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Editions de Minuit

Les Éditions de Minuit sont une maison d'édition française, fondée par Jean Bruller et Pierre de Lescure en 1941, pendant l'Occupation allemande de la France

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Dernières critiques
oiseaulire
  24 juin 2018
Murphy de Samuel Beckett
Murphy est un drôle d'oiseau chichement entretenu par un oncle hollandais à qui il adresse des notes de loyer maquillées.

Il n'aime rien tant que fainéanter dans son fauteuil à bascule ou sur la pelouse de Hyde Park sous des prétextes métaphysiques fumeux ; c'est du moins ce que pense sa compagne Célia qui aimerait bien lui voir prendre un travail rémunéré.

Il est raisonneur, resquilleur, imprévisible, adepte des horoscopes de rue et de toutes les balivernes qu'il rencontre sur son chemin. Cultivé au demeurant, beau parleur quand il y a intérêt.

Ses vêtements sont élimés mais conservent l'élégance de la décontraction. Il arbore, point d'orgue de sa tenue lustrée par le temps, un noeud papillon jaune citron, sa couleur fétiche.

Il faut lui supposer du charme puisque quatre femmes l'ont un jour aimé et s'en sont repenties, et qu'un certain nombre d'hommes ont été ses amis et le recherchent opiniâtrement pour des raisons diverses dont la fascination n'est pas absente.

Les unes et les autres semblent ligués dans le projet de lui faire endosser la responsabilité du simple fait d'exister. Or rien ne saurait être plus odieux à Murphy : tout contact soutenu avec la réalité risquerait d'asséner à son esprit un trop brutal "coup de pied au cul" et de troubler l'équilibre exquis de sa vie intérieure.

Ainsi débute "Murphy", le premier roman de Samuel Beckett écrit en anglais en 1938, traduit en français par l'auteur lui-même et Alfred Péron.

On y trouve déjà en germe les thèmes chers à Beckett, notamment la dissolution du moi dans un univers absurde et l'urgence de se retirer du monde réel afin de sauver des parcelles d'intériorité. Car, comme il l'énonce dans un entretien : "Ce qui complique tout c'est le besoin de faire."

Cette oeuvre, encore ancrée dans le roman traditionnel ( les personnages ont une individualité marquée, ils poursuivent leur fin propre, il leur arrive des mésaventures ), est marquée par l'influence de Joyce qu'il rencontra en 1928 et dont il fut le secrétaire : on assiste ainsi assez longuement aux déambulations méditatives de Murphy à travers Londres, clin d'oeil probablement volontaire à Léopold Bloom.

Peu à peu le monde de Beckett évoluera vers l'abstraction : impossibilité d'une représentation fiable du réel et du moi, puis impossibilité à dire l'illusion elle-même. Rien ne pourra plus être sauvé.

Ce premier roman est tour à tour drôle, ennuyeux, pédant ou incompréhensible mais porte déjà en lui l'esthétique et la métaphysique de Beckett, celle d'un 20 ème siècle désenchanté.
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nbocklandt
  23 juin 2018
Courir de Jean Echenoz
On le voit courir, le personnage principal. Sans cesse courir au rythme des phrases courtes, il nous entraîne sur son chemin de gloire qui ne l'émeut point. C'est l'art d'Echenoz de faire paraître ses personnages distants par rapport aux événements qu'ils vivent. Echenoz montre là tout son art de la maîtrise de la langue. Il n'y a pas d'effusion sentimentale. La sobriété, un léger humour dû aux zeugmas, un pince-sans-rire. Nous les observons. Nous avons le loisir de penser à leur place. Il est incroyable de constater que ce récit est basé sur une histoire réelle.
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clement_M
  23 juin 2018
Faire mouche de Vincent Almendros
Ayant lu toute l’œuvre de Vincent Almendros, ce roman ressemble dans sa construction aux précédents. L'écriture est efficace (sans être vraiment flamboyante), le rythme est soutenu, le suspens est maintenu jusqu'à la fin. L'idée d'un personnage Claire/Constance est très bien trouvé. Comme les romans d'Yves Ravey chez le même éditeur, cet auteur écrit d'intéressants thriller avec une écriture très plaisante. Une bonne lecture pour l'été.
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