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Note moyenne 3.9 /5 (sur 441 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Brive-la-Gaillarde , le 25/05/1949
Biographie :

Pierre Bergounioux est un écrivain français.

Ancien élève de l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, à l'occasion critique littéraire, il est aussi sculpteur, professeur de lettres et militant de gauche.

Après avoir passé l'essentiel de sa carrière en collège, Pierre Bergounioux dispense depuis 2007 des cours sur l'histoire de la création littéraire aux Beaux-Arts de Paris.

Pierre Bergounioux a mené une réflexion sur l'école dans un livre d'entretiens paru en octobre 2006, ironiquement intitulé "École : mission accomplie".

Lauréat du Prix Alain-Fournier 1986 pour "Ce pas et le suivant", il est aussi lauréat du grand prix de littérature de la SGDL 2002 et du Prix Roger Caillois 2009 pour l'ensemble de son œuvre.

Pierre Bergounioux tient son propre rôle dans le film "Notre musique" (2004) de Jean-Luc Godard.

En 2013, Henry Colomer lui consacre un film intitulé Vies métalliques, et sous-titré "Rencontres avec Pierre Bergounioux", témoignage sur la créativité plastique de l'écrivain.

Il est le frère de l'écrivain et linguiste Gabriel Bergounioux (1954).
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Lecture de Jacques Rebotier : une création originale inspirée par un livre de 1601, relié vélin, Symbola divina et humana de Jacques Typoets et Anselme de Boodt, que Jacques Rebotier, 39 ans après l'avoir emprunté, a rendu à la BIS le soir de la lecture en public de son texte, donnant tout son sens à la notion de "restitution". Une série de créations littéraires originales inspirées par les collections de la BIS. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé. Saison 2 : Jacques Rebotier (27 mars 2018), Marie Cosnay (15 mai 2018), Claudine Galea (5 juin 2018), Fanny Taillandier (4 décembre 2018). Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne": * saison 1 : Pierre Bergounioux, Marianne Alphant, Arlette Farge et Eugène Durif paru en septembre 2018. * saison 2 : Jacques Rebotier, Marie Cosnay, Claudine Galea et Fanny Taillandier, paru en septembre 2019. * saison 3 : Hubert Haddad, Line Amselem, Christian Prigent, Mona Ozouf, Laure Murat, publication prévue en septembre 2020

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Citations et extraits (261) Voir plus Ajouter une citation
Eric76   05 septembre 2017
La fin du monde en avançant de Pierre Bergounioux
Les tendances majeures de ce temps sont à l'abstraction, à la dématérialisation. Le travail a définitivement perdu sa dimension utilitaire. On échange des produits tarifés sur le marché global, dominé par des groupes qui conditionnent la demande à laquelle ils s'offrent à répondre. Les zones imprécises, marginales, personnelles où l'on avait le loisir de se réfugier après avoir fourni sa quote-part de labeur socialement utile, sont quadrillées, investies par d'autres groupes - à moins que ce ne soient les mêmes - qui proposent la musique en boîte, des séries télévisées, des films à grand spectacle et effets spéciaux qui parachèvent la mainmise sur les rêves et la pensée du capital financier multinational.

La généralisation des rapports abstraits s'est comme incarnée dans le décor. D'abord dans les grandes masses, avec les villes nouvelles et autres ZUP des années soixante et soixante-dix, les barres, les tours aux allures de boites de Kleenex jetées en plein champ avec, pour centre d'échange, la supérette, le bistrot PMU et la pharmacie posée sur la dalle. Et comme la vie et le travail se trouvaient dissociés, on a tiré au cordeau des voies rapides remparées de glissières en acier zingué, connectées au moyen d'échangeurs et de rocades où il vaut mieux éviter de se tromper parce qu'il n'est plus question de faire demi-tour et de recommencer. Le droit à l'hésitation, le goût ténu de la liberté ont disparu de la circulation.

Elle a pris la fixité d'un destin où il me semble reconnaître, lorsque je me hasarde sur les autoroutes de ceinture, l'esprit désastreux du présent.
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Pierre Bergounioux
milamirage   28 juillet 2016
Pierre Bergounioux
L'adulte qu'on devient s'est vu confier la tâche d'édifier, d'apaiser l'enfant qu'il avait été et qui n'avait pas compris, lorsque c'était le moment, de quoi il retournait.

[citation d'ouverture du roman de Dominique Ané, "Regarder l'océan"]
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Christw   12 août 2012
Jusqu'à Faulkner de Pierre Bergounioux
Le reflet qu'on découvre aux pages des livres, quelque imparfait qu'il soit, peut passer pour la réalité. Lire n'est pas une opération neutre, l'enregistrement passif d'un fait préconstitué. Nous projetons notre expérience dans l'image qui naît des caractères imprimés. Nous contribuons dans une mesure décisive à l'évènement très particulier qui mêle des personnages fictifs aux êtres de chair parmi lesquels nos jours se passent, des objets impalpables à ceux, solides, palpables qui mêlent l'espace. Nous corrigeons à notre insu, les approximations ou les lacunes de la narration. D'une indication succincte, d'un nom, d'une simple initiale, K, nous tirons quelque chose, quelqu'un dont la destinée peut nous intéresser au même degré que celle d'un objet matériel, d'une personne vivante. Le travail irréfléchi, correcteur, créateur de la lecture peut s'accomoder d'un matériau médiocre, rectifier l'imperfection des éléments qui ous sont livrés, sur le papier. Ainsi notre vie s'étendra-t-elle au-delà des limites, situées et datées, où elle est cantonnée. C'est miracle qu'une poignée de mots enfermés dans les pages d'un livre contiennent, comme des graines dans un sachet, la promesse d'univers foisonnants, colorés, si persuasifs et détaillés qu'ils rivalisent avec celui que nous habitons à l'enseigne de la réalité.
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YANCOU   08 mai 2021
Russe de Pierre Bergounioux
"Un trait distingue les écrivains russes de leurs homologues occidentaux. C'est le péril qu'ils encourent à simplement dire ce qui est. C'est une histoire de femme qui a causé la mort de Pouchkine mais c'est le despotisme qui vaut à Dostoïevski de se retrouver devant un peloton d'exécution et on est encore pris de dégoût devant le procédé qui consiste à dépêcher, lorsque l'officier va commander le feu, un messager porteur de la grâce du Tsar."
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Pierre Bergounioux
art-bsurde   15 décembre 2014
Pierre Bergounioux
La mémoire est un lieu magique où coexistent jadis et maintenant, l'absence et la proximité, la cause et l'effet, les vivants et les morts. Par elle, les êtres sans ubiquité, sans longévité que nous sommes tiennent ensemble tous les moments, tous les lieux, s'élèvent, un instant, au dessus d'eux-mêmes.
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fanfanouche24   22 octobre 2016
Carnet de notes 1980-1990 de Pierre Bergounioux
Di 21.12.1980



(...)S'il n' y a ni repos ni cesse à escompter du désir de savoir, c'est qu'il n'y a point de terme à la connaissance. Je continue à lire avec la même avidité, la même tremblante fureur. (p. 9)
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jcfvc   27 octobre 2009
Miette de Pierre Bergounioux
.../... C’était dans la grande cuisine, le soir du jour de septembre 1978 où Berthe fut enterrée, auprès de son époux, dans la Xaintrie, à cinquante kilomètres de là. Nous étions rentrés et nous commencions à essayer d’admettre qu’elle n’était plus avec nous, que ce serait pareil le lendemain et le surlendemain et après, encore, toujours. Quelqu’un a passé dans le bureau d’où il a rapporté une boîte en carton. Elle contenait, outre quelques images de Berthe appartenant à Jeanne, les photos de ceux qui avaient vécu ici et dont beaucoup avaient disparu. .../...

Ce qui a surgi, une seconde, de la boîte, celle que j’ai vue, assise, dans une robe, sous la lumière d’un autre âge, c’est celle qui se trouvait à côté de moi, dans la clarté vive de septembre alors que ça ne se pouvait pas. C’était maintenant, l’été, encore, et non plus la saison bistre, l’automne roux, arrêté d’où semblent nous regarder ceux qui ont vécu, posé au commencement de ce siècle. .../...

On m’a dit son nom, Miette, qui est un diminutif de Marie, et ce qu’elle était. Le reste, je l’aurais deviné tout seul : non seulement la place qu’elle avait occupée dans la procession des âges, avec trois de ses enfants autour d’elle et le dernier, Adrien, sur ses genoux, qui peut avoir un an et permet de dater la photo – 1910 –, mais de quelle manière, cette place, elle l’avait occupée. J’ai rarement vu femme survivre à cette époque, à ses modes, à son éternel crépuscule. Ce qui nous est parvenu, d’elles, ce sont d’informes paquets de linge dans une clarté louche, encombrée de branches peintes, de

colonnes et de draperies, de pauvres visages écrasés sous d’informes chapeaux armés de pinces et d’épingles. Elle si, tout entière. Elle est belle, singulièrement, mais la beauté aurait succombé au débordement d’étoffes, aux prothèses, à l’oppression qui accablent la moitié de l’humanité d’alors. Ce n’est pas sa longue robe sombre, très simple, ni le fin collier d’or qu’elle porte qui la magnifient, assise, tenant Adrien, avec Lucie, Baptiste et Octavie autour d’elle. C’est le contraire, la force d’âme, la résolution qu’elle a eues, qu’elle incarna qui, littéralement, l’emportent au-delà d’elle-même et l’élèvent dans la grande temporalité.

Elle mourut dans sa quatre-vingt-onzième année, à l’automne précédent le printemps où je vins officiellement et qu’il faisait beau, presque chaud, déjà, sur les hauteurs. J’ai recueilli, au hasard des conversations, des traits épars que l’image d’elle la montrant pour ce qu’elle fut, farouche et glorieuse, fondit en un bloc solide, sans faille, de détermination. Sa présence, pour être moins saillante que celle d’Adrien ou de Baptiste, avec leurs emblèmes respectifs, les assemblages savants, les écrous sur rondelle ou bien les clous, les térébrantes ferrailles, est d’autant plus manifeste qu’elle touche à des domaines nombreux et parfois inattendus. C’est qu’elle a tissé les couvertures de laine empilées dans les armoires que son grand-père avait lancées, comme des vaisseaux, vers l’éternité, rassemblé dans des caisses les débris métalliques, outils rompus, coins brisés, maillons de chaînes, serrures cassées, cercles de barriques, fragments de fonte, pointes, gonds et pentures, anneaux, tubes, éperons, boucles de ceintures, boutons hémi-sphériques des vareuses militaires, casseroles, clés. Elle badigeonnait tous les ans à l’huile de vidange les herses, charrues et cultivateurs qui ne serviraient plus, récupérait le moindre brin de fil, des morceaux d’étoffe pas plus grands

que des rustines avec lesquels elle ravaudait ses chaussons, au point que ceux-ci, m’a-t-on dit, ressemblaient, à la fin, au navire des Argonautes. Sa forme, seule, en attestait l’identité après que toutes les planches de sa coque eurent été progressivement remplacées. Dans un coin du grenier, elle avait serré la quenouille, le rouet, le gros peigne à carder qu’elle utilisa jusqu’à ce que la résiliation du bail de fermage la privât du ballot de laine qu’elle touchait aux termes du contrat. Quand ses yeux ne lui permirent plus les travaux d’aiguille, elle se mit à tresser des paniers avec l’osier d’un saule venu à l’angle du grand pré déclive, celui qui se relève à cent kilomètres de distance pour former les monts du Cantal. Elle en fit en si grand nombre que beaucoup sont restés sans emploi et tombent en poussière, accrochés à des clous. Des boîtes de conserve, près du rouet, contenaient les coiffes d’étain de bouteilles de vin. Je suppose qu’il n’en manquait pas une, qu’on aurait pu calculer, au litre près, la quantité de vin bouché versé entre 1901 qu’elle arriva de Rouffiat, à trois kilomètres, et l’automne de 1970. Les métaux non ferreux, le plomb des vieilles canalisations, le cuivre des robinets sont entreposés, séparément, dans d’autres caisses. Des carreaux, dont la plupart sont cassés, s’appuient contre le mur, près des anciens poêles. La théorie complète des postes de radio s’échelonne sur une étagère emmaillotée de fil de fer, au-dessus du tub en zinc et du berceau de cerisier.

Les habits qu’on portait, pour peu qu’ils fussent encore portables, pendent à des cintres. En dessous, des chaussures racornies sont bourrées de journaux qui parlent du Front Populaire, de Stalingrad et du président Coty. Elle exprimait jusqu’à la dernière goutte l’utilité enclose dans les plus petites bribes. Epluchures et fanes passaient aux lapins, les miettes aux poules qui complétaient comme elles pouvaient cet

ordinaire spartiate. Elle s’entendait à tirer parti des légumes avariés, des fruits gâtés aussi longtemps qu’ils ne l’étaient pas en totalité.

Je suppose que c’est elle ou simplement cela, cette disposition qui, jointe, soudée à d’autres, l’avait faite telle, que j’ai surprise, un jour insolite de fin octobre où j’étais revenu, vite, pour prendre du bois.

Miette, Gallimard,
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pyrouette   05 janvier 2018
En route de Pierre Bergounioux
Il y a trois heures qu'on roule, tendu vers la destination finale, et la vie semble ici, plus qu'ailleurs, baignée d'une lenteur, d'une aménite qu'on croit se rappeler. On a connu tout au début, cette paix de ne rien savoir ni vouloir qui ne soit facile, accessible.
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AgatheD   11 août 2017
Miette de Pierre Bergounioux
Mais parmi les papiers et les livres serrés dans la bibliothèque en chêne du bureau, il y a la deuxième édition de l'ouvrage que Marius Vazeilles, un ingénieur forestier, consacra dès 1917 à la mise en valeur du plateau de Millevaches. En 1931, date de la réimpression, Baptiste a 27 ans. Il peut lire, à la première page du chapitre 1, que le revenu annuel net d'un hectare de bruyère, quand elle est conservée par les moutons, ne dépasse pas 20 francs. Boisé, le même hectare en rapporte deux cent cinquante.
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AgatheD   30 juillet 2017
Miette de Pierre Bergounioux
En fait,ils étaient beaucoup plus petits que nous. C'est écrit. On a les livrets militaires, avec leur portrait enlevé dans le style de l'identité judiciaire : " Front bombé, nez court, yeux clairs, menton à fossette, taille : 1,61 m." Il reste, au grenier, des brodequins racornis semblables à des rondins de chêne qu'un gamin de treize ans chausserait avec peine, des bois de lit , en vrai chêne, où l'on ne tiendrait plus. On aurait la tête en porte à faux et les pieds dehors.
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