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Note moyenne 3.5 /5 (sur 63 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Tours , 1973
Biographie :

Aude Lancelin est journaliste et auteur.

Ancienne élève d'Henri IV, agrégée de philosophie en 1996, elle enseigne dans un établissement de l'Essonne, puis intègre le master 'Médias' de l'ESCP Europe.

En 2000, elle est engagée par le 'Nouvel Observateur', où elle couvre les domaines de la culture et des idées, en particulier la critique littéraire et la philosophie.

En 2008, elle publie avec la journaliste Marie Lemonnier un ouvrage intitulé 'Les Philosophes et l'Amour : aimer de Socrate à Simone de Beauvoir'.

En août 2011, elle rejoint 'Marianne', en tant que directrice adjointe de la rédaction, responsable des pages 'Culture' et 'Idées' de l'hebdomadaire.

En 2014, à la suite de la nomination de Matthieu Croissandeau à la direction de la rédaction, elle revient à 'L'Obs'. Elle est licenciée par M. Croissandeau en mai 2016.
Suite à son licenciement, elle publie un livre intitulé 'Le monde libre' (2016) dans lequel elle raconte de l'intérieur 'la dérive du système médiatique français'.

Aude Lancelin a reçu le prix Renaudot de l'essai 2016 pour 'Le monde libre'.

Elle est la compagne de l'économiste Frédéric Lordon.

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Aude Lancelin : Prix Renaudot pour une plume vengeresse.
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
steka   17 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
C'est dans le même esprit que les patrons des trois plus grands hebdomadaires français, qui toute l'année faisaient mine de s'empailler sur les tréteaux comme des marionnettes batailleuses, passaient tous leurs Nouvels Ans à festoyer ensemble. (...) La proximité entre tous ces personnages, lorsqu'elle vous était révélée, donnait le sentiment puissant que la presse, sous son apparence de diversité, n'était qu'une nappe phréatique de certitudes communes, d'intérêts puissamment liés, de visions en réalité semblables, qui prenaient le soin de se partager en différents fleuves dans les kiosques, seulement pour les besoins du commerce, et l'amusement de la galerie.
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Bazart   21 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
"Les attentats islamistes n'étaient toutefois pas les seuls évènements à redonner à Mathieu Ludeneau quelque gout à la vie du journal. Les catastrophes aériennes produisaient chez lui un effet similaire quoique de moindre durée. "
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isabellelemest   24 avril 2018
La pensée en otage de Aude Lancelin
Les réseaux sociaux sont un modèle économique basé sur la computation de données, aux antipodes d'un quelconque souci d'informer équitable et démocratique. Si vous ne payez pas, répétons-le, c'est que quelqu'un d'autre, quelque part, paie à votre place pour que vous ayez ce que vous lisez sous le nez, et il s'agit généralement d'annonceurs. Or, entre autres inconvénients, ces derniers ont tendanciellement les mêmes intérêts oligarchiques que les actionnaires des médias. Donc, il se trouve que, en vous informant seulement ainsi, non seulement vous détruisez les chances de survie du journalisme de qualité, mais en plus vous contribuez à renforcer l'homogénéité idéologique de l'information produite. (p.70)
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JIEMDE   13 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
Être de gauche ou être de droite, c'est choisir une des innombrables manières qui s'offrent à l'homme d'être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d'hémiplégie morale.
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Bazart   21 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
"La proximité entre tous ces personnages, lorsqu’elle vous était révélée, donnait le sentiment puissant que la presse, sous son apparence de diversité, n’était qu’une même nappe phréatique de certitudes communes, d’intérêts puissamment liés, de visions en réalité semblables, qui prenaient le soin de se partager en différents fleuves dans les kiosques, seulement pour les besoins du commerce, et l’amusement de la galerie. La réalité du milieu tenait dans cette promiscuité-là »
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JIEMDE   13 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
Comment écrire ? sinon comme une femme accoutumée à l'honnêteté se déshabille dans une orgie.



Georges Bataille
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DonaSwann   12 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
Cela faisait deux ans que j'en avais la certitude. Ce gouvernement férocement libéral, quasi extrémiste dans son acharnement à ignorer la volonté du peuple qui l'avait porté au pouvoir, allait un jour s'en prendre aux lois protégeant encore stoïquement le travail contre le capital dans ce pays. (...) Habiles à faire passer pour archaïsme sentimental de légitimes demandes, les lieutenants du capital avaient cette fois décidé de pousser leur avantage aussi loin que possible en s'appuyant sur un gouvernement prêt à tout solder. Ainsi (...) le noir souci de la précarité se voyait-il désormais repeint en expérimentation de nouvelles libertés, l'insécurité généralisée en bienfaisante fluidité, et la location de ses propres draps en libre entreprenariat.
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steka   19 novembre 2016
Le monde libre de Aude Lancelin
Les mots de la politique en étaient venus, au sein des élites dirigeantes du pays, à désigner l'exact contraire du sens que l'usage ordinaire ou l'histoire entière leur accordait.

Ainsi le partage entre la droite et la gauche avait-il perdu toute substance, tant une même uniformité libérale et autoritaire régnaient désormais d'un bord à l'autre.
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karamzin   01 novembre 2019
Les philosophes et l'amour : Aimer de Socrate à Simone de Beauvoir de Aude Lancelin
Aussi mince qu'ait pu être son expérimentation de l'érotisme, Nietzsche n'en revendique pas moins le titre de "premier psychologue de l’Éternel féminin " (Ecce Homo, 5). Une affirmation qui fait généralement bondir les féministes qu'il attaque violemment tout au long de ses écrits, moins sans doute par radicale misogynie, bien qu'on ne puisse totalement l'en absoudre, que par hostilité aux idées "progressistes". Lors de l'élaboration d'Humain trop Humain, en 1878, sa grande amie Malwida von Meysenbug, connue pour ses "Mémoires d'une idéaliste" et qui fut l'une des premières figures des mouvements d'émancipation du 19ème siècle, lui conseilla du reste ne pas publier l'ouvrage. Au moins le philosophe aura-t-il la perspicacité de reconnaître qu'il n'y a pas une vérité de la "femme en soi", dont il pressent, avant Lacan, qu' "Elle" n'existe pas. Reste la difficulté à concilier entre eux ses différents aphorismes sur le féminin, et peut-être faut-il alors bêtement se dire, avec Jacques Derrida, que sur la femme "Nietzsche n'y voyait pas très clair ni d'un seul clin d’œil".

Sur le plan de la sexualité et de l'amour en revanche, le penseur aux épaisses moustaches soutient l'existence d'une profonde divergence d'approche et de vécu entre homme et femme. Elle se fonde même selon lui sur une irrémédiable inégalité de principe. L'homme prend possession tandis que la femme se donne. Telle est la dure loi des sexes. Mais ce "donner" est un "se donner pour" qui lui assure à elle aussi une maîtrise. C'est en prenant "l'apparence de fragiles ornements qu'un grain de poussière ferait souffrir" qu'elles se défendent "contre la vigueur et le droit du plus fort"(le Gai Savoir). La force de la femme réside précisément dans la faiblesse de sa nature. Par la séduction qu'elle exerce, et grâce à son rôle primordial de mère, elle reprend l'avantage. "L'homme est pour la femme un moyen, le but est toujours l'enfant", affirme Zarathoustra.

C'est pourtant sur la question de la maternité que le philosophe se distingue le plus de son aîné Schopenhauer. Tandis que ce dernier voulait jeter le bébé avec l'eau du bain, l'utérus de la femme en l'occurrence, Nietzsche s'affirme au contraire comme le "penseur de la grossesse", selon la forte expression de Derrida. Partout dans son œuvre l'enfantement est célébré, que ce soit dans l'ordre naturel chez la femme ou dans l'ordre spirituel chez les contemplatifs". C'est ainsi que la femme acquiert une autre dimension, fondamentalement positive chez Nietzsche. La femme donne la vie. L'une et l'autre sont une énigme , "couverte d'un voile tissé d'or, un voile de belles possibilités, qui lui donne une allure prometteuse, réticente, pudique, ironique, apitoyée, séduisante." D'où cette grande affirmation du Gai Savoir : "Oui, la vie est femme."

Mais la grossesse est aussi ce qui rend les femmes mieux disposées à la soumission, en les rendant "plus tendres, plus patientes, plus craintives." Homme et femme possèdent ainsi l'un sur l'autre un pouvoir de domination spécifique qui les oppose et les réunit tour à tour. "Homme et femme changent de place, échangent leur masque à l'infini", dit Derrida. C'est d'ailleurs si vrai qu'ils projettent chacun leurs propres qualités sur l'autre, y voyant l'idéal de leur amour qui est aussi la source de toutes leurs désillusions. Nietzsche en tire cette conclusion pour le moins étonnante de sa part que c'est la femme qui possède "l'entendement" et l'homme "la sensibilité et la passion" (Humain, trop humain). Au fond, dit-il, "l'homme recherche l'homme idéal, la femme la femme idéale". Et comme Dionysos et Apollon s'aimantent mutuellement pour engendrer la tragédie, dans l'attirance sexuelle, la lutte des deux entités est féconde. L'un et l'autre, l'un par l'autre, homme et femme enrichissent leur moi par une adjonction de force et de bonheur. Bataille, encore : "La chance des amants est le mal (le déséquilibre) auquel les contraint l'amour physique. Ils sont condamnés sans fin à ruiner l'harmonie entre eux, à se battre dans la nuit. C'est au prix d'un combat, par les plaies qu'ils se font qu'ils s'unissent."

Ce que Nietzsche estime erroné dans les revendications de la femme anticipée, c'est en fait ce qu'il perçoit comme un acharnement à vouloir se dépouiller de la force donnée par sa faiblesse. En tentant d'acquérir des vertus masculines, elle entame sa capacité à susciter le désir, et du même coup son influence bénéfique sur l'homme. Abolir la différence des sexes revient à empêcher la féroce mais fertile guerre des deux. Impossible donc de résoudre cet antagonisme naturel, quoi qu'il ait "de dur, d'effroyable, d'énigmatique, d'immoral. Car l'amour conçu dans sa totalité, sa grandeur, sa plénitude, est par nature et de toute éternité quelque chose d'immoral". De même que ce qu'on fait par amour l'est toujours "par-delà le bien et le mal".

Cette lutte est nécessairement sans pitié - sinon ce n'est plus de l'amour. N'est-il d'ailleurs pas plus séduisant celui-là qui nous résiste ? Si aimer c'est se donner, ce don ne doit pour autant jamais être déprise de soi. Sans quoi, c'est la chute. L'amour, combien de morts ? Combien de foudroyés ? Combien de corps desséchés ? Celui qui se nie lui-même n'a rien à offrir, donc rien à prendre. Et si les deux renonçaient à eux-mêmes par amour, qu'en résulterait-il ? "Je ne sais quoi, peut-être un espace vide ?", interroge ironiquement Le Gai Savoir. "Qu'est-ce que l'amour, sinon comprendre et se réjouir que quelqu'un d'autre vit, agit et sent d'une façon différente de la nôtre et opposée à celle-ci ? Pour que l'amour unisse les contraires dans la joie, il ne faut pas qu'il le supprime et le nie. - Même l'amour de soi a pour condition une dualité irréductible (ou une multiplicité) en une seule personne (Humain, trop humain). Pour combattre et résister au choc des forces contraires, pour aimer donc, il faudra être un vaillant soldat, avoir un moi solidement assis, "être hardiment planté sur ses deux jambes" (Ecce Homo, 5). En somme, pour réussir un "nous", il faut d'abord savoir dire "je". Il se trouve que Nietzsche, un jour de printemps italien, croisa justement la route d'une créature qui disait d'elle-même qu'elle ne connaissait que le "je". Sans doute (Lou von Salomé) fut-elle sa Carmen, sa ménade diabolique, son idéal.
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isabellelemest   24 avril 2018
La pensée en otage de Aude Lancelin
Il est pourtant assez évident que dans une société démocratique, où le suffrage universel existe encore, et cela même s'il est en passe de devenir une farce organisant l'impuissance collective, le contrôle capitalistique des médias est une question politique cruciale. Il est évident que ce constat-là n'a rien à voir avec un propos conspirationniste, et que prêter des arrière-pensées aux géants des télécoms quand ils investissent dans les médias n'a rien à avoir avec le fait d'être agité par les Illuminati ou une quelconque autre société secrète horrifique du type Skull and Bones. Il est évident que lorsque, comme eux, on opère sur un marché régulé par l'État, un grand titre ou une chaîne peuvent notamment être des leviers d'influence décisifs. (p.18)
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