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Je n'aime pas être négatif mais j'ai été déçu. Ce livre manque de cohérence: Les évènements se suivent et ne correspondent pas à la psychologie des personnages. L'être humain peut être imprévisible mais dans cette irrationalité, il y a toujours un fil conducteur. La noirceur du propos méritait mieux qu'une errance non aboutie. Un scénario de plus pour Hollywood.
Un livre étrange et fascinant que l'on parcourt avec un malaise grandissant. On croit percer le secret de l'âme humaine. Quelle noirceur et quelle tristesse.
Gérard Collard, pour ne citer que lui, l’avait bien dit !
Mais encore fallait-il s’en assurer. Et je m’en suis assurée. Et donc, je confirme, on reçoit bien une baffe à la page 113. Et elle fait mal.
Dès le départ on entre dans le quotidien du père et du fils, qui s’apprêtent à passer un an en tête-à-tête sur une île d’Alaska. Jim, le père, a vendu son cabinet de dentiste pour acheter une cabane et retisser des liens avec son fils de 13 ans. La première partie est consacrée à leur installation, aux problèmes matériels et psychologiques qui s’accumulent, aux prémices du cauchemar qui va suivre.
C’est le point de vue du fils qui domine, et on découvre avec une certaine inquiétude que le père est loin d’être préparé pour un tel séjour, long et dans des conditions relativement précaires. Jim impose à son fils Roy une situation plutôt malsaine. Alors que le danger rôde et qu’à chaque minute la sécurité de son fils est menacée, Jim improvise, s’acharne à organiser leur vie sur l’île, malgré les incidents qui vont ponctuer leur séjour. On perçoit le malaise de Roy face à ce père instable, soucieux de bien faire mais totalement déprimé, voire suicidaire, et de toute évidence à côté de la plaque. Le jeune garçon est mis dans une position malsaine, témoin des sanglots nocturnes de son père. Ce dernier ne tardera pas à faire de Roy son confident, et à lui déverser son propre mal-être d’adulte.
Père maladroit, dépressif, et manifestement irresponsable, Jim est un personnage on ne peut plus antipathique et détestable. Son fils Roy comprend à peine la raison de sa présence aux côtés de ce père qu’il connait si peu. Il pressent l’inéluctabilité des choses, et fait preuve d’un fatalisme troublant pour son âge.
Voilà le contexte de départ, dans un style prenant et sec, qui décrit une nature sublime, potentiellement hostile, mais fascinante. Le lecteur est immergé dans un environnement bien particulier. Amateurs de pays chauds et de cocotiers passez votre chemin.
Et soudain, LE revirement. Tout change, tout bascule.
Et la seconde partie arrive, pas racontable sans gâcher le suspens.
Un drôle de cheminement psychologique, tortueux, pervers, douloureux, mais finalement, toujours à côté de la plaque, malgré les événements. On a envie de donner des baffes, on se dit que des parents comme ça il en existe beaucoup et qu’on n’aimerait pas les rencontrer.
Une sacrée belle découverte, un livre à lire pour le style et l’univers riche, et ses personnages fracassés. Un auteur à suivre de près !
Lien : http://lectures.madamecharlotte.com/sukkwan-island/
C'est noir, c'est glauque, une relation père-fils bien singulière et placée sous le signe de l'incompréhension mutuelle, une nature sauvage et hostile, des sentiments à la limite de la folie, une atmosphère pesante, angoissante, un drame horrible... un bon thriller qui vous tient en haleine jusqu'à la fin, même si personnellement je n'ai pas aimé la fin... Attention, lecture prenante !
Lien : http://bourgeoiseblog.canalblog.com
Miné par des échecs personnels successifs -sa deuxième épouse vient de le quitter-, Jim décide de prendre un nouveau départ. Pour cela, il achète une île sauvage au Sud de l’Alaska et propose à son fils de 13 ans, Roy, d’y vivre en totale immersion, à ses côtés, pendant une année.
La première partie de ce livre est porté par le regard de Roy. Dès leur arrivée sur l’île, le fils constate avec effroi l’inconsistance de Jim : pas de bois de chauffage, peu de provisions, une radio non fonctionnelle… Il voit, mais ne dit rien.
Lien : http://lectureamoi.blogspot.com/2010/03/sukkwan-island-de-david-vann..
Jim est un homme perdu. Divorcé à plusieurs reprises, ne sachant gérer sa vie autrement que par des pulsions pour les femmes auxquelles il ne résiste pas. Il rate ses mariages, rate aussi l’éducation de ses enfants et son rôle de père, notamment vis-à-vis de Roy son fils de 13 ans.
Il semble vouloir se reprendre en main et part vivre avec son fils, sur une île déserte de l’Alaska dans des conditions plus que précaires.
Mais cette expérience là sera sans doute son échec le plus cuisant. Mal préparé, Jim y fait preuve de légèreté, d’imprudences et s’y prend mal parce qu’au final, égoïsme et auto-apitoiement sont ses principales caractéristiques. Alors nos deux Robinsons survivent. Côte à côte plus qu’ensemble et le pauvre Roy en souffre, le vit mal, mais plus adulte que son père, sent comme un devoir… finalement trop lourd pour les frêles épaules de celui qui n’est encore qu’un enfant.
En dire plus serait nuire à la surprise permanente de ce roman excellemment mené de bout en bout.
Une claque littérale, une claque littéraire ! Jim ne comprendra que trop tard après avoir suscité la pitié mais aussi l’abjection.
Cette histoire d’un homme perdu, d’un père perdu qui ne se rattrape que trop tard fait froid dans le dos.
J'ai sans-doute laissé passer trop de jours s'écouler depuis que j'ai lu ce livre et je ne sais toujours pas comment en parler. En réalité, avec du recul, plus le temps passe, plus l'impression que j'avais au départ s'estompe...
Pour faire court, disons que j'ai lu avec un relatif plaisir la première partie de l'histoire et que la seconde m'a ennuyée. C'est assez terrible de balancer ce genre de phrase quand il s'agit d'un texte si noir, que voulez-vous, c'est ce qui s'est passé.
Mais revenons à l'histoire, pour ceux qui n'auraient pas fréquenté les blogs de lecture ces dernière semaines et ne sauraient pas de quoi il s'agit !
Roy, 13 ans et son père Jim vont aller vivre sur la côte sud de l'Alaska pendant un an. Le paternel a acheté là-bas une cabane sur une île paumée située à distance de toute habitation/vie humaine et seulement accessible par bateau ou par hydravion. Ce décor en apparence idyllique cache en réalité un mode de vie sauvage bien éloigné des préoccupations citadines.
Sauf que Roy n'est qu'un adolescent, et même s'il est plutôt dégourdi pour son âge il n'a pas la force physique ni les compétences/connaissances nécessaires pour s'adapter sans difficulté à un tel milieu. Quant à son père, on se demande bien quelle mouche l'a piqué, car il débarque sur cette île en parfait ignorant, affrontant les problèmes les uns après les autres, comme s'il ne s'était pas soucié un seul instant de la façon dont ils allaient survivre sur cette terre. Car il s'agit bien ici de survie.
A cela, s'ajoute la personnalité du père à qui j'aurais volontiers filé deux paires de baffes pour le réveiller. Il est clair dès le départ pour le lecteur que Jim est dépressif et n'a entraîné son fils dans cette aventure que pour se changer les idées, prendre un nouveau départ dans sa vie et se ressourcer. Un acte donc totalement égoïste, et l'on comprend dès les premières pages que tout cela ne peut que mal finir. Le pauvre adolescent qui a suivi son père pour lui faire plaisir se retrouve dans un lieu hostile et isolé, avec pour seule compagnie celle d'un père qu'il connaît peu et passe ses nuits à pleurer en lui confiant ses soucis d'adulte.
ATTENTION SPOILERS
Alors certes, le climat psychologique oppressant est bien rendu, on perçoit cette terrible tension jusqu'au point de rupture et le début de la seconde partie du roman retrace bien ce qui se passe dans la tête d'un individu quand il vient de perdre un être cher, la déraison, l'angoisse, l'espoir et la descente aux enfers.
Sauf que c'est trop long, bien trop long...
On voudrait bien abréger ses souffrances au pauvre père, on voudrait bien abréger sa vie tout court d'ailleurs... Si les premiers moments m'ont parfois amusée (rassurez-vous, je ne suis pas dingue ni insensible mais j'aime l'humour noir, et heureusement il y en a un peu dans cette nouvelle) et surtout touchée, cela m'a très vite lassée. Une centaine de pages pour expliquer que le corps du fiston est en décomposition avancée (avec détails à l'appui...) et que son andouille de père n'est pas fichu d'aller chercher des secours parce que dans un moment de folie il a brisé les seuls moyens de communication avec l'extérieur qui s'offraient à lui... bref, suivre les méandres de cet esprit torturé m'a ennuyée même si c'est bien écrit, même si l'auteur parvient avec brio à explorer toute la psychologie du personnage.
SPOILERS OFF
Alors voilà, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans Sukkwan island. Au lieu de la sublimation de la nature (qui finalement est peu présente dans cette nouvelle, et c'est tout le paradoxe de ce texte qui fait partie de la collection Nature writing ; ici on aurait pu parler plutôt de Human writing...) que j'attendais, on est assailli par le psychisme des deux héros, et aussi bouleversante que soit cette histoire, elle m'a laissée relativement indifférente. Je n'ai pas débarqué sur cette île, je suis restée spectatrice depuis le rivage.
Ceci étant, il ne s'agit bien entendu que de mon ressenti personnel, de mon simple plaisir de lecture que j'exprime ici. Je ne me permets pas de juger cette oeuvre autrement que selon ce critère, d'autant que son côté autobiographique change inévitablement le regard qu'on peut y porter. Il est indéniable que cette souffrance et ce désespoir sont admirablement retranscrits en mots, simplement cela n'a pas suffi à la lectrice que je suis pour apprécier pleinement cette histoire sombre.
Merci à l'éditeur Gallmeister et à Babelio pour l'envoi de ce livre !
Gallmeister (collection Nature writing) - 212 pages
Lien : http://oceanicus-in-folio.fr/lire/index.php?post/2010/03/07/Sukkwan-..
un conseil, ne lisez pas les critiques avant de lire ce livre sinon vous saurez plus ou moins à quoi vous attendre.... ce qui enlève tout le suspens du livre...
c'est une histoire très noire, âme sensible ou fleur bleue s'abstenir....
sinon j'ai juste eu de la peine avec la mise en page, je m'explique: le manque de tiret au début des dialogues, ça m'a beaucoup dérangée... mais c'est un détail...
Le hasard des publications et de mes lectures m’a fait lire simultanément deux nouveautés récentes :
il y a un livre où un père et son fils partent sur une ile inhabitée au fin fond de l’Alaska : Sukkwan Island ;
il y en a un autre où tous les habitants n’ont qu’un désir, un rêve : quitter l’île.. qui s’appelle Choir... titre éponyme du second livre.
Dans le premier, on ne sait pas bien entre les deux héros (un père et son fils) qui est l’adulte et qui est l’enfant.
Dans les deux livres, les personnages sont prisonniers de l’île et surtout de celles qu’ils ont dans leurs têtes…
jusqu’à choir…
Dans les deux cas, il m’est absolument impossible de résumer mieux les histoires de ces livres au risque de tout dévoiler pour le premier ou de tout recopier pour le second. Je vous conseille fortement la lecture de ces deux livres. Leurs chutes sont assez inattendues… si j’essaie de tirer un peu vers l’ironie ces deux lectures malaises…
L’une, vous surprend au moment où vous ne vous y attendiez pas ; l’autre est une explosion poétique où il faut d’abord capter le rythme des phrases, des mots et des sons au risque de laisser choir le livre…
Pourtant, les deux livres ont ce point commun de décrire des îles prisons révélant celles contenues dans les têtes des héros.
Sukkwan Island de David Vann est un premier roman, publié dans la collection « nature writing » de l’éditeur Gallmeister qui a publié, entre autres, l’excellent Le Livre de Yaak de Rick Bass. C’est ce livre qui m’a conduit à créer mon second blog : Rick Bass et les nature writers… Cette collection « nature writing », sous-titrée : la littérature de la nature et des grands espaces , est un prétexte pour découvrir les rapports qui existent entre culture et nature ou l’inverse…
Choir d’Eric Chevillard est publié aux éditions de Minuit. Si vous ne connaissez pas encore le travail d’Eric Chevillard, je vous conseille les notules presque quotidiennes qu’il fait paraître sur le blog l’auto-fictif.
Silence
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Addenda : j’ai écrit cette critique il y a exactement un mois aujourd’hui, nous sommes le 5 mars et je continue par être marqué par le coup de théâtre du livre de David Vann… et je ne sais pas si vraiment c’est un souvenir agréable de lecture… Je ne sais plus quand je rencontre ce type de livre si nous assistons à de la virtuosité ou si cette virtuosité est construite pour donner ce sentiment de virtuosité. Je ne sais pas si vous me suivez… J’attendrais de lire autre chose de cet auteur avant de me prononcer… n’empêche, un mois après, subsiste un malaise…
Alors, peut-être, je préfère retomber (pour ne pas dire choir) dans la prose rêveuse de Chevillard :
» Mais nous avons pris le goût d’attendre. Nous nous sommes installés dans l’attente. Il faut croire que nous nous y plaisons. Nous avons arrangé joliment ce séjour, non ? Nous extrayons le sucre de toute chose. Nous faisons mine de bouillir d’impatience et de rage dans les bulles irisées de nos bains de lavande. Nous endormons nos sens en les ravissant de musiques et mets raffinés. Toutes nos antennes vibrent dans des brises de parfums artificiels. Souhaitons-nous vraiment nous trouver d’un coup transportés dans le ciel ?
Aspirons-nous à moins de stabilité encore ? Si nous finissons par décoller, nous lâcherons la poudreuse pour le nuage, il n’est pas certain que notre pas y gagne en assurance. Dans les tempêtes du cosmos, ne regretterons-nous pas notre marécage ? » (pp. 102-103… Choir. – Ed. de Minuit, 2009)
Lien : http://naturewriting.wordpress.com/2010/03/05/histoires-de-chutes-2-..
Lu jusqu'à la page 113, puis abandonné quelques pages plus tard, tellement c'était difficile et traumatisant.
Mais écriture puissante et dépouillé
Un très grand thriller dans lequel son auteur a parfaitement maîtrisé l'inquiétante étrangeté d'une situation qui tournera au drame.Un décor somptueusement décrit d'un no man's land sauvage dans lequel les troubles inavoués de la culpabilité remontent à la surface.A lire absolument !
Bien que ce roman ne soit pas classé en “roman noir”, il est pourtant : sombre très sombre et pourtant je l’ai lu sans ressentir l’oppression d’un roman noir. Je fus plus impressionnée et prise dans la spirale dans laquelle l’histoire nous entraîne que par la violence et la déferlante dramatique finale.
Ce roman que je définirai plus psychologique, est splendide malgré tout le côté horrible et incontrôlable du récit.
dès la première page j’ai été séduite par le ton
voir toute la critique sur le blog
Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/02/17/16941392.h..
“Sukkwan Island” a eu les honneurs de la blogosphère, ce premier roman de David Vann a déjà beaucoup été commenté. Je l'ai, pour ma part, reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.
Jim et son fils Roy débarquent sur une île sauvage du Sud de l'Alaska. Le père a décidé de passer une année entière avec son fils su cette île loin de tout. “Ils s'installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l'Alaska au large du détroit de Tlevak, au Nord-Ouest du parc national de South Prince of Waves et à environ 80km de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n'y avait aucun voisin.” Jim souhaite passer du temps avec son fils de 13 ans afin de se réconcilier avec lui, de mieux le connaître. Roy habite en effet avec sa mère et sa soeur. Le père et fils organisent leur vie dans cette nature sauvage : ils aprennent à construire un abri pour le bois, à pêcher, à chasser l'ours. Le séjour, qui commençait bien, tourne rapidement au cauchemar.
David Vann met en place un suspense psychologique qui monte en puissance jusqu'à la fameuse (et terrible) page 113. Rapidement l'ambiance de camping sympathique du début disparaît pour laisser place à une atmosphère inquiétante. Ce changement vient essentiellement du comportement du père. C'est lui qui est à l'initiative de ce voyage, lui qui a poussé son fils à le suivre. Mais une fois arrivé sur l'île, il semble n'avoir rien prévu, rien anticipé et il est incapable de s'organiser correctement. Très vite, Jim se met à pleurer toutes les nuits. Roy l'entend, est gêné de voir son père si faible, si instable. Son père finit par s'expliquer : “Je ne sais pas pourquoi je suis devenu comme ça. Je me sens si mal. ça va pendant la journée, mais ça me prend la nuit. Dans ces moments-là, je ne sais plus quoi faire, dit son père, et cette dernière phrase le fit gémir une nouvelle fois. Je suis désolé, Roy. J'essaie de toutes mes forces. Je ne sais pas si je vais tenir le coup.” Et c'est qui nous inquiète durent cette première partie du roman, le père va-t-il craquer et va-t-il abandonner son fils au milieu de cette nature hostile ?
La nature est d'ailleurs le troisième personnage de ce roman, les éditions Gallmeister ont publié “Sukkwan Island” dans leur collection “nature writing”. Elle est au début de l'histoire accueillante, belle et généreuse. Les deux hommes n'ont pas de mal à se nourrir, la pêche se fait facilement et les réserves s'accumulent. Puis l'hiver approche et s'installe. La nature devient hostile et dure. Le père et le fils ne peuvent plus sortir de chez eux, ils vivent totalement en huis-clos. Cette situation ne fait qu'aggraver l'état du père qui n'avait pas anticipé la rudesse du climat. Le drame semble vraiment inéluctable.
J'ai lu “Sukkwan Island” sans connaître la vie de David Vann et j'ai apprécié la tension grandissante de ce huis-clos psychologique. J'ai été soufflée par le basculement de la situation qui rend l'atmosphère totalement irrespirable. Mais la vie de l'auteur donne une épaisseur inattendue, la fiction se fait l'écho de la réalité. Son père lui avait proposer de partir un an en Alaska lorsque David Vann avait 13 ans. Ce dernier a refusé et quinze jours plus tard son père s'est suicidé. “Sukkwan Island” est donc beaucoup plus qu'un roman à suspense, c'est avant tout une incroyable catharsis.
Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2010/02/17/sukkwan-island-de-davi..
Il m'est assez difficile de parler de ce livre et ce pour plusieurs raisons. D'abord, en parler vraiment reviendrait à dévoiler une partie (importante) de l'histoire. Et pour ceux qui ne l'ont pas lu, ça ne serait pas très sympa. Ensuite parce qu'à chaque fois que j'essaye de rédiger un début de note, j'ai cette colère qui me reprend, comme quand je lisais le livre. Et honnêtement, c'est rare que j'ai autant envie de m'attaquer à un être imaginaire. Mais essayons tout de même de voir pourquoi ce livre mérite le détour...
J'avais sciemment évité de lire de trop près les notes de blogs ou d'ailleurs sur ce livre. Je voulais le découvrir vraiment, sans a-priori. Et je me suis prise une très, très grosse claque.
Le roman commence par une fable assez sympathique sur la création du monde que Jim raconte à son fils Roy. Ce n'est que la première page, mais à ce moment-là j'étais partie sur une gentille balade (bon d'un an la balade, mais quand même), l'histoire père-fils-on-ressoude-les-liens. J'y allais donc le coeur léger ! Ça n'a pas duré.
Jim et Roy arrive donc sur l'île de Sukkwan. Isolé de tout et de tous, avec comme seuls bagages, quelques boîtes de conserves et quelques outils pour bricoler sur place. Quand on sait qu'on est au fin fond de l'Alaska, ça paraît assez maigre pour survivre. Quand en plus on se rend compte que Jim n'est pas bricoleur pour deux sous et n'a à peu près rien préparé, rien planifié pour leur survie, on commence à se dire qu'il est un peu inconscient comme père.
Mais ce qui m'a mis hors de moi avec ce père, ce n'est pas tant ses manques au niveau matériel. Non, ce qui m'a donné envie de lui rentrer dedans, c'est son égoïsme tout le long du livre et surtout pendant la première partie.
Parce que dans ce livre, je me suis retrouvée prise au piège, comme Roy, de la dépression de ce père. Ce père qui a besoin d'un regard extérieur, son fils, pour en quelque sorte légitimer ces actes. Pour avoir d'une certaine manière quelqu'un qui lui dise "allez va, t'es pas si mal que ça comme père et comme homme". ...
Lien : http://tulisquoi.over-blog.com/article-sukkwan-island-david-vann-448..
Dans une île perdue de l'Alaska, accessible uniquement par hydravion, arrivent Jim et son fils de treize ans, Roy, pour passer ensemble une année consacrée à la chasse, la pêche, bref la vie sauvage. Plus des devoirs scolaires pour Roy. Assez vite tout ne se déroule pas de façon idyllique : un ours détruit une partie des provisions et du matériel, Jim n'a pas l'air de bien savoir comment gérer efficacement le séjour, Roy est perturbé par les confidences de son père sur sa vie amoureuse et par ses pleurs nocturnes.
"C'est quoi, ton rêve?
Roy réfléchissait et ne trouvait rien à répondre. Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père. Mais il finit par dire : Un grand bateau avec lequel je pourrais aller jusqu'à Hawaï et peut-être faire le tour du monde."
Ah, dit son père. C'est un bon rêve.
Et toi?
Et moi. Et moi. Il y en a tellement. Un bon mariage, je crois, et ne pas avoir rompu mes deux précédents, et ne pas être devenu dentiste, et ne pas avoir le fisc à mes trousses, et puis, après tout ça, peut-être un fils comme toi et un grand bateau.
Il serra Roy dans ses bras, ce qui le prit totalement au dépourvu. Roy se sentait gêné quand il le lâcha enfin. Il savait que son père allait se mettre à pleurer."
Ces moments de partage sont rares et ce long huis clos entre père et fils donne souvent une sensation de malaise. On a l'impression que le fils doit endosser trop de responsabilités face aux difficultés de la vie dans l'île, et que le père, tentant de rattraper les fils de sa vie gâchée, s'appuie trop sur lui.
Chaque partie de ce roman, où la nature est omniprésente, se clôt sur un événement inattendu, choquant. On en sort KO !
Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-sukkwan-island-4..
Un fils et son père débarquent sur une île sauvage du Sud de L’Alaska pour y passer une année à jouer les Robinson. Une telle expédition demande une solide préparation et un mental d’acier. Roy, le jeune adolescent, se rend vite compte que son père ne tient pas la route pour une telle aventure et qu’il va devoir être fort pour deux…
"Personne à des kilomètres à la ronde, dit son père. D’après ce que je sais, nos voisins les plus proches sont à trente kilomètres d’ici, un petit lot de trois cabanes dans une baie comme celle-ci. Mais ils sont sur une autre île, j’ai oublié laquelle.
Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient."
Je savais que ce livre était très fort et risquait de me secouer, je n’imaginais pas à quel point. Jusqu’à la page 113, un peu plus de la moitié du roman, j’étais inquiète pour cet adolescent en construction, trop de problèmes s'accumulaient dans ce séjour. Mais j’ai eu, comme tous les lecteurs je crois, un réel choc quand tout à basculé soudainement. Il m’a fallu refermer le livre quelques minutes pour calmer les battements de mon cœur et reprendre la lecture. Je ne m’attendais pas à cela. La deuxième partie est bouleversante et plusieurs sentiments m’ont assaillie successivement : tristesse, colère, pitié, dégoût...
Que penser de ce père, incapable de se gérer lui-même et qui embarque son fils dans une telle aventure ? Qu’il manque à tous ces devoirs et qu’il est d’une inconscience impardonnable, c’est évident, mais comment juger un homme à ce point dépressif ? Je suis sortie de cette lecture chamboulée et incapable de dire si j’avais aimé ou pas. J’ai classé ce livre dans mes coups de cœur car plusieurs jours après avoir refermé le livre, je suis toujours aussi bouleversée. Il fait partie de ces livres qui explorent l’âme humaine de façon exceptionnelle et se lisent d'une traite car on ne peut lâcher les personnages. C’est un premier roman qui laisse présager une belle carrière pour son jeune auteur.
Un thriller psychologique absolument formidable mais à déconseiller aux âmes sensibles.
Lien : http://sylire.over-blog.com/
Roy a treize ans. Mais à l’âge où les copains et le collège occupent une place capitale dans la vie d’un adolescent, il a décidé d’accompagner son père sur une île désertique de l’Alaska et d’y vivre une année coupé du monde. Ce projet un peu fou a germé dans l’esprit de ce père qu’il connaît si mal, car ses parents ont divorcé lorsqu’il était enfant et que les liens se sont ensuite distendus entre eux.
Très vite, Roy s’aperçoit que son père a beaucoup moins bien préparé cette aventure qu’il ne l’avait affirmé, et l’organisation de leur survie va occuper l’essentiel de leur temps. Alors au lieu du rapprochement espéré, cette situation ne va créer que de l’incompréhension mutuelle et des tensions qui iront crescendo…jusqu’au drame... (la suite sur mon blog)
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