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3.73/5 (sur 105 notes)

Nationalité : Grèce
Né(e) à : Nikolski Oussouriski , le 11 janvier 1910
Mort(e) à : Athènes , le 10 février 1975
Biographie :

Níkos Kavvadías est un écrivain, poète et marin grec.

Il est né à Nikolski Oussouriski, une ville de la Mandchourie extérieure, de parents grecs originaires de Céphalonie. Son père, Harilaos Kavvadias, y possède une entreprise d’import–export. Les deux autres enfants de la famille, Genia et Mikas, sont également nés dans cette petite ville.

En 1914, avec le déclenchement de la 1e Guerre Mondiale, la famille rentre en Grèce et s’installe à Argostoli. Harilaos Kavvadias transfère son entreprise en Russie où il est ruiné. En 1917, il est emprisonné pendant la Révolution d’Octobre. Il revient en Grèce en 1921, brisé et inadapté à l’environnement de son pays d’origine.

La famille Kavvadias déménage ensuite au Pirée. Le petit Nikos va à l’école primaire où l’un de ses camarades de classe est Yannis Tsarouchis qui deviendra l’un des grands peintres grecs du XXe siècle. Au lycée, il se lie avec un médecin de la marine et écrivain, Pavlos Nirvanas (el). À l’âge de 18 ans, il commence à publier des poèmes dans le magazine de la Grande Encyclopédie Grecque sous le pseudonyme de Petros Valhalas.

Il passe ensuite les examens d’entrée à la faculté de médecine, mais à cette époque son père meurt et il est contraint de travailler pour vivre dans une compagnie de navigation. Il continue toutefois à collaborer à diverses revues littéraires. En novembre 1928, Kavvadias s’embarque pour la première fois, comme mousse, à bord du cargo Aghios Nikolas (Saint Nicolas).

En 1934, la famille déménage du Pirée pour s’installer à Athènes. La maison devient un lieu de réunion pour les écrivains, les peintres et les poètes. À cette époque, Níkos Kavvadías est décrit comme un homme simple et taciturne, doué de beaucoup d’humour et apprécié de tous.

En 1939, il obtient le diplôme de radio–télégraphiste. Au début de la 2e guerre mondiale il est envoyé sur le front albanais où il est employé comme radio, puis revient à Athènes. Lorsque la guerre civile éclate en Grèce, il prend à nouveau la mer. De 1944 à 1974, il navigue pratiquement sans cesse. Il publie son roman « Vardia » (Le Quart) en 1954 (traduit en français en 1959) et meurt à Athènes en 1975.
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Nikos Kavvadias   (6)Voir plus

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Video et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo

Nikos Kavvadias : Le Quart
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT présente le roman "Le Quart" du poète grecNikos KAVVADIAS, où il dépeint la noirceur de la vie de marins grecs embarqués sur un cargo en route vers la Chine.

Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Parallélismes

J'ai vu trois choses qui se ressemblent en ce monde.
Les écoles rutilantes, mais sinistres, des pays occidentaux,
l'obscurité et la crasse des avant-postes sur les cargos,
et les hôtels de passe avec leurs filles perdues.

Ces trois choses évidemment différentes
ont une étrange parenté :
à toutes manquent
le mouvement, le confort et la gaieté.
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Il y eut un bourdonnement. Puis ce fut comme si un nuage descendait. Le grand oiseau tomba devant eux, les ailes ouvertes.
- Salut, enfoiré, dit Cocky.(1)
- Tu es bien tombé, dit la guenon.
- Un épervier, je suis fait.
Le serpent se débina.
- D'où viens-tu ?
- De la terre ferme.
- Comment es-tu tombé ?
- Je voyageais vers le îles.
- Migrateur ?
- Je ne connais pas ce mot. Je m'en allais. On m'avait blessé. C'est la guerre là-bas.
- Il y a des noix ? - Cocky se mit à descendre. - Des mangues, des ananas ? J'ai décidé de filer.
- Si vous mangez les morts, restez. Vous vous lasserez d'en manger. C'est encore la nourriture la plus saine. L'eau, les vignes, le riz, les arbres sont empoisonnés.
- Qui répand le poison ?
- Les Blancs.
- Qui fait la guerre ?
- Les Jaunes.
- Pourquoi font-ils la guerre ?
- Comment savoir ? Paraît qu'ils sont trop nombreux. Le pays est devenu trop petit pour eux.
- Mais puisqu'ils meurent ?
- Ils naissent aussi.
- Ils n'ont qu'à se couper les choses.
- C'est leur raison de vivre.
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Je veux revoir Port-Saïd. Le bureau du Canal, le magasin de Simon Arzt, les arbres. Voir les cargos qui reviennent du sud et jettent l'ancre un instant. Les marins nordiques, nus, le corps blessé, accoudés au bastingage. Ils sont heureux de revenir une fois encore. M'en tirerai-je ? Reviendrai-je ? C'est un autre Port-Saïd que l'on voit quand on descend vers le sud. Il n'y a pour le marin rien d'autre que prickly heat powder, fruit salt et quinine. Bloody quinine, et des citrons qui pourriront au milieu de la mer Rouge. Des crabes qui sentent la vase. Est-ce la dernière femme avec qui je vais ? Combien ont connu cette peur. Je ne suis pas seul à avoir peur. D'autres aussi ont peur, mais ils ne veulent pas l'avouer. Je l'ai lu dans leurs yeux. Si tu crois que les marins vont te parler, t'ouvrir leur coeur, tu te goures. La vérité porte malheur. Nous la disons de temps en temps, dans le secret de notre coeur, et même ainsi elle nous fait peur.
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Ils ont repris le large. Ils l'ont immergé en haute mer. Voilà ce qu'il est devenu, l'autre. Des milliers d'autres. Un fond rempli d'ossements et de parures. Des poissons sans yeux, sans couleur. Il y a aussi un coffret de fer pleins de lettres, et au-dessus quelque chose d'effacé, une vague forme de main. Celle qui les a écrites dort maintenant dans le lit d'un autre. Elle halète sous le souffle d'un autre. Rien ne trouble son sommeil. Pas même la mer, qui vient de très loin et bat le seuil de la maison de pêcheurs. Si c'est une mère, elle cloue ses volets, les peint en noir au dehors et ne cuisine jamais de poisson. Si c'est une soeur... Un jour on s'arrête de pleurer. Il n'y a que la mère qui ne se lasse pas de pleurer, jusqu'à ce qu'elle ferme les yeux.
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Toute ma vie je resterai l'amoureux, idéal et abject,
des voyages lointains et des étendues bleues,
et je mourrai un soir pareil à d'autres soirs
sans avoir dépassé l'horizon vaporeux.

- Extrait 'Mal du départ" dans Marabout -
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La main a remonté les couvertures sur ma tête et m'a enveloppé dedans. Une odeur chaude m'a caressé. Un corps de femme. Cela chasse la peur, cela vous calme, vous protège. À côté de lui, sur lui, on oublie qu'un jour on agonisera. Elle m'a caressé le front.
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Mais nom d'un chien... J'ai des hallucinations, c'est pire que si j'avais pris de la neige. Si quelqu'un pouvait venir me jeter un seau d'eau sur la figure. Si une vague pouvait entrer me tremper, et faire taire ce grillon qui comme un marteau-piqueur électrique déchire la tôle de ma tête. Par où est-il entré ? J'ai fouillé tous les coins de la cabine radio, le plafond, les trous, l'étagère aux livres. Il est venu avec les provisions du bord, caché quelque part dans les légumes. Avec les scorpions, à Colombo. Nous avons tué les scorpions, mais ce monstre invisible je ne peux ni le voir ni le saisir, et pourtant il est près de moi, à côté de moi, sur moi, en moi. Au début il me divertissait. Il me rappelait une nuit d'été. Les meules de foin, le thym et l'origan. L'herbe fauchée. Les étables où dorment les bêtes de somme. Le premier jour. Mais à présent j'ai compris que je peux perdre la tête. Idiot ! Qui est né fou n'a rien à craindre. Ah...
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- Lame de fond -

Soleil ardent, côtes plates et palmiers,
un oiseau tournevire dans les haubans ;
gestes confus de bras tannés et gravés,
rongés par les maux des Tropiques.

Pavillon de quarantaine et signal d'avarie.
On mouille les ancres à pic vers le fond,
on met les feux de nuit. Le Pisanello
est estompé par le gros temps.

La grande lame...La grande lame va nous frapper.
Coque pourrie, ciment rouillé.
Depuis l'aurore, à tribord de l'étrave,
notre repère est un requin qui dort.

Sur la vigie le perroquet donne les ordres
comme jadis sur ma couchette à Colombo.
Depuis longtemps j'attends que tu délaisses le loch,
depuis longtemps j'attends la terre et ses folies.

Des indigènes allument des feux sur le sable,
des rives nous parviennent leur boucan.
Régnant sur la mer et ses morts,
je veux te voir surgir sur l'échelle de coupée.

Algues mêlées à tes cheveux, dans ta bouche des algues.
Tu reposes pour toujours, recluse,
figées dans les grands fonds, à coups d'épée laminée,
parée d'anneaux des Incas.
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La cloche sonna deux coups. Midi moins vingt. Dans le poste de proue, sur une table de bois brut, couverte de taches, Linatséros mangeait hâtivement. Polychronis mâchait un bois d'origan et Yakoumos, le charpentier, nettoyait son assiette de zinc avec un morceau de mie de pain. Quatre couchettes sur la muraille tribord et deux à la proue, en deux rangées superposées, défaites. L'homme de la mer Noire, assis sur une couchette haute était en train de se faire les ongles des pieds.
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"Quand pourrais-je me reposer un petit moment? Un plat de choux. Creuser un peu, planter, les voir pousser. Toujours la mer. Le quart sans arrêt. C'est pas naturel. On est pas des poissons. Merde alors. Et pour finir on vous emballe, on vous roule dans une toile à voile et hop par la poupe. Sans un prêtre. Quand je mourrai, ça m'est bien égal d'être dévoré par les requins, puisque je ne sentirai rien. Qu'en savez-vous?"
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