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ISBN : 2404000810
Éditeur : Gallmeister (2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.78/5 (sur 1408 notes)
Résumé :
«Le monde à l’origine était un vaste champ et la Terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n’avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n’y voyait rien à redire. Puis l’homme est arrivé, il avançait courbé aux confins du monde, poilu, imbécile et faible, et il s’est multiplié, il est devenu si envahissant, si tordu et meurtrier à force d’attendre que la Terre s’est mise à se déformer.»
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Critiques, Analyses & Avis (352) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
Lolokili19 février 2013
  • Livres 3.00/5
Ami neurasthénique en quête d'aventures primesautières susceptibles d'apaiser les tourments de ton Moi intérieur... passe au large, oublie Sukkwan island et va t'inscrire chez les scouts.
Certes il est ici question de paysages préservés, de vie au grand air, youkaïdi youkaïda, de chasse à l'ours et de pêche au saumon qui pourraient, dans un premier temps, faire passer ce récit pour un hymne paisible à la nature sauvage et rebelle de l'Alaska profonde. Que nenni car paradoxalement, au coeur de ce territoire vaste et pur, prend place un huis clos suffocant, un tête-à-tête mortifère entre un jeune garçon et son père, un peu fragile de la cafetière, le père, on s'en apercevra bientôt. Les paysages pré-cités ne seront plus alors qu'un (magnifique) décor pour de glaçantes péripéties dont j'aurai le bon goût de taire – ne me remerciez pas – le déroulement implacable et l'issue non moins sordide.
Difficile d'adorer un livre à la noirceur aussi... réfrigérante, mais difficile aussi de ne pas l'apprécier tant on devine ce que l'auteur a dû extraire de ses tripes pour livrer une histoire aussi sombre et asphyxiante. Alors, pour ceux qui ne l'ont pas encore lue, faites-vous donc votre propre opinion, mais accrochez-vous un peu quand même, on n'est pas chez les Teletubbies là.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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LiliGalipette
LiliGalipette02 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Jim a acheté une cabane sur Sukkwan Island, une île isolée du sud de l'Alaska. Il a décidé d'y passer un an avec Roy, son fils de 13 ans. Avant tout, il s'agit pour lui de changer de vie, de laisser le passé derrière lui et de renouer avec son fils. « Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d'argent, d'impôts, et tout est parti en vrille. » (p. 12) Jim bouillonne de projets le jour, mais il se laisse aller au désespoir toutes les nuits et s'épanche auprès de son fils. Pour Roy, cette isolation est une folie. « Cela semblait impossible. Tout semblait impossible aux yeux de Roy, ils étaient terriblement mal préparés. » (p. 20) Mais le garçon ne veut pas laisser son père, même si sa présence lui pèse. Il pressent qu'un drame va se nouer sur cette île perdue. « Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père. » (p. 99) Et quand la tragédie survient, l'étouffante Iliade familiale devient une Odyssée funeste et solitaire.
J'ai frémi à la lecture de ce huis-clos sauvage, de cette captivité en plein air. Ce tragique retour à la nature ne s'accommode pas des besoins inassouvis de Jim, ni de ses angoisses. le plus effrayant, c'est que ces deux naufragés volontaires ne domptent pas l'hostilité de la nature. En fait, ils se révèlent être l'hostilité même. Ils incarnent un danger qu'ils ne peuvent combattre. Étrangement, cette violence m'a fait du bien et j'ai lu le premier roman de David Vann en quelques heures, fascinée par les puissances troubles qui agitent les personnages. le père et le fils ne font que se manquer et les retrouvailles tant espérées surviennent trop tard. Pour cet auteur, la famille est une entité malmenée, une structure sans avenir, une source de chagrin.
Pour une fois, je suis ravie de ne pas avoir lu avec les romans d'un auteur dans l'ordre. Jim et Rhoda sont les héros de Désolations, le deuxième texte de David Vann, mais l'intrigue se situe en amont de Sukkwan Island. Au moins, les références étaient claires et les fils de l'histoire se nouent sans frustration. Dans Désolations, j'avais été subjuguée par la description de la nature. J'ai compris avec Sukkwan Island que David Vann déploie ce talent dans tous ses écrits. La nature, bien que froide et sauvage, n'est jamais l'élément le plus hostile des romans de l'auteur : ce sont les hommes qui portent et déchaînent le chaos. J'ai aimé ce roman pour sa peinture sans concession des tourments de l'homme. David Vann ne se nourrit pas d'illusions et ses textes ont la puissance des meilleurs romans noirs américains.
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manU17
manU1726 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Comment un homme peut-il s'être aussi mal préparé à vivre en totale autarcie sur une île déserte avec son fils de treize ans ? Quand en plus la malchance s'ajoute au dilettantisme, à l'impression que tout se ligue contre eux, le séjour s'avère encore plus éprouvant physiquement et moralement que prévu. le retour à la nature, initialement évoqué, tourne au cauchemar pour mieux se transformer en aller simple pour le purgatoire. Bienvenue à Sukkwan Island
La première partie du roman, qui en compte deux, plante le décor, les conditions de vie, et installe la relation entre le père et le fils. Une relation qui semble inversée tant le père semble immature, instable et peu rassurant. La déception et le découragement vont crescendo jusqu'au choc incroyable, véritable cliffhanger, qui vous pousse vers la seconde partie et ne vous laisse aucun répit jusqu'à la dernière page. Véritable descente aux enfers, voyage dévastateur aux frontières du désespoir et de la folie, qui nous conduit vers une issue qui semble irrémédiablement fatale.
Impossible d'en dire plus au risque de trop en dire, sinon que le drame vécu par l'auteur dans son enfance a incontestablement influencé son histoire. Elle nous donne une idée de toutes les émotions qui ont pu le traverser et le marquer, à cette époque, entre horreur et fantasmes.
Poignant, stupéfiant, addictif, un roman mémorable qui m'a tenu éveillé jusqu'au bout de la nuit.

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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andman
andman21 février 2015
  • Livres 1.00/5
Prix Médicis étranger 2010, “Sukkwan Island” de l'écrivain américain David Vann pourrait bien être ma principale déconvenue littéraire 2015 !
Ce petit livre commence alors qu'un homme dans la force de l'âge et son fils de treize ans amerrissent à proximité d'un îlot perdu de l'Alaska, leur nouveau lieu de villégiature.
Jim a éprouvé le besoin de prendre un peu de recul avec son métier de dentiste et est impatient de découvrir en compagnie de Roy cet endroit sauvage peuplé de cerfs, d'élans, de mouflons et d'ours. La cabane achetée en même temps que le terrain est vétuste mais ils ont largement le temps de la retaper avant l'hiver…
L'hydravion est à peine reparti, laissant seuls Jim et Roy, que le lecteur s'interroge déjà sur le peu de cohérence de la situation : les parents de Roy ont en effet divorcé plusieurs années auparavant et sa maman bénéficie depuis lors de la garde de leurs deux enfants. Bien que connaissant mieux que quiconque la fragilité mentale de son ex-époux, elle a accepté que Roy s'isole une année entière avec son père dans cet endroit aussi inaccessible que dangereux.
Qui peut croire une seconde à la vraisemblance d'une entrée en matière aussi farfelue ?
Quel soulagement de refermer trois heures plus tard ce bouquin nauséeux au possible, de quitter un personnage principal antipathique, pleutre, passant une grande partie de son temps à s'apitoyer sur son sort, à pleurnicher et à vomir ! Il n'y a rien de positif dans ce roman truffé d'approximations, d'horreurs et d'ennui.
Un petit conseil, si je puis me permettre, aux jeunes lecteurs : “N'approchez pas des rivages particulièrement malsains de Sukkwan Island !”
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Erveine
Erveine31 mars 2014
  • Livres 5.00/5

SUKKWAN ISLAND
Du merveilleux au tragique. de la lumière aux ténèbres. de la blessure incommensurable de l'amour à l'inertie des corps.
L'un s'éveille et l'autre meurt, tandis qu'une force meurtrière inverse la tendance des ondes vitales.
Le fils a dit ‘non' mais la mère insiste car pour être un bon fils, il convient de dire ‘oui'. Plus tard, c'est le père qui revient avec le même leitmotiv, le même questionnement. Mais là aussi, pour être un bon fils, il faut dire ‘oui'. Oui papa ! Je veux te montrer comme je suis courageux et comme j'aurai la force et l'endurance pour cette épreuve. Même si c'est ton défi. Même si toi-même, tu n'es plus guère capable de le relever...
Mais le fils n'est plus là, déjà... Il est le père. du haut de ces treize ans, il pense, agit et vit comme un adulte.
Regarde ! Entends ! Dit le père !... Je suis si petit... C'est moi qui pleure la nuit, c'est moi qui a mal, c'est moi qui a besoin de tes conseils. C'est moi qui a besoin que tu m'élèves... Porte le haut ! Ce père... Bon ou mauvais puisque tu l'aimes. C'est ce message qui coule du récit. Bien plus que l'horreur qui s'accroît d'heure en heure. le réel ou l'irréalité du dialogue intérieur de cet homme qui nous submerge par tant d'incompréhension.
Car ce qui nous émeut, nous envahit, c'est l'image seule de ce garçon qui est privé d'enfance et auquel on inculque, si tôt déjà, cette image sombre de la vie qui n'est en rien égale à son rêve. Un rêve qui s'envole par delà l'horizon, dans un dernier élan...
Ténébreux comme un paysage d'Island, mais riche en écriture David Vann nous emmène en Alaska.
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Les critiques presse (3)
BoDoi11 décembre 2014
L’influence d’un certain pan du manga (on croit même parfois voir un visage sorti de chez Taniguchi) est criante dans le travail de Bienvenu, davantage dans l’intelligence des cadrages et l’expressivité du noir et blanc que dans la mise en scène et le découpage, classique voire austère.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest28 octobre 2014
Intrigant, racé, dérangeant… autant d’adjectifs qui pourraient s’accoler à cet ouvrage qui possède une vraie identité. Réussite graphique et narrative, Sukkwan Island permet à un jeune artiste de se révéler.
Lire la critique sur le site : BDGest
Telerama14 septembre 2011
[…] ce beau roman décrit le basculement d'un homme dans la folie, et glisse avec brio du thriller à la tragédie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde228 juin 2016
Ils ne connaissaient pas cet endroit ni son mode de vie, ils se connaissaient mal l’un l’autre. Roy avait treize ans cet été-là, l’été suivant son année de cinquième à Santa Rosa, en Californie, où il avait vécu chez sa mère, avait pris des cours de trombone et de foot, était allé au cinéma et à l’école en centre-ville. Son père avait été dentiste à Fairbanks. Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc national de South Prince of Wales et à environ quatre-vingts kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres derrière eux, mais c’étaient des kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons. Un endroit semblable à Ketchikan, où Roy avait vécu jusqu’à l’âge de cinq ans, mais en plus sauvage et en plus effrayant maintenant qu’il n’y était plus habitué.
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Charybde2Charybde228 juin 2016
Son père ne le fit pas entrer dans la cabane, il la contourna par un chemin qui continuait en direction de la colline.
Les toilettes extérieures, dit son père.
Elles étaient grandes comme un placard, surélevées elles aussi, et accessibles par des marches. Bien qu’elles soient situées à environ trente mètres de la cabane, ils devraient les utiliser par temps froid, dans la neige hivernale. Son père poursuivit le long du sentier.
On a une belle vue de là-haut, fit-il.
Ils arrivèrent à un point en surplomb au beau milieu des orties et des baies sauvages, écrasant sous leurs pas la terre recouverte de végétation depuis la dernière fois qu’elle avait été foulée. Son père était venu quatre mois plus tôt pour visiter les lieux avant d’acheter. Il avait ensuite convaincu Roy, la mère de Roy et l’école. Il avait vendu son cabinet et sa maison, avait échafaudé ses projets et acheté leur matériel.
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Charybde2Charybde228 juin 2016
C’est pas comme Fairbanks, par ici. Tout dégage une sensation différente. Je crois que j’ai vécu trop longtemps au mauvais endroit. J’avais oublié à quel point j’aime être près de l’eau, à quel point j’aime voir les montagnes se dresser comme ça, et sentir l’odeur de la forêt, aussi. À Fairbanks, il fait sec et les montagnes ne sont que des collines, et puis les arbres se ressemblent tous. Il n’y a que des bouleaux et des épicéas à perte de vue. Quand je regardais par la fenêtre, j’aurais voulu voir d’autres espèces d’arbres. Je ne sais pas à quoi c’est dû, je ne me suis jamais senti chez moi toutes ces années, je ne me suis jamais senti à ma place nulle part. Quelque chose me manquait, mais j’ai le sentiment qu’être ici avec toi va tout arranger. Tu vois ce que je veux dire ?
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Charybde2Charybde228 juin 2016
Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient.
Ils redescendirent à la cabane enveloppés par le parfum doux amer d’une plante qui rappelait à Roy son enfance à Ketchikan. En Californie, il avait beaucoup repensé à Ketchikan et à la forêt humide, il avait cultivé dans son imaginaire et dans ses vantardises auprès de ses amis l’image d’un endroit sauvage et mystérieux. Mais à présent qu’il était de retour, l’air y était plus froid et la végétation, certes luxuriante, mais rien qu’une simple végétation, et il se demanda à quoi ils passeraient leur temps. Les choses étaient crûment ce qu’elles étaient et rien d’autre.
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Charybde2Charybde228 juin 2016
Son père le regardait, mais Roy ne savait pas comment discuter avec lui sur ce ton. Ouais, fit-il, mais il ne voyait pas. Il ne comprenait pas ce que racontait son père ni pourquoi il parlait ainsi. Et si les choses ne se passaient pas comme son père disait qu’elles allaient se passer ? Que feraient-ils alors ?
Ça va ? demanda le père en passant son bras sur les épaules de son fils. On sera bien ici. OK ? Je ne faisais que parler, rien de plus. OK ?
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