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Note moyenne 4.01 /5 (sur 52 notes)

Nationalité : Maroc
Né(e) à : Casablanca , 1990
Biographie :

Abigail Assor est une écrivaine.

Après son baccalauréat, elle a quitté Casablanca pour suivre une prépa littéraire à Paris, au lycée Henri IV.

Après des études de sociologie et de philosophie à Londres, elle a travaillé dans la communication culturelle et l'art contemporain, avant de se consacrer à l'écriture.

"Aussi riche que le roi" (2021) est son premier roman.

Twitter : https://twitter.com/abigailassor?lang=fr




Source : www.afriquemagazine.com
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"Aussi riche que le roi" : le premier roman d’Abigail Assor


Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
bichonbichette   30 juillet 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Mais il ne voyait pas l’éclatante vérité : les chaînes qui nous ligotent, il vaut mieux les porter autour du poignet, en plaqué or. (p.204)
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bichonbichette   30 juillet 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
A La Notte, devant Driss, c’était un cas d’urgence qui nécessitait l’emploi de la formule, et c’était la même chose, le même accent – car ce soir-là, elle mourrait sincèrement de faim, et brûlait elle aussi tout à la fois d’espoir d’une vie meilleure et d’une détresse immense, à l’idée qu’il comprenne, par cette détresse même, qu’elle ne l’aimait pas vraiment. (p.57)
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bichonbichette   30 juillet 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Dominer, je te jure, on dirait que c’est la langue nationale. Moi, si j’étais à ta place, si j’avais le passeport, je prendrais un avion, j’irais en France. Il paraît que, là-bas, tous les gens sont égaux. Tu te rends compte ? Là-bas, les gens sont égaux. (p.195)
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Olivia-A   07 janvier 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
La fois suivante, c'était à La Notte. Yaya était passé la prendre dans un taxi - parfois, il avait un taxi. C'est à un frère, il disait, on fait ness-ness - ça signifiait moitié-moitié, et c'était aussi comme ça qu'on appelait les cafés au lait. Depuis que Sarah avait compris que les garçons payaient des cafés à l'infini pour qu'elle reste assise devant leurs yeux à une table du Campus, elle commandait un ness-ness après l'autre, les buvant d'un trait pour immédiatement agiter la main vers le serveur et relancer fièrement : un ness-ness ! Pour le dire bien, il fallait n'en prononcer que les consonnes, ce qui demandait de la violence, un mouvement sec de la tête, comme un guépard sur le qui-vive, un guépard qui, soudain, sortait une langue de serpent fendue à l'extrémité, et attaquait, sifflant : un ness-ness. Elle répétait frénétiquement le jeu, inépuisable. En face, le garçon la regardait gesticuler ainsi, vider la tasse, lever le bras avec empressement, tapoter la table sale de ses doigts impatients, irritée jusqu'à, enfin, l'arrivée d'un nouveau ness-ness et la reprise instantanée du petit cirque. Quand l'envie de vomir commençait à la prendre et qu'elle demandait de la Sidi Ali, la conversation pouvait commencer.
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Olivia-A   07 janvier 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Tout, chez Driss, c'était l'argent ; sa langue, c'était l'argent, et pourtant Sarah avait oublié l'argent - le sujet de l'argent. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plus rêvé de sa future villa à Afna Supérieur, avec des couronnes, des diamants sur le sol. Sa grande piscine couleur de ciel, la cognac dans les verres en cristal, les domestiques à renvoyer, le mariage en caftan fait de fils d'or sur les plateaux de cuivre au son des darboukas, elle les avait oubliés. Maintenant, l'horizon, c'était la peau.

C'était ce qu'elle avait pensé après les paroles de Chirine : que son horizon, maintenant, ce n'était plus l'argent, que c'était devenu la peau, leur peau à tous les deux puisque sa peau à elle, c'était sa peau à lui et vice versa. Ça n'avait l'air de vouloir rien dire comme ça, mais lorsqu'on a marché tous les jours de sa vie avec sa seule peau à soi, sa peau à soi seule dans les rues, dans les marchés noirs de monde, les bidonvilles, le poing serré, toujours prête à courir ou à insulter et que, du jour au lendemain, on se retrouve avec une autre peau constamment à côté de soi, dans le calme d'une petite maison près de l'eau qui ondule, une peau qui ne dit rien, qui joue au 1000 bornes, qui accepte, qui n'exige pas et qui donne, alors on ne sait plus comment faire pour vivre comme avant, sous sa peau de solitude - elle ne suffit plus. On ne sait même plus faire sereinement un pas près de l'autre dans la turbulence du dehors. A force d'être là, tous les jours, silencieux à côté d'elle, Driss était devenu l'air et il était aussi le sol.
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LiliaTakTak   17 janvier 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Quelques minutes après, ils buvaient leur jus sur les tabourets près du mur. Elle avait demandé qu’on lui mixe des bonbons Tofita pour la première fois, et ils craquaient sous ses dents. 

« Bon. Je te prends avec moi chaque fois que je livre à sa bande. Mais après, pour lui, ce sera à toi de faire le travail.

- D’accord », dit à Sarah en penchant la tête en arrière, buvant les dernières gouttes directement au verre.

Yaya la regarda d’un air amusé.

« Tu veux quoi de Driss ? Des tours à moto ? »

Sarah reposa son verre.

« Je m’en fous de sa moto.

- Des bijoux ? C’est pas le genre à offrir des bijoux.

- Je veux pas de bijoux. »

Avec son verre vide, elle tua une fourmi qui se promenait sur la table.

« Tu veux quoi alors ? »

Sarah regarda le cadavre de l’insecte dans le fond du verre ; il faisait une toute petite tâche, qu’on remarquait à peine sous les restes des fruits. A part la meurtrière , personne ne se douterait jamais du crime - ça la fit rire. Toujours les yeux sur la victime, elle répondit : « Je veux l’épouser. »



Le premier rendez-vous fut fixé au soir même. On irait chez Badr - c’était soirée piscine. 
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bookheart   12 avril 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Les putes s'égosillaient à la porte de tous les mecs qu'elles connaissaient, elles lançaient : je suis amoureuse de toi, ou de toi, ou de toi. En réalité, personne ne voulait jamais d'elles. Les gars du lycée, qui allaient les voir depuis l'âge de treize ans, disaient toujours qu'elles étaient de la racaille de femme, comme des femmes en moins femme ; qu'une femme, ça devait avoir de la dignité. Pourtant, Sarah les trouvait très dignes avec leur regard sans peur, leur argent rien qu'à elles, leurs seins fiers - peut-être qu'en fait on n'aimait pas les putes non pas parce qu'elles étaient moins femme, mais parce qu'elles l'étaient trop.
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bookheart   12 avril 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Elle avait appris qu'un garçon, ça regarde sans cesse, c'est pire que la police. Ils sont là à lancer leurs yeux partout sur les corps des filles, à approuver, et sanctionner, et surveiller, comme si elles étaient toutes leur propriété. Alors, que les femmes se mettent à se foutre un voile sur la gueule un beau matin, ça ne choquait personne à Casa. On disait : c'est normal, les pauvres, elles sont fatiguées.
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bookheart   12 avril 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
Peut-être ne comprenaient-ils pas que l'argent, par ici, était le seul pouvoir valable, peut-être espéraient-ils profiter de leur temps au Maroc pour - ce mot la dégoûtait - faire des économies ; mais ça ne marchait pas comme ça, la loi des riches et des pauvres, dans ce pays. Kamil disait toujours qu'il n'y avait que les Français pour bafouer à ce point la très claire organisation sociale.
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bookheart   12 avril 2021
Aussi riche que le roi de Abigail Assor
[...] un garçon, on ne peut lui demander qu'un certain type de choses à un certain moment, sinon ça panique. Sarah savait comment ca marchait. Au début, il faut demander des choses très simples.
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