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Note moyenne 4.47 /5 (sur 90 notes)

Nationalité : Turquie
Né(e) à : Ankara, Turquie , le 02/03/1950
Biographie :

Né en 1950, Ahmet Altan est aujourd'hui l'un des écrivains les plus brillants de Turquie et a publié six romans et deux essais qui l'ont rendu célèbre et indépendant. "Comme une blessure de sabre", publié en 1998, s'est vendu à 150.000 exemplaires; et "Histoires dangereuses", publié en 1995, à 250.000 exemplaires.

En plus d'être romancier et essayiste, il est également rédacteur en chef du quotidien Taraf jusqu'au 15 juillet 2016 date de la tentative de coup d'état avortée en Turquie. Il fait partie de la vague d'arrestations, au lendemain de cette tentative de putsch, avec d'autres fonctionnaires, enseignants, militaires et journalistes.
Il est accusée d'avoir appelé au renversement du gouvernement et est condamné, arbitrairement, à perpétuité.
Il écrit actuellement depuis les murs de sa prison.
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- "Je ne reverrai plus le monde", Ahmet Altan, Actes Sud. https://www.librest.com/livres/je-ne-reverrai-plus-le-monde-ahmet-altan_0-5912209_9782330125660.html?ctx=136d6174fedbd3df7714d46b9c1577f6 La chronique de Perrine : Un récit d'une profondeur et d'une beauté inouïes. Dans une langue ciselée et poétique Ahmet Altan nous parle de la réalité de l'enfermement et de la puissance libératrice de la littérature. Condamné injustement à perpétuité, ce grand écrivain turc nous écrit du fond de sa prison et nous offre ce texte magnifique et bouleversant.

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Citations et extraits (152) Voir plus Ajouter une citation
Cannetille   03 mai 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
Je suis écrivain. Je ne suis ni là où je suis, ni là où je ne suis pas. Vous pouvez me jeter en prison, vous ne m’en­fermerez jamais. Car comme tous les écrivains, j’ai un pouvoir magique : je passe sans encombre les murailles.
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Ahmet Altan
JOE5   22 février 2018
Ahmet Altan
Le romancier turc Ahmet Altan condamné à perpétuité



Marine Landrot Publié le 21/02/2018. Mis à jour le 21/02/2018 à 17h36.







L’écrivain, accusé d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016, est incarcéré depuis septembre 2016. Même en prison, il n’a jamais lâché son combat pour la démocratie en Turquie.



La peine de perpétuité vient d’être prononcée contre lui. Ahmet Altan s’attendait au châtiment suprême. Comme s’y attend aussi Asli Erdogan, qui exerce le même métier, de plus en plus risqué en Turquie, d’écrivain et de journaliste libre de parole. Jointe à Francfort où elle vit pour l’instant en exil dans l’attente de son procès, elle se dit horrifiée : « Ahmet Altan est l’un des auteurs majeurs de mon pays. Il a vraiment façonné l’opinion depuis deux générations. J’ai un immense grand respect pour lui car ce n’est pas facile d’être un chroniqueur aussi fin et aussi courageux dans la Turquie d’aujourd’hui. Il a toujours été connu pour ses positions antimilitaristes, et voilà qu’on le jette en prison à vie, sous prétexte qu’il aurait participé au coup d’Etat ? C’est absurde et atroce. »



Incarcéré depuis septembre 2016 pour « tentative de renversement de la Grande Assemblée nationale turque », « tentative de renversement du gouvernement », « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel », Ahmet Altan a toujours refusé de plier. Au bout d’un an de détention, depuis sa prison, il a réussi à faire passer sous le manteau une lettre magnifique publiée dans Le Monde, où il jurait que son esprit serait pour toujours une forteresse inatteignable : « Attendez et écoutez ce que j’ai à vous dire avant de battre les tambours de la miséricorde. Oui, je suis détenu dans une prison de haute sécurité au beau milieu d’un no man’s land. Oui, je demeure dans une cellule où la lourde porte de fer fait un bruit d’enfer en s’ouvrant et en se refermant. Oui, ils me donnent mes repas à travers un trou au milieu de la porte. Oui, même le haut de la petite cour pavée où je fais quelques pas dans la journée est recouvert de grilles en acier. Tout cela est vrai, mais ce n’est pas toute la vérité. Les beaux matins d’été quand les premiers rayons du soleil viennent traverser la fenêtre, j’entends les chansons enjouées des oiseaux qui ont niché sous les combles de la cour, mais aussi le son étrange qui sort des bouteilles d’eau vides en plastique qu’écrasent les prisonniers. Je vis avec le sentiment que je réside encore dans ce pavillon avec un grand jardin où j’ai passé mon enfance ou alors, pour une raison bizarre et que je ne m’explique pas, dans ces hôtels français situés dans des quartiers animés. Quand je me réveille avec la pluie d’automne qui frappe à la fenêtre, je commence la journée sur les rives du Danube, dans un hôtel avec des torches enflammées qu’on allume tous les soirs. Quand je me réveille avec le murmure de la neige s’empilant de l’autre côté de la fenêtre, en hiver, je commence la journée dans cette datcha aux énormes vitres où le docteur ­Jivago avait trouvé refuge. Jusqu’à présent, je ne me suis jamais réveillé en prison – pas une seule fois. »

La dissidence, de père en fils



La résistance est une affaire de famille chez les Altan. Son frère Mehmet, grand économiste et animateur d’une émission de télévision, n’est pas connu pour sa soumission au pouvoir, et vient d’écoper de la même condamnation, après avoir affirmé au procureur : « On peut voir toutes les maladies du corps à l’examen d’une seule goutte de sang. » Quant à leur père, le romancier Cetin Altan, mort en 2015, il a été poursuivi plus de trois cents fois en justice pour diffamation contre l’Etat, en l’espace de quarante ans.



A chaque fois qu’il a dénoncé une tare de son pays, Ahmet Altan l’a fait en écrivain avant tout. Ainsi, dans un article publié en 2009, il choisissait de se référer aux contes traditionnels turcs, pour évoquer de manière très codée l’absence d’évolution de la situation kurde. Pour bien comprendre l’allusion, il faut savoir que les contes pour les enfants, en turc, commencent par des « randonnées », sortes de comptines remplaçant notre « Il était une fois » : « Un mot de randonnée, dit : “Je suis allé un peu, je suis allé beaucoup. J’ai traversé plaines et prairies, coupé tulipes et jacinthes, aplati rivières et montagnes. J’ai bu de l’eau fraîche, j’ai marché six mois et un automne. Je me suis retourné, j’ai regardé, et j’ai vu que je n’avais avancé que de la taille d’un grain d’orge” », écrit Ahmet Altan, la taille d’un grain d’orge mesurant ici l’avancée de la question taboue en Turquie.



Son roman L’Amour au temps des révoltes (éd. Actes Sud) s’ouvre au lendemain d’un suicide raté, preuve que, pour lui, la soumission par la mort n’est jamais une solution. Comment ne pas lire aujourd’hui entre les lignes de cette saga romanesque sur l’emprise du pouvoir et de la religion, dans le début du XXe siècle ? Tout comme dans le roman qui précédait, Comme une blessure de sabre, (éd. Actes Sud) hymne à l’amour et à la transgression des interdits, dans l’Empire ottoman finissant ?



“Aujourd'hui, je ne vois aucune issue pour la Turquie, à part la guerre civile”



Lors de son procès, Ahmet Altan a fermement proclamé son espérance que la Turquie s’éveille de ce cauchemar : « Le système judiciaire a été contaminé par la lèpre et défiguré par des plaies purulentes. Je suis bien conscient du fait que nous vivons une époque de honte et de tyrannie dans laquelle les personnes relâchées par le tribunal sont arrêtées à nouveau en quittant la salle d’audience, que je suis à la fois témoin et accusé de cette tyrannie qui a tenté de massacrer la loi aux mains des hommes de loi. Mais je crois au proverbe latin selon lequel la loi dort parfois, mais ne meurt jamais. Je sais que l’Etat de droit qui a été fusillé, blessé et qui gît inconscient dans son sang, guérira éventuellement et reviendra à lui. »



http://www.telerama.fr/livre/le-romancier-turc-ahmet-altan-condamne-a-perpetuite,n5494402.php
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TerrainsVagues   17 mai 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
J'ai soixante-huit ans.

Et si je ne crois pas en Dieu, l'idée de Dieu me fascine.

Nous vivons sur une planète où les vivants mangent les vivants. Les hommes ne se contentent pas de tuer d'autres créatures, ils s'assassinent aussi entre eux, constamment. Les montagnes crachent le feu, la terre s'ouvre, engloutit hommes et bêtes, les eaux se déchaînent, détruisent tout sur leur passage, des éclairs tombent du ciel.

Ici semble résider l'un des paradoxes les plus curieux du genre humain, capable de concevoir que la terre, ce lieux affreux, puisse être l'oeuvre d'une puissance "parfaitement bonne", et d'ainsi démontrer que les hommes sont dotés malgré la barbarie constitutive de leur existence, d'une imagination exagérément optimiste.

Ils croient qu'une "force" a créé tout cela, mais au lieu de s'en plaindre et de la détester, ils l'adulent, pleins de gratitude et de reconnaissance.

Aussi suis-je fasciné depuis ma jeunesse, par cette religion qui fait voir aux hommes une "bonté" à l'oeuvre derrière le spectacle des horreurs terrestres qu'ils constatent chaque jour.

Dieu, sublime métaphore.

Comme tant d'autres écrivains, j'aime à roder autour de cette métaphore prodigieuse. L'effort infini, le hasardeux désespoir dont font preuve les hommes lorsque, cherchant à "bonifier" leur nature, inquiète de sa propre barbarie, effrayée de sa propre malignité, ils imaginent ce "foyer de bonté" situé hors d'eux mêmes, voilà quelle pathétique recherche me semble résumer l'aventure humaine.
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Chantalama   24 octobre 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
Je suis écrivain.

Je ne suis ni là où je suis, ni là où je ne suis pas.

Enfermez-moi où vous voulez, je parcours encore le monde avec les ailes de l’imagination.
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Ahmet Altan
armand7000   12 septembre 2019
Ahmet Altan
Je me suis réveillé.

On sonnait à la porte.

J'ai jeté un œil au réveil électronique à côté de moi... "5:42", les chiffres clignotaient.

"La police", me suis-je dit.

Comme tous les opposants de ce pays, chaque soir je m'endormais imaginant qu'à l'aube, on frapperait à ma porte.

Je savais qu'ils viendraient.

Ils sont venus. »
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Ahmet Altan
Valleerie   02 octobre 2019
Ahmet Altan
Tout le monde sur cette terre a une histoire à raconter, pourvu qu'il ait quelqu'un pour l'écouter.
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Chantalama   24 octobre 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
La vie soudain s’était figée. Elle ne bougeait plus.

Froide, inanimée.

La vie était morte.

Morte d’un coup.

J'étais vivant et la vie était morte.
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Chantalama   24 octobre 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
Ce n'est pas à la pensée d'écrire un roman, c'est au roman d'inventer une pensée.
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Chantalama   24 octobre 2020
Je ne reverrai plus le monde : Textes de prison de Ahmet Altan
L’une des plus grandes libertés qui puissent être accordées à l’homme : oublier.
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Ahmet Altan
JOE5   04 mars 2017
Ahmet Altan
Si j’avais été président… Quand Ahmet Altan se défend

Réf : http://www.kedistan.net/2017/03/03/president-ahmet-altan-se-defend/



Le célèbre journaliste et romancier Ahmet Altan a comparu hier, jeudi 2 mars, devant la 32e cour pénale d’Istanbul, pour la dernière audience d’une affaire où des remarques, lors d’un programme télévisé en septembre dernier, lui valent d’être accusé de diffamation envers le président.



En détention provisoire depuis septembre pour un autre dossier, Ahmet Altan a déclaré qu’on devrait abandonner les charges contre lui, en prenant pour exemple un jugement concernant Erdoğan lui-même.



Ses remarques sur Bugün TV, chaîne aujourd’hui fermée, étaient des critiques dirigées contre Erdoğan : le romancier pointait le fait que le président dépassait le cadre constitutionnel et agissait, de son propre aveu, comme un président «de facto» doté de pouvoirs exécutifs renforcés.



Assistant à l’audience de la 32e cour pénale d’Istanbul par visioconférence, depuis la prison de Silivri, Ahmet Altan a illustré son cas avec un scénario. En imaginant que lui, le romancier, se serait engagé en politique et aurait été élu président.



« Si un critique littéraire vient à me dire que j’ai écrit un roman abominable, que je suis un écrivain épouvantable, sera-t-il jugé pour avoir insulté le président ? Que je sois président fait-il de la critique de mes romans un crime ? Est-ce qu’être président me place au-delà de toute critique ? Ne serait-ce pas un tour de passe-passe conçu pour contourner la loi, que de vouloir faire des critiques de mon roman un acte de diffamation envers le président ? »



Ses critiques à l’égard du président, a expliqué Ahmet Altan, ne peuvent pas être considérées comme une insulte. D’ailleurs, il le souligne. En fin de compte, le président devrait être d’accord avec lui. N’est-ce pas ce que prouve la défense présentée par les avocats d’Erdoğan en avril 2016 ? Le président devait alors se défendre devant un tribunal pour avoir insulté les universitaires, à la suite d’une plainte pour diffamation déposée par l’éminent professeur de sciences politiques Baskin Oran.



Dans leur plaidoirie, les avocats d’Erdoğan allaient jusqu’à le défendre… en s’appuyant sur les textes de la Cour constitutionnelle et de la Cour européenne des droits de l’homme ! Relisons les. Que disaient-ils ? Que la liberté d’expression, ce sont aussi « des informations ou des idées qui offensent, choquent ou dérangent l’état ou une partie de la population, et que sans elles, il n’y a pas de société démocratique. » Il fallait oser !



« Je suis évidemment d’accord avec Erdoğan sur cette question », déclare avec le sourire Ahmet Altan. Et il ne manque pas de le rappeler. La cour a finalement jugé que les propos d’Erdoğan ciblant les universitaires turcs, y compris avec des mots aussi forts que «ignorants», «traîtres» ou «immoraux», ne constituaient pas un crime . Et la plainte d’Oran a été rejetée.



S’il y a égalité devant la loi, si tout individu est traité de la même façon, alors les accusations lancées contre lui devraient elles aussi être rejetées, conclut Ahmet Altan. « À moins que les lois ne soient pas les mêmes selon les personnes, si Recep Tayyip Erdoğan, moi-même et les 80 millions de citoyens turcs sont égaux devant la loi, cette procédure judiciaire devrait être rejetée, ou du moins se conclure par un acquittement, en accord avec la défense très juste d’Erdoğan. »



Le président a d’abord retiré sa plainte contre Altan, ayant fait le geste de retirer toutes les plaintes pour diffamation fin Juillet, mais ses avocats ont annoncé que la plainte était maintenue.



Pour Ömer Faruk Karagüzel, l’avocat qui représentait Erdoğan à l’audience ce jeudi, les propos qu’a tenus Ahmet Altan en déclarant que le président a dépassé les limites de la constitution ne sont pas argumentés. Ses remarques, à la télévision, allaient selon l’avocat au-delà de la critique. Il les considère comme de la diffamation, et réclame donc punition.



Le jugement a été repoussé au 20 juin.



Le procureur exige jusqu’à 4 ans et 8 mois de prison, en vertu de l’article 299 du code pénal turc qui concerne les insultes envers le président.



(ce texte a été écrit en s’appuyant sur la version anglaise parue sur le site P24)
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