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ISBN : 2070445526
Éditeur : Gallimard (2012)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.75/5 (sur 686 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Le monde à l’origine était un vaste champ et la Terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n’avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n’y voyait rien à redire. Puis l’homme est arrivé, il avançait ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 02 septembre 2012

    LiliGalipette
    Jim a acheté une cabane sur Sukkwan island, une île isolée du sud de l'Alaska. Il a décidé d'y passer un an avec Roy, son fils de 13 ans. Avant tout, il s'agit pour lui de changer de vie, de laisser le passé derrière lui et de renouer avec son fils. « Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d'argent, d'impôts, et tout est parti en vrille. » (p. 12) Jim bouillonne de projets le jour, mais il se laisse aller au désespoir toutes les nuits et s'épanche auprès de son fils. Pour Roy, cette isolation est une folie. « Cela semblait impossible. Tout semblait impossible aux yeux de Roy, ils étaient terriblement mal préparés. » (p. 20) Mais le garçon ne veut pas laisser son père, même si sa présence lui pèse. Il pressent qu'un drame va se nouer sur cette île perdue. « Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père. » (p. 99) Et quand la tragédie survient, l'étouffante Iliade familiale devient une Odyssée funeste et solitaire.
    J'ai frémi à la lecture de ce huis-clos sauvage, de cette captivité en plein air. Ce tragique retour à la nature ne s'accommode pas des besoins inassouvis de Jim, ni de ses angoisses. le plus effrayant, c'est que ces deux naufragés volontaires ne domptent pas l'hostilité de la nature. En fait, ils se révèlent être l'hostilité même. Ils incarnent un danger qu'ils ne peuvent combattre. Étrangement, cette violence m'a fait du bien et j'ai lu le premier roman de David Vann en quelques heures, fascinée par les puissances troubles qui agitent les personnages. le père et le fils ne font que se manquer et les retrouvailles tant espérées surviennent trop tard. Pour cet auteur, la famille est une entité malmenée, une structure sans avenir, une source de chagrin.
    Pour une fois, je suis ravie de ne pas avoir lu avec les romans d'un auteur dans l'ordre. Jim et Rhoda sont les héros de Désolations, le deuxième texte de David Vann, mais l'intrigue se situe en amont de Sukkwan island. Au moins, les références étaient claires et les fils de l'histoire se nouent sans frustration. Dans Désolations, j'avais été subjuguée par la description de la nature. J'ai compris avec Sukkwan island que David Vann déploie ce talent dans tous ses écrits. La nature, bien que froide et sauvage, n'est jamais l'élément le plus hostile des romans de l'auteur : ce sont les hommes qui portent et déchaînent le chaos. J'ai aimé ce roman pour sa peinture sans concession des tourments de l'homme. David Vann ne se nourrit pas d'illusions et ses textes ont la puissance des meilleurs romans noirs américains.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 12 avril 2010

    caro64
    Parce que, jusqu'ici, il a raté tout ce qu'il a entrepris dans sa vie - mariage, paternité, travail - Jim s'en va passer une année dans une cabane sommairement aménagée sur une île isolée et inhabitée : Sukkwand Island, au sud de l'Alaska. Là, il espère faire le point sur sa triste existence, et, au terme de cette année d'exil, revenir avec le sentiment d'avoir enfin mené à bien quelque chose sur cette terre. Mais Jim n'est pas parti seul. Roy, son fils de 13 ans l'accompagne. Peut-être cette expérience partagée saura-t-elle les rapprocher ? Très vite pourtant, la relation entre père et fils va connaître de sérieuses difficultés, dues en grande partie à la fragilité émotionnelle du premier. Alors que l'hiver quasi polaire approche, Jim, pour la plus grande crainte de Roy, ne semble pas être tout à fait à la hauteur de ce qui les attend. Cette virée en Alaska tourne au cauchemar.
    Sukkwan island est un véritable tour de force et échafaude intrigue et suspens dans un magnifique huit clos... en pleine nature.
    L'écriture est simple et irréprochable, le ton juste, du début à la fin.
    David Vann sait créer la surprise, nous traîner dans les pensées des personnages, haletant entre espoir et dégoût au fil des pages. Il nous livre un roman que l'on ne peut lire que d'une traite, un roman qui coupe le souffle au sens propre comme au sens figuré.
    Émouvant et dérangeant, débordant d'émotions complexes, je parie que ce livre vous laissera des traces.
    Sukkwand Island est le premier roman de David Vann. Un auteur américain à suivre !
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    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili, le 19 février 2013

    Lolokili
    Ami neurasthénique en recherche d'aventures primesautières susceptibles d'apaiser les tourments de ton Moi intérieur... passe au large, oublie Sukkwan island et va t'inscrire chez les scouts.
    Bien sûr il est ici question de paysages préservés, de vie au grand air, youkaïdi-youkaïda, de chasse à l'ours et de pêche au saumon qui pourraient, dans un premier temps, faire passer ce récit pour un hymne paisible à la nature sauvage et rebelle de l'Alaska profonde. Que nenni car paradoxalement, au coeur de ce territoire vaste et pur, prend place un huis clos suffocant, un tête-à-tête mortifère entre un jeune garçon et son père, un peu fragile de la cafetière, le père, on s'en apercevra bientôt. Les paysages pré-cités ne seront plus alors qu'un (magnifique) décor pour de glaçantes péripéties dont j'aurai le bon goût de taire – ne me remerciez pas – le déroulement implacable et l'issu non moins sordide.
    Difficile d'adorer un livre à la noirceur aussi... réfrigérante, mais difficile aussi de ne pas l'apprécier tant on devine ce que l'auteur a dû extraire de ses tripes pour livrer une histoire aussi sombre et asphyxiante. Alors, ceux qui ne l'ont pas encore lue, faites-vous donc votre propre opinion mais... accrochez-vous un peu quand même, on n'est pas chez les Teletubbies là.
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    • Livres 4.00/5
    Par Tomisika, le 31 janvier 2013

    Tomisika
    Un jour Jim, dentiste et divorcé, plaque tout pour s'acheter une île déserte en Alaska, Sukkwan island. Il demande à son ex-épouse d'emmener avec lui son fils Roy, 13 ans, pour y vivre un an, loin de toute civilisation. Je ne dirais rien de plus car j'ai malheureusement lu sur un autre blog la trame de l'histoire. Je vous laisse volontairement dans le flou pour que vous puissiez mieux apprécier pourquoi les causes du basculement du séjour en cauchemar.

    David Vann nous sert ici un texte de toute beauté. La description de la nature, exploitée comme élément intrinsèque du récit, donne cette force car ici elle n'est pas animée, elle n'est pas figée, elle est vivante. Beaucoup de justesse donc dans ce tiers protagoniste qui occupe une place cruciale dans le récit.

    Ensuite Roy. L'adolescent a 13 ans et est particulièrement éveillé pour son âge. Il s'interroge sur les moyens pour survivre sur cette île, et aussi sur son environnement. Ainsi, il se demande si ce n'est pas interdit de couper du bois dans cette forêt, conscient de la probabilité que ce soit un parc national. Ce personnage dessine l'autre, son père. Dans la première partie du récit, notons que ce sont les yeux de l'adolescent qui nous font vivre l'aventure. On est en quelque sorte entre l'extérieur et l'intérieur de son univers, voyant à travers les yeux de Roy mais ne partageant pas totalement ses pensées. Jim, le père, est beaucoup plus bohème et vraiment peu préparé à un tel séjour. C'est un homme malhabile et inconscient. C'est lui qui mènera la deuxième partie du récit.

    Ce récit est très intéressant car c'est l'histoire de deux personnes banales, dont les personnalités ne sortent pas de l'ordinaire. Un enfant, un père, une faille. le réalisme est d'ailleurs un point fort du récit, et aussi tout le cheminement psychologique qui amène à l'aboutissement de l'histoire. Tout ce qui se passe dans l'histoire est rédigé avec justesse, et les événements peuvent ainsi se fondre dans notre réalité avec cette impression que tout est possible. Aucune surenchère, aucune invention ou imaginaire, David Vann semble vouloir nous convaincre que tout est possible. Il m'a impressionné par la faible distance qu'il inscrit par rapport au réel, et sa maîtrise des mots.
    David Vann arrive à retranscrire les égarements et le comportement d'une personne souffrant de dépression, et c'est en cela qu'on est proche des personnages car tout le monde peut passer par cette phase. La remise en question perpétuelle, la tristesse, les phases maniaques, telles qu'ici l'hypersexualité. Jim est un homme qui est troublé, maladroit dans son contact avec le monde.
    Ce livre est très proche du réel. Et tel que rédigés, la mésaventure et les enchaînements pourraient arriver à n'importe qui. L'histoire n'est pas horrible, inhumaine, elle est dure et quelque part juste. David Vann a un regard particulier et froid de l'homme, et l'aventure en vaut le détour. Tout de même, j'aurai bien voulu que la faille psychologique soit plus exploitée, que l'auteur aille plus en profondeur dans l'univers. Peut-être en nous donnant plus de Roy et Jim lorsqu'il leur donne, en quelque sorte, la parole. Mais est-ce que cela aurait donné dans la surenchère?

    Je le conseille particulièrement à ceux qui s'intéressent aux récits à forte teneur psychologique, qui aiment les huis-clos. Pour les autres, il faut tenter la plume de David Vann pour découvrir la mesure dans une histoire, le distillement intelligent des informations et une description très intéressante de l'élément « nature ».

    Lien : http://lechateaudegaby.wordpress.com/2013/01/31/sukkwan-island-de-da..
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    • Livres 3.00/5
    Par Marcelline, le 21 janvier 2013

    Marcelline
    Voilà un roman qui m'a bousculée, à la fois par l'histoire qu'il raconte et par l'ambiance angoissante qu'il distille au fil des pages...
    Assurément, l'auteur a su m'emmener avec ses héros, Jim et son fils Roy, sur cette île perdue d'Alaska où le père voudrait donner un nouveau souffle à sa relation avec son jeune adolescent: j'ai eu froid, faim et peur!
    Dès la première page, le malaise s'installe et m'a déstabilisée. D'initiatives manquées en défaillances avérées, Jim n'a suscité aucune sympathie de ma part et le rapport bancal qu'il entretient avec son fils m'a agacée...
    L'événement brutal qui nous fait basculer de la première à la deuxième partie du roman m'a surprise et les descriptions souvent crues qui suivent m'ont un peu écoeurée!
    Et donc, même si les émotions suscitées par cette histoire se déclinent plus dans le registre du malaise et de l'incompréhension, j'avoue avoir été bluffée par l'auteur qui sait imposer une ambiance, qui m'a baladée à son gré malgré mon manque d'empathie pour ses personnages et qui donne matière à réflexions une fois le livre refermé!
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 14 septembre 2011
    […] ce beau roman décrit le basculement d'un homme dans la folie, et glisse avec brio du thriller à la tragédie.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    « Ils allaient se coucher le soir épuisés, Roy ne parvenait plus à rester éveillé pour écouter son père et il réussissait parfois à oublier que son père allait mal. Il commença même à imaginer qu’il allait bien, dans la mesure où il ne pensait plus vraiment à lui. Il vivait au jour le jour, chaque journée tout entière consacrée à une activité, puis il se couchait pour se lever à nouveau, et comme il travaillait aux côtés de son père, il imaginait que son père ressentait les mêmes choses. »
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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    « Roy leva les yeux. Son père était penché en avant, les bras sur les genoux, la tête baissée. Il se frottait le front. Il demeura ainsi longtemps. Roy ne trouvait rien à dire, alors il ne disait rien. Mais il se demandait pourquoi ils étaient là, quand tout ce qui semblait importer à son père se trouvait ailleurs. Cela ne lui semblait pas logique du tout que son père soit venu s’installer ici. Il commençait à se demander si son père n’avait pas échoué à trouver une meilleure façon de vivre. »
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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    « L’homme n’est qu’un appendice de la femme. »

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  • Par Persepolis, le 22 juin 2010

    A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son coeur battait toujours, la peur s'était ancrée plus profond, s'était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s'échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu'il sache vraiment s'il les avait entendus ou imaginés. L'air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l'obscurité comme s'ils ne faisaient qu'un et se ruait sur lui de tous côtés.
    J'ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C'est ce que je suis.
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  • Par MarcPruvost, le 28 mars 2012

    Ainsi commence ton éducation à domicile.
    Le monde était à l'origine un vaste champ et la terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n'avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n'y voyait rien à redire. Puis l'homme est arrivée, Il avançait courbé aux confins du monde, poilu, imbécile et faible, et il s'est multiplié, il est d...evenu si envahissant, si tordu et meurtrier à force d'attendre que la terre s'est mise à se déformer. Ses extrémités se sont recourbées lentement, hommes, femmes et enfants luttaient pour rester sur la planète, s'agrippant à la fourrure du voisin et escaladant le dos des autres jusqu'à ce que l'humain se retrouve nu, frigorifié et assassin, suspendu aux limites du monde.

    Son père fit une pause et Roy demanda : Et après ?

    Au fil du temps, les extrémités ont fini par se toucher. Elles se sont recroquevillées pour se joindre et former le globe, et sous le poids de ce phénomène la rotation s'est déclenchée, hommes et bêtes ont cesser de tomber. Puis l'homme a observer l'homme, et comme il est devenu si laid avec sa peau nue et ses bébés pareils à des cloportes, il s'est répandu sur la surface de la terre, massacrant et revêtant les peaux des bêtes les plus correctes.

    Ah lança Roy. Mais ensuite ?

    La suite devient trop compliqué à raconter. Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d'argent, d'impôts, et tout est parti en vrille...
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