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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
J' ai aimé ce livre parce qu'il me renvoie à ma propre histoire , à ma propre souffrance , à mon parcours chaotique de femme en mal d'être, prisonnière d'un corps qui n'en finit pas de banquer pour toutes les" fautes commises". Assez égocentrique comme raison, mais c'est le genre de livre qui, pour une personne comme moi , symbolise une Victoire. Car le viol en réunion dans les caves ne date pas d'hier, il date des années 60, au moment où ont commencé à fleurir un peu partout ces fameuses Habitations à Loyer Modéré (HLM). Une plaie à coeur ouvert qui ne cesse de saigner et se plait à engendrer de plus en plus d'êtres en perdition,... pauvres petites fleurs dont les pétales ont volé en éclat avant même d'être éclos....Je suis une de ces petites fleurs, c'est pour cette raison et beaucoup d'autres que je me sens redevable à Samira qui a eu le cran de monter au créneau afin de briser la loi du silence qui entoure cette "pratique" ignoble. Pour elle, mais surtout pour toutes les "autres" . Les mêmes qu'ELLE" ....
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Samira Bellil est une rescapée. Fille d'algérien, elle passe son enfance dans la banlieue 95, à l'adolescence elle se rebelle et commence à traîner dehors avec les caïds de la cité.

Elle sera victime de plusieurs viols collectifs que l'on nomme aujourd'hui des "tournantes". Il s'agit de faire tourner une fille entre plusieurs garçons, chacun son tour "la saute". Rongées par la culpabilité et le dégoût, détruite par le laisser aller de sa famille et les non dits, la rumeur qui se propage si vite dans ces quartiers et terrasse la vie des pris pour compte. Elle se débrouille comme elle peut, vu que les gens la laisse tombée les uns après les autres. Elle se réfugiera dans l'alcool et le cannabis. Après une longue thérapie, avec enfin une psychothérapeute compréhensive et à l'écoute, elle décidera de faire ce témoignage pour qu'on parle de ce qui se passe vraiment dans les cités, les non dits, la loi du silence, la loi du plus fort, les pressions physiques, sexuelles, morales, sans oublier la honte et les humiliations qui sont le vrai quotidien de ces filles.
Et pousser haut et fort un grand coup de gueule contre la justice qui n'est malheureusement pas faite ou pas comme il le faudrait !!!
Pour toutes ces femmes, qu'elles appellent ces " frangines ", victimes, comme elle, qui ont subis le pire des crimes.
Mais surtout pour briser la loi du silence.

" "Pour sortir de mon malheur, il m'a fallu des années d'effort et beaucoup de souffrance". À 29 ans, Samira Bellil reconsidère son passé et se raconte tout entière dans ce récit autobiographique fort et émouvant. Dans l'enfer des tournantesest, comme le dit Samira, "la triste histoire d'une minette de banlieue". À 13 ans, Samira a été violée et battue à plusieurs reprises dans une cité de la banlieue parisienne. Sous le joug d'un caïd local, elle a eu peur, des années durant, de témoigner. Peur des conséquences, peur de la répression, peur du qu'en-dira-t-on. Sans fausse pudeur et sans rien cacher de ce qu'elle a subi et qu'elle nomme "la loi des cités", Samira Bellil confesse le souvenir des violences qu'elle a subies et la perte progressive des repères que cela a entraîné dans son comportement. de la "fille fleur bleue" qu'elle était, elle a été vite considérée comme une "fille facile", puis une "fille à cave". Vite marginalisée, Samira raconte comment elle a été rejetée par sa famille et même par certaines de ses amies. Placée en centre, elle est devenue fugueuse et très vite a tourné autour de la petite délinquance, livrée à la rue et à ses tentations.
Ce témoignage très cru et très brut dans sa forme résonne de vibrants accents sincères. Il dénonce vigoureusement la violence des milieux matchistes chez certains jeunes garçons de banlieue. Il témoigne aussi et surtout de la rage de cette femme pour renaître au monde après tant d'humiliations et d'oubli de soi. "Grâce au livre, je pense avoir retrouvé une forme de dignité", affirme l'auteur. Cette confession, aussi douloureuse soit-elle, en valait donc la peine puisqu'elle nous livre au final une vraie leçon de courage. "
-- Denis Gombert --

J'ai trouvé cette citation très parlante que dire de plus que ce qui vient d'être dis, ce livre est un témoignage riche en émotions, surprises et beaucoup de courage.
Certes le vocabulaire employé tout au long du livre est assez dur à supporter, sans cesse il y a des insultes, vulgarités de tous genre, mais c'est le langage de la cité !!! Alors on fait avec mais c'est dommage qu'il y en est autant. Sinon le livre est vraiment bien, il lui a fallu du temps pour accepter ce qui c'était passé et vivre avec, et pouvoir raconter sa vie comme ça avec autant d'aisance, je vous tire mon chapeau.
Malheureusement la vie ne l'aura décidément pas gâtée car peu de temps après ce poignant témoignage, la reconnaissance des autres et son engagement pour l'association "Ni Putes, Ni Soumises" dont elle est la marraine, Samira est décédée en 2004, d'un cancer de l'estomac.
Elle repose maintenant en paix au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.
J'ai beaucoup aimé ce livre et la seule chose qu'on peut rajouté tout ce qui vient d'être dis, c'est ...
BRAVO !!!
Lien : http://leslecturesdemademois..
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Un témoignage brûlant sur la réalité de la vie de banlieue quand on est une fille un peu paumée et surtout quand on n'a pas le soutien de plusieurs "grands frères" pour vous "protéger" .
Garges les Gonesse . Samira a 14 ans . Elle est la fille d'un algérien alcoolique , porte-flingue du FLN , ex-taulard et d'une mère , elle-même femme battue qui n'a 'rien pu faire pour sa fille à part la mettre 5 ans en Belgique , dans une famille d'accueil qui sera la seule à lui prodiguer un peu d'amour et lui faire mener une vie "normale" . Sa mère la récupère et Samira se retrouve en butte avec son père qui la frappe et la jette dehors même en pleine nuit alors qu'elle n'a que 11 ou 12 ans . S'en suit une série de bêtises : fugues , vols , petites filouteries . Samira essaie d'exister . A 14 ans , elle accepte de coucher avec le "caïd" de la cité voisine de Garges qui se moque bien d'elle et l'oblige à se contenter , pour leurs ébats d'un vieux canapé puant dans une sordide cave d'immeuble dans les odeurs d'essence et d'urine . Elle se retrouve perdue de réputation car dans la cité , une fille bien reste vierge jusqu'au mariage et ne zone pas en soutenant les murs . Elle doit rester chez elle , faire le ménage , la vaisselle etc ... Samira n'est plus qu'une "taspé de cave" ...
Tout cela finit par une série de viols délicatement appelés "tournantes" et toutes les conséquences qu'il faut découvrir dans le livre .
Sachez simplement qu'il faudra quatorze ans à Samira pour arriver à remonter de sa descente aux enfers . Elle commencera par s'auto-détruire car elle se sentira d'abord coupable . Il lui faudra faire soigner son physique et son mental . Heureusement , elle rencontrera une psychologue qui l'aidera à se reconstruire , un avocat qui obtiendra la revision de son premier procès et finalement une journaliste qui lui permettra d'écrire ce livre , thérapie définitive qui la remettra enfin sur les rails d'une vie normale .
On a droit au passage à de longs développements de type freudiens sur ses rapports au père à croire qu'elle en veut plus à ce dernier qu'à ses différents violeurs . Un peu d'abus de langage " banlieue" : " ça kiffe grave !" , mais pas trop .
Un livre à lire si l'on veut se faire une idée réaliste sur la vie des cités . Ceux qui y vivent savent que c'est bien comme elle dit . " La banlieue , finalement c'est pas si mal et y a pas que des salauds . D'ailleurs , elle y vit toujours ."
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Un livre qui dépeint les conséquences de multiples maltraitances, de viols, de non amour familial, non écoute. La vie de Samira est parsemée d'échecs, de malheurs, de douleurs... Elle a vécu dans une cité.
Comment se trouve-t-elle mêlée à tout ça?
Comment va-t-elle s'en sortir?

J'ai dévoré ce livre qui crache l'incompréhension, la douleur.
Ce livre est douloureux à lire, triste, horrible, inhumain...
Grâce à ce livre, on en apprend sur les mentalités, les conditions de vie, la culture, comment est-ce qu'on devient agressif et pourquoi.
La 2ieme partie du livre est moins dure à lire. Malgré ses nombreuses déceptions, elle garde en elle, ses rêves et une rage folle de comprendre ce qui lui arrive. En prenant la décision de s'aider, elle s'ouvre des portes vers un avenir plus positif.
Un livre poignant et profondément touchant.
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Un cauchemar. C'est l'impression qui s'installe en lisant ce livre. Un premier viol, un deuxième viol, un troisième. La violence du père. La négligence de la mère et des structures d'aide. La justice injuste. le témoignage de Samira Bellil est un livre coup de gueule en même temps qu'un livre coup de poing. On en ressort avec un profond sentiment de révolte à l'idée qu'on puisse infliger cela à une jeune fille, de pitié à la pensée de tous les "pas de bol" qui lui sont tombés dessus en plus de ses galères et de son traumatisme et, aussi, d'admiration pour son courage, sa détermination à s'en sortir. "Dans l'enfer des tournantes" est écrit dans un langage presque oral, truffé d'expressions "made from 93" qui peut s'avérer un peu fatigant à la longue. Mais c'était et c'est toujours un livre nécessaire pour briser la loi du silence, secouer les idées préconçues et, peut-être, faire bouger les mentalités. J'ai été frappée, également, par la réflexion, le regard critique que Samira pose sur son cheminement psychologique, sur l'engrenage de son passé, sur les mentalités des cités, le comportement de ses parents. Un livre intéressant mais douloureux. A réserver à des lecteurs assez mûrs et à faire passer avec quelque chose de plus léger après !
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Un livre qui m'a fait l'effet d'un coup de massue. Un témoignage difficile à lire, mais qui éclaire sur une réalité, les tournantes. Certes l'auteure utilise énormément de langage cru / vulgarité mais cela n'enlève en rien la qualité de ses écrits, cela a même plutôt sa place. On retiendra toute la violence qui a entouré la vie de Samira Bellil, son parcours du combattant pour se reconstruire après tant d'années de lutte, et sa détermination pour s'en sortir. Un livre a mettre entre toutes les mains.
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Résumé : " "Pour sortir de mon malheur, il m'a fallu des années d'effort et beaucoup de souffrance". À 29 ans, Samira Bellil reconsidère son passé et se raconte tout entière dans ce récit autobiographique fort et émouvant. Dans l'enfer des tournantes est, comme le dit Samira, "la triste histoire d'une minette de banlieue". À 13 ans, Samira a été violée et battue à plusieurs reprises dans une cité de la banlieue parisienne. Sous le joug d'un caïd local, elle a eu peur, des années durant, de témoigner. Peur des conséquences, peur de la répression, peur du qu'en-dira-t-on. Sans fausse pudeur et sans rien cacher de ce qu'elle a subi et qu'elle nomme "la loi des cités", Samira Bellil confesse le souvenir des violences qu'elle a subies et la perte progressive des repères que cela a entraîné dans son comportement. de la "fille fleur bleue" qu'elle était, elle a été vite considérée comme une "fille facile", puis une "fille à cave". Vite marginalisée, Samira raconte comment elle a été rejetée par sa famille et même par certaines de ses amies. Placée en centre, elle est devenue fugueuse et très vite a tourné autour de la petite délinquance, livrée à la rue et à ses tentations. Ce témoignage très cru et très brut dans sa forme résonne de vibrants accents sincères. Il dénonce vigoureusement la violence des milieux machistes chez certains jeunes garçons de banlieue. Il témoigne aussi et surtout de la rage de cette femme pour renaître au monde après tant d'humiliations et d'oubli de soi. "Grâce au livre, je pense avoir retrouvé une forme de dignité", affirme l'auteur"

Salira Bellil nous raconte sans détour l'horreur qu'elle a traversé ... 3 fois!
J'avoue m'être demandée si c'était réel, si elle n'inventait pas, mais non. C'est ça le plus terrible. Ce remettre d'un viol est très dur, et cela peu prendre des années, du coup j'ai du mal à imaginer comment elle a fait pour trouver la force de se relever!

Issue d'un milieu modeste d'une ville étudiante de province, je ne connais la vie des banlieues parisienne que par ce que j'en vois à la Tv. Là c'est une vraie plongée dans les quartiers et dans la vie d'une jeune fille qui vit dans les banlieues. Ce qui m'a le plus marqué, ce n'est pas tant les viols en eux mêmes mais la violence que Samira subies tout autour.
Lors des scènes où elle est battue, il m'est arrivée d'avoir la nausée tant c'était criant de vérité et que la douleur transpirait à travers ses mots.
Samira est une survivante et elle a tout mon respect.
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Samira Bellil a été victime de plusieurs "tournantes". Rongée par la culpabilité, les rumeurs dans son quartier... elle se réfugie dans la drogue et l'alcool. Son témoignage dévoile la violence sexuelle qui s'est instituée et banalisée dans les cités et les banlieues. C'est le premier témoignage que j'ai lue. C'est une histoire dure à lire, certains passages sont choquants. Ce livre est tellement bien écrit qu'on se sent directement dans la peau de Samira. On a envie de l'aider, de crier, de pleurer avec elle. Son témoignage m'a vraiment marquée.
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Un livre dur, qui relate sans romance la vie d’une jeune fille des cités, d’une caillera comme elle dit ! Elle c’est Samira Bellil, l’auteur et la victime de ce livre. C’est sa vie qu’elle nous raconte, dans toute sa souffrance, dans toutes ses douleurs, qu’elle crache en pleine gueule aux yeux du monde. A ceux qui n’ont rien voulu savoir quand il était pourtant temps de réagir. A ceux qui l’ont laissée détruire sa vie. A ceux qui ont été les précurseurs de sa descente aux enfers.

Par ce livre on découvre l’horreur que peut-être la vie dans les cités… jusqu’où peut aller le non respect de l’être humain… Comment on passe de victime à accusée… Si une fille se fait violer c’est forcément parcequ’elle le cherchait. C’est une évidence même. Samira nous décrit un monde dans lequel, si tu n’as pas de grand frère pour te protéger, tu n’es rien. Un monde où lorsqu’un homme est passé une fois sur ton corps, ce dernier devient l’objet de tous ! sans discussion possible !

Un monde où la loi du plus fort a loi sur toutes les autres. Où il semble que la vermine ait bien plus de valeur que la victime. Pourtant il suffira d’un homme, un seul, pour que Samira retrouve enfin l’espoir d’être reconnue comme une victime… Un livre à lire, parce qu’elle n’a pas vécu tout ça pour rien. Un livre pour prévenir que celà existe et qu’il ne faut pas rester seule avec son silence et son sac à malheur sur le dos. Un livre pour dire que chacun a le droit à la vie et au respect.

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C'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu ce livre. Très jeune adulte à la naissance du mouvement "Ni putes ni soumises" j'avais suivi de loin leurs actions. Ces jeunes femmes abusées et combatives m'impressionnaient par leur force.
Grâce au témoignage de Samira on comprend comment le poids des traditions, l' excès de pudeur, de souci du regard de l'autre empêchent des enfants de grandir "normalement". Cette femme a subi des viols, des violences et a du se construire seule et dans la culpabilité. C'est ainsi qu'elle a enchaîné les déroutes.
Je suis en colère contre ces parents qui élèvent ainsi leurs enfants, en colère contre la justice, en colère contre ces jeunes hommes qui se croient tout permis.
Et enfin en colère que cette femme soit décédée peu de temps après.
J'espère que son livre a pu faire évoluer un peu les mentalités dans les cités.
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