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> Anne Béraud-Butcher (Traducteur)

ISBN : 2070428559
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les questions abordées dans cet ouvrage touchent à tout ce qui est au cœur de la vie et de la conduite humaines : amour, sexe (les hommes et/ou les femmes sont-ils réellement faits pour la monogamie ?) ; amitié et inimitié ; égoïsme, abnégation, culpabilité (pourquoi la... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 29 août 2014

    Walktapus
    La psychologie évolutionniste est une approche relativement récente. Elle désigne plus une démarche ou un faisceau d'axes de recherche qu'une discipline, au carrefour de l'éthologie, de la psychologie cognitive, de l'anthropologie, de la biologie.
    Mais elle a ouvert tellement de voies nouvelles, expliqué tellement de choses, que certains parlent de « nouveau paradigme ». C'est le cas de Robert Wright, qui dans cet essai présente et vulgarise la PE, et explore ses implications morales.
    Je vous avouerai que je ne suis pas loin d'être aussi enthousiaste que lui. Avec la PE, pour la première fois, j'ai l'impression d'avoir des réponses sur la nature humaine, de commencer à la comprendre un peu. Dans le cadre de ma grande « Quête » de sens (celle dont la réponse pourrait être 42), c'est ce qui m'a été le plus utile jusqu'à présent.
    Le coup de génie de Wright dans ce livre est de présenter les concepts de la PE et de les illustrer au fur et à mesure par la vie de Charles Darwin… qui était un homme honorable, hautement moral, pur produit de la société victorienne, bref, très loin de la bête sauvage.
    Le bouquin est un pavé de 600 pages, divisé en quatre parties. La première est la plus « croustillante ». Ca parle de différence entre hommes et femmes, de choix de partenaire, de mariage, d'infidélité, de monogamie, de polygynie, et bien sûr du mariage de Darwin. J'ai eu un peu de mal avec son concept de « madone et de putain » toutefois.
    La deuxième est plus positive puisqu'elle parle de familles, d'amis, d'entraide, d'altruisme. Et de la famille de Darwin.
    La troisième partie est consacrée au statut social, aux hiérarchies, à l'estime de soi, à la manière dont on se trompe soi-même. C'est probablement la plus pénible à avaler pour notre égo. Et là c'est plutôt la carrière de Darwin qui est appelée comme exemple.
    Enfin, pour la fin, il parle de Freud et d'inconscient, de morale et d'éthique, de déterminisme et de libre arbitre, de religion, et donne des pistes pour utiliser la PE pour nous guider dans des choix moraux de société.
    Le livre souffre de deux défauts. le premier c'est qu'il est déjà ancien (1993) et qu'on rate beaucoup de découvertes ou hypothèses récentes. le second, c'est qu'il est un petit peu trop enthousisaste et a tendance à présenter tout ça comme un ensemble de vérités établies, sans distinguer ce qui est vérifié de ce qui est plus postulatoire, sans vraiment émettre de réserve, en dehors des critiques sociales et politiques (venant de la gauche, de la droite, des féministes).
    Ce qui ne l'empêche pas d'être passionnant. Allez hop : 5 étoiles !
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 21 août 2014

    Non seulement le sentiment de contrôler "consciemment" notre conduite est une illusion, mais c'est aussi une illusion intentionnelle, conçue par la sélection naturelle pour donner de la conviction à nos propos. Pendant des siècles, on a abordé le débat philosophique portant sur le libre arbitre avec la vague, mais puissante, intuition que le libre arbitre existait ; nous (le "nous" conscient) sommes responsables de notre conduite. Il n'est pas interdit de penser que cette tranche non négligeable de l'histoire intellectuelle peut elle-même être directement portée au compte de la sélection naturelle - que l'une parmi les plus sacrées d'entre toutes les positions philosophiques est essentiellement une adaptation.
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  • Par Walktapus, le 26 août 2014

    Penser qu'un dollar supplémentaire, un flirt supplémentaire ou un échelon de plus sur l'échelle sociale nous laissera rassasiés reflète une méconnaissance de la nature humaine. (...) La sélection naturelle a un méchant sens de l'humour ; elle nous fait avancer grâce à une succession de promesses pour nous dire ensuite : " C'était de la blague. " Comme il est dit dans la Bible : " l'homme ne travaille que pour remplir sa bouche, et pourtant son appétit n'est jamais satisfait. " Chose remarquable, nous passons toute notre vie sans jamais vraiment le comprendre.
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  • Par Walktapus, le 11 août 2014

    Comprendre la démarche, souvent inconsciente, du contrôle génétique, c'est admettre d'abord que, dans bien des domaines, et pas seulement dans celui de la sexualité, nous sommes tous des marionnettes. Notre meilleur atout, pour tenter d'échapper un tant soit peu à cette fatalité, consiste à essayer de déchiffrer le langage du marionnettiste. La conséquence de cette logique n'apparaîtra pas tout de suite, mais je ne crois pas détruire le suspens en ajoutant que le bonheur des marionnettes est le cadet des soucis du marionnettiste.
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  • Par Walktapus, le 18 août 2014

    La sélection naturelle a tissé une toile éternellement en expansion - celle de l'affection, de la reconnaissance et de la confiance - à partir d'un impitoyable égoïsme génétique. Cette ironie seule voudrait que l'on savoure le processus, même si la toile n'offrait pas autant de ces expériences qui font que la vie vaut d'être vécue.

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  • Par Walktapus, le 13 août 2014

    Tout bien pesé, la monogamie institutionnelle, que l'on considère souvent pourtant comme une grande victoire pour l'égalitarisme et pour les femmes, n'est absolument pas égalitaire quant à ses effets sur la condition féminine. La polygynie redistribuerait bien plus équitablement les biens des hommes entre les femmes.

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