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Note moyenne 3.64 /5 (sur 21 notes)

Nationalité : Grèce
Né(e) à : Athènes , 1970
Biographie :

Chrìstos Ikonòmou est journaliste.

Il est l’auteur de trois recueils de nouvelles traduites en plusieurs langues : Femme derrière les barreaux (2003), Ça va aller, tu vas voir (2010, Quidam 2016), et Les bienfaits viendront de la mer (2014).

Ça va aller, tu vas voir a reçu le Prix d’État pour la nouvelle et a été traduit en italien, en allemand, en espagnol et en anglais (USA).

Certaines des nouvelles d’Ikonòmou ont été adaptées au théâtre et au cinéma.

"Le salut viendra de la mer" paraît en 2017.

Source : http://www.lacauselitteraire.fr/christos-ikonomou
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Christos Ikonomou - Le salut viendra de la mer

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
loudarsan   04 mars 2016
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
Tàkis se souvient de ce qui s’est passé ici ce soir-là rit de nouveau rit aux éclats et à la lumière menteuse de la lampe je vois sa bouche prendre une forme bizarre et les rides au coin de ses yeux ressemblent aux traces de pas que laissent les petits oiseaux sur la terre humide, plein de petites rides, fines crevasses, traces d’oiseaux effrayés envolés.

Je remplis les verres, on boit. […]

Et le boulot mon vieux. Jour et nuits je vois des hommes brisés par le boulot. Des hommes fatigués effrayés. On dirait qu’on ne peut plus travailler sans peur. On dirait qu’on n’est plus payé pour vivre mais pour avoir peur. Et je me dis. Je me dis faut pas que ça m’arrive à moi aussi faut que je résiste et pas me laisser bouffer. Mais comment tenir le coup ? Plus le temps passe moi j’avance tandis que mon cœur et mon cerveau se tournent vers le passé. Et je me dis t va voir qu’un jour on va se perdre nus trois moi mon cœur et mon cerveau. Tu vas voir qu’un jour je perdrai mon cœur et mon cerveau et alors il se passera quoi ? Je ne sais pas quoi. Un jour. Voilà.

Dehors il fait plus noir encore, les rues sont désertes, les vitres gémissent dans le vent.
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motspourmots   03 mai 2017
Le Salut viendra de la mer de Christos Ikonòmou
Et alors tu es pris d'une autre peur, plus grande, parce que tu comprends comme c'est terrifiant d'avoir commencé à réagir non comme un être humain mais comme quelque chose d'autre, vu qu'aucun être humain ne se demanderait jamais si la lumière est pire que la nuit, si la peur qui vient du feu est pire que la peur qui vient de la nuit. Ce qui te terrifie c'est que tu ne sais pas ce que c'est, ce quelque chose d'autre que tu commences à devenir - qu'est ce qui existe après, que peut devenir quelqu'un s'il cesse d'être humain, qu'est ce qui existe après l'être humain ?
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michelekastner   26 avril 2017
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
Le plus terrifiant, c'est le travail. C'est attendre la paye tous les 15 et 30 du mois. Diviser ta vie en tranches de quinze jours. Savoir que si ça les fait bander, les patrons, de ne pas te payer une fois ou deux ou dix tu ne peux rien y faire. Ta vie entière est entre leurs mains. Diviser ta vie en tranches de quinze jours. C'est ça le plus terrifiant.
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Charybde2   18 mai 2017
Le Salut viendra de la mer de Christos Ikonòmou
On regardait la mer, le ciel, les îles qui noircissaient dans le fond – Mìlos, Kìmolos, Pòlyvos. La mer étincelait, je me souviens, comme un miroir brisé, les mille éclats des vagues, mais je n’ai rien dit, ça porte malheur. Tàssos non plus. À un moment seulement, vers la fin, il a redit que le salut viendra de la mer. Le salut viendra de la mer. Je ne sais pas d’où ça lui venait, il répétait ça tout le temps. Et il disait toujours pareil, d’une voix chantante, et si tu lui demandais, il répondait que c’était dans une chanson. Quelle chanson, personne ne le savait, personne n’avait entendu ça. Mais c’est contagieux à force, et maintenant nous le disons nous aussi tout le temps. Chaque fois que nos affaires tournent mal, chaque fois qu’arrive une mauvaise nouvelle, on dit patience, le salut viendra de la mer. Un truc à nous, tu comprends, un mot de passe qu’on se dit nous autres, ceux d’aut’part.
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Charybde2   18 mai 2017
Le Salut viendra de la mer de Christos Ikonòmou
Et pourquoi tout ça ? Pour rien. Groupements solidaires, réseaux de consommateurs, produits sans intermédiaires. Pauvre Tàssos. Il rêvait de nous faire fonder une coopérative, lancer notre marché à nous, aider les gens, créer des situations nouvelles en Grèce, sans patrons, sans politicards, sans vols et sans magouilles. Pauvre Tàssos. Naïf, une vraie rosière. Le pied à peine posé sur l’île, criant, courant, se démenant pour nous organiser nous autres et les rats aussi. Pour quel résultat ? Zéro. Il est tombé dans un trou noir. Pourquoi ? Pour rien. Pour une botte d’oignons et deux kilos de tomates, mettons. Rien.
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Charybde2   10 mai 2016
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
Entretemps il y a du nouveau dans le quartier. La semaine dernière la municipalité a distribué ces grandes bennes bleues pour le recyclage une au coin de chaque rue avec des brochures et des sacs spéciaux pour les papiers et les conserves qu’ils disent. Le progrès. Et jeudi soir on était chez Satanas quand l’amiral est venu nous demander si on savait ce qui est arrivé à Sofrònis, celui qui habite à côté de l’école.

Non, a dit Vàyos. Il est mort ?

Il a pété les plombs le malheureux a dit l’amiral. Hier soir mon fils rentrait du boulot et il tombe sur lui en train de se démener pour se glisser dans la poubelle du recyclage. Il est arrivé juste à temps. Qu’est-ce que tu fais là mon vieux Tàssos ? qu’il lui dit. Tu es devenu fou ? Tu veux aller dans les ordures ? Et l’autre qu’est-ce qu’il lui dit ? Laisse-moi Stèfanos. Laisse-moi s’il te plaît. L’homme qui laisse mourir sa femme sans l’aider faut le jeter aux ordures. Laisse-les m’emmener pour me recycler je deviendrai peut-être meilleur. Écoutez les gars. Écoutez ce qui se passe dans le monde. Mon fils a eu un mal fou à le calmer. Après ça il paraît qu’il s’est assis dans un coin en riant tout seul comme un malade. On ne va pas bien du tout. Voilà ce que j’ai à dire. On ne va pas bien du tout. (« Mao »)
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Charybde2   10 mai 2016
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
Tàkis travaille ici comme serveur le soir de cinq heures à minuit ou une heure ou point d’heure. Le matin il travaille à la mairie en CDI. Il a deux boulots parce qu’il a deux enfants. Sa femme Vàsso est morte quarante-neuf jours plus tôt. Elle était en voiture à Fàliro quand elle a eu un infarctus et un passant l’a emmenée au Metropolitan – elle était encore vivante elle luttait ne cédait pas – mais là un problème s’est posé car on a refusé de la prendre en charge si l’homme ne payait pas son admission une histoire comme ça et le type a protesté naturellement – il ne la connaissait pas il passait par là quelle chose absurde on lui demandait là – et tandis que les pourparlers traînaient Vàsso est morte là dans le couloir de l’hosto entre des inconnus, loin de Tàkis et de ses enfants et Tàkis dit que s’il était un homme un vrai s’il avait deux sous de dignité il aurait dû le même jour entrer dans l’hosto avec deux grenades et faire sauter tout le bordel et ses habitants, médecins infirmières directeurs, tous ces guignols et quelques autres encore. S’il était un homme un vrai s’il avait le sens de l’honneur s’il n’avait pas deux enfants et des prêts à rembourser et son appartement sous hypothèque. (« Moustache au charbon »)
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Charybde2   18 mai 2017
Le Salut viendra de la mer de Christos Ikonòmou
On a perdu Tàssos à cause de la solidarité et de la justice. Solidarité, justice – du vent, des mots que disent les pauvres, sans y croire, ils sont pauvres, c’est tout.

Mais aucun de nous ne s’attendait à ce qu’il ait une fin pareille.

On s’attendait à plus de courage, plus d’héroïsme. À quelque chose qu’on montrerait à la télé, sur Internet, qui obligerait ces crapules à dire au moins deux mots dans leur Parlement. Aujourd’hui encore, quand on monte à Kataflyi et qu’on regarde depuis là-haut la mer, on se dit qu’il aurait dû choisir une autre fin, plus courageuse, plus héroïque. On se rappelle ses paroles dingues, comme quoi le salut allait venir de la mer, et on se dit que s’il s’était montré plus courageux, plus héroïque, peut-être que les gens l’auraient su et se seraient soulevés. Quelque chose aurait bougé, aurait changé. Peut-être, qui sait.

Tu me diras, c’est des histoires tout ça, je le sais. Comme dans les contes. Mais faut pas croire, l’homme en a besoin, des contes. Les hommes ont découvert les contes et les ont remplis de monstres pour ne pas devenir eux-mêmes des monstres. Car la vérité peut faire de toi un monstre. Tu dois devenir un monstre pour supporter la vérité.
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michelekastner   26 avril 2017
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
C'est bizarre comment les choses arrivent quelquefois. On grandit on vit des situations on lit des livres on voit des gens des lieux et on arrive à un âge où on croit, où on est sûr que la vie n'est faite que de hasard, que notre vie à nous et la vie de chaque être humain est un petit univers inversé où tout se balade à l'aveuglette sans but, un univers sans dieu, sans loi, sans but - un chaos. Puis quelque chose se passe et notre croyance est ébranlée alors on se demande si on ne se serait pas trompé, peut-être qu'il y a quelque chose après tout qui donne un sens au chaos, une corde peut-être qui relie toutes les choses de notre vie, une corde cachée qui attache ensemble tous les éléments de ta vie aux vies des autres. Et tu es terrifié. Terrifié parce que si c'est vraiment terrifiant de vivre dans le chaos c'est deux fois plus terrifiant de savoir qu'on ne vit pas dans le chaos mais dans un monde avec des lois et des règles mais qu'on ne les connaîtra jamais, qu'on est incapable de les apprendre - on aura beau chercher, on ne pourra jamais la trouver cette fine corde cachée, s'y accrocher pour s'en sortir, pour savoir où elle commence où elle finit.
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Charybde2   10 mai 2016
Ça va aller, tu vas voir de Christos Ikonòmou
Le nuage grandit encore et nous cache la mer.

Un faux sapin dégringole du balcon d’en face et tombe en tournoyant sans bruit dans le vide. Je crois que c’est la chose la plus terrifiante que j’aie vue de ma vie.

Mais non, dis-je. Le plus terrifiant, c’est le travail. C’est attendre la paie tous les 15 et les 30 du mois. Diviser ta vie en tranches de quinze jours. Savoir que si ça les fait bander, les patrons, de ne pas te payer une fois ou deux ou dix tu ne peux rien y faire. Ta vie entière est entre leurs mains. Diviser ta vie en tranches de quinze jours. C’est ça le plus terrifiant.

Je rentre, dit Lèna. Je ne supporte pas quand tu parles comme ça. Je ne veux pas voir ça. Allons viens je te dis.

Mais nous n’allons nulle part. Nos verres à la main nous restons silencieux à regarder la pluie qui approche venue du couchant. Nous regardons le rideau de pluie noir qui se referme lentement sans bruit et qui lentement sans bruit engloutit les formes les couleurs et la rumeur du couchant.
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