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3.86/5 (sur 213 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 03/05/1949
Biographie :

Écrivain, Jean-Christophe Bailly est également proche de la peinture et du théâtre.

Depuis plus de quarante ans (son premier livre, "La légende dispersée", une anthologie du romantisme allemand, paraît en 1978), il a publié une vingtaine de livres qui, le roman mis à part, arpentent tous les champs de l'écriture : essais (philosophiques ou esthétiques), poésie, journaux, théâtre. Il est également l'auteur de monographies sur des artistes contemporains et d'un essai sur les portraits du Fayoum.

Jean-Christophe Bailly s'est tourné aussi vers la peinture, l'architecture ou la photographie.

Il s'est occupé également de théâtre, à la fois comme auteur et comme "fabriquant", souvent à l'étranger (Inde, Russie, Italie) où il a accompagné Georges Lavaudant et Gilberte Tsaï ainsi que Klaus Michael Grüber et Gilles Aillaud.

Très tôt, il décide de se consacrer à l’écriture. Son ouvrage "Tuiles détachées" (2004) explique cette décision, ainsi que plusieurs étapes importantes pour la formation de son style. Proche du surréalisme lors de son entrée en littérature, il s’en est éloigné.

Il a fondé et dirigé les revues "Fin de siècle" (avec Serge Sautreau, quatre numéros, 1974-1976) et "Aléa" (neuf numéros, 1981-1989). Il a également dirigé les collections "Détroits" chez Christian Bourgois (avec Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe) et "35-37" chez Hazan.

Docteur en philosophie, il enseigne à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, dont il dirige la publication Les Cahiers de l’École de Blois depuis 2003.
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Source : remue.net
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Lecture de Jean-Christophe Bailly : une création originale à partir d'une série de créations littéraires originales inspirées par les collections de la BIS. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé. Saison 4 : Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne", saison 1 : Pierre Bergounioux, Marianne Alphant, Arlette Farge et Eugène Durif paru en septembre 2018. Saison 2 : Jacques Rebotier, Marie Cosnay, Claudine Galea et Fanny Taillandier, à paraître septembre 2019. Saison 3 : Christian Prigent, Hubert Haddad, Laure Murat, Mona Ozouf

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Citations et extraits (147) Voir plus Ajouter une citation
LE VISIBLE EST LE CACHÉ

Chaque animal habite le réseau des apparences à sa façon, c’est-à-dire qu’il s’y cache. La cachette est la règle d’or de l’habitation du monde où, pourtant, tout finit par se voir.
[…]

Un territoire, c’est une aire où se poser, où chasser, où errer, où guetter – mais c’est aussi et peut-être premièrement une aire où l’on sait où et comment se cacher. C’est ce qui est si intensément et si scrupuleusement décrit dans « Le terrier » de Kafka.
Ne plus avoir la possibilité de se cacher, être soumis sans rémission à un régime de visibilité intégrale, c’est à cela que le zoo condamne les animaux qui y sont enfermés. La « cage » est le contraire absolu du territoire non seulement parce qu’elle ne comporte aucune possibilité de fuite et d’évasion, mais d’abord parce qu’elle interdit le libre passage de la visibilité à l’invisibilité, qui est comme la respiration même du vivant.
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Singes

Le plaisir qui vient des animaux
de leur existence
— du fait qu'ils existent —
vient d'abord de ce qu'ils ne sont pas comme nous
de ce qu'ils sont différents :
ce n'est pas seulement que nous partagions le monde
avec eux
avec d'autres êtres donc, qui le regardent et le traversent
qui y vivent et y meurent
c'est qu'ils vivent, auprès de nous ou loin de nous
chats ou chauve-souris
chiens ou tigres
ou singes
« dans d'autres mondes »

or entre tous les animaux le singe a cette particularité
on le sait bien
d'être de nous le plus proche
et ce statut de presque humain
d'humain non abouti, ou raté,
le prive de ce qu'il est
lui-même et pour lui-même
pas une « altérité » présentée sans fin et sans finesse aux hommes
comme un miroir déformant
mais une différence
un départ
pas « un » départ
mais des départs différents
des vies différentes, distinctes
selon les espèces
et les individus qui les composent

ainsi, au lieu de considérer tout ce qui chez le singe
s'approche
devrions-nous considérer tout ce qui chez lui
s'éloigne
ainsi, au lieu de prendre la mesure de ce qu'il sait
ou saurait faire
plus ou moins bien
plus ou moins comme nous
à savoir : compter, reconnaître des signes,
se regarder dans un miroir, se servir d'un outil, etc.
devrions-nous peut-être admirer tout ce qu'il fait
et que nous ne savons pas faire, pas faire du tout
tout ce qui de façon certaine constitue son langage et son monde
un monde de plaisirs et de peurs,
de bonds et de retraits
dont nous n'avons même pas idée
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SUR LE VIF

C’est l’été, la nuit, sur un petit port de Bretagne, à marée basse.
[…]
Tout est retenu et comme en attente, mais dans une attente étale, qui ne comporte ni impatience ni menace et où le silence, complet, évoque un très ancien souvenir que la Terre aurait d’elle-même. Là-dessus, exactement comme des notes sur une partition, mais des notes qui seraient mobiles et écriraient de petites arches éphémères, l’effraction d’un événement lumineux et sonore, qui se répète et dure un certain temps, comme une sorte de ballet aléatoire : ce sont de très petits poissons qui sautent ici et là, dans un périmètre pourtant circonscrit, y formant le dessin recommencé de légères trajectoires argentées griffant à peine l’étendue, mais en tous sens. L’accompagnement sonore est celui de ces plongeons filants, rapides, qui éclaboussent à peine. Au bout de quelques minutes tout s’éclipse, il n’y a plus rien.
Ici, rien, aucun contact, seulement le spectacle, lointain, d’une agitation nocturne éphémère, un passage d’êtres qui ne configure pour nous aucune espèce de familiarité ou de connivence, même furtives. Et pourtant, ce que l’on éprouve alors, c’est une joie, mais elle est difficile à décrire : en effet, si d’un côté on peine à la relier à l’affect, on résiste en même temps à la caractériser de façon strictement esthétique, là où, pourtant, son efficace a été très grande, tant sur le plan plastique que sur le plan sonore. Mais alors si ce spectacle nous émeut, à quoi, à quels ressorts s’adresse-t-il en nous depuis sa lointaine objectivité ? Je crois que l’on peut répondre en disant que ce qui se déploie devant nous, alors, c’est le vivant comme tel […] Rien d’exceptionnel sans doute (même si rien ne s’est passé le lendemain lorsque nous sommes revenus sur les lieux dans l’espoir que le phénomène se reproduise), mais dans ce très peu et dans cet effleurement, dans cette danse, un affleurement de l’existence à elle-même, une production d’intensité, un avènement suspendu hors de toute intention, comme une simple effervescence, ou un tourbillon : un remous, mais qui a lieu hors de nous, et qui, n’échangeant rien avec nous, advient, donnant simplement consistance à la vie, mais selon sa vivacité, sa fraîcheur, son endurance.
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Avec la quête de la nourriture, les actes de la reproductions sexuée constituent l'autre grande contraction vitale du monde animal et, par conséquent, l'autre grand terrain sur lequel la vision qui tend à réduire ce monde à la seule mesure de l'instinct a pu prospérer. Pourtant, pas plus que chez les humains la sexualité ne s'épuise, chez les animaux, dans la ligne droite et "instinctive" du coït. Si toutefois quelque chose comme la sexualité animale existe : ici plus qu'ailleurs encore, en effet, il faut tenir compte de l'extravagante diversité des formes et des modes d'existence et compter avec des écarts phénoménaux d'une espèce à une autre, pour autant que leurs comportements nous soient connus, ce qui est loin d'être le cas pour bon nombre d'entre elles. Mais pour ce que nous pouvons en apercevoir, le comportement des animaux désirants, de bien d'entre eux en tout cas, et très divers, loin de se réduire à une pure fascination ou stupeur, en passe par des rituels complexes, par des procédures élaborées d'approche et de séduction, par des rivalités. De la parade à l'offrande et de la caresse au combat, la geste amoureuse des bêtes semble être tramée elle aussi par le jeu et par l'épopée.
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Or ce qui m'est arrivé cette nuit-là et qui sur l'instant m'a ému jusqu'aux larmes, c'était à la fois comme une pensée et comme une preuve, c'était la pensée qu'il n'y a pas de règne, ni de l'homme ni de la bête, mais seulement des passages, des souverainetés furtives, des occasions, des fuites, des rencontres. Le chevreuil était dans sa nuit et moi dans la mienne et nous y étions seuls l'un et l'autre. Mais dans l'intervalle de cette poursuite, ce que j'avais touché, justement, j'en suis sûr, c'était cette autre nuit, cette nuit sienne venue à moi non pas versée mais accordée un instant, cet instant donc qui donnait sur un autre monde. Une vision, rien qu'une vision - le "pur jailli" d'une bête hors des taillis - mais plus nette qu'aucune pensée.
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Peu de temps après qu'elles furent redécouvertes et dégagées lors du percement de la rue Monge, il fut question de détruire les arènes de Lutèce pour installer à leur place un dépôt de tramway. Victor Hugo, alerté, adressa alors le 27 juillet 1883 une lettre au président du conseil municipal en le pressant vivement de sauver ces rares vestiges. Il le fit avec l'autorité qui était la sienne vers la fin de sa vie et avec sa force rhétorique habituelle, qui ne dédaignait pas une certaine simplification : "Il n'est pas possible que Paris, la ville de l'avenir, renonce à la preuve vivante qu'elle a été la ville du passé. Le passé amène l'avenir. Les arènes sont l'antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. Le conseil municipal qui les détruirait se détruirait en quelque sorte lui-même." Mais par-delà la tribune, la leçon - qui porta - est juste, et elle l'est d'autant plus si l'on pense à ce havre de paix que sont aujourd'hui les arènes, utilisées comme terrain de jeux par les habitants du quartier, et où l'absence de toute mise en scène solennelle a justement pour effet de libérer la rêverie. Le passé n'entonne pas forcément des hymnes, il chantonnerait plutôt, mais c'est là quelque chose de fragile que la patrimonialisation, aussi efficacement qu'un bulldozer, anéantit. (p. 131-132)

Un prodigieux millefeuille
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Quand on admire un bâtiment, ou une rue, on est devant l'effectivité d'un "avoir eu lieu" qui se prolonge sous nos yeux, mais les espaces construits les plus émouvants sont ceux où le rêve qui les souleva et leur donna forme continue d'agir. (p. 128)

Un prodigieux millefeuille
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AIDEZ-MOI...


Aidez-moi
À lever le bras droit
Pour faire signe
et murmurer
qu'il y a du vent
sous la peau.
Une horde est blessée
dans l'avant-dernière rue,
la pluie gerce,
le murmure n'achève rien,
le silence dans lequel je
lève le bras droit et je l'agite
est terrible :
en lui toutes les voix
étranglées se rassemblent
et forment une cible absente.
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Comme à chaque fois que l'on entre sur ce terrain, la menace du voeu pieux se fait sentir et serre de près les phrases comme une mendiante, mais ce que je veux dire, à la fin de ce livre, est simple : c'est qu'il faut sortir l'identité du carcan du national (et de tous les autres carcans, à commencer par ceux des religions) et en faire le principe actif d'un passage disséminé, qui serait celui d'une république à venir. C'est à ce prix seulement, dans l'espace d'une redistribution simple et audacieuse, que la valence nationale (que l'on pourrait définir comme un accord entre les êtres et leur monde) pourra se retrouver, non comme une citadelle ouvrant ses portes à quelques élus, mais comme une aire d'expérimentations
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La petite Istambul côtoyée par des Serbes, les boutiques de confection sépharades succédant dans la rue du Château d'eau à la double haie bruyante et joyeuse des salons de coiffure blacks (où toujours, autour des clients et de ceux qui en effet les coiffent toute une foule de village s'amoncelle palabrante) encadrant elle-même jusqu'à hier un pâtissier au millefeuille renommé qui vient d'être remplacé par un spécialiste des macarons, des Chinois bien sûr en nombre et des Pakistanais, l'entier couloir de restaurants indiens du passage Brady avec Ganesh dans tous ses états, le fond maghrébin présent comme partout avec une forte marque kabyle voire chleuh, j'en oublie forcément, les Portugais par exemple, monde ou mondes auxquels il convient d'ajouter bien sûr les Français, présents tout autrement que comme un reste et représentés d'abord, du côté des boutiques, par une importante délégation auvergnate mais, du côté des passants que l'on croise, venant pour une part du peuple et pour l'autre de la petite bourgeoisie jeune et branchée (dans une proportion toutefois insuffisante pour affecter profondément la vie du quartier), plus des indépendants, peu assignables à telle catégorie, telle est la composition, extraordinairement mouvante, des environs des portes Saint-Martin et Saint-Denis où tout le monde ignore superbement la grande inscription LUDOVICO MAGNO pourtant repassée à l'or, et où personne ne se soucie du fait que juste sous la porte Saint-Denis, à l'entrée du faubourg, le Petit Pot Saint-Denis eut autrefois pour client régulier Gérard de Nerval qui venait y boire de l'alcool de poire. 
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