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Vidéos de Pier Paolo Pasolini (10)
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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5/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Épisode 5 : Un peu de Pasolini en nous, avec René de Ceccatty, Hervé Joubert-Laurencin, Bertrand Bonello, Stanislas Nordey et Arnaud Meunier.
En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

Invités :

René de Ceccatty, auteur, éditeur au Seuil
Hervé Joubert-Laurencin, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma à Paris X
Bertrand Bonello
Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène français
Arnaud Meunier
Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien

René de Ceccatty est écrivain, dramaturge, éditeur et traducteur. Il est l'auteur de “Sur Pier Paolo Pasolini” (Editions du Rocher, 2005), “Pasolini” (Folio, 2005), et il a également traduit et dirigé les éditions françaises de nombreux textes de Pier Paolo Pasolini comme “Poésie en forme de rose” (Rivages, 2015), “Adulte ? Jamais : Une anthologie, 1941-1953” (Points, 2013), “La persécution : une anthologie, 1954-1970” (Points, 2014), “Sonnets” (Gallimard, 2012).

Hervé Joubert-Laurencin est historien du cinéma, spécialiste de Pier Paolo Pasolini et professeur d'esthétique et d'histoire du cinéma à l'université Paris 10. Il est l'auteur de “Pasolini, portrait du poète en cinéaste” (Cahiers du cinéma, 1995), “Le dernier poète expressionniste : Ecrits sur Pasolini” (Les Solitaires intempestifs, 2005), “Salo ou les 120 journées de Sodome” de Pier Paolo Pasolini (Editions de la Transparence, 2012).

Bertrand Bonello est réalisateur, acteur, scénariste et compositeur. Il a réalisé en 1996 le court-métrage “Qui je suis” d'après le poème éponyme de Pier Paolo Pasolini et il admire beaucoup le travail du cinéaste italien. Parmi ses films, on peut également citer “Le Pornographe” (2001), “De la guerre” (2008), “L'Apollonide : souvenirs de la maison close” (2011) ou encore “Saint-Laurent” (2014).

Stanislas Nordey est comédien et metteur en scène. Il a joué et/ou mis en scène de nombreux textes de Pasolini : “Bêtes de style” (1991), “Calderon” (1993), “Pylade” (1994), “Porcherie” (1999), “Orgia” (2003)... Il est actuellement à l'affiche d'“Affabulazione” de Pasolini aux côtés de Marie Cariès, Raoul Fernandez, Thomas Gonzalez, Olivier Mellano, Anaïs Muller, Véronique Nordey et Thierry Paret, au Théâtre de la Colline (Paris) jusqu'au 6 juin.

Arnaud Meunier est metteur en scène et directeur de la Comédie de Saint-Etienne, centre dramatique national. Travaillant aussi bien au théâtre que pour l'opéra, il a très largement monté des oeuvres de Pasolini, auteur qu'il affectionne tout particulièrement, dont “Avec les armes de la poésie” (2004), “Pylade” (2003), “Affabulazione” (2001).

Thèmes : Arts & Spectacles| Cinéma| Poésie| Théâtre| Pier Paolo Pasolini

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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4/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Episode 4 : L'œuvre théâtrale revisitée, avec Stanislas Nordey et Arnaud Meunier. En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un œuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

“Je m'en vais, chassé par vous et par ma décision,
hors de cette ville. Mais à partir d'aujourd'hui,
ma haine n'est plus seulement de la haine.
Je sens confusément, comme un poète,
qu'elle est là pour produire,
terrible, sanguinaire, pur, désespéré,
un amour...”

Pier Paolo PASOLINI, “Pilade”, Garzanti (Milan), 1999, traduit de l'italien par Michèle Fabien et Titina Maselli in “Théâtre” (Babel, 1995)

C’est à la suite d’une longue maladie qui l’immobilise que Pier Paolo Pasolini a ressenti le besoin d’écrire de la poésie sous une autre forme, une forme dialoguée : le théâtre. Car le théâtre de Pasolini est avant tout poésie, un théâtre fait non pas pour être compris mais ressenti. Sa langue est construite, ciselée, élaborée, elle établit un lien direct avec le spectateur : « Au début d’“Affabulazione”, raconte Stanislas Nordey, il y a une adresse au public pour indiquer que le spectacle peut être difficile à comprendre mais que l’oreille doit s’y habituer. » Il faut sans doute faire un effort pour entrer dans son théâtre, mais c’est un art qui veut inclure tout le monde.
Le théâtre pasolinien est donc un théâtre de parole, « de prolifération de la parole », précise Nordey. C’est pourquoi la question de la représentation n’est pas importante pour lui ; ce qui compte, c’est l’écriture. En 1968, Pasolini met en scène une de ses pièces, “Orgie”, au Teatro Stabile de Milan, mais cette expérience est loin de l’enthousiasmer. Nordey évoque Laura Betti qui a joué dans cette version : « Elle a ensuite raconté qu’il n’était pas du tout fait pour mettre en scène ses pièces ; pendant les répétitions, il s’ennuyait, il allait même jouer au football pendant les pauses. Le fait que ses pièces de théâtre soient représentées n’était pas sa priorité. » Plus que cela, Pasolini ne tenait pas particulièrement à son théâtre, qui était une forme de geste spontanée ; il n’est pas un auteur dramatique qui fait œuvre.
Pourtant, l’art dramatique de Pasolini est loin d’être superficiel. Pour lui, le théâtre est un lien avec le passé, et il est lui-même très attaché au passé. Il a cette « nécessité de se relier à la tragédie grecque qui est un théâtre qui s’adresse à tous », précise Nordey. Ses pièces sont écrites en vers libres et s’inspirent du théâtre de Sophocle ou d’Eschyle, prenant ainsi racine dans les sources mêmes du théâtre. « L’agora athénienne est au cœur de son écriture », estime Arnaud Meunier. Sur cette agora, Pasolini cherche à comprendre le monde qui l’entoure, cette société italienne de l’après-68.
Si le théâtre pasolinien est profondément poétique, il est surtout politique. Pasolini explore l’intime – évoquant des sujets comme l’homosexualité, la marginalité ou la différence – et veut aussi faire agora, cherchant une forme de transcendance politique. Son théâtre parle de la démocratie et de l’intime « mais cherche à explorer cet immense gâchis », soit l’abandon par l’art des gens du peuples. Il forme cette idée que la bourgeoisie moyenne, « loin d’être une classe sociale, est une maladie contagieuse qui contamine le monde », continue Meunier.
Pasolini, bien qu’écrivant du théâtre comme poète, avait aussi une véritable vision politique de l’acte de faire théâtre, proposant par exemple que les tarifs des spectacles soient très bas pour les jeunes, très hauts pour les « dames à vison », et qu’on laisse les jeunes fascistes entrer pour que le pouvoir des mots et de l’art leur fasse quitter la chemise noire. Arnaud Meunier cite ainsi la vision qu’avait Pasolini du théâtre : « Le théâtre difficile est objectivement bourgeois, le théâtre difficile est réservé à une élite pratiquante, seul le théâtre très difficile est véritablement démocratique… »

Invités :

Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène français
Arnaud Meunier
Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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3/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Episode 3 : Dans l'atelier de pensée de P. P. P., avec Georges Didi-Huberman.
En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

“Si apre come un'aurora
Roma, dietro le spirali del Tevere,
gonfio di alberi splendidi come fiori,

bianchegiante città che attende i non nati
forma incerta come un incendio
nell'incendio di una Nuova Preistoria.”

“Et Rome s'ouvre comme
une aurore, derrière les courbes du Tibre,
gonflé d'arbres splendides comme des fleurs,

blanchoyante ville qui attend ceux qui ne sont pas nés,
forme incertaine comme un incendie
dans l'incendie d'une Nouvelle Préhistoire."

Pier Paolo PASOLINI, "Poesia in forma di rosa/Poésie en forme de rose", in “Poésie en forme de rose”, Rivages (Paris), 2015, traduit de l'italien par René de Ceccatty

« C’est un très grand artiste, un de ces artistes qui ont modifié la pensée même, non pas seulement de leur propre art, mais de l’art en général, explique Georges Didi-Huberman. Il a inventé un style de pensée, c’est un grand poète. Je suis fasciné par le rapport qu’il a établi entre ses images et sa poésie. » Et d’ajouter : « Faire une image ou un poème, c’est faire effraction, c’est faire sauter les frontières. »

Le geste fondamental de Pier Paolo Pasolini, c’est justement cela, l’effraction : « Cela veut dire qu’on brise les frontières et qu’on se soulève. Sa façon même de prononcer avec douceur le mot « polizia » (« police » en italien, ndlr) est une effraction. Ce mélange de douceur et de violence, et cette douceur est très importante. »

Cette question du geste est fondamentale dans l’identité propre du cinéma de Pasolini. Ce geste peut être celui de mettre en lumière des gens et des langages que le cinéma ne donne pas à voir ou à entendre : « Il a un grand respect du langage populaire ; Pasolini se déplace du centre, c’est-à-dire la langue italienne normalisée. Ce qu’il aime chez Dante, c’est justement la présence de tous les jargons. »

Il se déplace aussi géographiquement : « il va tourner dans les banlieues de Rome. Il dit que parmi les plus beaux jours de sa vie, il y a les repérages pour Accatone pour lesquels il allait en banlieue, parlait avec les gens, prenait des photos. »

Georges Didi-Huberman revient également sur l’emploi de la tragédie dans le cinéma de Pasolini : « Pour lui, la tragédie n’est pas classique. C’est ce moment académique où l’on a décidé qu’il y aurait un genre qu’on appellerait la tragédie et un autre la comédie. Tout cela n’existe pas dans la Grèce antique. Pasolini réassume, avec une modernité absolue, quelque chose qu’on a pu voir comme un archaïsme. »

Pasolini idéalise l’archaïque mais il envisage « l’absolue jeunesse de ce qui est très ancien. Il ne cherche pas l’antiquité en arrière, mais l’antiquité en avant. » En réalité, « Pasolini voit dans des éléments supposément archaïques des opérateurs révolutionnaires… »

Georges Didi-Huberman est philosophe et historien de l'art. Auteur de nombreux ouvrage sur la théorie des images, il connaît parfaitement l'oeuvre littéraire et poétique de Pier Paolo Pasolini. Il est l'auteur de “Survivance des lucioles” (Editions de Minuit, 2009), “Peuples exposés, peuples figurants”. “L'Oeil de l'histoire, 4” (Editions de Minuit, 2012), “Sentir le grisou” (Editions de Minuit, 2014), “La Disparition des lucioles”, exposition à la prison Sainte-Anne, Avignon (Actes Sud, 2014)

Thèmes : Arts & Spectacles| Cinéma| Poésie| Théâtre| Pier Paolo Pasolini

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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2/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Episode 2 : Le travail par les images, avec Bertrand Bonello et Hervé Joubert-Laurencin. En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

« Il n’a jamais appris le cinéma ni dans une école ni comme assistant, mais il a appris sur le tas, à une vitesse incroyable, explique Hervé Joubert-Laurencin. Avant de réaliser son premier film – qui est un long-métrage en plus, “Accatone” – il a travaillé six ans comme scénariste. C’est quelqu’un qui corrigeait les scénarii des autres. »

Pour Pier Paolo Pasolini, le cinéma est une langue de plus, comme le dit Bertrand Bonello : « Pasolini, c’est la langue avant tout ; c’est cela qui l’obsède. Il passe de la poésie au roman, du frioulan à l’italien. A quarante ans, il se dit qu’il a besoin d’une autre langue, il passe donc au cinéma, pour raconter les obsessions qu’il a depuis l’âge de 7 ou 8 ans. Il choisit le cinéma car il sent qu’il y a là quelque chose de plus universel. »

Bertrand Bonello évoque l’un des films cultes de Pasolini, “Théorème”, sorti en 1968 : « Deux ou trois ans avant, il écrit déjà en quelques pages ce que sera “Théorème”, dans un texte autobiographique intitulé “Qui je suis” : le film est exactement tel que Pasolini l’avait décrit dans ce texte, c’est incroyable. Ce film devient vraiment un théorème, quelque chose que l’on ne peut plus démonter. »

Hervé Joubert-Laurencin, lui, nous explique que “Salò”, le dernier film de Pasolini sorti en 1976, est un film radicalement différent de tous les autres « parce qu’il est très maîtrisé, et c’est là le sujet. Sade, c’est la maîtrise totale. Le film est tenu dans un corset, c’est un film très dur, très calculé, très géométrique pour faire mal au spectateur. La question est : est-ce qu’on est capable de le revoir ? » Le film est une extrême provocation mais justement « pas une provocation du spectateur mais de la censure, ceux qui veulent éviter les sujets difficiles et graves. »

« Quand il fait un film, il y a deux choses qui sont importantes pour lui : le décor et le visage, explique Bertrand Bonello. Il ne s’est jamais trompé sur un visage. Le visage est un peu le plus beau décor de cinéma. “L’Evangile selon saint Mathieu“ est fait de visages. » Et il revient sur l’association fréquente chez Pasolini de musique sacrée et de personnages prolétaires, « comme si l’on disait que le réel était sacré. »

Pour Bertrand Bonello, « c’est un cinéaste qui n’a pas fait « d’enfant ». Antonioni ou Fellini en ont fait des dizaines, il y a une ‘méthode Antonioni’, une ‘méthode Fellini’. Pasolini, c’est comme une météorite qui arrive, qui explose quand elle disparaît, et il n’en reste que des fragments… »

Invités :

Bertrand Bonello
Hervé Joubert-Laurencin, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma à Paris X
Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien

Thèmes : Arts & Spectacles| Cinéma| Poésie| Théâtre| Pier Paolo Pasolini

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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1/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Episode 1 : Portrait de Pier Paolo Pasolini, avec René de Ceccatty et Hervé Joubert-Laurencin. En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.

« C’est une voix inattendue mais dont l’Italie avait besoin au sortir du fascisme. La voix poétique de Pasolini », explique René de Ceccaty. D’ailleurs, Hervé Joubert-Laurencin poursuit en évoquant l’époque du cinéaste-poète : « Pasolini est né avec le fascisme. Il s’est rendu compte à l’adolescence qu’il y avait un vrai problème dans son pays, avec la pensée totalitaire, et il est devenu antifasciste progressivement, jeune homme. Il a été vacciné à tout moralisme et à toute simplification des choses. »

Pier Paolo Pasolini est né à Bologne mais, enfant, suit sa mère dans le Frioul. C’est là qu’il va s’éprendre d’un dialecte qui l’inspirera tant, comme l’explique René de Ceccatty : « L’arrivée au Frioul a été fondamentale, notamment la découverte du monde paysan. Il s’ancre dans le Frioul et pense qu’il va devenir un poète dialectal. Il croit beaucoup à la poésie sous forme orale. Avec le frioulan, il a pensé qu’il pouvait atteindre une poésie plus pure, moins standard. Il va utiliser la poésie pour décrire le monde dans sa réalité. »

Et cette réalité peut être violente, comme le montrent beaucoup des films de Pasolini. Mais, pour Hervé Joubert-Laurencin, « c’est la violence de la vie qui passe, ce n’est pas quelqu’un qui a un thème unique, une obsession. Chez Pasolini, il y a de l’humour, du rire, de la vie. Toute cette violence c’est une façon de montrer que dans le monde capitaliste il y a quelque chose de violent pour les démunis. Toute violence est violence politique. C’est la vitalité qui l’intéresse, dans toute son œuvre. »

Cinéaste et poète avant tout, Pasolini « pense que la poésie n’est pas limitée au fait d’écrire des poèmes, poursuit René de Ceccatty, mais qu’elle a une fonction révélatrice du monde, comme tous les grands poètes. » Pasolini va être très attentif à tous les poètes italiens et étrangers, et a le grand Dante pour modèle, « Dante comme fondateur d’un regard sur le monde globalisateur, essayant de comprendre le monde dans sa totalité. Pasolini est très attentif aux autres créateurs. Et d’ailleurs, les premières œuvres qui vont le faire connaître, ce sont des anthologies de poésie. »

« Il a une approche de poète, continue René de Ceccatty. Il a le même rapport aux images que les poètes avec la langue. La représentation sur l’écran devient un événement presque religieux. »

« Il a quelque chose d’indestructible chez Pasolini, estime Hervé Joubert-Laurencin. Sa voix n’est pas forte, elle n’a pas besoin d’être au-dessus des autres. Sa voix a l’air de sortir d’un autre corps car son corps est tendu, physique, musclé. C’est la puissance de sa parole qui est forte et violente. Il a une force intérieure très grande… »

Invités :

René de Ceccatty, auteur, éditeur au Seuil
Hervé Joubert-Laurencin, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma à Paris X
Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien

Thèmes : Arts & Spectacles| Cinéma| Poésie| Théâtre| Pier Paolo Pasolini

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet03 septembre 2020
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Pasolini face au monde moderne (Répliques / France Culture). Portrait de Pier Paolo Pasolini en 1971 • Crédits : Ullstein bild - Getty. Diffusion sur France Culture le 20 avril 2019, dans l’émission “Répliques” d’Alain Finkielkraut. Pier Paolo Pasolini, cinéaste, poète, romancier, fut tout au long de sa vie un polémiste engagé, un infatigable dénonciateur solitaire. Même si ses films ne passent plus guère sur les chaînes cinéma de la télévision, Pier Paolo Pasolini est d'abord connu en France comme cinéaste. On sait qu'il fut aussi, avec la même prolixité, avec la même intensité, poète, romancier, penseur.
C'est précisément du penseur, qu'à l'occasion de la parution du “Chaos”, dont nous allons parler. Dans l'ultime entretien que Pasolini a donné quelques heures seulement avant sa mort tragique le samedi 1er novembre 1975, il déclarait : « le petit nombre d'hommes qui ont fait l'histoire sont ceux qui ont dit non. Jamais les courtisans ou les valets des Cardinaux. » Or, à l'époque où il s'exprimait ainsi, tous les intellectuels disaient non. Le refus régnait en maître. Il n'y avait pas de place pour l'acceptation. Oui était un mot imprononçable. Qu'avait donc d'original, de singulier, de solitaire, dans ce climat hypercritique, le non de Pasolini ?

Intervenants :

René de Ceccatty, auteur, traducteur, éditeur

Olivier Rey, mathématicien et philosophe, chercheur au CNRS, enseignant en philosophie à l’Université Paris 1

Source : France Culture
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ThibaultMarconnet01 septembre 2020
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Émission : L'Atelier fiction, diffusée tous les mardis soir sur France Culture. Le 31 décembre 2013, était rediffusée une Création Radiophonique (de 1998) axée autour du texte "Qui je suis" de Pier Paolo Pasolini paru aux Éditions Arléa et traduit de l'italien par Jean-Pierre Milelli. À la lecture : Pierre Clémenti. Réalisation : Blandine Masson. Rediffusion de 1998. La découverte d'un inédit de Pasolini constitue un événement en soi. Quand ce texte emprunte, de surcroît, le mode autobiographique, il représente alors un document particulièrement précieux pour mieux approcher la personnalité de ce créateur aux talents multiples. Écrit à New York en 1966, "Qui je suis" prend la forme d'une réponse à une interview réelle ou imaginaire. Pasolini, au faîte de sa carrière littéraire, ne connaît pas encore la célébrité internationale que lui apportera le cinéma. Atteint d'une maladie grave, il veut faire le point sur son oeuvre passée et future, et sur le rapport à ses origines et son avenir. Dans ce texte bref mais foisonnant d'informations, il évoque des souvenirs d'enfance, ses relations avec la presse et la justice, livre des clés contradictoires sur son passage de la littérature au cinéma et confie quelques-uns de ses désirs les plus profonds. Pier Paolo Pasolini est né en 1922 dans le Frioul, il est mort assassiné sur une plage d'Ostie, en 1975.

Thèmes : Création Radiophonique| Littérature| France Culture| Poésie| Pierre Clémenti| Qui je suis| Pier Paolo Pasolini

Source : France Culture
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