Sociobiologie, psychologie évolutionniste, anthropologie darwinienne ou quel que soit le nom qu'on lui donne le moins que l'on puisse dire est que le champs d'étude auquel nous introduit ici
Robert Wright est fascinant, passionnant, utile, révolutionnaire.
De quoi s'agit-il ? Tout simplement de dire que l'homme est un animal, dont les comportements sont autant le produit de sa biologie que de son environnement. Il s'agit, en bref, de la génétique s'invitant dans le domaine de la culture pour en expliquer les schémas.
On ne sera pas surpris, évidement, de voir une telle approche de la nature humaine choquer les idées reçues de certaines sciences sociales (le "tout culturel"), elles-même ayant influencé tout un pan de la philosophie ('French theory'...) ! N'en déplaise à certains, donc, passons sur ces préjugés et osons en apprendre plus sur cette formidable "synthèse des connaissances" où la biologie et la génétique s'allient à l'anthropologie, la psychologie, la philosophie ou encore l'éthologie pour transformer de manière radicale le regard que l'on porte sur nous-même.
Robert Wright fait plus que de nous introduire aux travaux essentiels des pères d'une telle synthèse (William Hamilton, George William, Robert Trivers,
John Maynard Smith etc.). Il interroge aussi nos préjugés, tout en mettant en garde contre le recours au naturel comme support de la morale. Status social, structures familiales, amitié, altruisme et coopération, conflits et guerre, séduction et sexe... Toute la palette de nos comportements lui sert ici à peindre un tableau détaillé d'un "animal moral" décidement fascinant. Original, il se sert même de la biographie de Darwin (et de l'Angleterre victorienne comme environnement, donc) pour illustrer son propos.
Un livre riche, aussi dense et varié que les multiples champs d'études dont il dépends mais qui, au-delà d'un style un peu barbant par moment (il faut le reconnaitre !) s'avère être une lecture essentielle.