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> Laura Derajinski (Traducteur)

ISBN : 2351780302
Éditeur : Gallmeister (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.78/5 (sur 1076 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Le monde à l’origine était un vaste champ et la Terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n’avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n’y voyait rien à redire. Puis l’homme est arrivé, il avançait ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili, le 19 février 2013

    Lolokili
    Ami neurasthénique en quête d'aventures primesautières susceptibles d'apaiser les tourments de ton Moi intérieur... passe au large, oublie Sukkwan island et va t'inscrire chez les scouts.
    Certes il est ici question de paysages préservés, de vie au grand air, youkaïdi youkaïda, de chasse à l'ours et de pêche au saumon qui pourraient, dans un premier temps, faire passer ce récit pour un hymne paisible à la nature sauvage et rebelle de l'Alaska profonde. Que nenni car paradoxalement, au coeur de ce territoire vaste et pur, prend place un huis clos suffocant, un tête-à-tête mortifère entre un jeune garçon et son père, un peu fragile de la cafetière, le père, on s'en apercevra bientôt. Les paysages pré-cités ne seront plus alors qu'un (magnifique) décor pour de glaçantes péripéties dont j'aurai le bon goût de taire – ne me remerciez pas – le déroulement implacable et l'issu non moins sordide.
    Difficile d'adorer un livre à la noirceur aussi... réfrigérante, mais difficile aussi de ne pas l'apprécier tant on devine ce que l'auteur a dû extraire de ses tripes pour livrer une histoire aussi sombre et asphyxiante. Alors, pour ceux qui ne l'ont pas encore lue, faites-vous donc votre propre opinion mais... accrochez-vous un peu quand même, on n'est pas chez les Teletubbies là.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 02 septembre 2012

    LiliGalipette
    Jim a acheté une cabane sur Sukkwan island, une île isolée du sud de l'Alaska. Il a décidé d'y passer un an avec Roy, son fils de 13 ans. Avant tout, il s'agit pour lui de changer de vie, de laisser le passé derrière lui et de renouer avec son fils. « Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d'argent, d'impôts, et tout est parti en vrille. » (p. 12) Jim bouillonne de projets le jour, mais il se laisse aller au désespoir toutes les nuits et s'épanche auprès de son fils. Pour Roy, cette isolation est une folie. « Cela semblait impossible. Tout semblait impossible aux yeux de Roy, ils étaient terriblement mal préparés. » (p. 20) Mais le garçon ne veut pas laisser son père, même si sa présence lui pèse. Il pressent qu'un drame va se nouer sur cette île perdue. « Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père. » (p. 99) Et quand la tragédie survient, l'étouffante Iliade familiale devient une Odyssée funeste et solitaire.
    J'ai frémi à la lecture de ce huis-clos sauvage, de cette captivité en plein air. Ce tragique retour à la nature ne s'accommode pas des besoins inassouvis de Jim, ni de ses angoisses. le plus effrayant, c'est que ces deux naufragés volontaires ne domptent pas l'hostilité de la nature. En fait, ils se révèlent être l'hostilité même. Ils incarnent un danger qu'ils ne peuvent combattre. Étrangement, cette violence m'a fait du bien et j'ai lu le premier roman de David Vann en quelques heures, fascinée par les puissances troubles qui agitent les personnages. le père et le fils ne font que se manquer et les retrouvailles tant espérées surviennent trop tard. Pour cet auteur, la famille est une entité malmenée, une structure sans avenir, une source de chagrin.
    Pour une fois, je suis ravie de ne pas avoir lu avec les romans d'un auteur dans l'ordre. Jim et Rhoda sont les héros de Désolations, le deuxième texte de David Vann, mais l'intrigue se situe en amont de Sukkwan island. Au moins, les références étaient claires et les fils de l'histoire se nouent sans frustration. Dans Désolations, j'avais été subjuguée par la description de la nature. J'ai compris avec Sukkwan island que David Vann déploie ce talent dans tous ses écrits. La nature, bien que froide et sauvage, n'est jamais l'élément le plus hostile des romans de l'auteur : ce sont les hommes qui portent et déchaînent le chaos. J'ai aimé ce roman pour sa peinture sans concession des tourments de l'homme. David Vann ne se nourrit pas d'illusions et ses textes ont la puissance des meilleurs romans noirs américains.
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    • Livres 5.00/5
    Par manU17, le 26 juin 2013

    manU17
    Comment un homme peut-il s'être aussi mal préparé à vivre en totale autarcie sur une île déserte avec son fils de treize ans ? Quand en plus la malchance s'ajoute au dilettantisme, à l'impression que tout se ligue contre eux, le séjour s'avère encore plus éprouvant physiquement et moralement que prévu. le retour à la nature, initialement évoqué, tourne au cauchemar pour mieux se transformer en aller simple pour le purgatoire. Bienvenue à Sukkwan island
    La première partie du roman, qui en compte deux, plante le décor, les conditions de vie, et installe la relation entre le père et le fils. Une relation qui semble inversée tant le père semble immature, instable et peu rassurant. La déception et le découragement vont crescendo jusqu'au choc incroyable, véritable cliffhanger, qui vous pousse vers la seconde partie et ne vous laisse aucun répit jusqu'à la dernière page. Véritable descente aux enfers, voyage dévastateur aux frontières du désespoir et de la folie, qui nous conduit vers une issue qui semble irrémédiablement fatale.
    Impossible d'en dire plus au risque de trop en dire, sinon que le drame vécu par l'auteur dans son enfance a incontestablement influencé son histoire. Elle nous donne une idée de toutes les émotions qui ont pu le traverser et le marquer, à cette époque, entre horreur et fantasmes.
    Poignant, stupéfiant, addictif, un roman mémorable qui m'a tenu éveillé jusqu'au bout de la nuit.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2013/06/sukkwan-isla..
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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine, le 31 mars 2014

    Erveine

    Sukkwan island
    Du merveilleux au tragique. de la lumière aux ténèbres. de la blessure incommensurable de l'amour à l'inertie des corps.
    L'un s'éveille et l'autre meurt, tandis qu'une force meurtrière inverse la tendance des ondes vitales.
    Le fils a dit ‘non' mais la mère insiste car pour être un bon fils, il convient de dire ‘oui'. Plus tard, c'est le père qui revient avec le même leitmotiv, le même questionnement. Mais là aussi, pour être un bon fils, il faut dire ‘oui'. Oui papa ! Je veux te montrer comme je suis courageux et comme j'aurai la force et l'endurance pour cette épreuve. Même si c'est ton défi. Même si toi-même, tu n'es plus guère capable de le relever...
    Mais le fils n'est plus là, déjà... Il est le père. du haut de ces treize ans, il pense, agit et vit comme un adulte.
    Regarde ! Entends ! Dit le père !... Je suis si petit... C'est moi qui pleure la nuit, c'est moi qui a mal, c'est moi qui a besoin de tes conseils. C'est moi qui a besoin que tu m'élèves... Porte le haut ! Ce père... Bon ou mauvais puisque tu l'aimes. C'est ce message qui coule du récit. Bien plus que l'horreur qui s'accroît d'heure en heure. le réel ou l'irréalité du dialogue intérieur de cet homme qui nous submerge par tant d'incompréhension.
    Car ce qui nous émeut, nous envahit, c'est l'image seule de ce garçon qui est privé d'enfance et auquel on inculque, si tôt déjà, cette image sombre de la vie qui n'est en rien égale à son rêve. Un rêve qui s'envole par delà l'horizon, dans un dernier élan...
    Ténébreux comme un paysage d'Island, mais riche en écriture David Vann nous emmène en Alaska.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 12 avril 2010

    caro64
    Parce que, jusqu'ici, il a raté tout ce qu'il a entrepris dans sa vie - mariage, paternité, travail - Jim s'en va passer une année dans une cabane sommairement aménagée sur une île isolée et inhabitée : Sukkwand Island, au sud de l'Alaska. Là, il espère faire le point sur sa triste existence, et, au terme de cette année d'exil, revenir avec le sentiment d'avoir enfin mené à bien quelque chose sur cette terre. Mais Jim n'est pas parti seul. Roy, son fils de 13 ans l'accompagne. Peut-être cette expérience partagée saura-t-elle les rapprocher ? Très vite pourtant, la relation entre père et fils va connaître de sérieuses difficultés, dues en grande partie à la fragilité émotionnelle du premier. Alors que l'hiver quasi polaire approche, Jim, pour la plus grande crainte de Roy, ne semble pas être tout à fait à la hauteur de ce qui les attend. Cette virée en Alaska tourne au cauchemar.
    Sukkwan island est un véritable tour de force et échafaude intrigue et suspens dans un magnifique huit clos... en pleine nature.
    L'écriture est simple et irréprochable, le ton juste, du début à la fin.
    David Vann sait créer la surprise, nous traîner dans les pensées des personnages, haletant entre espoir et dégoût au fil des pages. Il nous livre un roman que l'on ne peut lire que d'une traite, un roman qui coupe le souffle au sens propre comme au sens figuré.
    Émouvant et dérangeant, débordant d'émotions complexes, je parie que ce livre vous laissera des traces.
    Sukkwand Island est le premier roman de David Vann. Un auteur américain à suivre !
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Critiques presse (3)


  • BoDoi , le 11 décembre 2014
    L’influence d’un certain pan du manga (on croit même parfois voir un visage sorti de chez Taniguchi) est criante dans le travail de Bienvenu, davantage dans l’intelligence des cadrages et l’expressivité du noir et blanc que dans la mise en scène et le découpage, classique voire austère.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • BDGest , le 28 octobre 2014
    Intrigant, racé, dérangeant… autant d’adjectifs qui pourraient s’accoler à cet ouvrage qui possède une vraie identité. Réussite graphique et narrative, Sukkwan Island permet à un jeune artiste de se révéler.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • Telerama , le 14 septembre 2011
    […] ce beau roman décrit le basculement d'un homme dans la folie, et glisse avec brio du thriller à la tragédie.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par MarcPruvost, le 28 mars 2012

    Ainsi commence ton éducation à domicile.
    Le monde était à l'origine un vaste champ et la terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n'avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n'y voyait rien à redire. Puis l'homme est arrivée, Il avançait courbé aux confins du monde, poilu, imbécile et faible, et il s'est multiplié, il est d...evenu si envahissant, si tordu et meurtrier à force d'attendre que la terre s'est mise à se déformer. Ses extrémités se sont recourbées lentement, hommes, femmes et enfants luttaient pour rester sur la planète, s'agrippant à la fourrure du voisin et escaladant le dos des autres jusqu'à ce que l'humain se retrouve nu, frigorifié et assassin, suspendu aux limites du monde.

    Son père fit une pause et Roy demanda : Et après ?

    Au fil du temps, les extrémités ont fini par se toucher. Elles se sont recroquevillées pour se joindre et former le globe, et sous le poids de ce phénomène la rotation s'est déclenchée, hommes et bêtes ont cesser de tomber. Puis l'homme a observer l'homme, et comme il est devenu si laid avec sa peau nue et ses bébés pareils à des cloportes, il s'est répandu sur la surface de la terre, massacrant et revêtant les peaux des bêtes les plus correctes.

    Ah lança Roy. Mais ensuite ?

    La suite devient trop compliqué à raconter. Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d'argent, d'impôts, et tout est parti en vrille...
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  • Par Persepolis, le 22 juin 2010

    A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son coeur battait toujours, la peur s'était ancrée plus profond, s'était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s'échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu'il sache vraiment s'il les avait entendus ou imaginés. L'air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l'obscurité comme s'ils ne faisaient qu'un et se ruait sur lui de tous côtés.
    J'ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C'est ce que je suis.
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  • Par kris334, le 14 août 2014

    Tu te rappelles ce que je t'ai raconté sur le monde qui n'était qu'un grand champ, à l'époque où la Terre était plate ?
    Ouais, dit Roy. Comment tout est parti en vrille après que tu as rencontré Maman.
    Hé là, dit son père. J'ai pas dit ça. Bref, j'y ai repensé et ça m'a fait réfléchir aux choses qui me manquent et au fait que je n'ai pas de religion alors que j'en ai quand même besoin.
    Quoi ? demanda Roy.
    En gros, je suis foutu. J'ai besoin d'un monde animé, j'ai besoin qu'il me renvoie à moi-même. J'ai besoin de savoir que, quand un glacier bouge ou qu'un ours pète, j'ai quelque chose à voir là-dedans. Mais je n'arrive pas non plus à croire à ces conneries, alors que j'en ai besoin.
    Qu'est-ce que ça a à voir avec Maman ?
    Je ne sais pas. Tu me déconcentres.
    Ils terminèrent leur partie et se couchèrent. Roy ressassait le discours de son père, et la personne à ses côtés lui semblait être un père bien étrange. Plus que toute autre chose, c'était le ton de sa voix, comme si la création du monde menait invariablement vers le Gros Plantage. Mais Roy évitait de trop réfléchir. Il avait vraiment envie de dormir.
    La neige s'installa à plus basse altitude, et ils cessèrent de pêcher, d'utiliser le fumoir ou de couper du bois.
    On est parés, de toute façon, fit son père. Il est temps de s'installer et de se détendre. Il faudra environ deux semaines avant que je pète les plombs.
    Quoi ?
    Je plaisante, dit son père. C'était une blague.
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  • Par sylvie, le 23 mars 2010

    Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc naturel de South Prince of Wales et à environ quatre-vingt kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons
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  • Par Marie-O, le 10 mai 2010

    Les rêves de Roy devenaient récurrents. Dans l'un d'entre eux, il était recroquevillé dans une salle de bain à plier des serviettes rouges à mesure que d'autres serviettes s'empilaient et lui tombaient dessus, le comprimant de tous les côtés. Dans un autre, il était à bord d'un bus enseveli dans le sable qui glissaient lentement sur la pente d'une colline. Dans un autre encore, il était pendu à des crochets et devait choisir entre se tirer dessus une fois, ce qui serait rapide mais risquait de le tuer, ou être plongé dans une cuve pleine de fourmis rouges, ce qui ne le tuerait pas mais durerait une éternité.
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A l'occasion de la parution de Dernier jour sur terre et de Goat Mountain (de. Gallmeister), l'écrivain David Vann évoque son rapport à l'écriture, qu'il conçoit comme un substitut à la religion. Captivant.








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