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EAN : 9782070369263
Éditeur : Gallimard (24/03/1977)

Note moyenne : 4/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Ce recueil composé de 80 poèmes, est l'unique ouvrage de poésie écrit par Léo Ferré. Auteur-compositeur, poète et chanteur, Léo Ferré était avant tout un amoureux des mots, qu'il utilisait comme arme de provocation et de révolte, mais aussi pour parler d'amour. Anarchiste dans l'âme, il revendique dans ce recueil une totale liberté pour les poètes. Il mettra certains de ces poèmes en musique en 1968 (Madame la misère, À toi, Poète, vos papiers !, Le testament...).
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ATOS
  02 juin 2013
"Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations", alors forcément lire la poésie de Ferré c'est un peu atteindre le ciel, le 8e, le 9e celui qui vous rendra un peau plus beau.
Lui qui se foutait du "qu'en dira t on" et qui claironnait le "quand nous serons", aurait pété une colère en écoutant certains "étroits", des obscurs du front bas nous raconter des coulisses qui ne nous regardent pas.
Ferré c'est la poésie. La Poésie.
Celle qui ne concède rien, qui tente tout, qui prend les mots, les accouple, les étire, les soude, les ourle, qui les tend, qui trousse le vent, qui court devant le temps.
Les mots de Ferré c'est le Chant.
Si vous aimez Ferré, lisez ses vers. Écoutez le.
ça grouille, ça bouge, c'est frémissant, c'est un tambour, c'est du cuivre, c'est une balle d'or tiré à bout touchant dans la gueule des méchants.
Anarchie... A comme amour, comme ami, A comme avec, comme arme, comme arrêtez vos conneries !
Lisez Ferré, clamez, déclamez le.
Il a injecté dans le ventre de la Muse tout ce qu'il contenait.
C'est là que vous le trouverez!
Astrid SHRIQUI GARAIN
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vincentf
  02 août 2013
Les mots de Léo sont crachés, ils sont hurlés à la gueule des gribouilleurs, ils sont l'incantation d'un magicien qui colle au sol, qui affirme une liberté totale et scandaleuse, qui ne se laisse endimancher par aucune religion, aucun parti, aucune école poétique. Il sent bien sûr son Baudelaire et son Rimbaud, il poétise la charogne, la crevure et l'azur, il se laisse enivrer par des filles publiques, il renifle et il rote, mais toujours avec élégance et avec grandeur. Léo Ferré a le mot leste et le cri grave. Il dit sans fioriture mais de travers ce que son ventre injecte au papier, ce que le micro aspire de sa voix, ce que le chant magnifie, et sa poésie cogne le lecteur trop faignant, qui se réveille d'une torpeur dans laquelle jamais Léo ne se serait vautré.
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mgeffroy
  30 mars 2012
En lisant ce livre écrit en 1956, vous entendrez, je vous le souhaite, la voix d'un Léo Ferré, en colère, tapant sur l'église,
"Ce matin ça sentait la morue à l'église / Curés dépenaillés sacrés au coup de blanc / ça fait sur l'estomac des emplâtres sanglants"
sur ce monde qui marche à l'envers.
"Madame la misère écoutez le vacarme / que font vos gens le dos voûté la langue au pas / quand ils sont assoiffés ils se soûlent de larmes / quand ils ne pleurent plus ils crèvent sous le charme / de la nature et des gravats.
L'omniprésence de Paris, l'amour
"Et si tu meurs devant je suivrai à la trace / comme le chien perdu sans collier ni patée / recherche tendrement son chagrin à la place / où son bonheur si bêtement s'est arrêté."
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Bequelune
  15 août 2016
Léo Ferré sans sa voix, cela marche beaucoup moins bien. C'est la réflexion que je n'ai pu m'oter de la tête à la lecture de ce recueil de poèmes du chansonnier ultra célèbre. Dans Poète… vos papiers ! J'ai pourtant retrouvé le style, le goût des mots et la colère du Léo Ferré que je connaissais déjà, mais tous ces vers jeté sur du papier m'ont paru soudain trop faciles, parfois bien pauvres. Il me manquait la voix. Cette voix qui fait Léo Ferré, qui peuple les mots de frissons et de tendresse.
Sans cette voix, la colère de Ferré m'est apparu comme un ensemble de provocations un peu ridicules, un jeu de postures anarcho-romantiques davantage travaillé que sincère...
Bref, autant j'aime bien le chanteur, autant j'ai trouvé que Ferré fait un poète assez moyen.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   23 janvier 2017
L’opéra du ciel.

J'ai tant pleuré que je n'ai plus
Le souvenir de mes alarmes
Car j'ai versé jusqu'à la larme
Qui me donnait l'air ingénu
Et si mon coeur n'est pas plus pur
Que la source où boivent mes rêves
C'est qu'il est transpercé de glaives
Et qu'il reste criblé d'azur

Si j'avais les yeux du Bon Dieu
Je me les crèverais
Et pour amuser les curieux
Je les leur donnerais

Et par ces fenêtres nouvelles
Ils verraient ce qu'on a cru voir
Tous les millions de désespoirs
Vomis par mille clientèles

Si j'avais les yeux du Bon Dieu
Je pleurerais des larmes rouges
Et jusqu'au plus profond des bouges
J'apporterais la paix des cieux

J'ai tant battu la vanité
Que le sang me monte à la tête
Moi qui croyais être à la fête
Et qui vis dans l'absurdité
Le grand amour que j'ai conçu
Pour les humains de la déroute
A terminé sa longue route
Et je demeure un invendu

Si j'avais les mains du Bon Dieu
Je me les couperais
Et pour aider les pauvres gueux
Moi je les leur coudrais

Sur les moignons de la misère
Dans les coulisses du bonheur
Ils pourraient se pétrir des coeurs
A renverser la terre entière

Si j'avais les mains du Bon Dieu
Je giflerais la bourgeoisie
Et trouverais des chirurgies
Pour occuper ces beaux messieurs

J'ai tant chanté les désespoirs
Que ma voix s'est humanisée
Et qu'elle semble être passée
Sur de sinistres abattoirs
Je me fous de leur Rédemption
Et je ne crois pas aux miracles
Car dans l'enfer de mes débâcles
Satan n'est qu'un échantillon

Si j'avais la voix du Bon Dieu
Je l'humaniserais
Et dans le micro des pouilleux
Je l'emprisonnerais

Et sur les ondes migratrices
S'envolerait le chant nouveau
Qui bercerait tous les salauds
A la recherche des polices

Si j'avais la voix du Bon Dieu
Je gueulerais dans le silence
De l'éternelle voûte immense
QUE L'ON PRÉTEND ETRE LES CIEUX
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   18 janvier 2017
Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n'es pas un système, un parti, une référence, mais un état d'âme. Tu es la seule invention de l'homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté. Tu es l'avoine du poète.
A vos plumes poètes, la poésie crie au secours, le mot Anarchie est inscrit sur le front de ses anges noirs; ne leur coupez pas les ailes! La violence est l'apanage du muscle, les oiseaux dans leurs cris de détresse empruntent à la violence musicale. Les plus beaux chants sont des chants de revendication. Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations. A l'école de la poésie, on n'apprend pas: on se bat.
Place à la poésie, hommes traqués! Mettez des tapis sous ses pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire, donnez lui un bol de riz, un verre d'eau, un sourire, ouvrez les portes sur ce no man's land où les chiens n'ont plus de muselière, les chevaux de licol, ni les hommes de salaires.
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OumGOumG   25 juin 2017
le mannequin

Drapé dans l’organdi cintré jusqu’à la garde
Sous l’oeil apoplectif de la graisse indomptée
S’ébat le mannequin aux fugaces livrées
Sous le lustre baroque où le gratin bavarde

On lui tâte un ourlet un feston qui musarde
Le dégradé coquin où meurent des idées
On la pique on la chausse on la brode on l’agrée
Le mauve lui convient le rouge la poignarde

Ainsi plane l’archange au ciel de la couture
Heurtant parfois son aile à la grave censure
De la mensuration du galbe des pesées

Faisant de notre Ariel cette pâle échalote
Qui rêve de homards de ragoûts de pâtées
Boit de l’eau de Vittel et mange des biscottes
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   17 janvier 2017
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.
L'alexandrin est un moule à pieds. On n'admet pas qu'il soit mal chaussé, traînant dans la rue des semelles ajourées de musique. La poésie contemporaine qui fait de la prose en le sachant, brandit le spectre de l'alexandrin comme une forme pressurée et intouchable. Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c'est de la prose poétique. Le vers libre n'est plus le vers puisque le propre du vers est de n'être point libre.
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HardivillerHardiviller   19 juin 2015
La poésie contemporaine ne chante plus . Elle rampe . Elle a cependant le privilège de la distinction , elle ne fréquente pas les mots mal famés , .......
Le progrès c'est la culture en pilule . Pour que le désespoir se vende , il ne reste qu'a en trouver la formule . Tout est prêt : les capitaux , la publicité , la clientèle . qui donc inventera le désespoir ?..........
N'oubliez jamais que le rire n'est pas le propre de l'homme , mais qu'il est le propre de la société . l'homme seul ne rit pas , il lui arrive quelque fois de pleurer .
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Leo Ferré - L'école de la poésie
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