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Note moyenne 3.54 /5 (sur 40 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1967
Biographie :

Anne Révah-Lévy est pédopsychiatre, Professeur de pédopsychiatrie et chef de service à l’Hôpital d’Argenteuil.

Attachée à une unité de recherche à l’hôpital Saint-Louis, elle fait de la recherche qualitative sur les expériences des patients.

Ses deux premiers romans, "Manhattan" (2009) et "Pôles magnétiques" (2012), ont été publiés aux éditions Arléa. "Quitter Venise" (Mercure de France, 2014) est son troisième roman.







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S3ODEON | Anne Révah-Levy et Laurence Verneuil - Une médecine à l’écoute.

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Kittiwake   24 octobre 2016
Docteur, écoutez ! Pour soigner, il faut écouter de Anne Révah
L’utilisation d’Internet faisant disparaître, à l’insu même du patient et de son médecin, la possibilité de dire les choses comme elles sont au profit de dire les choses comme d’autres les rapportent. Cela ramène de la connaissance au lieu d’entendre du vécu.
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anlixelle   30 janvier 2017
Le pays dont je me souviens de Anne Révah
Il ne fallait pas poser de question, faire comme Myor, un homme devait être seul à décider de ce qu'il voulait bien qu'on sache de lui, c'était une régle irréductible, on était maître de son histoire, en tout cas de la partie partageable de celle-ci, et personne ne pouvait vouloir s'approprier un récit par la force, l'insistance, l'intrusion.
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Ziliz   06 décembre 2015
L'enfant sans visage de Anne Révah
Elle se souvenait qu'en seconde année de médecine, un professeur d'histologie, farouche opposant à l'IVG, catholique traditionaliste, avait organisé dans le grand théâtre de sa faculté un débat piégé sur l'IVG. Bénédicte avait à peine vingt ans.

Il leur avait fait un mauvais discours introductif, un rictus lui tordait la bouche et ses cheveux lissés vers l'arrière lui donnaient un air sévère.

Il leur avait expliqué que l'IVG était une boucherie inhumaine, une extermination, et puis pour étayer son faible propos, il leur avait montré un film, on y voyait de l'intérieur une aspiration, un tube dans un utérus qui enlevait le foetus, le disloquait. Elle avait eu envie de vomir. Les étudiants avaient sifflé devant l'écran géant qui leur vomissait dessus en noir et blanc. Ils avaient poussé des cris, traité l'histologiste manipulateur de fasciste. Et puis dans un brouhaha assourdissant, une voix plus ferme avait réclamé le silence, pour qu'un débat puisse avoir lieu.

(p. 127-128)
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Christw   11 novembre 2012
Manhattan de Anne Révah


J'ai pris les mots d'assaut. Je les ai érigés en digues, puissantes protections agencées contre mon enlisement. Avec les mots j'ai pu faire comme si je savais. Avec habileté et obstination, j'ai proclamé, distribué des sentences, montrant sans faillir que je savais, tout, presque tout, sur tout. Je disais sans retenue, je pouvais en toutes circonstances montrer que j'avais un avis, n'importe quel avis, peu importait le contenu, il fallait que cela ressemble à une conviction, infiniment construite, une pensée si fortement ancrée, l'autre me regardait émerveillé devant tant d'aplomb et de désinvolture. J'attirais l'attention avec une souplesse enviable, je me donnais à entendre. Pendant la traversée des jours, je posais des mots et des actes tout autour de moi, j'étais visible, vivante.



Qui peut faire le tri parmi tout ce que j'ai mis en ordre apparent. J'ai vécu dissimulée. Je me suis déguisée. Les autres n'ont que peu compté dans cette affaire. Rien ne m'enthousiasmait plus que le miroitement de mon visage dans leurs yeux, et les échos de mes mots. Je me suis imposée à eux pour ne pas tomber dans le vide offensif en mon creux. Il y avait tous ces moments noyés dans le rien, ces flottements menaçants où je prenais la mesure de mon inquiétante vacuité. Alors, avec opiniâtreté, j'installais des mots, des idées, j'empoignais chez d'autres les morceaux de certitude dont j'avais besoin pour inventer et tisser une mise en scène qui puisse être un peu moi.
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Ziliz   10 décembre 2015
L'enfant sans visage de Anne Révah
Guillaume avait dit au docteur Flévine qu'ils ne voudraient pas « le » voir, qu'ils ne voudraient pas savoir si c'était un garçon ou une fille, qu'ils n'étaient pas capables d'en savoir quelque chose, qu'il faudrait qu'on les laisse tranquilles, que personne ne devrait plus leur parler de tout ça. Il pleurait.

(p. 107)
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Ziliz   09 décembre 2015
L'enfant sans visage de Anne Révah
Il y avait eu un processus psychologique, un état difficile à décrire où le corps n'avait pas entendu ce qui se passait en lui. Mais voilà qu'à la seconde où la gynécologue lui confirmait d'une voix ferme et chaleureuse qu'elle était enceinte, Bénédicte ouvrait ses yeux sur ce qui venait de se passer en elle pendant des semaines. Jusque-là elle n'avait pas vu, pas senti, pas reconnu les signes de la grossesse, et pourtant au fond, elle savait très bien, elle avait pleinement su, senti, sans rien pouvoir reconnaître. Elle avait su, dans l'ignorance qu'une partie d'elle avait cherché à lui ordonner. Elle s'était soumise à l'ignorance imposée, elle avait obéi à la partie d'elle qui ne voulait pas d'enfant. Parce qu'une partie d'elle n'avait pas voulu d'enfant, mais pas du tout, pas maintenant, pas d'enfant, et c'était tout son corps qui avait fait en sorte de ne pas voir, de ne pas sentir.

(p. 43-44)
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Ziliz   11 décembre 2015
L'enfant sans visage de Anne Révah
Au début il n'y avait que de la tristesse, et un tout petit peu d'espoir que tout s'arrange finalement, puis progressivement il y avait eu un effondrement invisible, l'installation d'une tristesse incommunicable, sans larme, et enfin il y avait eu la phase des larmes ininterrompues, une tristesse sans tristesse. La dissolution. Elle avait entendu ce mot pour l'Assemblée nationale, dissolution, c'était ce qu'elle vivait, elle ne pouvait pas l'expliquer avec des phrases, des détails, des métaphores, c'était physique.

(p. 109-110)
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Kittiwake   24 octobre 2016
Docteur, écoutez ! Pour soigner, il faut écouter de Anne Révah
Ce qui existe dans les hôpitaux n’est pas de la médecine, c’est la distribution plus ou moins réussie de traitements qu’on compte pour ce qu’ils rapportent à l’hôpital.
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anlixelle   30 janvier 2017
Le pays dont je me souviens de Anne Révah
Il était empli d'une gratitude dont les manifestations étaient peut-être insuffisantes, mais que chacun devait pouvoir percevoir dans le creux de sa voix.
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Nanne   21 janvier 2010
Manhattan de Anne Révah
J'ai arrêté d'écouter, je n'entendais plus rien, un silence brutal. Quatre taches claires taches claires trouaient mes masses cérébrales, envahissaient mes oreilles, mes yeux, ma respiration. J'ai recompté plusieurs fois : quatre trous de lumières vibraient sous mes yeux. J'y ai perdu la voix du neurologue. J'étais sans doute malade, c'est ce que j'avais compris. Le plan de Manhattan sur mon avant-bras était le signe d'une guerre cérébrale peut-être déjà engagée, presque muette mais réelle, quelque chose de larvé, de torve. J'ai senti que mes yeux regardais le monde à distance.
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