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ISBN : 2875450808
Éditeur : Al-Hadîth (01/01/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Force est de constater que l’Islam a perdu ses lettres de noblesse d’antan et pâtit à l’heure actuelle d’une profonde régression alors que la civilisation islamique connût l’âge d’or des siècles durant.

Chakîb Arsalân nous livre un vibrant argumentaire dans lequel il expose les raisons du déclin de la civilisation islamique. Une analyse critique qui fait toute la lumière sur cette décadence tout en tordant le cou aux stéréotypes largement véhiculés en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
dido600
  24 juillet 2018
Essayant de répondre aux préoccupations du moment, par le truchement d'une lettre lui demandant d'expliquer «les causes de la régression des musulmans et de la progression des non-musulmans», Chakîb Arslâne n'hésite pas à exposer ses idées en analysant finement de nombreux points religieux, psychologiques et politiques s'articulant autour d'une réalité, sans cesse évidente, la mainmise des grandes puissances européennes sur des territoires arabo-musulmans et y installant, de différentes façons et par des moyens psychologiques et matériels violents, le système colonial.
La hauteur de vue, la pertinence de l'expression, l'humanisme sous-jacent de la réflexion de Chakîb Arslâne ont conquis, à l'évidence, tous les peuples soumis et qui, n'en pouvant mais, se sont livrés à la fatalité et, plus grave, se sont lâchés au culte du fanatisme et du désespoir.
Or, explique Chakîb Arslâne, l'Islâm n'est pas la cause du retard des musulmans, s'ils ne sont pas à l'heure du rendez-vous de la marche du monde, ce n'est pas la faute au Coran.
Sa longue et puissante réflexion nous en donne cette mesure: «Dans le monde musulman, si un appel se fait entendre en faveur de l'attachement au Coran, à la croyance, aux valeurs islamiques, à la langue arabe, à la littérature arabe et à la vie orientale, ceux qui ont un doute dans leur coeur se lèvent immédiatement pour crier: À bas la réaction! Comment voulez-vous progresser alors que vous êtes attachés à des valeurs et des formules discrètes qui nous viennent du Moyen Âge alors que nous vivons une période moderne?»
L'ouvrage est inépuisablement instructif. On comprend le retentissement qu'il a eu en Europe même, et le vif intérêt que lui ont accordé, tout bénéfice, de nombreux penseurs occidentaux. L'Islâm est culture et civilisation, cela ne fait aucun doute chez les hommes de science impartiaux. Il n'est pas une culture unique, une civilisation unique, «Toute civilisation, proclame Chakîb Arslâne, est tributaire des civilisations qui l'ont précédée, elle est la résultante des contributions successives de générations multiples de l'humanité, dans la diversité des races et des aptitudes.»
Dans bien des domaines de la vie des peuples, les réalisations des Arabes ont apporté le bien-être, la paix, le respect de l'Autre, le respect de la vie et de quelque race que soit cette vie. L'idée de «chocs des cultures» n'est ni arabe ni musulmane, de même qu'elle n'est ni européenne ni chrétienne. Chakîb Arslâne en revient toujours aux causes profondes de la décadence, par exemple, chez les Grecs et les Romains, avant et après le Christianisme; il s'interroge: «Devons-nous prétendre que le Christianisme est la cause de sa décadence? [...]
La décadence de Rome et celle de la Grèce après l'expansion du Christianisme par saint Paul résultent de plusieurs causes et facteurs parmi lesquels on peut citer la décadence morale, l'absence de dignité, les mauvaises moeurs, le libertinage, l'athéisme et le déclin des États. [...] L'affirmation de certains historiens européens selon laquelle l'expansion du Christianisme à Rome et en Grèce a été la cause de leur décadence et de la disparition de leur civilisation n'a aucun fondement.
Les bouleversements qu'ont connus ces deux civilisations sont dans l'ordre naturel. Nul ne peut affirmer que le polythéisme convient mieux que le Christianisme au développement de la civilisation. Cette affirmation est celle-là même qu'expriment les ennemis de l'Islâm en prétendant que l'Orient
était florissant mais que l'Islâm l'avait détruit. [...]
Les Arabes au Moyen Âge étaient les professeurs des Européens. C'était une fierté pour un Européen que d'avoir été à l'école du monde arabe.»
Réfléchir en regardant les doigts de sa main
Aujourd'hui, le même problème demeure... Et de plus en plus, hélas! il est sanglant. Or, la solution est en l'homme, s'éduquer et s'instruire, se rencontrer, se connaître, fin des luttes intestines des responsables musulmans, fin de leurs appétits funestes au droit, à la justice et au bien-être,... Chakîb Arslâne a cette observation éminemment d'actualité: «Certains [Il s'agit des Musulmans athées qui feignent d'ignorer l'intolérance religieuse de l'Europe (note du trad. H. Tidjâni], en Europe, lorsqu'on dit: «Renaissance nationale», «université nationale», le mot ne signifie pas seulement le sol, l'eau, les arbres et les pierres, ni l'ethnie dont l'origine remonte au premier ancêtre, mais signifie bien la nation et le peuple avec toute la géographie, l'histoire, la culture, c'est-à-dire la nourriture, la croyance, la religion, la morale, la tradition tout ensemble. C'est pour cela que les Européens luttent et s'investissent (Missive à ceux qui veulent une renaissance nationale sans la religion).»
Dans ce recueil de «missives» et d'«articles», Chakîb Arslâne traite de thèmes étonnamment actuels! «Causes de l'évolution des musulmans dans le passé», «La perte par les Musulmans du principe
qui a présidé à la suprématie de leurs ancêtres», «Comparaison entre les situations actuelles des Musulmans et des Européens», «L'excuse des Musulmans et sa réfutation», «Traîtrise de certains Musulmans envers leur religion, leur patrie et leurs fausses excuses», «Principales causes de la régression des Musulmans», «Évoque des ignorants poltrons et leur réfutation», «Le déclin de l'Islâm a été provoqué par les conservateurs et les modernistes», «Les Européens sauvegardent leurs nationalités», «L'évolution des Japonais. Une leçon pour les Arabes et tous les Musulmans», «Les méfaits des traditionnalistes», «Les versets coraniques prêchent l'ardeur au travail»,... Chakîb Arslâne termine par une très édifiante conclusion dont les extraits suivants donnent une évidente signification: «Les Musulmans renaîtront avec les mêmes moyens utilisés par les Européens. Pour entamer leur renaissance, s'engager dans le progrès et la voie de la gloire à l'instar des autres nations, les Musulmans doivent lutter avec leurs biens et leurs armes comme le recommande Dieu dans le Coran. Aujourd'hui, on désigne cette lutte par le terme de sacrifice. [...] Les Musulmans peuvent, s'ils le veulent et s'ils agissent comme le leur recommande le Livre Saint, atteindre le même progrès que celui des Européens, des Américains et des Japonais, tout en restant attachés à l'Islâm comme l'ont été les autres. Ce sont des hommes comme nous le sommes. (Lausanne, le 11 novembre 1930).»
Voilà donc une lecture qui nous ramène d'une certaine manière au Premier homme, - nous sommes tous faits de la même argile, et si nous sommes aussi différents que les doigts de la main humaine, il y a certainement quelque utilité bienfaitrice pour que chaque doigt dépende de l'autre et inversement. Que chacun regarde donc les doigts de sa main et qu'il réfléchisse!
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   05 avril 2017
Il est du devoir des musulmans – afin qu’ils se relèvent, progressent, atteignent l’apothéose de la gloire et se développent à l’image des autres nations – de faire don de ses biens et don de soi, comme l’a enjoint Dieu dans Son Coran à plusieurs endroits. Ce combat est communément qualifié de « sacrifice » aujourd’hui.

Ni les musulmans ni même aucune nation ne connaîtra succès ni la prospérité sans sacrifice. Il est possible que le Cheikh Muhammad Basyûnî ‘Imrân ou d’autres qui ont sollicité notre avis sur le sujet pensaient que nous allions répondre que la clé du succès résidait dans la lecture de la théorie de la relativité d’Einstein par exemple, dans l’étude des rayons X de Röntgen et des microbes de Louis Pasteur, ou de la prise en considération que les télégraphes dépendent plus des ondes courtes que des longues, ou de l’étude des découvertes d’Edison, ou qu’il faut savoir que le crash récent de la montgolfière britannique est dû au fait qu’elle n’ait pas été gonflée d’hélium mais d’hydrogène et que l’hydrogène, même s’il est plus léger en poids, constitue un gaz inflammable alors que l’hélium n’est pas combustible même s’il est plus lourd que l’hydrogène, etc

En réalité, ces faits ne représentent que des ramifications et non des fondements. Il s’agit de conséquences et non de prémices. Le sacrifice ou le don de ses biens et de soi constitue la science suprême qui appelle toutes les autres sciences. Si la communauté se dote de cette science et agit en conséquence, elle sera maîtresse de tous les autres savoirs et sciences, et tous les fruits et les gains seront à sa portée.

Il n’est pas impératif qu’un nécessiteux soit conscient de l’effet de ce dont il a besoin pour être conscient du besoin qu’il en a.

Le philosophe d’Orient Sayyid Jamâl al-Dîn al-Afghânî me déclara une fois : « Le père tendre peut faire partie des gens les plus ignorants, mais lorsque son fils tombe malade, il choisit pour lui le plus compétent des médecins et sait qu’il y a une chosé bénéfique qui est la science. Il ne la possède pas, mais de par son attachement à la vie de son fils, il sait que cette science est nécessaire ». (pp. 203-205)
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