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Note moyenne 4.24 /5 (sur 32 notes)

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Vilanova i la Geltrú , le 16/04/1976
Biographie :

Samantha Barendson est une poète française, argentine et italienne née le 16 avril 1976 en Espagne. Elle vit actuellement à Lyon.

Elle écrit et propose des lectures aussi bien en français qu'en espagnol ou italien.

Elle fait partie du Collectif "Le syndicat des poètes qui vont mourir un jour" dont les objectifs sont de "Promouvoir la poésie orale ; la faire sortir des livres pour la rendre accessible à tous ; oser la poésie dans tous les lieux ; proposer des lectures publiques dynamiques ainsi que des performances." Elle fait également partie du collectif Le cercle de la maison close qui propose des performances alliant poésie, musique et arts plastiques.

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Bibliographie de Samantha Barendson   (8)Voir plus

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
sbarendson   01 février 2017
Le citronnier de Samantha Barendson
Il paraît que, lorsqu’il est mort, certaines parties de mon corps sont devenues toutes blanches. Il paraît que, lorsqu’il est mort, j'ai demandé à ma tante si elle pensait que le sien et le mien étaient ensemble assis sur un nuage. Il paraît que, lorsqu’il est mort, tout le monde a beaucoup pleuré. Il paraît que, lorsqu’il est mort, une lettre a été retrouvée. Il paraît que, lorsqu’il est mort, cette lettre a été jetée. Il paraît que, lorsqu’il est mort, il dormait. Il paraît que, lorsqu’il est mort, il revenait à peine d'Espagne et toutes ses malles étaient encore sur un bateau. Il paraît que, lorsqu’il est mort, on n'a jamais pu récupérer les malles. Il paraît que, lorsqu’il est mort, il est allé au cimetière puis dans un jardin. Il paraît que, lorsqu’il est mort, il est devenu un citronnier.
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sbarendson   01 février 2017
Les délits du corps de Samantha Barendson
Je boirai un café dans un lieu d’une autre époque

Avec le goût solitaire qui toujours me poursuit

J’écrirai les vers enfouis dans la chair

Pensant au café qu’ensemble nous boirons



Je marcherai dans les grises avenues d’un Paris radieux

À la recherche de cette librairie (espagnole)

À la recherche de ce livre (épuisé)

Que jamais je ne trouverai



Je boirai un maté au café argentin du boulevard Saint-Germain

Regardant d’un côté puis de l’autre en arrière

Buenos Aires de nouveau et je serai perdue

Dans ma ville disparue



Je marcherai dans les rues les places les églises le fleuve et puis le reste

Détenant le regard la chaussure dans les cases de ma vie

Tracée à la craie au trottoir de couleurs

Et j’atteindrai le Ciel



Je boirai un verre de vin rouge et sur un vieux tango

Étendue dans les ombres d’un vieux divan obscur

Oublierai l’heure l’endroit le lieu le temps et t’oublierai toi

Absent toujours



Je marcherai enfin jusqu’au lever du jour

Écouterai se mélanger étoiles et oiseaux

Mon cœur meurtri d’avoir trop marché

Et boirai un café le dernier du jour
+ Lire la suite
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sbarendson   01 février 2017
Le poème commun de Samantha Barendson
Loin l'autre, et parfois inconnu,

je pensais avec les oiseaux en vol.

Hier nous n'avons pas même échangé nos noms,

alors que chacun s'en est allé se souvenant,

emmenés l'un, l'autre, par l'avancée de la nuit,

dans la pratique de la langue étrangère.

Je dois retourner aux jours habituels –aux rêves

peut-être–, quelque temps encore avec vous.



Et lorsque déjà lointain le souvenir d’une voix,

d’un regard émeraude ou d’océan profond,

je commence à errer dans la ville endormie

aux aguets, impossible de vous désembusquer,

la nuque sensuelle d’une foule avançant

déçoit mes attentes et creusent l’envie.

Je vous cherche en vain, vous que je ne connais guère,

et lutte contre l’imposture d’un autre que vous.



J'avais alors volé sa moisson d'été,

j'avais ensuite imprimé sa face de lumière.

–Vous m'avez rappelé un village commun :

Mais dites-moi vous étiez alors adolescente !

Et vous, vous, allez voir le large fleuve rose.

Et vous, vous, les cent ponts sur l'Oder.

Si loin, vous tous que je sais exister,

à mon côté, qui m'accompagnez, toi, vous.



Les villes s’effaçaient au cours notre voyage

dans des langues impossibles que tu improvisais

aux frontières polonaises où vous ne saviez plus

s’il valait mieux rire ou désespérer.

Je te disais « mon cher » et tu me regardais

quand le soleil entrait par la fenêtre,

tu avais vingt ans dans la poussière du soir

quand vous iriez demain pleurer sur vos aïeux.



Regarder alors les verts par-delà le vitrage,

un rose de laurier s'est glissé dans la soie.

On ôte des épaules les moissons dorées, et

à peine plus tard les bleus au désir des abeilles,

champs nus, douceurs et parfums en souvenir.

La saison chaude laisse encore des peaux dorées

quelques jours au regard amoureux des jours

aux aguets pour toute survenance de glaïeuls.



Revenir dès lors ne sera pas facile,

les années et le temps nous regardent immobiles

et se moquent de nous voir remonter la rivière,

arrachant pas à pas les feuilles d’un vieux carnet,

où ensemble nous avions tracé l’itinéraire

d’une passion passagère qui aurait dû s’achever

au matin délicat d’une nuit orageuse,

un été fort lointain de mille neuf cent soixante-douze.



Loin l'autre, l'ami et son histoire

chargée de l'Histoire à peine achevée.

Le Sage de Pologne emporté par le banal,

Le poète de Palestine enlevé par le cœur1.

L'autre et parfois l'inconnu que nous portons

en effigie et dont la phrase prononcée

responsabilise les lèvres, allège la marche

cependant qu'encore une guerre s'est déclarée.



Les serments inutiles se brisent sous le poids

des pierres gorgées de pluie qui tombent

et brisent les charpentes d’un peuple en émoi.

Les livres sont brûlés et seul le Poète

pourrait risquer sa vie pour sauver la parole

d’un poète ennemi qu’une langue sépare.

Des cendres et des mots recouvrent le pays

d’une neige de silence. …
+ Lire la suite
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sbarendson   01 février 2017
Des coquelicots de Samantha Barendson
Des coquelicots sur le bas-côté

nous roulons vers la mer du Nord

Je sais que j’ai raison

d’y croire



Tu as pris le sable entre tes mains

et j’ai vu filer le temps

Que faire de mon désir

s’il tue ?
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sbarendson   02 février 2017
Machine arrière de Samantha Barendson
Dans les vestiaires

je compare

mes seins

à ceux

de Sophie



Nous comparons

toutes

nos seins

à ceux de Sophie



Sophie

à des seins

magnifiques

ronds

blancs

élastiques



Nous traitons

Sophie

de salope
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Malwenna   11 novembre 2020
Machine arrière de Samantha Barendson
Elle m'avait parlé

du scorpion

des guêpes

et des serpents

qui tuent



J'ai cru

que la guêpe

m'avait tuée

et j'ai attendu

dans mon lit

dans la nuit

j'ai attendu

mais c'est l'ennui

qui est venu

suivi de ma mère

avec du vinaigre
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coco4649   23 décembre 2020
Tu m'aimes-tu ? de Samantha Barendson
À bord du train…







À bord du train

j’avance dans une pluie

rapide et horizontale

Les gouttes en transparence

dessinent les chemins éphémères

les racines intimes

d’une cartographie humide

comme oubliée.
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coco4649   23 décembre 2020
Tu m'aimes-tu ? de Samantha Barendson
IL Y A UN POÈME QUI MEURT À SCOUDOUC…







Il y a un poème

qui meurt à Scoudouc







Au fond de ma valise

une carte postale ancienne

de la ville de Moncton

une odeur de passé

un parfum de soupente

le papier a jauni

le timbre s’est décollé

l’encre bleue est devenue violette

et l’on devine à peine

les quelques mots écrits



Un siècle, dix ans

et dix-sept jours après

me voici sur Main Street

pardon pour le retard







Et cette phrase

redondante

qui tourne dans ma tête



Tu m’aimes-tu ?
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Malwenna   03 mars 2021
Tu m'aimes-tu ? de Samantha Barendson
L'odeur de rouille

dans l'iode du matin

le grondement du métal

bercé par le reflux

mon désir clandestin

de monter à bord

et continuer à fuir
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coco4649   23 décembre 2020
Tu m'aimes-tu ? de Samantha Barendson
Tu m’aimes tu …







Tu m’aimes tu ?

Mon regard capte

des secondes de vie

lointaines déjà

lumières des maisons

où cuisinent

parlent

se disputent

et regardent la télé

des hommes

des femmes

et des enfants qui

quand passent les trains

avec leurs fenêtres

de lumières bleutées

perçoivent à leur tour

mes secondes de vie

lointaine déjà
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