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Sonatine

Les éditons Sonatine sont une maison d`édition française fondée en 2008 par François Verdoux et Arnaud Hofmarcher. La création de cette maison a marqué un renouveau du thriller en France de par la publication d`auteurs comme R.J Ellory, Steve Watson ou Paul Cleave. Les éditions Sonatine ont également été remarquées pour avoir publié des ouvrages consacrés au cinéma et notamment des entretiens avec Al Pacino, Martin Scorsese ou encore Tim Burton.

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Dernières parutions chez Sonatine


Dernières critiques
Polars_urbains
  16 novembre 2019
La disparition d'Adèle Bedeau de Graeme Macrae Burnet
Sur les traces de Simenon…

Cela commence de la façon la plus banale : un café-restaurant pas très reluisant, La cloche, dans une ville d’Alsace sans grand intérêt. Le patron lit le journal au comptoir, trois habitués boivent un verre, Manfred Baumann termine le sien pendant que Adèle, la serveuse, nettoie les tables. Pas spécialement jolie, elle dégage toutefois un certain magnétisme, peut-être « accentué par la morosité du décor ». Le jeudi, Baumann rejoint les trois habitués pour une partie de cartes. Une ambiance et des personnages très proches de Ceux du Grand Café, une des nouvelles les plus accomplies et les plus sombres de Simenon.

Le roman tourne autour de Manfred Baumann, personnage solitaire, falot et inhibé. Directeur d’un petite agence bancaire, méthodique à en être obsessionnel, Baumann semble étranger à tout, n’être que le simple spectateur d’événements qui semblent n’avoir aucune prise sur lui. Sans amis véritables, sans vie de famille ni relation féminine, si ce n’est une visite hebdomadaire et anonyme dans un bordel de Strasbourg, son existence rappelle celle du personnage d’un autre livre de Simenon, Les fiançailles de monsieur Hire. Et tout comme Hire, Baumann va voir sa vie basculer à la suite d’un évènement anodin – ici, la disparition d’Adèle un soir après son service – que son imagination va progressivement amplifier.

L’autre protagoniste est l’inspecteur Gorski, pas très bien dans sa vie professionnelle depuis que, jeune policier, il a échoué à découvrir le coupable du meurtre d’une jeune fille, pas très bien dans sa vie familiale non plus. Ses face à face avec Baumann ne font guère avancer l’enquête mais ramènent les deux protagonistes à des événements de leur jeunesse. Responsable sans être vraiment coupable, rattrapé par un passé enfoui au plus profond de lui, Baumann va lentement s’enfermer dans une culpabilité inventée touchant au délire qu’il ne parviendra pas à mettre à distance, la considérant même finalement comme tout à fait rationnelle et acceptable.

Les deux personnages traînent chacun une douleur cachée : en porte-à faux l’un et l’autre par rapport à leur milieu d’origine - Gorski, fils d’un préteur sur gages, a épousé la fille d’un notable qui se rêve en arbitre des élégances locales ; Baumann est le fils d’un propre à rien selon son grand-père maternel avocat – ils sont en proie à une grande solitude sentimentale et peinent à communiquer avec une femme, que ce soit son épouse pour Gorski ou une nouvelle voisine pour Baumann. Tous deux en sont réduits à chercher un peu d’oubli dans des bars anonymes, ce qui va alimenter le délire de Baumann qui en vient à être encore plus sous son propre regard extérieur et à s’observer comme pourrait le faire Gorski : « Manfred eut soudain l’impression qu’il n’était pas dans sa chambre mais qu’il la regardait de l’extérieur, comme un détective fouillant les photos d’une scène de crime. » Vite obsédé par l’idée d’être suivi et surveillé en permanence, la seule possibilité pour lui de se libérer va mener Baumann à une tentative de fuite désespérée et vaine, comme s’il ne savait pas que l’on s’emmène partout où l’on va. Envisager une autre vie, en rêver peut-être, errer dans les gares dans l’attente d’un train qui pourrait vous emmener loin, une attitude qui le rapproche encore de certains « héros » de Simenon.

Récit mettant en scène deux personnages plombés par leur passé, chacun acceptant finalement à sa manière sa médiocrité et sa situation – Gorski est « secrètement convaincu d’être au niveau qu’il méritait », Baumann se sent libéré quand il réalise que dans un bar, il n’est personne – La disparition d’Adèle Bedeau est un roman très noir, écrit dans une langue superbe (la traduction française de Julie Sibony me paraît même mieux « coller » à l’atmosphère que l’anglais original) au service de descriptions minutieuses. En plus des thèmes de la solitude, du milieu social et de l’envie d’ailleurs et d’autre chose, l’ambiance provinciale et son environnement étouffant, les relations familiales biaisées, la tyrannie des médiocres, la fatalité – comment devient-on un criminel ? – rappellent inévitablement Simenon, autant celui des romans durs que des Maigret. Tout comme dans Ceux du Grand Café, le roman de Graeme Macrae Burnet ne propose pas une grande enquête mais reste un texte fort sur l'ennui que l'on ressent dans les petites villes, celui de la routine quotidienne pour les habitués de la partie de manille ou celui du manque de réussite et de considération pour un policer au bout du rouleau. Un ennui qui amène les individus à rêver un peu trop fort et à prendre des décisions d'autant plus tragiques qu'elles sont dérisoires. Tout autant qu’un roman policier, La disparition d’Adèle Bedeau est un livre splendide sur le destin.

Citations © Sonatine, 2018


Lien : http://www.polarsurbains.com..
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cvd64
  16 novembre 2019
Absente de Megan Abbott
bon polar hollywoodien se situant après la seconde guerre mondiale, tous les éléments ont été réunis, acteurs connus et moins connus, agents parfois troubles, starlettes en devenir ou simplement pleine de rêves. la vie au contact des célébrités qui ne le sont pas toujours pour leur rôle joué à l'écran; l'argent, la notoriété fait parfois mauvais mélange avec la vie.

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Zephirine
  16 novembre 2019
Les visages de Jessee Kellerman
Voici un roman haletant qui débute par le Mea Culpa de son auteur, peu habituel pour un roman noir. On croirait presque à un récit autobiographique. Tout y est, le personnage narcissique qui se raconte, le milieu de l’art contemporain à New-York, une histoire de famille emmêlée avec des faces cachées.

Ethan Muller possède une galerie d’art contemporain, il a appris le métier avec une galeriste de renom qui est aussi sa maitresse. Il a rompu tout contact avec son père. C’est un ami de celui-ci qui sert d’intermédiaire entre le père et le fils. Justement, il vient de découvrir dans un appartement abandonné des dessins d’une rare subtilité. L’auteur, un certain Victor Cake, a disparu de la circulation, ce qui n’empêche nullement Ethan d’exposer et de proposer à la vente une partie de ses dessins. Certains, représentant des visages de chérubins, connaissent un succès foudroyant, répercuté par les médias. Entre alors en scène un flic à la retraite et gravement malade, qui apprend à Ethan que l’un des visages de chérubins est celui d’un enfant violé et assassiné, dont le meurtrier n’a jamais été retrouvé. Ethan plante sa galerie d’art pour se lancer dans une enquête minutieuse qui le plonge dans une spirale infernale.,

Dans des flashes back très maitrisés, l’auteur nous livre au compte-goutte l’histoire mystérieuse de cet artiste inconnu : Victor Cracke. Et ces révélations sont surprenantes.

On remonte aussi aux origines de la famille Muller et à l’arrivée des ancêtres juifs d’Ethan sur le sol américain.



Ce roman, au rythme soutenu, au suspense obsédant, est construit de main de maitre, ce qui est à souligner pour un premier roman. Les personnages sont crédibles et attachants, l’auteur décrit parfaitement le monde de l’art contemporain et nous y promène avec délectation. Et toutes ces histoires ressurgies du passé qui nous sont racontées par bride, resserrent petit à petit l’intrigue. L’auteur part dans toutes les directions, nous entraine sur de fausses pistes, mais avec un tel talent que nous le suivons sans respirer jusqu’au dénouement, surprenant.

La force de ce roman réside dans le sens aigu de son auteur pour l’analyse psychologique, rendant ses personnages crédibles et très présents. Le parti pris du récit à la première personne donne aussi de la matière. Au début, rien de spectaculaire, les choses s’installent progressivement et tout est raconté sans grands effets de manches. Mais on est vite subjugué à ne plus lâcher le livre.

Ecrit dans un style alerte et élégant, ce roman bénéficie aussi d’une traduction de qualité.



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