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Citations de Daphné B. (15)


En ne voyant qu'une manifestation de notre décadence dans la culture de la beauté, dans ce qui a trait à l'ornementation des corps, on enferme le maquillage dans une vision sexiste qui associe les ravages du capitalisme à la femme, et plus particulièrement aux soins du corps.
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La toilette féminine paraît obscène, parce qu'elle met en évidence une recherche de plaisir, mais aussi une situation où la femme est l'auteure de sa propre image.

p.121
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Si je m’écris aujourd’hui, c’est pour m’assurer d’avoir existé.
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On est porté à railler les visages fardés plutôt qu'à louer le talent artistique qu'ils démontrent. On aime se moquer des filles qui se poupounent «trop », parce qu'elles usent de l'artifice, qu'on oppose à la beauté. Comme la fioriture, le maquillage est élé- gant, jusqu'à ce qu'il devienne excessif ou de mauvais goût. C'est peut-être pour cette raison-là qu'un jour, une autrice avec qui je parlais de mon intérêt pour le maquillage s'est empressée de me dire qu'elle ne s'était jamais maquillée et qu'elle était fière de ça. Alors, moi qui suis maquillée, devrais-je avoir honte? Suis-je une enquiquineuse, une illusionniste en chef, une magicienne à deux cennes avec zéro lapin dans mon chapeau, mais beaucoup trop de noir sous les yeux?
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Ce qui est lumineux éblouit et risque donc d'aveugler. Ainsi, on reproche aux surfaces brillantes, comme au maquillage, de dissimuler la vérité ou alors, d'en compromettre l'accès. Ce sont des artifices qui masqueraient le réel. Pourtant, le maquillage explicite plutôt la vérité même du corps comme paraître. On pourrait dire la même chose des figures de style et des images poétiques. Elles mettent en lumière la vérité même du poème comme écriture.

p.117
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Pour m'extraire du temps monétisé, je me maquiller. Devant mon miroir, je n'arrive plus à le compter, je cesse de rentabiliser. Parfois, je me farde et me sors même pas de mon lit. Je travaille toute la journée dans ma chambre, sous les couvertures, à l'abri des regards. En fait, quand je me poudre ou que je me crème, je me rapproche de ce corps que je passe ma vie à ignorer. Je lui redonne de l'importance, un peu de dignité. Je lui trace un sourire et je rougis ses joues. Je prends soin de lui, de moi, de nous. Je me dédouble pour mieux m'enlacer.

p.116
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j'ignore si je me noie dans les noyades des autres
mais je sais que je voudrais toutes les empêcher
comme si j'étais responsable d'une douleur toujours ailleurs
au loin, hors de portée
p. 70
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…peut-être que l'amour c'est faire attention
aux choses qui se brisent
en ratant toujours un peu son coup
p. 40
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Je chante les histoires d’amour absurdes
qui finissent en pouce bleu
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l'entreprise Guerlain aurait tester des dizaines de tube de rouge avant de choisir le boîtier le plus silencieux pour que les retouches de maquillage en public n'attire pas l'attention. La journaliste beauté Arabelle Sicardi, que ce genre de souci pour les détails a le don d'attendrir, voit pourtant dans ce type d'effort une énième façon d'invalider l'expérience des femmes. Ce serait un autre exemple de la manière dont on a façonné la réalité des femmes dans le monde afin qu'elles soient vues, jamais entendues, connues, mais jamais crues; désirées, mais jamais digne de confiance. Il est vrai que j'aimerais parfois faire comprendre et entendre à quel point ça me coûte d'être cute.
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Et est-ce que ce n'est pas ça que l'on fait, quand on se maquille ou qu'on écrit? On se donne un début, une fin. On exprime notre propre cosmogonie: il était une fois qui je suis.

p.192
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Plus qu'une substance, le plastique est l'idée même de sa transformation infinie [...] il est moins objet que trace d'un mouvement. Sa mobilité incarne à elle seule l'essence de la mondialisation : la libre circulation des marchandises. Mais le mouvement du plastique est morbide, ne génère jamais de vie. Matière inerte, stérile, ce sont les autres qui le transportent, qui le charrient. Il choit ou se laisse choir, là où on se départit de lui: dans les dépotoirs, les océans et les cimetières de ce qui ne meurt jamais vraiment. Si le médium est le message, alors le plastique nous chuchote peut être l'issue de la modernité: une apocalypse qui ne féconde rien.

p.166
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Or, l'opulence présuppose la rareté, car elle fleurit sur la misère des autres.

p.8
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Les mots utilisés à tort et à travers par des gens abîmés
ne veulent plus rien dire. L’amour, c’est quoi ça. Je tiens
le verbe « aimer » au creux de ma paume et il ressemble
à une personne qui a le hoquet. Il faudrait qu’elle retienne
son souffle et compte jusqu’à 10, cale un verre
d’eau, une cuillère appuyée sur le front. Quand j’ai dit
que je t’aimais, c’est que je ne savais pas quoi dire.

J’avais quitté le zoo complètement déprimée. Un immense
gorille assis à deux pouces de la vitre en plexiglas
nous avait dévisagés en soupirant.
Il n’allait pas y avoir de statut Facebook. Des photos de
flamants roses oui, des chicanes et des assiettes pétées
peut-être. Ce jour-là, entre deux pandas et une crème
glacée, on avait cessé de se trouver beaux.
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Les lézards à queue bleue viennent de l'île Christmas, entre les îles Cocos et l'île de Java. Ils abandonnent leur queue derrière eux quand ils ont peur. Pendant qu'ils détalent, leur prédateur est distrait. Il regarde la couleur qui scintille, incapable de saisir ce qui est en train de se produire, de comprendre que le lézard s'enfuit.

Moi aussi, je suis distraite. Je monte et descends la montagne. Le passé s'accroche dans mes yeux comme une queue de lézard. Je suis mon propre spectacle, mon propre film d'amour touchant, je suis toute les histoires que je me raconte.

S'il y a une frontière à franchir, c'est celle du souvenir. Elle rayonne comme les étoiles collées à mon plafond d'enfant.
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