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La Découverte [corriger]

La Découverte est une maison d`édition française créée en 1983. Elle provient de la reprise du catalogue des éditions Maspero, et conserve de cet héritage une orientation politique marquée à gauche. Elle publie environ 135 nouveautés par an, dont les très connus annuaires L`état du monde, la collection d`ouvrages courts "Sur le vif", et les synthèses "Repères" très appréciées des étudiants.

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Dernières critiques
Le commandant d'Auschwitz parle

Suite à la vision du film Zone of interest, je voulais approfondir avec la lecture du témoignage du commandant du "fameux" camp d'Auschwitz, Rudolf Höss (principal protagoniste du film). Bien qu'il ne soit pas écrivain, le récit est relativement bien écrit et la lecture est fluide bien que glaçante. Il y décrit platement et froidement le fonctionnement et les agissements au sein de ce genre de camp. A le lire, il n’a fait que répondre aux ordres (c’est comme ça qu’il essaye de se dédouaner) et il a fait de son mieux pour rendre la vie des prisonniers la moins pénible possible. On est en plein dans la banalité du mal décrit par Hannah Arendt. Mais peut-on se contenter de cela ?

Durant cette lecture, j’ai souvent été confrontée à la pensée que cet homme n’était qu’un simple exécutant. Plusieurs fois, ce doute m’est venu et cela créait à chaque fois un réel malaise. Car il suffit de se remémorer toutes les horreurs qui s’y sont déroulées et se dire : mais en fait il aurait pu dire non et ne pas prendre part à cette machine de la mort !

Cette lecture est troublante et permet de poser question sur la genèse du mal et si ces hommes étaient de réels monstres ou des gens ordinaires.

Un document que l’on devrait faire lire aux négationnistes.

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Jouir

Souhaitant approfondir mon apprentissage du désir et du plaisir féminin je me suis vu recommandé ce livre de Sarah Barmak. Je dois avouer avoir été un peu déçu, ou peut être être passé à côté. 

Elle a une approche mi-scientifique, mi-journalistique et en tire un livre. Pourquoi pas mais il en ressort l’impression d’un mélange des genres. Elle s’intéresse à ces femmes qui n’arrivent pas à jouir et essaye d’en trouver les raisons. Puis elle part à la découverte des expérimentateurs de la jouissance féminine, ces gourous de l’orgasme qui proposent des expériences libératrices.

Il s’agit donc d’un voyage à la quête du plaisir dans lequel le désir est complètement absent. On y apprend qu’il faut passer beaucoup de temps à caresser le clitoris dont il faut devenir un spécialiste et en connaître l’anatomie sur le bout des doigts. Mais jamais elle ne s’intéresse à ce qui fait vibrer les femmes avant d’écarter les jambes ou même pendant le sexe. Le plaisir qui passe par la voix, les odeurs, le toucher, les corps qui se rapprochent, il ne semble pas entré dans l’équation. Les sources et les ressorts du désir de l’autre, l’excitation qui grandit et s’épanouit dans le sexe, tout cela n’aurait rien à voir avec l’orgasme féminin ? 

Les hommes sont absents, le désir pour un homme considéré comme une plaie que les femmes hétérosexuelles sont bien obligés de se coltiner pour atteindre l’orgasme auquel elles ambitionnent. Ils sont gauche et maladroits et globalement peu intéressés par le plaisir de leur partenaires. J’ai trouvé cela un peu injuste… Mais j’imagine aussi qu’il doit y avoir une part de vérité.



Il y a cependant cette notion de désir spontané par rapport au désir excité que j’ai trouvé intéressante, et à vrai dire révélateur d’une différence homme/femme clé.
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Les carnets de guerre de Louis Barthas, ton..

Un témoignage unique de la vie d'un poilu en la première guerre mondiale.

Unique par la tenue quotidienne de son journal d'un homme méthodique et scrupuleux, décrivant sa vie de simple soldat, au mieux caporal, au front.

Unique par cette destinée exceptionnelle d'avoir traversé l'entièreté de cette guerre, en fréquentant quelques uns des plus terribles champs de batailles d'alors et d'avoir survécu d'une pièce et reprendre sa vie après démobilisation.



Sa vie personnelle...Louis Barthas ne s'étend pas dessus. Il aura eu peu de permissions durant son incorporation, mais, pudeur de poilu conscient de survivre là ou tant d'autres disparaissent, il ne s'apitoie pas sur son sort de mari et père éloigné de sa famille ; il constate, avec peu de mots, simples.



Il réserve ses diatribes envers les officiers hautains, bien au chaud et mangeant à leurs faims, les "embusqués" ne montant jamais au front, et jalousés par les combattants. Sont aussi relatées quelques relations difficiles avec la population rurale, certains voyant quelquefois ces appelés comme des pillards.

De fait ces symboles de la France en guerre n'étaient paradoxalement pas toujours estimés à l'aune des sacrifices exigés d'eux, tant par leur hiérarchie militaire, les gendarmes ou la population de "l'arrière".



Les évocations des difficiles conditions de vie des soldats sont particulièrement prenantes tant en première ligne qu'au repos (qui n'en a que le nom), subissant les éprouvantes conditions météorologiques et les bombardements d'autant plus durement que les abris sont précaires ou inexistants.

A cela s'ajoutent les exercices militaires ou les corvées laissant peu de temps de récupération. Le chroniqueur finira la guerre dans un état d'épuisement extrême.



Au plan politique Louis Barthas, enfant du peuple, instruit, se revendicant socialiste issu de l'un de ses bastions "rouges" historiques, ne manque pas de fustiger régulièrement la hiérarchie militaire peu soucieuse du bétail humain, corvéable à volonté, chair à canon, neanmiins disponible sur le terrain.



Même si ces réflexions et appréciations sont frappées du sceau de la lutte des classes, elles expriment bien le ressenti et le ressentiment des valeureux poilus.



Avec une ironie certaine le narrateur met bien en exergue l'exagération des communications officielles sur la valeur de l'armée française alors que lui, sur le terrain, décrit beaucoup d'improvisations. La communication, déjà, au centre de l'action politico-militaro-mediatique.



Nous n'avons malheureusement pas d'éléments de la vie d'après l'armistice de Louis Barthas, valeureux citoyen pris dans un maelström qui a dépassé toute une époque, ainsi qu'une société européenne dominatrice à son apogée et marquant depuis lors son déclin ; son témoignage d'un survivant de l'absurde, tenu au jour le jour pourrait être inclus sans problème dans les cours d'Histoire.
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