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Note moyenne 3.97 /5 (sur 57 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Ygrande, Allier , le 10/11/1873
Mort(e) à : Ygrande, Allier , le 27/09/1951
Biographie :

Écrivain régionaliste bourbonnais. Émile Guillaumin est un paysan et écrivain.

En 1886, il obtient le certificat d’études primaires et le premier rang de tous les candidats du canton de Bourbon-l'Archambault.

Bien qu'il n'ait fait que cinq ans d'études dans l'école primaire de son village, Guillaumin débuta très jeune en littérature et continua à écrire et à publier pendant toute sa vie se disant "un paysan homme de lettres". Il publie des articles au "Courrier de l'Allier" et à "La Quinzaine bourbonnaise" de 1897 à 1901.

Fermier de trois hectares dans le département de l'Allier, il a fait partie du petit groupe de paysans qui a créé le premier syndicat paysan pour défendre les métayers contre les grands propriétaires.

Mobilisé comme "territorial" durant les quatre années de la guerre sur le front d’Alsace, il adresse chaque jour plusieurs lettres tant à sa femme qu’à ses amis, dans lesquelles il décrit la rude vie des soldats, leurs espoirs ou leurs moments de détresse.

Il a été un grand écrivain, avec de nombreux romans dont le plus célèbre est "La vie d’un simple" (1904) qui a obtenu quelques voix au jury Goncourt. En 1902, il est lauréat du Prix Montyon (Académie française) pour les "Tableaux champêtres" (1901).

L'aspect de son œuvre qui intéresse le plus, c'est celui de son engagement personnel, qu'il s'agisse de ses romans, de ses nouvelles, de ses contes, de ses articles ou de sa correspondance. Guillaumin est toujours présent à chaque page de son œuvre.

Un musée installé dans sa maison familiale à Ygrande lui est consacré. Un prix Émile Guillaumin est organisé chaque année par le Conseil départemental de l'Allier.

site : http://musee-emile-guillaumin.planet-allier.com/
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Videos et interviews (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
Emile Guillaumin, interviews croisées.
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LydiaB   04 mai 2013
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
La Catherine s'en allait dans la chambre à four attenante à la maison et qui servait de réduit aux débarras ; elle prenait dans une vieille boutasse poussiéreuse une ou deux de ces petites pommes recroquevillées et les offrait au pauvre Médor qui s'en allait les déchiqueter dans la cour, sur les plantes de jonc où il avait l'habitude de dormir. A ce régime, il était efflanqué et de poil rude, on peut le croire ; il eût été facile de lui compter toutes les côtes.



Notre nourriture, à nous, n'était guère plus fameuse, à la vérité. Nous mangions du pain de seigle moulu brut, du pain couleur de suie et graveleux comme s'il eût contenu une bonne dose de gros sable de rivière. C'était plus nourrissant, disait-on, de laisser l'écorce mêlée à la farine.



La farine des quelques mesures de froment qu'on faisait moudre aussi était réservée pour les beignets et les pâtisseries - tourtons et galettes - qu'on cuisait avec le pain.

Cependant, l'habitude était de pétrir avec cette farine-là une petite miche ou ribate d'odeur agréable — mie blanche et croûte dorée — réservée pour la soupe de ma petite soeur Marinette, la dernière venue, et pour ma grand-mère, les jours où sa maladie d'estomac la faisait trop souffrir. Maman, à de certains jours, m'en taillait un petit morceau que je dévorais avec autant de plaisir que j'eusse pu faire du meilleur des gâteaux. Régal d'ailleurs bien rare, car la pauvre femme en était avare de sa bonne miche de froment !



La soupe était notre pitance principale ; soupe à l’oignon le matin et le soir, et, dans le jour, soupe aux pommes de terre, aux haricots ou à la citrouille, avec gros comme rien de beurre. Le lard était réservé pour l’été et les jours de fête. Avec cela des beignets indigestes et pâteux d’où les dents s’arrachaient difficilement, des pommes de terre sous la cendre et des haricots cuits à l’eau, à peine blanchis d’un peu de lait. On se régalait les jours de cuisson à cause du tourton et de la galette, mais ces hors-d’oeuvre étaient vite épuisés. Ah ! les bonnes choses n'abondaient guère !

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Raeghar   25 mai 2012
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
La politique est impuissante et nulle. Jamais les députés ne feront vraiment des lois pour le peuple. Les gros bourgeois qu'on dédaigne un peu dans les élections n'en conservent pas moins toute leur influence, croyez-le bien. Quant à Renaud, à Laronde et à leurs pareils, ce sont des ambitieux qui voudraient prendre la place des autres pour faire les bourgeois à leur tour. "Ote-toi de là que je m'y mette" : c'est toujours la même histoire.



Les opposants, aussi longtemps qu'ils n'ont pas la responsabilité du pouvoir, se disent capables de faire monts et merveilles, - après quoi ils s'empressent d'imiter les autres. Que les socialistes arrivent en majorité, vous verrez le peu qu'ils réaliseront de leur programme.
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Nostradamus27   29 novembre 2017
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
Mais la Breure elle-même était suffisamment vaste et magnifique par beau temps à l'heure matinale où j'y arrivais. La rosée, sous la caresse du soleil, diamantait les grands genêts dont la floraison vigoureuse nimbait d'or la verdure sombre ; elle se suspendait aux fougères dentelées, aux touffes de pâquerettes blanches dédaignées des brebis, aux bruyères grises, et masquait d'une buée uniforme l'herbe fine des clairières.



Cependant que des bouchures, des buissons et de la forêt s'élevaient sans fin des trilles, vocalises, pépiements et roucoulements, tout le concert enchanteur des aurores d'été.
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Nostradamus27   29 novembre 2017
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
J'emportais dans ma poche un morceau de pain dur avec un peu de fromage et je cassais la croûte sur une de ces pierres grises qui montraient leur nez entre les plantes fleuries.

A ce moment, un petit agneau à tête noire, très familier, ne manquait jamais de s'approcher pour attraper quelques bouchées de mon pain. Mais un second prit l'habitude de venir aussi, puis un troisième, puis d'autres encore - ils auraient mangé sans peine toutes mes provisions, si j'avais voulu les croire.

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genou   05 mai 2013
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
La rosée, sous la caresse du soleil, diamantait les grands genêts dont la floraison vigoureuse nimbait d'or la verdure sombre ; elle se suspendait aux fougères dentelées, aux touffes de pâquerettes blanches dédaignées des brebis, aux bruyères grises, et masquait d'une buée uniforme l'herbe fine des clairières. Cependant que des bouchures, des buissons et de la forêt s'élevaient sans fin des trilles, vocalises, pépiements et roucoulements, tout le concert enchanteur des aurores d'été.
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Raeghar   25 mai 2012
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
Il est nécessaire de changer pour apprécier justement les bons côtés de sa vie ancienne; dans la monotonie de l'existence journalière, on jouit inconsciemment des meilleurs choses; elles semblent tellement naturelle qu'on ne conçoit pas qu'elles puissent ne plus être; seuls, les ennuis frappent qu'on s'imagine être moindres ailleurs. Le changement de milieu fait ressortir les avantages qu'on n'appréciait pas, et montre que les embêtements, sous une forme ou sous une autre, se retrouvent partout.
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Raeghar   25 mai 2012
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
Quand il y eut des élections, les adversaires des conseillers ne manquèrent pas de les attraper à propos. A leur place, ils n'auraient pas résolu davantage le difficile problème de contenter tout le monde. Mais il est de règle de critiquer ceux qui mènent la barque.
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genou   05 mai 2013
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
La soupe était notre pitance principale ; soupe à l’oignon le matin et le soir, et, dans le jour, soupe aux pommes de terre, aux haricots ou à la citrouille, avec gros comme rien de beurre. Le lard était réservé pour l’été et les jours de fête. Avec cela des beignets indigestes et pâteux d’où les dents s’arrachaient difficilement, des pommes de terre sous la cendre et des haricots cuits à l’eau, à peine blanchis d’un peu de lait. On se régalait les jours de cuisson à cause du tourton et de la galette, mais ces hors-d’œuvre étaient vite épuisés. Ah ! les bonnes choses n'abondaient guère !
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Raeghar   25 mai 2012
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
Et, à l'heure actuelle, j'employais ailleurs sans doute aussi utilement que lui mes facultés : car, de faire venir le pain, c'est bien aussi nécessaire que d'écrire des livres, je suppose ! Ah ! si je l'avais vu à l'oeuvre avec moi, l'homme célèbre, à labourer, à faucher ou à battre, je crois bien qu'à mon tour j'aurais eu la place de rire ! J'ai bien souvent ce souhait d'avoir sous ma direction, pendant quelques jours au travail des champs, tous les malins qui se fichent des paysans.
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genou   05 mai 2013
La vie d'un simple de Émile Guillaumin
Du temps que j'étais berger, j'esquivais les très mauvais jours : car on n'envoie pas les brebis dehors quand il pleut ou neige. Mais quand j'atteignis neuf ans on me confia les cochons et c'en fut fini de cet avantage. Qu'il pleuve ou vente, que le soleil darde ou que la bise cingle, par la neige ou par le gel, il me fallait aller aux champs.
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