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3.44/5 (sur 41 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Mons , 1983
Biographie :

Née à Mons en 1983, Aliénor Debrocq vit aujourd’hui à Bruxelles. Auteure d’une thèse en histoire de l’art sur le mouvement Cobra (2012), elle travaille dans le milieu radiophonique (Musiq’3) et rédige des critiques de livres pour la revue Indications. Elle s’intéresse également à la création radiophonique et aux arts de la scène. Elle aime écrire face à sa fenêtre, un chat calé contre son bras, ou dans les trains, les gares, les métros. Ses nouvelles ont été primées et publiées à plusieurs reprises. Cruise control, paru aux éditions Quadrature (avril 2013), est son premier recueil.

« Décloisonnée », nouvelle primée et publiée dans le cadre du Concours de nouvelles de la Communauté française de Belgique (« Ça déménage »), mai 2011.
« Le sexe des huîtres », nouvelle primée et publiée dans le cadre du Concours de nouvelles de Femmes d’Aujourd’hui, juillet 2011.
« Les douze volées », nouvelle primée et publiée en format numérique dans le cadre du concours shortÉdition (France), automne 2011.
Premier prix du concours de récits de voyages du voyagiste www.voyagezmoinscher.com, printemps 2012.
« Tambouille tandem », nouvelle primée et publiée chez Luce Wilquin, dans le cadre du Concours de nouvelles de la Police de Liège (« Dernier voyage »), septembre 2012.
« De hond is in de pot », nouvelle publiée dans le n°0 de la revue numérique Sans-titres, 7 février 2013 (www.sans-titres.com).
« Le syndrome de Botrange », nouvelle en 6 épisodes sur commande pour Le quotidien du médecin (France), mars-avril 2013.
« Blue Monday », nouvelle publiée dans le n°24 de la revue Dissonances, avril 2013.
« Pieds en l’aire », nouvelle publiée sur Onlit (www.onlit.net), avril 2013.

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Source : Aliénor Debrocq
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Je veux écrire les nuances. Je veux écrire la vie. La vie d’aujourd’hui. Le monde d’aujourd’hui. Les gens. On ne peut pas écrire ce qui se passe maintenant au passé simple, avec des mots usés, des expressions toutes faites. On ne peut pas écrire comme le faisaient Flaubert ou Maupassant. C’est l’équivalent du rococo ou du néoclassique. On peut certes jouer avec les codes, les revisiter, mais pas les répéter tels quels. C’est terriblement pauvre et inintéressant. Ce n’est pas ça, la littérature. Je n’aime pas cet enrobage consensuel dans lequel on essaie de noyer le lecteur. Tant de romans sont rendus mièvres par cette mode « feel good » qui gomme les aspérités de la langue et de la vie.
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Que peut la littérature face à tout ça ? Que peuvent ces théoriciens qui prétendent discourir sur les littératures de l’exil sans avoir la moindre idée de ce que c’est, l’exil ? Combien d’entre eux hier savaient de quoi ils parlaient ? Le savaient réellement, intimement ?
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Elle s’appelle Pêche. Elle vient d’une famille où on a le sens du poétique, le sens des mots. Pêche. Aujourd’hui les gens nomment leurs enfants Cerise ou Clitorine, mais à l’époque de ses parents on en était encore à Brigitte et Virginie. Pêche. Ils ont voulu que ça sonne original, sans doute. C’est réussi. À quinze ans, elle a voulu changer, trouver un autre prénom. Elle en avait sa claque des blagues à deux balles : Pêche, où est ta canne ? Comment ça va, Melba ? T’as la pêche, Pêche ? Tous les jours, elle rentrait de l’école en pleurant. Sa mère, entre deux bâtons d’encens, lui disait de laisser couler, d’apprendre à lâcher prise, de s’ouvrir aux énergies positives qui l’entouraient, plutôt que d’écouter ces moqueries. Énergies positives. Flux vitaux. Et puis quoi encore. Elle était à des kilomètres de comprendre ce qu’était une cour d’école, sa mère. Elle passait sa vie le nez dans une tasse de camomille, enveloppée d’effluves d’huiles essentielles, nimbée d’un halo de marijuana bio, cultivée dans la serre derrière la maison...
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Le présent n'est jamais celui qu'on s'est imaginé. Mieux vaut faire avec ce qui se montre et improviser.
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J'ai pas connu mon arrière-grand-mère. Toue ma vie on m'a parlé d'elle, de ses célèbres cellules ! Mais chez moi, on n'avait pas les mots. c'est de la magie, on disait. Je croyais que mon aïeule était une sorcière, qu'elle avait des pouvoirs...
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C'est toujours pareil. On promet que la richesse des uns va ruisseler vers les autres, que les investisseurs vont relever la ville, mais moi, ce que je vois, c'est la privatisation et la spéculation immobilière qui nettoient les quartiers populaires pour faire revenir les Blancs !
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Un an, c'est le délai habituel entre le moment où l'écrivain dépose la plume et celui où il voit son livre édité. C'est long voyez-vous, c'est très très long, en comparaison avec un chanteur rock, par exemple, adulé au moment même où les sons sortent de sa bouche tandis qu'il inonde la scène de sa sueur. L'écrivain, lui, doit patiemment élaborer son oeuvre jour après jour, scribouillant, noircissant, raturant et recommençant sans cesse et sans merci des mois durant, pour en arriver à un premier jet potable qu'il lui faudra ensuite massacrer à coups de lente et patiente réécriture avant de parvenir enfin à un manuscrit martyr qui sera lu, soumis, relu, resoumis à quelques précautionneux lecteurs.
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Il n'y a rien que je puisse faire pour les gagner [les élèves] à la cause littéraire qui est la mienne: je ne peux qu'ouvrir des portes, tracer des perspectives, communiquer une passion et espérer que le feu sacré prenne chez certains.
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Le tiers sauvage, c'est cette chose qui vit en toi et que tu nommes insatisfaction. Cette chose qui te pousses à écrire. Ta part d'ombre, la petite bête qui te grignote, cette voix qui te parle dans l'oreille et t'empêche de dormir.
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Prends l'exemple d'Orwell : il a créé de véritables paradigmes dans la tête des gens ! L'impact de
1984 sur le vingtième siècle est immense. Et pourtant a-t-il changé le cours du monde ? Empêché une seule guerre ou la robotisation ? Si la littérature peut réellement quelque chose, c'est sur l'esprit et le coeur des individus.
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