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Note moyenne 3.83 /5 (sur 57 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Marrakech , le 22/08/1942
Biographie :

Daniel Sibony est un philosophe et psychanalyste français.

Né dans une famille juive habitant la médina, sa langue maternelle est l'arabe dialectal marocain, sa langue cultuelle, l'hébreu biblique. À 5 ans, il commence à apprendre le français.

Sa famille émigre à Paris en 1955, où il finit ses études secondaires, puis étudie les mathématiques à l'université. En 1967, il soutient une thèse de doctorat de 3e cycle en mathématiques intitulée "Travaux sur la théorie du potentiel", et réalise une carrière universitaire, devenant assistant, puis maître de conférence en 1967. Il est professeur à l'UPMC jusqu'en 2000, y animant, outre ses cours, toutes sortes de séminaires et d'expériences.

En 1985, il soutient une thèse de doctorat de 3e cycle en philosophie à l'Université de Paris I, intitulée ""Passages de lettre" dans la tradition juive du Libre".

Il se forme en psychanalyse avec Lacan, et devient psychanalyste à 32 ans. La collaboration avec Lacan fut très personnelle : Lacan a assisté plusieurs années au séminaire de Daniel Sibony à Vincennes sur "Topologie et interprétation des rêves".

À partir de 1974, Daniel Sibony donne à Paris un séminaire indépendant consacré aux questions thérapeutiques et aux pratiques créatives et symboliques dans leurs rapport à l'inconscient.

Ses publications concernent aussi bien la psychanalyse que la philosophie (Bergson, Heidegger) ou le judaïsme, l'islam et le conflit israélo-palestinien.

son site : http://www.danielsibony.com/
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Intervention du philosophe Daniel Sibony lors du colloque "Que vaut le corps humain?" le 6 décembre 2019. #bernardins#colloque#corps Le Collège des Bernardins est un espace de liberté qui invite à croiser les regards pour cheminer dans la compréhension du monde et bâtir un avenir respectueux de l'homme. Pour tout savoir de l'actualité du Collège des Bernardins, suivez-nous sur les réseaux sociaux Facebook : https://www.facebook.com/CollegedesBernardins/ Twitter : https://www.twitter.com/CBernardins Instagram : @collegedesbernardins
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Citations et extraits (274) Voir plus Ajouter une citation
Daniel Sibony
BigDream   23 septembre 2017
Daniel Sibony
Le rire est la cascade sonore par laquelle on reprend son souffle après qu'il a été coupé, légèrement, par une surprise agréable, un trait (d'esprit mais pas toujours), une différence vivace, un entre-deux qui, nous ayant un peu ouvert, nous a permis d'entrecouper le ronron , le serieux-seriel du travail, la longue continuité avecc soi-même. Le rire libère ou plutôt décharge une curieuse charge signifiante dont on a reçu le choc...
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Bruno_Cm   24 juillet 2017
Perversions de Daniel Sibony
Il se pourrait que le malaise de cette culture concerne moins la pulsion sexuelle que la pulsion du lien, l'impulsion à appartenir, à capter, à lier et à se lier, à faire des socialités, des groupes, des institutions, des chapelles, des religions, des guerres de chapelles et de religions, des courants d'idées [...].

Or si la question fondamentale est la pulsion de lien, on comprend l'immense variété des formes qu'elle prend : replis narcissiques (où l'on est l'objet de son lien), clans, sectes, liens toxicos, institutions, exaspérations solitaires, insertions-désinsertions, cyclages-recyclages, branchés)débranchés, etc. La même question cherche ses métamorphoses, sans cesse.

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Bruno_Cm   06 juillet 2017
Perversions de Daniel Sibony
Le masochiste [...] organise des liens qu'il authentifie de sa soumission ; on croit qu'il jouit de s'imposer des liens (d'appartenance), alors qu'il se lie pour arracher tout autre lien que celui dont il est l'auteur.
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Henri-l-oiseleur   04 avril 2017
Coran et Bible en questions et réponses de Daniel Sibony
Ne fait-on pas trop de cas de ces "malédictions" qui doivent tout au plus représenter quelques versets ? Si un si vaste ensemble, c'est plutôt négligeable.

Pas vraiment. Plus du tiers du Coran s'en prend aux "gens du Livre" en tand que mécréants. Pour vous le montrer, sans citer tous les versets, je vous incite à distinguer les niveaux de violence : par exemple "tuez les associateurs" (les chrétiens), c'est direct ; Allah ne fait "pas d'alliance avec le peuple injuste" semble plus calme, c'est presque une information, mais couplé avec "Allah maudit le peuple injuste" (juifs et chrétiens), et avec "combattez ceux qu'Allah a maudits" le verset calme révèle mieux sa violence. En outre, celle-ci n'est pas statique, de l'ordre d'un : on n'aime pas ces gens, il faut s'en éloigner ; c'est qu'ils sont haïs par Allah (pourquoi pas, bien que ce soit déjà une condamnation), et c'est qu'Allah veut les punir "par vos mains, "yu'adbhumu Allahu bi-aydikum" (9-14). Vous devinez qu'il y a peut-être une forte interaction entre parties paisibles et parties agressives... p41-42.
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Bruno_Cm   06 juillet 2017
Perversions de Daniel Sibony
ELLE. - Quelle différence alors entre douleur physique et psychique ?

LUI. - Ce sont deux faces de la même chose ; deux faces qui communiquent, comme la surface tordue. Si vous avez un accident, un doigt coupé, l'instrument figure l'Autre, l'Autre qui vous a mordu, pincé ; irruption dans la chair ; ça déchire l'habit narcissique, l'habitude d'être soi-même, dans sa peau, un peu à l'étroit. Ca met en deuil. La douleur psychique est là, toute proche ; elle a pu causer l'accident, le "provoquer". Et l'irruption de l'Autre vous souffle l'objet, c'est ça le deuil, l'objet à quoi on tient est arraché par le hasard, le "destin", ou toute force inconsciente qui peut figurer l'Autre. La douleur psychique était là et n'a trouvé pour se montrer que cette entaille à même le corps.

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Henri-l-oiseleur   03 octobre 2019
Marrakech, le départ de Daniel Sibony
(L'hébreu en Israël). Mais bon, voyons d'autres mots, car cela a lieu partout, et chaque fois que je découvre ces résonances, j'ai un coup de Marrakech (on y psalmodiait l'hébreu, en prenant chaque mot comme un diamant dont on admire les facettes, c'était mieux que de le parler).
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Bruno_Cm   06 juillet 2017
Perversions de Daniel Sibony
LUI. - En un sens, les contrats qu'on passe avec les alcooliques, les toxicos... ça ne marche que quand le contrat a déjà absorbé, à l'avance, ses démentis successifs, quand il a pris le relais du lien pervers en cause.

ELLE. - C'est vrai, j'ai connu des toxicos retirés des affaires par un gourou ; ils se retrouvent, gourouïsés... Il a suffi que la secte leur laisse entendre délicatement que la drogue était une gêne, faible d'ailleurs, pour virer au nouveau lien de plénitude, de vérité plus absolue...

LUI. - Ca transfère sur ce lien l'appel du lien qui était lancé à la drogue. Eh bien justement, la religion est un lieu et tout lien qui fait contrat avec son horizon divin a un bon pied dans du pervers.
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Jacyer   26 mai 2014
Du vécu et de l'invivable : Psychopathologie du quotidien de Daniel Sibony
Le mythe de la mère juive - qui plus que d'autres ferait des folies pour ses enfants et pour sa famille - doit avoir une origine très singulière. J'y vois un mythe de consolation: le peuple juif expulsé de sa terre-mère depuis des millénaires se retrouve dans la posture de l'enfant qui lors d'un violent divorce est parti avec le père (avec la Loi, le Livre...). La séparation d'avec le mère lui fut imposée, chaque fois; et il s'en est fait une raison, comme on fait de nécessité vertu. Mais comment supporter d'être si loin de sa mère, de vivre sans, au point de paraître l'oublier, la sacrifier? bien qu'elle restât au fond de son coeur et de sa pensée comme un désir de Retour ( Amour de Sion, présent dans toutes le prières ) Comment supporte cette séparation, et s'en consoler? Alors l'enfant invente la mère qui pense à lui tout le temps, tous les instants; qu'elle est prête pour lui à faire des folies; même si elle a du mal à bouger, vu que c'est une terre. Parfois la douleur est réelle et le cansolation aussi. Quand aux mères elles pratiquent le mythe de la mère absolument dévouée, celle qui convient à des êtres frustrés de mère - il s'agit de répondre à l'enfant en détresse, eet de mettre un baume sur cette blessure de l'homme coupé de sa mère mais elles lui rappellent sa faute, son départ, son abandon. p.315
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Henri-l-oiseleur   04 avril 2017
Coran et Bible en questions et réponses de Daniel Sibony
En somme, quand les musulmans lisent le Texte, ils lisent les deux aspects et ils expriment l'un ou l'autre selon leur état d'âme ; selon les opportunités. Mais n'est-ce pas comme pour tout un chacun ?



Quand un homme a des états colériques et des états sereins, vous ne dites pas que vous avez deux hommes, les deux états s'entremêlent et font partie de sa personne. L'immense majorité des musulmans ne vit pas en Europe et consomme avec délice les parties agressives ou pacifiques ; celles-ci mettent en relief celles-là, et servent à les relancer, à soutenir l'offensive (contre les traîtres : "ceux qui ont cru" et qui sont devenus "mécréants" en n'adoptant pas l'islam). L'aspect paisible et l'aspect guerrier sont si bien liés qu'en un sens, c'est à cause des aspects pacifiques que le Coran lance ses appels les plus guerriers : chaque verset paisible sert à rappeler que les "gens du Livre" l'ont trahi, et qu'on doit donc les combattre si l'on tient à ce verset paisible, si l'on tient à être en paix, à être dans l'islam.



p. 67
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Danieljean   17 mars 2020
Le racisme, une haine identitaire de Daniel Sibony
Quel que soit le racisme qu’on invoque, la réflexion qu’il suscite tourne autour du même ressassement : «Le racisme c’est de ne pas accepter la différence...» et la ritournelle enchaîne très vite sur le droit à la différence, etc. Or, je prétends que ce n’est pas la cause du racisme, ni la source de sa violence. Au contraire, le racisme s’exaspère de voir la différence revenir au même, revenir s’infiltrer dans le même et le révéler différent de soi, menacer de l’interpeller sur ses supports d’identité, de les révéler trop fragiles dans leur crispation, trop rigides dans leur jeu; menacer d’éventer leurs secrets ou de déchirer leurs semblants. (...) on peut réclamer et accorder des «droits à la différence» qui ne sont que le constat banal : droit pour chacun d’être soi-même - or c’est là que le bât blesse : l’humain ne sait pas quel «soi-même» devenir, et quand il le sait, il ne ressent les différences comme des menaces pour son identité que lorsqu’il les voit se rapprocher trop près de lui, vouloir s’assimiler à lui, vouloir se l’assimiler. Si elles restent différentes et se tiennent à distance, il peut les trouver drôles, bizarres, repoussantes, il ne sent pas en les voyant que son identité risque de s’effondrer, que sa protection contre son inconscient menace de craquer du fait de ces différences; elles ne déchaînent pas son envie de les refouler, et de rétablir à travers elles un refoulement parfait. Car une différence de l’autre, curieusement, peut protéger votre identité, lui permettre presque de se complaire dans sa certitude d’elle-même.
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