits de son père, qui ne lui parlait pas de sa mère, Alice va chercher le peintre et c'est à travers lui, qu'elle essayera de créer le personnage de sa mère jusqu'à découvrir en elle les talents d'écrivaine...
Un bon livre où les mots nous font vivre le vide qui accompagne notre personnage, on s'y attache comme si on avait soi-même besoin de ce livre pour combler notre propre vide...
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isabelleisapure
isabelleisapure05 janvier 2015
  • Livres 4.00/5
Faire passer les émotions avec des phrases courtes, très musicales, Laurence Tardieu le fait très bien.
Chacun de ses romans me transporte au-delà de l'émotion, j'ai étrangement l'impression que ces mots sont là pour moi et pour moi seule.
Je la lis comme je lirais les mots écrits par une amie. J'aime sa plume qui sait si bien décrire les sentiments et aller au plus profond des émotions sans jamais tomber dans le pathos.
Dans « Rêve d'amour », elle donne la parole à Alice qui éprouve à la mort de son père le désir de connaître l'homme que sa mère a aimé vingt-cinq ans plus tôt avant de mourir.
Alice a besoin de comprendre pourquoi sa mère a quitté le domicile conjugal, la laissant, alors agée de cinq ans à la garde de son père.
Elle entreprendra cette démarche pour se libérer des questions sans réponses et enfin connaître et peut être comprendre cette femme qui lui est une inconnue.
Une très belle rencontre et une belle lecture.
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sylvie
sylvie15 janvier 2009
Ce livre est un nouveau récit de Laurence Tardieu sur le deuil. Il est écrit dans une langue sobre, précise, au plus près du ressenti, de l'image qui passe par la tête, du frisson qui traverse le corps, de la chaleur brutale qui transfigure le visage et fait qu'il devient rouge. Les yeux se baissent, les personnages rentrent en eux mêmes, le coeur bat à tout rompre, le silence est pesant, les sourires sont doux et délicats, l'émotion affleure, toujours, comme par miracle, mais pas d'éclats, seulement des caresses, de la douceur, triste ou joyeuse, qui enveloppe le récit et le fait avancer tout doucement, à pas feutrés et chuchotés.
Laurence Tardieu a une nouvelle fois lancé sa petite musique, pour nous faire suivre la quête têtue d'une femme de 30 ans emportée par un élan vital irrépressible alors qu'elle est en deuil de son père qui vient de mourir, et qu'elle ne cesse d'être obsédée par l'image impossible à construire de sa mère.
Cette dernière est morte alors que l'enfant avait 5 ans. le père a tout effacé d'elle, plus de photos, plus d'objets pouvant la ramener en souvenir et aussi plus un mot, même pas son prénom.
L'enfant entrevoit la douleur immense, la faille qui pourrait dévaster son père encore un peu plus, alors, elle accepte, elle subit, elle fait avec, et autour de ce creux, de ce manque, elle se construit en marge, en négatif, en ombre...
La mort qui emportera son père le poussera à lui lâcher un secret trop longtemps retenu, Blandine a aimé un autre homme, il s'appelle...
La révélation de ce secret,( enfin quelque chose de dit sur sa mère) va mettre la narratrice en quête. Avec courage, elle va affronter son fantôme chéri, espérer lui donner chair et âme, le retrouver et savoir... Ce qu'elle découvrira la mettra en paix, et lui ouvrira une nouvelle porte sur la vie...
Encore une fois, Laurence Tardieu nous parle de ce cheminement difficile du deuil qui arrive par des détours mystérieux à mener à l'apaisement. Cela semble être la grande affaire de l'auteure, mais elle est experte en la matière. Elle sait parler de ce qui sert de tremplin à l'âme pour prendre les chemins de la vie. Elle nous dit comment ce sentier est balisé d'oeuvres d'art, qu'il s'agisse de musique, de littérature, ou de peinture..
Par petites touches, comme un tableau impressionniste, ce texte fait vibrer la lumière , les couleurs bleues et blanches, et il en devient vibrionnant d'émotions :
L'art a une grande importance dans ce récit et il apparait comme le meilleur onguent pour masser les bleus du coeur ; Laurence Tardieu nous offre de belles pages sur ces moments précieux que peuvent apporter la peinture, la musique, la lecture et l'écriture :
Ce titre est dans la sélection des livres pour le prix Lilas.
http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/02/rve-damour-laurence-tardieu.html
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denisarnoud
denisarnoud03 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Alice, jeune traductrice vient d'enterrer son père. Un père avec lequel elle entretenait une relation basée sur le silence, sur le non dit. de sa mère morte alors qu'elle était toute petite elle ne garde que très peu de souvenirs. Son père a effacé tout souvenir d'elle.
"Je serre les poings dans mes poches, j'ai froid aux mains soudain, j'en veux à mon père, j'aimerais recommencer la bataille de boules de neige et lui faire mal, lancer les boules sur lui de toutes mes forces, j'aimerais qu'il tombe dans la neige et qu'il ne se relève pas, qu'il reste là, que la neige recouvre son corps, qu'il n'en reste aucune trace , comme lui-même a effacé les traces de ma mère, j'aimerais l'abandonner à ses souvenirs, mais on n'abandonne pas un père, ma bouche tremble, mes yeux me brûlent, je ne veux pas pleurer, ma bouche tremble de plus en plus, je sens mon visage se déformer, j'essaie de respirer, une première larme roule le long de ma joue, j'ai honte de ne pas être capable de retenir mes pleurs..."

La jeune femme cherche à reconstruire l'image de sa mère depuis longtemps mais ne dispose d'aucun élément. Sur son lit de mort son père lui révèle quelque chose qu'il avait essayé de lui dire plusieurs fois sans jamais y parvenir. Sa mère aimait un autre homme, un artiste peintre. Alice, une fois son père décédé va donc se décider, après avoir longtemps hésité à aborder cet homme pour avoir des informations sur sa mère, pour pouvoir se construire une image d'elle, pour parvenir à se construire elle-même.
"C'est idiot n'est-ce pas? C'est idiot. Tout le monde me le dirait : je ne pourrai pas retrouver ma mère à travers l'homme qu'elle a aimé, il y a vingt-cinq ans, quelques mois avant de mourir. C'est une illusion. Je vais me faire du mal. Je ne trouverai rien, seulement un visage étranger qui me racontera, s'il y consent, quelques moments enfuis qui leur auront appartenu et parmi lesquels je n'aurai pas ma place. Ce sera "il" et "elle", ce ne sera pas "nous". Ce sera "elle" hors de moi, hors de ma vie, hors de mon temps. Une fois encore, je me heurterai au vide, à l'absence. Une fois encore j'aurai perdu ma mère;"

Par ses rencontres avec le peintre Alice va peu à peu se faire une image de sa mère, artiste peintre elle-même et de l'amour fou qui les unissait. Ces échanges vont lui permettre de se poser des questions sur son propre rapport à l'amour.

En même temps qu'elle enquête sur sa mère, Alice écrit. Au départ ce qui devait être un livre pour enfants ce transforme en ce livre que nous sommes en train de lire. Elle écrit pour combler un vide, celui laissé par sa mère et celui dû à l'amour qu'elle ne connaît pas. "Depuis j'écris. J'ai remplacé la possibilité de l'amour, par la possibilité de l'écriture. J'ai peur aussi, mais c'est une autre peur : je sais que l'écriture ne m'abandonnera pas. J'ai même l'espoir fou qu'elle me comble. Qu'elle comble les vides, qu'elle comble l'enfance. Je ne veux pas croire un instant que je me trompe. D'une certaine manière, je sais que je mets ma vie en jeu."

Avec Rêve d'amour, Laurence Tardieu nous livre un roman intimiste, sur le deuil, l'absence, les non-dits, mais aussi sur l'amour. Un roman servi par un style à fleur de peau, à fleur de plume, un style empreint de délicatesse et de poésie. Il est de ces romans qui se lisent à voix haute
pour mieux en savourer le goût des mots. Un goût qui comme celui d'un bon vin reste longtemps en bouche une fois le livre refermé.
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carre
carre04 avril 2012
  • Livres 3.00/5
"Rêve d'amour" confirme la plume délicate et sensible de Laurence Tardieu. Alice, la trentaine, n'a qu'un lointain souvenir de sa mère disparue lorsqu'elle avait cinq ans. Son père mourant, lui révèle que sa mère avait un autre homme dans sa vie, le peintre Emmanuel Bisani. Elle va partir à sa rencontre pour comprendre qui était' elle et pourquoi son père n' a gardé aucun souvenir. Trouver des vérités pour grandir et faire son deuil, Laurence Tardieu nous entraine vers le passé pour construire un avenir qui tend vers l'apaisement et retrouver une force intérieure. L'écriture est sobre, fluide, sans sensiblerie, elle dresse le portrait de personnages touchants et aimés, qu'elle ne juge pas toutu plus elle cherche à comprendre. du bel ouvrage assurément.
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Citations & extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
scriptascripta12 juillet 2016
Toute ma vie, je t’ai cherchée. Je ne savais pas comment. Je manquais de toi. Partout : dans mon ventre, ma poitrine, mes cuisses, ma gorge. Ton absence s’était tant imprimée en moi que j’étais devenue creuse. Mon corps, c’était ça : le manque de toi. Parfois je fermais les yeux, je tentais de t’imaginer. Ces instants-là, au cours desquels je m’efforçais de retrouver ton visage, ton allure, étaient stériles : rien ne me venait, aucune image. Sauf, à de rares moments, une silhouette bleue, floue, qui avançait vers moi, puis disparaissait. C’était une des seules choses qui me restaient de toi : ce bleu, mouvant, imprécis et poignant comme certains ciels, avant que la nuit de les emporte.
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scriptascripta12 juillet 2016
Je me demande combien de temps encore ces images vont rester nettes, limpides, avant de se déformer, puis de se brouiller, puis de s'effacer ; avant que je ne les oublie. J'aimerais les serrer contre moi, comme on serre contre soi un corps aimé, de toutes ses forces, pour le retenir. Mais je sais bien que, de la même manière qu'on ne peut retenir un amour, on ne retient rien de son passé, il s'échappe lentement, chaque jour davantage, et on ne choisit pas ce qu'on en garde.
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scriptascripta12 juillet 2016
Il faudra bien, un jour, que je commence quelque chose, que je cesse de me laisser traverser par des absences, que je vive ma vie, comme me le répète Hannah, mais commencer quoi, vivre quoi ? Je ne sais plus où sont mes désirs, mes désirs sont assiégés par mes absences, j’aimerais, moi aussi, avoir le cœur brûlé d’amour, j’aimerais m’abandonner, j’aimerais me perdre.
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scriptascripta12 juillet 2016
A quoi pense-ton quand on s’en va ? Aux autres ou à soi ? Aux vies qui se poursuivront ou à celle qui s’achève ? Sait-on encore qu’on a été un homme, un père, ou bien ne subsiste-t-il que l’animal traqué par la mort, l’animal qui tout oublié des autres, de la joie et de la douleur ? Que reste-il d’un homme dans les derniers instants ?
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scriptascripta12 juillet 2016
Il n’y a rien à dire face à la mort. Les mots, tous les mots, sont impuissants : aucune parole, aussi douce soit-elle, ne peut grand-chose face à l’absence soudaine. On peut seulement prendre dans les bras, serrer de toutes ses forces, en silence. Les grandes douleurs ne se partagent pas : elles s’accompagnent.
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Videos de Laurence Tardieu (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Tardieu
A la fin le silence - Laurence Tardieu [Rentrée Littéraire 2016] .Décembre 2014. Depuis plusieurs semaines, la narratrice sait qu?elle va devoir vendre la maison de son enfance. Lieu des origines et de l?ancrage, de la mémoire familiale et de sa propre mémoire. Face à ce chagrin intime, écrire un livre lui semble la seule chose encore possible : trouver les mots pour, peut-être, sauver un peu de la maison avant qu?elle ne disparaisse de sa vie, lui restituer une part d?éternité. Janvier 2015. La vague d?attentats qui frappe la France la laisse sans mots, avec le sentiment d?avoir été dépossédée du monde tel qu?elle le connaissait. En elle, l?urgence s?est déplacée : que faire d?autre qu?écrire, pour tenter de faire face à l?innommable ? Au fil des semaines, sa vie va se jouer dans un va-et-vient entre ce sentiment de fissuration du monde extérieur, que les attentats de novembre ne vont qu?intensifier, et celui de dépossession de son monde intime. Jamais le dehors et le dedans ne lui ont paru à ce point liés. Contrepoint paradoxal, insensé, de cet effondrement généralisé : tout au long de ces mois elle a porté un enfant, puis elle l?a mis au monde. http://www.seuil.com/ouvrage/a-la-fin-le-silence-laurence-tardieu/9782021313659
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