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Editions de Minuit

Les Éditions de Minuit sont une maison d'édition française, fondée par Jean Bruller et Pierre de Lescure en 1941, pendant l'Occupation allemande de la France

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Collections de Editions de Minuit



Dernières parutions chez Editions de Minuit


Dernières critiques
Lena40
  20 octobre 2017
Sigma de Julia Deck
Sigma est une organisation secrète qui place ses agents auprès de personnalités d’influence en vue de missions plutôt obscures. La première d’entre elles consiste à neutraliser l’influence néfaste d’un peintre en retrouvant une de ses toiles disparues et en la diffusant auprès du plus grand nombre : la diffusion diluera l’obsession que provoquent ses peintures. Les missions sont toutes plus ou moins farfelues et insignifiantes. Et au fil des pages, les agents révèlent les petits travers de leurs cibles qui sont pour nous les personnages principaux de l’histoire.

La forme du récit est également originale. La suite de rapports et d’ordres de mission entre les agents en activité sur le terrain et le groupe Sigma est agréable à lire et permet d’alterner les points de vue et d’avoir une vision complète des activités de Sigma à Genève.

L’histoire est inventive et le ton drôle. Une réussite que je recommande aux amateurs de la série des falsificateurs d’Antoine Bello.
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gavarneur
  19 octobre 2017
Ne pas toucher de Eric Laurrent
Style virtuose ou Tape à l'oeil ?



Ça ne commence pas très bien : au bout de deux pages je lis : « Et l'on verra tout de suite qui est-ce. » A froid, ce genre de provocation syntaxique peut m'énerver. Sept pages plus loin, au milieu d'une foule de parenthèses imbriquées (ce que je ne vais pas critiquer (c'est bien mon style (mais je me surveille (d'habitude)))), je remarque qu'il s'en ferme plus qu'il ne s'en ouvre. Grr. Je continue trois pages et je tombe (après un bel imparfait du subjonctif), sur le verbe accroire avec un complément d'objet indirect. J'ai failli laisser tomber, je commençais à penser que même dans le nom de l'auteur il y avait une faute d'orthographe : Laurrent avec deux r, c'est d'un prétentieux (j'en mets bien deux à Gavarneur, mais...).



Je suis pourtant content d'avoir continué, encouragé par la faible épaisseur du volume et parce que je regrette rarement d'avoir acheté un livre édité chez Minuit.

En un mot : Ne pas toucher est un roman léger à l'écriture brillante. Il ne s'y passe pas grand-chose : Clovis Baccara doit tenir compagnie à la récente épouse de son ami Oscar Lux (ces noms!) mais surtout ne pas toucher. On se doute un peu (on espère?) qu'il touchera, vu la fascination qu'exerce sur lui cette Véronica, surtout après le portrait de séducteur/prédateur qui constitue le premier chapitre. le dernier chapitre renverra magnifiquement à un des premiers, quand il s'agira des conséquences. Il se lit que c'est un pastiche de film noir, j'en doute un peu, même si les héros sont des gangsters (modernes ; qui gagnent plus d'argent à boursicoter, ou à fricoter de façon presque légale avec des oligarques russes qu'à faire des casses).



Le prétexte exposé, il me reste à vous parler de la manière. Et c'est éblouissant.

Connaissez-vous Bloch, l'ami du narrateur de la Recherche ? C'est à lui qu'Eric Laurrent me fait penser dans ce texte : par l'exubérance fleurie de son style. Mais si (dans mon (vague) souvenir) le style de Bloch est d'un parfait classicisme (quoiqu' ampoulé), empli de mythologie et de clichés floraux, celui de Laurrrrrent est un véritable feu d'artifice protéiforme.



Est-ce toujours justifié ? Empiler dix lignes de mots rares pour se moquer de la décoration lourde, mélange de dix styles, d'un palace californien est tout-à-fait approprié. Faire la même chose pour décrire les merveilleux nuages est un acte de virtuosité qu'on peut trouver inutile. Pour le palace, ça semble être une application directe du (malin et jouissif) La Guerre du faux d'Umberto Eco, détaillant la création du kitsch. Pour le nuages, on se croirait dans ce que Boucher a peint de plus mièvre, pas dans les petits poèmes en prose de Baudelaire.

L'accumulation de néologismes m'a plus amusé que dégoûté, mais c'est effectivement affaire de goût ; un peu fatigant si comme moi on a un vocabulaire limité, des dictionnaires lourds et un peu de paresse : on ne va pas vérifier si le mot est rare ou nouveau. Mais dans les deux cas, j'ai trouvé ça amusant (j'aime bien trouver des mots comme obombrer ou éréthisme, pas vous?).

La variété des points de vue, des temps, des tournures de phrase ressemble aussi parfois à un exercice de style un peu vain. Disons que c'est du Paganini et pas du Schubert, mais la virtuosité peut aussi être agréable (que les romantiques attardés me pardonnent, mais c'est la seule chose que j'admire chez Rachmaninov).

A l'opposé de la boursouflure, de la démesure volontaire du style, j'ai trouvé que l'atmosphère sensuelle qui imbibe les pages était rendue avec subtilité et distance, très agréablement (touchera-t-il?). le ton est aussi souvent un peu humoristique (tous ces auteurs Minuit ont bien digéré leur Echenoz) : « les propriétés imperméabilisantes de la torpeur » (exemple au hasard), ça me fait sourire, mais c'est bien vu.



Vous voilà donc prévenus : ça ne plaît pas à tout le mode, mais j'y ai passé quelques heures bien agréables.
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Jstrange
  19 octobre 2017
Un notaire peu ordinaire de Yves Ravey
Très bon livre, c'est le second que je lis de cet auteur et j'aime bien ce style, se coté non-dit alors qu'on comprends très bien la noirceur des fais. je conseille.
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