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4.09/5 (sur 138 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Monaco , le 24/08/1916
Mort(e) à : Castellina in Chianti (Toscane) , le 14/07/1993
Biographie :

Poète, musicien et chanteur franco-monégasque. Auteur-compositeur-interprète d'expression française, ayant réalisé plus d'une quarantaine d'albums originaux.
Ferré est considéré comme un poète marquant de la deuxième moitié du XXe siècle, avec une expression riche et profonde, où l'influence du surréalisme se fait sentir notamment dans la deuxième moitié de l'œuvre enregistrée. Il utilise un vocabulaire étendu, des champs lexicaux récurrents plutôt inattendus par rapport aux sujets choisis, il joue avec la connotation usuelle des mots, forge des néologismes, crée des images complexes s'engendrant les unes les autres, avec de nombreux changements de registre et de rythme ; l'inter texte littéraire y est abondant, le sens rarement univoque.

En tant qu'écrivain, il a abordé - en les subvertissant à des degrés divers - le récit d'enfance (Benoît Misère), le genre épistolaire (Lettres non postées), le texte de réflexion (L'anarchie est la formulation politique du désespoir, Technique de l'exil, Introduction à la folie), le portrait, voire l'autoportrait (préfaces à Verlaine et à Caussimon).
Il s'est frotté au théâtre (L'Opéra des rats), il a publié des recueils (Poètes... vos papiers !, Testament phonographe) et composé de vastes poèmes ouvragés (La Mémoire et la Mer, Le Chemin d'enfer, Perdrigal/Le Loup, Death... Death... Death..., Métamec).

Il décède le 14 juillet 1993 à l'âge de 76 ans. Léo Ferré est inhumé au cimetière de Monaco.


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Léo Ferré
C’est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu’un jour ou l’autre nous prend l’envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l’intelligence. C’en est aussi une maladie qui nous mène à la solitude."
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Léo Ferré
Le bonheur ça n'est pas grand-chose...
C'est du chagrin qui se repose
Alors
Il ne faut pas le réveiller

https://www.paroles-musique.com/paroles-Leo_Ferre-Le_Bonheur-lyrics,p11215
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Léo Ferré
T' es toute nue sous ton pull, y'a la rue qu' est maboule, jolie môme
T' as ton cœur à ton cou et l' bonheur par en d'ssous, jolie môme
T' as l' rimmel qui fout l' camp, c'est l' dégel des amants, jolie môme
Ta prairie, ça sent bon, fais-en don aux amis, jolie môme

T' es qu'un' fleur du printemps qui s' fout d' l'heure et du temps
T' es qu'un' rose éclatée que l'on pose à côté, jolie môme
T' es qu'un brin de soleil dans l' chagrin du réveil
T' es qu'un' vamp qu'on éteint comme une lampe au matin, jolie môme

Tes baisers sont pointus comme un accent aigu, jolie môme
Tes p'tits seins sont du jour, à la coque, à l'amour, jolie môme
Ta barrière de frou-frous, faut s' la faire mais c'est doux, jolie môme
Ta violette est l' violon qu'on violente et c'est bon, jolie môme

T' es qu'une fleur de passe- temps qui s' fout d' l'heure et du temps
T' es qu'une étoile d'amour qu'on entoile aux beaux jours, jolie môme
T' es qu'un point sur les " i " du chagrin, de la vie
Et qu'une chose de la vie qu'on arrose, qu'on oublie, jolie môme

T' as qu'une paire de mirettes au poker des conquêtes, jolie môme
T' as qu'une rime au bonheur, faut qu' ça rime ou qu' ça pleure, jolie môme
T' as qu'une source au milieu qu' éclabousse du Bon Dieu, jolie môme
T' as qu'une porte en voile blanc que l'on pousse en chantant, jolie môme

T' es qu'une pauvre petite fleur qu'on guimauve et qui meurt
T' es qu'une femme à r'passer quand son âme est froissée, jolie môme
T' es qu'un' feuille de l'automne qu'on effeuille, monotone
T' es qu'une joie en allée, viens chez moi la r'trouver, jolie môme

T' es toute nue sous ton pull, y'a la rue qu' est maboule, JOLIE MôME
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Léo Ferré
Je suis gentil avec tout le monde, celui qui dit le contraire je lui foutrai mon poing dans la gueule…
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Léo Ferré
C'est un désespoir qui n'a pas les moyens, la mélancolie.
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Léo Ferré
Lettre à la mer.

En Bretagne, le 20 août 1957

J'ai vite fait cette nuit, avec la route qui m'arrivait dans les yeux comme un ciné d'asphalte, j'ai vite fait pour te revoir. L'Aube n'en finissait pas de baîller dans son plumard d'ouate fusain et cette radio allemande qui essorait sur mister Hertz la musique du plan Marschall ! C'était Francfort, je crois, où tu n'es jamais allée, ni moi non plus. Entre deux cris de saxophone j'imaginais Paul Valéry et ses oeillades à ton museau d'éternité, je pensais aussi à la philosophie perverse du homard réclamant son visa pour l'Amérique et se délestant subito de sa carcasse pour finir tout mou et minable dans une gueule à la française. Vrai, la mue de ce pauvre homard dans ce casier, l'année dernière, entre deux gammes, ça n'est pas une des moindres de mes découvertes, sous tes jupons de varech, quand tu foutais le camp là-bas reprendre un peu de sang à la lune... Tu es une galvaudeuse, la mer, et je t'adore.

Moi, je suis né sur ta cousine, la Méditerranée, tranquille, souriante, avec l'accent aussi, bleue certes, plus souvent que toi puisqu'on la teint, à ce qu'on m'a dit, pour les touristes, chaque été...sans doute des combines à syndicats d'initiative ! Bref, ta cousine fait le tapin pour le baccara, on l'a muselée, ce sont les galets qui la retiennent, le sable il y a belle lurette qu'il s'en fout, il traîne à Juan-les-Pins sous le cul des demoiselles. Minable, je te dis, la Méditerranée. Ils ne sont même pas arrivés à en faire une opérette potable. Toi, tu as fait la croche à Debussy...Il est vrai qu'il avait un sacré talent !

Quand j'ai débarqué ce matin tu n'étais pas là, sans doute ton rancard lunaire. Il y avait bien tes cheveux qui traînaient, encore tout mouillés de la nuit, mais ton admirable tête d'écume loin de mes mains toutes sèches des villes farfouillait l'horizon de je ne sais quelle hâte à recoudre des draps de coutil bleu lavasse. Que tu es mystérieuse, la mer ! Où pars-tu loin de moi quand j'arrive tout gris d'essence. Vas-tu regonfler de ton sel quelque baleine danaïde ou te perds-tu en conjectures langoustines ? ... Joues-tu avec ces bateaux riches jusqu'à les démâter ou peut-être cajoles-tu le mousse en lui remplissant la mémoire de sardines hors commerce ! Les rocs jaloux te crachent à la figure et toi tu les lapes d'un coup en les laissant debout dans leur connerie de granit pendant que tu ravales ta vague travailleuse. Tu les pompes, les rocs, tu les écorches pour te broder la dentelle où tu dors le soir avec tes chevaux de marée haute ! Tes chevaux ! parlons-en, ils hennissent à m'en faire perdre toute la musique. Sur tes tringles de rocailles il fait beau les voir dans leurs galops d'équinoxe éructant tes baves d'outre-tombe et broutant les esquifs guignols. " Les chevaux de la mer ne traînent qu'une idée". Tu peux rajouter cette couronne au cimetière marin... ça ne me fera pas faute. La métaphysique, tu le sais, ne fait pas le poids

Tous ces noyés en puissance et qu'on appelle les estivants que font-ils donc avec leur oeillères-chaises-longues ? C'est toi le spectacle et ils sont sur la scène, nègres saisonniers à tirer la couverture, pendant que "tu leur sers la soupe" et des souvenirs de café du commerce. Que tu es bonne, la mer, d'exister pour ceux qui ne te voient jamais! Les jouets en caoutchouc, les petits seaux et les petites pelles, les bouées dites de "sauvetage" aussi peut-être, tout cet attirail impersonnel, te rendent bien plus hommage dans leur candeur inhumaine que le vieux monsieur ventre à l'air, le goujat, qui t'arrime dans ses jumelles ou que la pin-up qui te brasse vers les midis quand tu es repue, calme et désolée. L'idée que je me fais de toi, vois-tu, est d'une autre planète pour ne pas dire d'une autre qualité...

Lorsqu'il m'arrive de parler aux hommes avec un parti pris de sincérité, tiens-toi bien, je dis que je ne t'aime pas, que tu me fais peur, que je t'ai entrevue par hasard au cinéma où à Deauville, quand tu es de service, bref ça fait toujours son petit effet et l'on me demande pourquoi ? avec l'à-propos de gentillesse qui caractérise les "bonnes" relations. Tiens, il n'aime pas la mer, ce petit ! eh bien on va lui demander de s'expliquer... Alors, du tac au tac je leur réponds : " parce que j'ai le même mal qu'elle". Et ils rient à cordes cassées, ah ! ah ! "le mal de mer, le mal de mer..." Ils ne savent pas ce que c'est le mal de vivre, ces imbéciles, pas vrai, la mer ? Ils ne savent pas ce que nous savons tous les deux depuis que l'on sait quelque chose dans cet univers glacé : la certitude que nous ne savons rien, et tu le sais tellement bien toi, que l'idée même d'être la mer te fait continuer à être la mer...
un peu comme moi : l'idée que je suis un homme me fait continuer à être un homme. Moi qui te pense, me dirais-tu, moi qui t'invente et qui te nomme, je pourrai peut-être me bousculer et aller voir ce qu'il y a derrière !
Tu ne peux pas t'acheter un browning pour en finir une fois pour toutes avec tes ressacs et tout le tremblement, moi oui... je peux m'acheter un browning, mais je ne le fais pas parce que j'ai peur, et surtout parce que je suis heureux dans ce que je fais, parce que je ne m'ennuie que lorsque je t'écris, ce n'est pas de l'ennui, non, c'est de la tristesse, parce qu'il faut que je t'écrive une lettre qui composera mon livre qui n'est pas encore composé, parce qu'il ne faut pas que je meure avant d'avoir fini ce que j'entreprends aujourd'hui avec toi et avant même d'avoir écrit beaucoup d'autres choses, avant d'avoir encore fumé des Celtiques à m'en arracher les éponges, pas les mêmes que toi, moi je respire avec, toi tu commerces..., avant d'avoir mangé des kilos et des kilos de spaghettis à l'italienne, expressément cuisinés par mon Amour, chez moi dans ma maison, parce que j'aime la vie et que le mal de vivre, dont je t'ai touché une bribe tout à l'heure, n'est qu'une manie littéraire et que la littérature y'en a marre comme on dit à l'Académie Française.

Vois-tu la Mer, tout ce qu'on a entrepris sur ton dos, depuis que les "artistes" t'ont fait CONCEPT, me donne la nausée car il y traîne toujours quelque malversation poético-commerciale qui rend ta beauté monocorde et inutile. Au fond, tu n'es qu'un ciel mouillé, comme mes yeux, quand je pense à toi sans te mettre sur une carte postale ou dans une symphonie, mais en t'aimant, ce matin, de retour des villes où ça sent l'homme, tout seul dans un coin de la plage, et lisant avidement le calendrier des marées, seule philosophie que je te concède.

A demain la Mer, dans tes bras.
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Léo Ferré
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
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Léo Ferré
Vous n'avez réclamé la gloire, ni les larmes
Ni l'orgue, ni la prière aux agonisants
11 ans déjà, que cela passe vite 11 ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos "morts pour la France"
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
"Bonheur à tous, bonheur à ceux qui vont survivre"
"Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand"
Adieu la peine et le plaisir, adieu les roses
Adieu la vie, adieu la lumière et le vent
Marie-toi, sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient 20 et 3 quand les fusils fleurirent
20 et 3 qui donnaient leurs cœurs avant le temps
20 et 3 étrangers et nos frères pourtant
20 et 3 amoureux de vivre à en mourir
20 et 3 qui criaient la France en s'abattant
Ah-ah
Ah-ah
Ah-ah

L'Affiche Rouge (Paroles & Musique: Aragon/Ferré)
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Léo Ferré
La mélancolie, c'est sous la blessure, voir passer le temps.
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Léo Ferré
C'est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu'un jour ou l'autre nous prend l'envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l'intelligence. C'en est aussi une maladie qui nous mène à la solitude.
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