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> Anne Béraud-Butcher (Traducteur)

ISBN : 2070428559
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les questions abordées dans cet ouvrage touchent à tout ce qui est au cœur de la vie et de la conduite humaines : amour, sexe (les hommes et/ou les femmes sont-ils réellement faits pour la monogamie ?) ; amitié et inimitié ; égoïsme, abnégation, culpabilité (pourquoi la... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Hugo, le 15 mai 2015

    Hugo
    - Tu veux devenir quoi comme connard dans la vie ?
    - je sais pas, un truc un peu classouille
    Écoute mon garçon, ton destin est scellé depuis le big bang, la sélection naturelle, l'évolution et tout le bordel… Et puis un jour ta mère qui ne respire pas le prix nobel s'est fait tirée par le gros lot de la misère sociale, en pensant dans un coin de son inconscience que peut-être le mec un peu sur de lui, la clope au bec, bad trip sur l'alcool, fêtard, quetard et emmerdeur de sa mère, pourrait lui planter dans le bidon tout rond de la graine d'astronaute, ou un autre truc dans le genre un peu classouille comme tu rêves, et ta dam…
    T'es là, tout chauve, tout gros a chialé ta détresse de nourrisson mort de trouille…
    L'environnement dans lequel tu grandis semble convenir au manque d'ambition certains de tes géniteurs que tu aimes malgré toute la merde qu'ils t'ont t'enfoncés dans le crâne, tu auras de l'acquis, de l'innée, pour l'acquis tu aurais plus mal tombé, pour l'inné c'est plus compliqué, ton patrimoine génétique après moultes milliards d'années d'adaptation souhaite à tout prix survivre quoi qu'il arrive mais moins vite que l'environnement dans lequel tu vas grandir…
    la vie est une pute sanguinaire qui va te sucer l'espoir d'un bonheur que tu rechercheras toute ta vie juste pour l'effleurer, allant jusqu'à manipuler ton cerveau pour payer ta dette, afin « queue » tu te reproduises encore et encore… choisis bien, prends ton temps, on veut de la fille bien élevée en société, avec des gènes « sein » un 95 G me parait ambitieux mais pas impossible, assure toi de sa réputation de futur maman avant d'écarter les joies de la monogamie, mais décides toi vite, j'ai envie de tripoter de la madone...
    640 pages à disséquer la vie de Darwin, un homme charmant, bien élevé, et ambitieux, 640 pages à développer de nombreuses théories, les différences entre hommes et femmes, la monogamie, la polygamie, l'altruisme réciproque, la morale, la culpabilité, notre survie… et tellement d'autres trucs passionnants…
    La charmante « Meeva » m'a gentiment posé une question toute bête sur une citation du bouquin, pris au dépourvu je n'ai pas su lui expliquer… et après quelques heures de réflexion emprisonné dans mes limites intellectuelles, je ne serai toujours pas lui résumer, j'ai pigé dans les grandes lignes, je me suis identifié pour comprendre… parce que ça fait des années que je cours après quelques questions sur la nature humaine, les sentiments humains, pourquoi on est des trous duc, pourquoi on se bouffe la gueule, pourquoi on est égoïste, ambitieux, altruiste, violent…
    la philo te donne des réponses, mais ce bouquin passe par la psychologie évolutionniste et là c'est le pied, ça tient foutrement bien la route pour un branleur comme moi, mais je manque d'esprit critique pour développer un raisonnement qui tienne la route, alors évitons les malentendus, ou interprétations aléatoires, moi je travaille le bois, certes aujourd'hui je manipule des chiffres pour me payer un statut social, rien de transcendant, juste de quoi arrêter la rosette le midi, et survivre dans de meilleurs conditions en me levant plus tard le matin...
    A plus les copains…
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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 29 août 2014

    Walktapus
    La psychologie évolutionniste est une approche relativement récente. Elle désigne plus une démarche ou un faisceau d'axes de recherche qu'une discipline, au carrefour de l'éthologie, de la psychologie cognitive, de l'anthropologie, de la biologie.
    Mais elle a ouvert tellement de voies nouvelles, expliqué tellement de choses, que certains parlent de « nouveau paradigme ». C'est le cas de Robert Wright, qui dans cet essai présente et vulgarise la PE, et explore ses implications morales.
    Je vous avouerai que je ne suis pas loin d'être aussi enthousiaste que lui. Avec la PE, pour la première fois, j'ai l'impression d'avoir des réponses sur la nature humaine, de commencer à la comprendre un peu. Dans le cadre de ma grande « Quête » de sens (celle dont la réponse pourrait être 42), c'est ce qui m'a été le plus utile jusqu'à présent.
    Le coup de génie de Wright dans ce livre est de présenter les concepts de la PE et de les illustrer au fur et à mesure par la vie de Charles Darwin… qui était un homme honorable, hautement moral, pur produit de la société victorienne, bref, très loin de la bête sauvage.
    Le bouquin est un pavé de 600 pages, divisé en quatre parties. La première est la plus « croustillante ». Ca parle de différence entre hommes et femmes, de choix de partenaire, de mariage, d'infidélité, de monogamie, de polygynie, et bien sûr du mariage de Darwin. J'ai eu un peu de mal avec son concept de « madone et de putain » toutefois.
    La deuxième est plus positive puisqu'elle parle de familles, d'amis, d'entraide, d'altruisme. Et de la famille de Darwin.
    La troisième partie est consacrée au statut social, aux hiérarchies, à l'estime de soi, à la manière dont on se trompe soi-même. C'est probablement la plus pénible à avaler pour notre égo. Et là c'est plutôt la carrière de Darwin qui est appelée comme exemple.
    Enfin, pour la fin, il parle de Freud et d'inconscient, de morale et d'éthique, de déterminisme et de libre arbitre, de religion, et donne des pistes pour utiliser la PE pour nous guider dans des choix moraux de société.
    Le livre souffre de deux défauts. le premier c'est qu'il est déjà ancien (1993) et qu'on rate beaucoup de découvertes ou hypothèses récentes. le second, c'est qu'il est un petit peu trop enthousisaste et a tendance à présenter tout ça comme un ensemble de vérités établies, sans distinguer ce qui est vérifié de ce qui est plus postulatoire, sans vraiment émettre de réserve, en dehors des critiques sociales et politiques (venant de la gauche, de la droite, des féministes).
    Ce qui ne l'empêche pas d'être passionnant. Allez hop : 5 étoiles !
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    • Livres 3.00/5
    Par BlackRadis, le 23 mai 2015

    BlackRadis
    Ce livre cause de psychologie évolutionniste.
    Que ceux qui viennent sur Babélio pour rigoler (ou pire pour draguer) passent leur chemin : ici c’est du sérieux, c’est du lourd, c’est une critique bac + 5.
    Existe-t-il une nature humaine (c’est ce que pensent les évolutionnistes dits chercheurs en sciences sociales darwiniens) ou bien la culture et la malléabilité du cerveau suffisent-elles à expliquer nos comportements ?
    Le darwinisme social, nous dit l’auteur, Robert Wright, fut récupéré par des racistes, des fascistes et de cyniques capitalistes. Bref, que des gens sympas.
    Or les anthropologues darwiniens y sont pas comme ça : y sont tout gentils…Y voit plus les ressemblances entre les peuples que leur différences (qui sont autant de chances…).
    Contrairement à ce qui pourrait être pensé : ils croient que l’environnement social de l’enfant est important pour le psychisme de l’adulte.
    Robert adore, tout comme moi, l’imparfait du subjonctif.
    Exemple (mais il y en a plein) : « Que nous y prissions… »
    Parenthèse grammaticale refermée.
    Robert qui, peut-être s’enflamme un peu, n’hésite pas à parler d’un nouveau paradigme.
    Rapidement réac dans ses propos : je sens que je ne partirais pas en vacances cet été (en camping à Mykonos) avec Robert.
    « Le conservatisme moral qui resurgit depuis dix ans, surtout dans le domaine de la sexualité, témoigne de la récurrence de vérités humaines trop longtemps oblitérées. »
    « Les femmes et les hommes sont fondamentalement différents, surtout dans le domaine de la libido »
    Ce genre de truc…
    Il est à deux doigts (mais ouf il ne le fait pas) de condamner la récréation sexuelle (on a failli passer un mauvais samedi soir !).
    Il parle de l'appétit (sexuel) du mâle et de la réserve naturelle de la femelle : on voit que Robert n'est jamais allé au (feu) Macumba !
    On apprend que Darwin avait un comportement et une moralité exemplaire (qu’il était un peu ch… quoi !). Et un peu bas de plafond aussi.
    Pensant un temps faire médecine, Charles se passionne rapidement pour la dissection des huîtres, mettant ainsi un terme à sa vocation.
    Il s’imagine ensuite devenir pasteur mais finalement y fera naturiste sur un bateau et le reste appartient à l’Histoire…
    (Naturaliste, pardon)
    Bon je me moque mais il y a des passages très intéressants dans ce bouquin : ne me faite pas dire le contraire.
    Je le conseille même.
    Robert est porté sur les gènes c’est son droit.
    Il force le trait sur l'évolution des gènes et leur rôle.
    Les gènes, oui mais y’a pas que ça (y a pas seulement que d'la pomme… y'a autre chose… disait en son temps Paul Volfoni), il y a aussi l’histoire personnelle, l’environnement, la biologie, la culture etc…
    Qu’est-ce qui domine ? C’est difficile à savoir tant c’est une combinaison de tout cela, on a vraiment l’impression que les différentes « chapelles » ont du mal à communiquer.
    C’est pour cela que Boris Cyrulnik : psychiatre, psychanalyste, intéressé par la neurobiologie et l’éthologie m’intéresse tant.
    Dernière remarque si une fille (ou un garçon vous plaît), oublié les expressions plates du style "dans tes yeux je vois la mer" et opté plutôt pour le très évolutionniste "Je me propose de revaloriser ton patrimoine génétique".
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Citations et extraits

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  • Par BlackRadis, le 23 mai 2015

    Certaines personnes vont probablement gloussé à l'évocation du dindon essayant de s'accoupler à sa tête de femelle empaillée, mais lorsque l'on fait remarquer que beaucoup d'hommes ont une érection à la seule vue d'une photo de femme nue, personne ne fait le rapprochement.

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  • Par BlackRadis, le 23 mai 2015

    Quant aux dindons, ils n'hésiteront pas à courtiser fiévreusement une dinde empaillée.

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  • Par Hugo, le 14 mai 2015

    Or ces progrès passent par l'identification des commandes , Charles Darwin, par exemple, les partage avec l'humanité tout entière. Il s'occupe de sa famille dans certaines limites. Il est en quête d'un statut. Et d'une vie sexuelle. Il tente d'impressionner ses pairs et de sur plaire.Il essaie de paraitre bon. Il forme des alliances qu'il entretient, il tente de neutraliser ses rivaux. Il se leurre lui-même si les objectifs évoqués ci-dessus lui imposent de le faire. Et il ressent tous les sentiments - Amour, désir, compassion, respect, ambition, colère, peur, tourments de la conscience , de la culpabilité, du devoir, de la honte, etc. - Ce qui poussent les êtres humains vers ces objectifs. (page 512)

    (Toute ma modeste vie)
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  • Par Hugo, le 08 mai 2015

    Altruisme, compassion, empathie, amour, conscience, sens de la justice, tout ce qui confère à la société sa cohésion et met la supériorité de notre espèce à l'épreuve a, dorénavant et sans conteste, une solide base génétique. Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise c'est que si ces vertus sont en quelque sorte bénéfiques à l'ensemble de l'humanité, elles n'ont, en revanche, pas évolué dans un sens capable de concourir au "bien de l'espèce". Ce serait plutôt le contraire : Il est plus clair que jamais désormais que le sens moral peut-être éveillé ou assoupi en fonction d'intérêts strictement personnels, et que nous avons une une tendance naturelle à oublier jusqu'à l'existence des commandes qui le déclenchent.(...) (page 28)
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  • Par Hugo, le 11 mai 2015

    Ne pas se marier , écrit-il (Darwin), préserverait "la liberté d'aller et de venir, de fréquenter une compagnie choisie (et rare), de converser au club avec des hommes intéressants, d'échapper aux visites à la famille et aux courbettes de toutes sortes, aux dépenses et aux soucis que procurent les enfants, aux éventuelles querelles - perte de temps-, à l'impossibilité de pouvoir lire le soir, à l’embonpoint et à la paresse, à l'anxiété et aux responsabilités : moins d'argent pour les livres et le reste...., et si nombreuse progéniture, au fait de devoir trimer pour l'élever".
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