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Note moyenne 3.68 /5 (sur 128 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Londres , 1971
Biographie :

Né à Londres, d’une mère russe et d’un père anglais, Owen Matthews a étudié l’histoire à l’université d’Oxford avant d’entamer sa carrière de journaliste à Sarajevo en 1994.

Reporter pour le Moscow Times, puis correspondant pour le magazine Newsweek à Moscou et à Istanbul, il a couvert la seconde guerre tchétchène, les conflits au Moyen-Orient, les combats en Afghanistan et la guerre en Irak.

Il est actuellement directeur de la rédaction de Newsweek à Moscou, et vit à Istanbul avec sa femme et leurs deux enfants. Les Enfants de Staline est son premier ouvrage publié chez Belfond.

Source : www.initiales.org
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Owen Matthews - Moscou babylone .
Owen Matthews vous présente son ouvrage "Moscou babylone" aux Editions les Escales. Traduit de l'anglais par Karine Reignier-Guerre. http://www.mollat.com/livres/matthews-owen-moscou-babylone-9782365690560.html Notes de Musique : Russia's most beautiful tunes - 10 Vniz Po Volge
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Owen Matthews
Under_the_Moon   18 février 2014
Owen Matthews
En Russie, les écrivains sont bien plus que des écrivains ; ce sont des prophètes. De leurs héros littéraires, les Russes attendent qu'ils leur donnent de la beauté et du plaisir, mais aussi qu'ils leur ouvrent un chemin, une philosophie de vie. Les écrivains ne se contentent pas de mettre le pouvoir en place devant la réalité : ils sont les véritables guides spirituels de la Russie. Et si le vieux Dieu de l'orthodoxie continue de tracer une ligne infranchissable entre le bien et le mal, c'est de fait dans les œuvres de Dostoïevski, Tolstoï, Pouchkine ou encore Tchekhov que les Russes puisent leurs vérités universelles, les folies et les audaces de ceux qui luttent pour la liberté, contre l'oppression et ces courants de l'Histoire qui cherchent à les briser.



[préface du roman de Gueorgui Vladimov, "Le Fidèle Rouslan"]
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nadejda   12 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
Un périple aller-retour pour la Sibérie impliquait une absence d'au moins une année passée pour l'essentiel sur les routes.

...la petite expédition de Rezanov roula à vive allure sur la voie impériale en terre battue qui menait de Saint-Pétersbourg à Moscou, laquelle était réservée au trafic gouvernemental et aux personnages de qualité porteurs d'un passeport spécial. Les sujets moins prestigieux avançaient laborieusement dans les ornières des bas-côtés avec leur charrettes traînées par de vieux canassons. Parvenus à Moscou, ils se joignirent au flot d'hommes et de caravanes marchandes qui empruntait le "Trakt", la grand-route reliant la Russie européenne à la Sibérie -- pas vraiment une route au sens moderne du terme, mais plutôt une large bande de pistes sablonneuses qui sillonnaient l'étendue plate de terres agricoles et de pâturages, parsemée de grappes d'isbas blotties autour des clochers trapus des églises.

Certes, Rezanov avait un peu bourlingué à l'occasion des manœuvres du régiment Izmaïlovski, mais, c'est là, sur le "Trakt" qui traversait les villes de la Volga, telles Nijni Novgorod ou Kazan, avant de se perdre dans les solitudes désertes de la steppe, que s'évanouissaient l'effervescence, le va-et-vient incessant de la Russie proprement dite, et qu'il toucha du doigt pour la première fois l'immensité réelle de son pays. Même de nos jours, sans la poussière , sans les lits infestés de punaises, les fesses endolories par les heures à cheval, les bandits de grand chemin, la puanteur du crottin et celle des corps crasseux ou encore les nuages de taons, traverser la Sibérie par la route a quelque chose d'hypnotique : la monotonie du paysage vous engourdit au point de vous plonger dans un état quasi métaphysique qui permet de mesurer pleinement sa propre insignifiance. Vous n'êtes plus qu'un simple point qui progresse à la vitesse de l'escargot sur la surface d'une terre sans limites, au décor presqu'immuable. P 118
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nadejda   26 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
La mort de Rezanov s’est produite au pire moment pour la réalisation de son grand dessein. Moins d’un an après sa disparition, l’empire espagnol était décapité par Napoléon, qui occupa Madrid avant de destituer le roi Charles IV. La Russie aurait dû profiter des convulsions de l’année 1808 pour fondre sur les colonies espagnoles, à présent dépourvues de chef. Mais à cette période-là, l’attention du tsar était trop absorbée par la négociation d’un traité de paix avec Napoléon pour qu’il s’intéresse au destin des territoires espagnols d’outre-mer soudain orphelins, et il n’y avait nul Rezanov dans son entourage pour le convaincre de monter une opération audacieuse afin de s’emparer des possessions californiennes de l’empire en difficulté. p 378
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tynn   23 juillet 2014
Moscou Babylone de Owen Matthews
"Si vous lisez ces mots, c'est que la pétasse est tombée"

Inscription figurant au dos de la veste d'un motard moscovite



(Tête du chapitre 2)
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tynn   25 juillet 2014
Moscou Babylone de Owen Matthews
Il y avait quelque chose d'horriblement triste à Moscou. La tristesse des vies foutues, des possibilités gâchées, du temps perdu. À la sortie des stations de métro, les babouchkas restaient debout des heures entières dans la chaleur de l'été pour vendre un paquet de Marlboro ou quelques gousses d'ail qu'elles avaient elles-mêmes mises en conserves.../... Des hommes sans âge qui offraient leurs services comme taxis illicites au volant de Volga cabossées se révélaient être des géologues ou des colonels à la retraite. Alexeï, l'homme à tout faire de Publicitas, qui changeait les cartouches des imprimantes et ramassait des pelletées de vieux journaux sur nos tables et nos fauteuils, était un pédiatre en exercice qui travaillait au noir chez nous pour arrondir ses fins de mois.
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nadejda   26 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
Une petite chienne achetée à Copenhague par Romberg était devenue amie avec le chat d’un marin, et les deux compagnons divertissaient beaucoup l’équipage de la Nadejda. « Leurs jeux sont si hilarants qu’il nous arrive souvent de former un cercle autour d’eux et de simplement nous amuser de ce spectacle 22. » Or, la petite chienne eut ses chaleurs pendant que l’expédition faisait du surplace au beau milieu de l’Atlantique et elle se mit à gémir ou à japper sans arrêt. Krusenstern ordonna qu’elle soit jetée par-dessus bord, à la grande tristesse de Romberg – et de son copain le chat, « qui ne cesse de chercher le petit chien dans toutes les cabines et les recoins du vaisseau […] appelant sa camarade de jeu par des miaulements déchirants. ». Rendu fou par la chaleur et l’immobilité, l’un des porcs du bateau s’échappa de son enclos et sauta à son tour dans l’océan. Mais, contrairement au chien, il se montra si bon nageur que Krusenstern ordonna de passer tous les cochons par-dessus bord pour leur offrir un bon lavage. Les cris perçants et les défécations des bêtes terrifiées que l’on plongeait puis ressortait de l’eau étaient une épreuve supplémentaire pour les nerfs tendus des passagers les plus fragiles. Les poules eurent moins de chance : Langsdorff remarqua qu’entre la température écrasante et le sel qui se mêlait à la poussière s’élevant du pont desséché, toutes étaient devenues aveugles. p 196
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PATissot   24 octobre 2016
Les enfants de Staline de Owen Matthews
Solikamsk était un monde à part, constitué d'êtres hagards, affolés ou déracinés par la guerre. La ville entière, qui semblait avoir été livrée aux orphelins sur décision d'un bureaucrate moscovite, était régie par ce que Ludmila appelait les « lois de la meute » : les enfants se battaient âprement entre eux pour survivre. Les plus âgés tentaient d'obliger les plus jeunes à cacher les petits morceaux de viande qui agrémentaient la soupe du déjeuner dans leurs caleçons longs, afin qu'ils puissent les leur donner en sortant du réfectoire. En cas de refus, les grands mettaient les petits « dans le noir » : ils leurs jetaient une couverture sur la tête et les rouaient de coups. Les cantiniers organisaient trois services à l'heure du déjeuner. Les plus jeunes enfants se restauraient toujours en premier sous la surveillance de quelques adultes exténués, contraints d'arpenter les allées pour s'assurer qu'ils ne cachaient pas leur viande. Constamment affamés, Ludmila et ses amis mangeaient de l'herbe mêlée à du sel : la mixture, qui soulageait leurs carences en vitamines, leur permit d'éviter le rachitisme. Mais ils tenaient à peine sur leurs jambes trop maigres, l'estomac distendu par la faim.

Un éclair de gentillesse venait parfois adoucir leur quotidien. À l'école, l'institutrice demandait aux enfants du village de ne pas manger les cinquante grammes de pain qui constituaient leur déjeuner afin de les distribuer aux orphelins qu'elle accueillait dans sa classe. Les jeunes villageois s'exécutaient, alors qu'ils étaient eux-mêmes au bord de la famine : ils se nourrissaient de radis noirs et amers, et minuscules pommes de terre, les seuls légumes que leurs parents parvenaient à cultiver à la belle saison, toujours trop courte dans cette partie de l'Oural.

Pendant l'été 1943, les enfants de Solikamsk furent chargés d'aller ramasser des baies pour les soldats blessés dans la taïga, la grande forêt entrecoupée de tourbières qui s'étendait à la périphérie de la ville. Ils partaient par centaines au petit matin, munis d'un seau chacun, avec mission de le rapporter à demi plein. La grande crainte de Mila était de chuter dans un des profonds trous d'eau marécageux, dissimulés sous le tapis de mousse qui recouvrait la taïga. Lors d'une de ces expéditions, les enfants durent parcourir vingt-cinq kilomètres dans la forêt avant de trouver des zones de cueillettes encore intactes : les villageois n'étaient pas venus aussi loin. Sur le chemin du retour, Mila, qui n'avait que neuf ans, prit la tête de l'immense file d'enfants en clopinant aussi vite que possible sur sa jambe trop courte. Elle leur fit chanter tout le répertoire des Jeunes Pionniers jusqu'à l'orphelinat. Lorsqu'ils arrivèrent, ses yeux étaient injectés de sang. L'effort physique l'avait épuisée, mais elle tendit fièrement son seau de baies aux responsables de la collecte. Les lois de la meute en vigueur à Solikamsk lui avaient appris que les plus faibles ne pouvaient survivre que s'ils parvenaient à prendre la tête du groupe par leur seule force de caractère.

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Oliv   06 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
En 1812, la limite des possessions du tsar se situait sur ce que l'on nomme de nos jours la Russian River, à une heure de voiture au nord de San Francisco par la Highway 1. La Russie avait également possédé — quoique brièvement — une colonie à Hawaï. Rezanov avait consacré le plus clair de sa vie à défendre l'idée que la côte ouest de l'Amérique pouvait devenir une province de la Russie et le Pacifique, une mer russe. Ce n'était pas du tout un dessein chimérique et farfelu, mais une véritable possibilité.
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Oliv   08 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
Tout historien en quête d'un héros découvrira inévitablement la part de la crapule dans son sujet d'étude. L'héroïsme est une vertu visible uniquement au téléobjectif, semble-t-il.
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Oliv   10 juin 2016
Nicolaï Rezanov : Le rêve d'une Amérique russe de Owen Matthews
"Plus d'un million de phoques avaient été abattus avant mon arrivée", rapporta un Rezanov choqué au siège de la Compagnie. "Et encore, on m'a dit qu'il y en avait dix fois plus avant. Ces îles pourraient constituer une source de richesse inépuisable si les Bostoniens n'étaient pas en concurrence avec nous sur le marché chinois."

Autrefois si abondante dans les îles Pribilof que l'on en prenait trois mille peaux en une seule saison, la loutre de mer avait déjà disparu de ces eaux. La rhytine de Steller, qui constituait jadis l'un des mets favoris des marins et des colons, avait elle aussi été chassée jusqu'à l'extinction de l'espèce, vingt-cinq ans seulement après sa découverte — le dernier spécimen connu fut capturé en 1768. C'est le vieux paradoxe qui avait marqué dès le départ l'expansion orientale de l'empire russe : cette quête incessante des animaux à fourrure, dont la population décroissante obligeait à pousser toujours plus loin.

"Dans la quête du profit immédiat, les Russes déciment tout ce qu'ils trouvent, jeune ou vieux", nota Langsdorff. "Ils ne se rendent d'ailleurs pas compte qu'en procédant ainsi, ils ne tarderont pas à se priver inéluctablement de leur fonds de commerce."
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