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3.97/5 (sur 207 notes)

Nationalité : Iran
Né(e) à : Téhéran , le 01/12/1955
Biographie :

Azar Nafisi est née à Téhéran. Elle quitte son pays à l'âge de treize ans pour continuer ses études d'abord en Europe, puis aux États-Unis. À l'Université, elle se range aux côtés de l'Union des Étudiants Iraniens contre le régime du Schah. Elle étudie Marx et les plus grands théoriciens de la gauche et se plonge dans la lecture passionnée d'auteurs tels que Eliot, Auster, Plath, Nabokov et Fitzgerald. En 1979, un an après la révolution de Khomeini, elle retourne en Iran où elle travaille comme assistant dans le département d'anglais de l'Université de Téhéran, mais en 1981, elle est expulsée pour avoir refusé de porter le voile islamique devenu obligatoire.
Elle recommence à enseigner en 1987 en qualité de professeur associé auprès de la Free Islamic University et dans la Allamenh-Tabatabaii de Téhéran, en se distinguant toujours pour ses idées libérales, qu'elle met en avant malgré le climat de forte répression politique. En 1994, un an avant d'abandonner la vie académique en Iran, elle publie un livre consacré à l'écrivain Vladimir Nabokov: Anti Terra. A Critical Study of Vladimir Nabokov's Novels.
Dans les deux années suivantes, elle organise chez elle des rencontres consacrées à la lecture de grands classiques de la littérature anglo-saxonne, entraînant dans cette aventure sept de ses meilleurs étudiantes. De ces rencontres, en grande partie consacrées à Lolita, naît son premier et, jusqu'ici, unique roman: Reading Lolita in Teheran (Random House, 2003), un cas littéraire qui s'impose à l'attention de la presse du monde entier et qui est publié dans dix-neuf pays.
Aujourd'hui, Azar Nafisi vit à Washington avec son mari et ses enfants. Elle est professeur de littérature anglaise à la John Hopkins University de Baltimore et collabore avec quelques-uns des plus importants journaux américains.
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Source : http://www.festivaldelleletterature.it
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Les seuls moments où elles s'ouvraient et s'animaient vraiment étaient ceux de nos discussions autour des livres. Les romans nous permettaient d'échapper à la réalité parce que nous pouvions admirer leur beauté, leur perfection, et oublier nos histoires de doyens, d'université et de milice qui arpentait les rues. (…)
Les romans dans lesquels nous nous évadions nous conduisirent finalement à remettre en question et à sonder ce que nous étions réellement, ce que nous étions si désespérément incapables d'exprimer. (p. 64-65)
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« Vivre dans la République islamique, c'est comme coucher avec un homme qui te dégoûte », ai-je dit à Bijan ce soir-là après le séminaire. Il m'avait trouvée en rentrant assise au salon dans mon fauteuil habituel, le dossier de Nassrin sur les genoux, ceux des autres éparpillés sur la table à côté d'un bol de glace au café en train de fondre. Il s'assit en face de moi et me dit : « Tu ne peux pas laisser cette phrase flotter comme ça dans l'air. Explique-toi clairement.
- Eh bien voilà : si tu es obligé de coucher avec quelqu'un qui te déplaît, tu fais le vide dans ta tête, tu prétends que tu es quelqu'un d'autre, tu veux oublier ton corps, tu le hais. C'est ce que nous faisons ici. Nous prétendons tout le temps être ailleurs, nous en rêvons, nous nous y préparons. Ça fait des heures que je réfléchis à ça. Je n'ai pas arrêté depuis que mes étudiantes sont parties. »
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Cela me rappelle ce que disait Nabokov, les "lecteurs sont nés libres et devraient le rester". Nous avons appris à protester lorsque des écrivains sont emprisonnés, ou leurs livres censurés et interdits. Mais qu'en est-il des lecteurs ? Qui nous protégera ? Et qu'arrivera-t-il si un écrivain publie un livre et qu'il n'y a plus personne pour le lire ?
"Jusqu'au jour où j'ai eu peur de ne plus pouvoir le faire, je n'ai jamais aimé lire. On n'aime pas respirer." Ainsi parle Scout dans -Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur-, exprimant ce que ressentent des millions de gens. Nous devons lire de grands livres subversifs, les nôtres et ceux des autres. Ce droit ne peut être garanti que par une active participation de chacun d'entre nous, lecteurs citoyens. (p. 49)
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A l'époque je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attirait dans l'histoire du -Petit Prince-, je ne savais pas qu'elle m'apprenait à acquérir ce qui est l'essentiel des grandes œuvres d'imagination : ce battement magique du cœur qui nous définit en tant qu'êtres humains, qui nous relie les uns aux autres, qui nous donne une raison de vivre, un moyen de survivre, ainsi que la capacité de comprendre non seulement la valeur du bonheur et de l'amour, mais leur étroite parenté avec la souffrance et la perte, la capacité de comprendre le prix qu'il nous faut payer lorsque nous osons faire le choix d'une vie et d'un amour authentiques. (p. 16)
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Les histoires perdurent- elles nous accompagnent depuis la nuit des
temps- mais elles doivent être régénérées et de nouveau racontées à
chaque génération à travers le regard et les expériences de nouveaux
lecteurs qui partagent un espace commun sans frontières politiques
ni religieuses, ethniques ni genrées-Une République de l'imagination,
la plus démocratique de toutes. (p. 69)
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Plus que n'importe laquelle de mes étudiantes, Mahshid, me disais-je, pose sur la religion des questions vraiment inquiétantes. Dans ce qu'elle écrivait pour le séminaire, avec une rage aussi contenue que son sourire, elle avait passé en revue les plus petits détails de la vie sous la loi islamique. Plus tard, elle y noterait : " Yassi et moi savons que nous sommes en train de perdre notre foi. Nous la remettons en question par chacun de nos gestes. Sous le chah, c'était différent. J'avais l'impression de faire partie d'une minorité et de devoir continuer de croire, quoi qu'il arrive. Maintenant que ma religion est au pouvoir, je me sens encore plus impuissante qu'avant, et plus aliénée. " Elle racontait comment on lui avait dit depuis toujours que la vie en terre infidèle était un pur enfer. On lui avait promis que tout allait changer quand une juste loi islamique serait instaurée. Mais quelle loi islamique ? Ce carnaval hypocrite et honteux ? Elle parlait des hommes qui à son travail ne la regardaient jamais dans les yeux, des filles de six ans obligées de porter un foulard pour aller au cinéma et qui n'avaient pas le droit de jouer avec les garçons de leur âge. Elle-même portait le voile, et c'était pourtant une véritable douleur qu'on l'y oblige. Elle n'y voyait plus qu'un masque derrière lequel les femmes étaient forcées de se cacher. Elle parlait de tout cela avec une froideur et une rage terrible, terminant chaque phrase par un point d'interrogation.
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Pendant les premiers raids aériens, les bombardements touchèrent une maison d'un quartier chic. Le bruit courut que la guérilla antigouvernementale en avait occupé les sous-sols. Pour apaiser la population affolée, Hāchemi Rafsandjani, alors porte-parole du Parlement, annonça lors de la prière du vendredi que l'attaque n'avait pas fait de véritables dégâts, car les seuls victimes étaient « des gens riches, arrogants et subversifs » qui auraient de toute façon probablement été exécutés un jour ou l'autre. Et il profita de cette occasion pour recommander aux femmes de s'habiller de tenues correctes pour dormir afin de ne pas être « indécemment exposées aux regards d'étrangers » si leur maison devait être touchée.
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Je pense à mes étudiantes. Elles avaient beau venir de milieux différents et avoir des croyances diverses, elles affrontaient les mêmes dilemmes, tous provoqués par la confiscation de leurs aspirations les plus personnelles et des instants les plus intimes de leur vie . Le conflit reposait au cœur du paradoxe crée par la loi islamique. Maintenant que les mollahs gouvernaient notre pays, la religion était devenue un instrument de pouvoir, une idéologie.
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Il y avait un aspect fondamental dans les différences qui existaient entre les femmes de mon âge et ces étudiantes, ou toutes les autres filles de leur génération. Nous nous plaignions d'une perte, du vide qui avait été crée dans nos vies quand on nous avait volé notre passé et fait de nous des exilées au sein de leur pays. Mais nous avions un passé à comparer avec le présent. Nous avions des souvenirs, des images de ce qui nous avait été pris. Ces jeunes femmes n'avaient rien. Leur mémoire était celle d'un désir qu'elles ne pouvaient exprimer, de quelque chose qu'elles n'avaient jamais eu. C'était ce manque, la faim qu'elles ressentaient pour ce qui faisait une vie normale, ordinaire, qui donnait à leurs textes la transparence lumineuse de la poésie.
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Quand mes étudiantes entraient dans cette pièce, elles n'enlevaient pas
seulement leurs foulards et leurs robes. Petit à petit, chacune se
dessinait, reprenait forme, retrouvait son inimitable personnalité. Le
monde que nous avons construit dans ce salon, avec les monts Elburz
qui se profilaient dans l'encadrement de la fenêtre, devint un sanctuaire,
un véritable univers qui narguait à lui seul la réalité des timides visages
encadrés de noir qu'on voyait dans les rues. (p. 19)
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