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Note moyenne 3.96 /5 (sur 40 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 8/04/1926
Mort(e) à : Toulon , le 27/09/2014
Biographie :

Jean-Jacques Pauvert est un éditeur français.

En 1945, il publia ses premiers livres sous l’enseigne des Éditions du Palimugre : Montherlant et le marquis de Sade, dont la publication des Œuvres complètes, de 1953 à 1970, lui valut un procès retentissant auquel s’ajouta le scandale de la publication d’Histoire d’O en 1954.

Cocteau et Genet furent inscrits au catalogue de la maison qui devint les Éditions Jean-Jacques Pauvert en 1948.

Les publications de la maison reflétaient l’esprit de découverte de son fondateur qui, outre la célèbre collection « Libertés » dirigée par Jean-François Revel, publia les surréalistes (Breton principalement), des auteurs classiques (les œuvres complètes de Victor Hugo), des livres d’art ou des ouvrages humoristiques. En 1971, L’Épervier de Maheux de Jean Carrière obtint le prix Goncourt, puis la maison d’édition, victime de déboires financiers, fut absorbée par Hachette en 1973.

Jean-Jacques Pauvert a renouvelé l'édition française par la réédition d'œuvres oubliées, proscrites ou considérées comme marginales. Il a surtout eu l'audace d'être le premier éditeur à publier Sade sous son nom. Jusqu'alors, cette œuvre était diffusée anonymement sous le manteau. Par ailleurs, il a rafraîchi l'aspect du livre en faisant appel à des maquettistes de talent qui ont innové le format autant que la présentation.

Fin lecteur, il a aussi découvert de nouveaux talents qui ont connu un immense succès de librairie : Albertine Sarrazin, Hortense Dufour, Françoise Lefèvre, Brigitte Lozerec'h, Mario Mercier.
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Source : Wikipédia et IMEC
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Jean-Jacques Pauvert présente "Métamorphose du sentiment érotique".
Citations et extraits (6) Ajouter une citation
Jean-Jacques Pauvert
carre   28 septembre 2014
Jean-Jacques Pauvert
Editeur, je n'ai jamais cessé de l'être, jusqu'à ces dernières années. C'est un métier qui se perpétue... jusqu'à la fin !

Nouvel Obs 2013
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24   29 septembre 2014
La Traversée du livre : Mémoires de Jean-Jacques Pauvert
En ce lundi 29 septembre 2014, je viens de lire, avec tristesse, dans la revue professionnelle, "Livres-Hebdo", l'annonce du décès du libraire -éditeur, Jean-Jacques Pauvert......



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[Livres-Hebdo-Vincy Thomas, le 28.09.2014 à 14h17 (mis à jour le 28.09.2014 à 19h13)]

Jean-Jacques Pauvert est mort



Jean-Jacques Pauvert

On lui doit la reconnaissance de Sade comme écrivain, l'audace d'avoir publié l'oeuvre intégrale du Marquis et Histoire d'O. Cet éditeur atypique et franc-tireur est décédé samedi 27 septembre à 88 ans.

L’éditeur et écrivain Jean-Jacques Pauvert est mort samedi 27 septembre à Toulon, à l’âge de 88 ans, a annoncé sa fille Camille Deforges. L’éditeur avait été victime d’un AVC, le troisième, en août dernier, a-t-elle ajouté.



Le plus jeune éditeur de France



Né le 8 avril 1926, dans le quartier parisien de Montmartre, Jean-Jacques Pauvert fut le premier dans l’histoire de l’édition à oser publier intégralement Sade de 1947 à 1955. Il est également connu pour avoir édité le roman érotique Histoire d’O en 1954. «Mon père était un très grand éditeur, un défenseur des libertés contre toute forme de censure, comme ma mère, ils étaient des êtres libres», a déclaré Camille Deforges.



En 1945, à l’âge de 19 ans, il fonde une maison d’édition et une librairie, Le Palimugre. «Je crois que j’ai été le plus jeune éditeur de France», dira-t-il. Deux ans plus tard, Jean-Jacques Pauvert publie intégralement Sade, auteur interdit à l’époque. Il avait découvert les Cent vingt journées de Sodome dans une collection hors-commerce durant la deuxième guerre mondiale. Critiques et libraires refusent les ouvrages.





Sade et la censure



Sur sa publication, il met son nom et son adresse sur les couvertures des livres, ce qui l’entraînera dans un procès très médiatique durant de longues années. Pauvert est alors suspendu de ses droits civiques. Cet « éditeur malgré lui » tel qu’il se définissait, a contribué au recul de la censure en France. Sade est reconnu comme écrivain par la cour d’appel en 1958 et s’oppose à la destruction des livres. Un tiers du chapitre consacré à la censure dans l’ouvrage de référence L’édition française depuis 1945 se rapporte à lui.



A l’occasion du 200ème anniversaire de la mort du Marquis de Sade, célébré en décembre prochain, Le Tripode a publié il y a un an Sade vivant, biographie rédigée par Jean-Jacques Pauvert et parue en trois volumes aux éditions Robert Laffont entre 1986 et 1990.



Histoire d’O et le scandale



En 1954, il publie Histoire d’O. La première année est, pour la carrière du livre, une «catastrophe». Il faudra deux décennies pour l’écouler. Seuls les juges s’y intéressent. Le livre est interdit aux mineurs. Albert Camus lui répète : «jamais une femme ne pourrait imaginer des choses pareilles!». Il avait récupéré le manuscrit auprès d’un autre éditeur contre un chèque sans provisions de 100000 francs.

Ce cancre est entré chez Gallimard en 1941, grâce à son père journaliste, comme apprenti-vendeur, avant de vivre une carrière tumultueuse, jonchée de procès contre «les lois absurdes qui, depuis 1945, font l’armature de la censure française». À la fin des années 60, il est le patron d’une importante maison, puis d’une deuxième, puis d’une librairie qui vend par correspondance dans le monde entier.



De Vian à Breton



Entre temps, La Palimugre devient les éditions Jean-Jacques Pauvert, qui seront reprises intégralement par Hachette en 1979. Durant ces années, «JJP» relance la carrière d’un auteur qu’on ne lisait guère, Boris Vian, ressuscite aussi Raymond Roussel, édite Sartre, Malraux, Aymé, Gide, Queneau puis André Hardellet ou Albertine Sarrazin. Il sort Georges Bataille de la clandestinité et devient le dernier éditeur d’André Breton (Manifestes du surréalisme). En 1972, alors que sa société souffre financièrement, l'un de ses auteurs Jean Carrière obtient le Goncourt pour son roman L’épervier de Maheux.

Parallèlement, il a lancé de surprenantes maquettes de livres et une nouvelle édition du Littré, alors tombée dans le domaine public, renommée Littré-Pauvert. Avec Jean-François Revel, il créée la collection « Libertés ». Il reprend à l’éditeur Eric Losfeld la revue Bizarre. C’est lui aussi qui incite Régine Deforges à créer sa maison d’édition. «Je crois avoir été un bon commerçant, oui. Quelques fois avec un peu d’avance évidemment», avait-il confié dans une interview. Il n’a jamais cessé de faire son métier : « Editeur, je n'ai jamais cessé de l'être, jusqu'à ces dernières années. C'est un métier qui se perpétue... jusqu'à la fin ! » affirmait-il en 2013 au Nouvel Observateur.



L’érotisme en fil conducteur



Il avait raconté ses nombreux faits d’armes éditoriaux dans ses mémoires, dont le premier tome, qui s’arrête en 1968, La traversée du livre, fut publié il y a 10 ans chez Viviane Hamy. Le second tome en projet n’a pas été publié.



« (…)Amoureux physiquement du livre, gros lecteur, bibliophile, ce défenseur de la liberté et éditeur atypique était aussi un auteur prolifique. En tant qu’écrivain, on lui doit notamment l’Anthologue historique des lectures érotiques de l’Antiquité à nos jours, œuvre en cinq volumes parue chez Stock entre 1979 et 2001. Plus récemment, Jean-Claude Lattès a publié Métamorphose du sentiment érotique et La Musardine Mes lectures amoureuses. Sa correspondance épistolaire avec Guy Debord, dont il a dirigé la réédition des œuvres chez Gallimard au début des années 1990, est parue dans Correspondance, volume 7 chez Fayard en 2008.



Toujours un peu à l’écart du secteur du livre, il se désolait souvent de l’industrialisation du secteur : « Non, ce n'est pas l'édition qui est malade, ce sont les éditeurs. Jamais les livres ne se sont si bien vendus, et ils se vendraient deux fois mieux encore, si on ne publiait pas n'importe quoi » disait-il dans un entretien à Candide.



Pour lui livre était sacré. Au début de ses Mémoires, il lançait : « "travailler dans le livre", qu'est-ce à dire ? Les livres, c'est un monde à part. Un monde de fête, un monde secret. » (…)

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nadiouchka   01 avril 2018
Anthologie historique des lectures érotiques de Jean-Jacques Pauvert
- Parlons d'autre chose, si vous voulez bien.

- Soit. Alors, l'amour ?

- Il faut à tout prix s'en débarrasser, et d'ailleurs dans les années qui viennent on ne le fera plus.

- Et pour quelles raisons ?

- Eh bien, parce que l'amour est complètement démodé. Dame, il y a, de nos jours, d'autres moyens pour accéder au bonheur. A l'heure du thermonucléaire, le coût néanderthalien est dépassé et, il faut le dire nocif, car joint à l'inhalation d'une atmosphère polluée, il est cancérigène.

Régis Jauffret

Entretien avec madame Caillot, voyante, in Tel quel, 6 décembre 1979.
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fanfanouche24   31 octobre 2013
La Traversée du livre : Mémoires de Jean-Jacques Pauvert
Et puis," travailler dans le livre", qu'est-ce à dire ? Les livres, c'est un monde à part. Un monde de fête. un monde secret. (p.7)
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steka   28 octobre 2019
Sade vivant de Jean-Jacques Pauvert
Le gouverneur (de la Bastille) de Launay à M. Villedeuil, ministre d’État, 2 juillet 1789 :

"J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'ayant été obligé hier, à cause des circonstances actuelles, de suspendre la promenade sur les tours que vous aviez eu la bonté d'accorder au compte de Sade, il s'est mis hier midi à sa fenêtre, et a crié de toutes ses forces, et a été entendu de tout le voisinage et des passants, qu'on égorgeait les prisonniers de la Bastille, et qu'il fallait venir à leur secours. Il a récidivé ses cris et ses plaintes bruyants. Il est tel moment où cet homme serait très dangereux à avoir, et où il nuirait au bien du service. Je crois devoir vous représenter, Monseigneur, qu'il serait bien nécessaire de transférer ce prisonnier à Charenton ou dans quelque maison de ce genre, où il ne pourrait pas troubler l'ordre, comme il le fait ici sans cesse.
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nadiouchka   02 avril 2018
Anthologie historique des lectures érotiques de Jean-Jacques Pauvert
Les gestes de l’amour se modifient plus qu’on ne veut bien le dire… L’amour moderne n’est pas une fiction, et la moindre différence entre le passé et le présent creuse un abîme aussi considérable que celui qui sépare les formes, cependant proches, de l’amour des fougères et de celui des hommes.

Robert Desnos.

De l’érotisme.
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