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EAN : 9781090134271
144 pages
Laville Editions (23/02/2013)
4/5   2 notes
Résumé :
La période est difficile car elle est révolutionnaire, et Bonaparte l'est aussi ; mais prudemment, car tout engagement est dangereux et que, de toute façon, il n'aime pas le désordre. Il n'est ni girondin ni jacobin. Plutôt de la Montagne. En fait, il est surtout militaire et, en juin, déjà capitaine-commandant. A Marseille les deux conventionnels, Salicetti et Gasparin, corses d'origine, qui cherchaient un officier d'artillerie, rencontrèrent Joseph qui leur présen... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sarindar
  17 juillet 2017
C'est ici, à Toulon, que démarre la geste napoléonienne.
Nous sommes en 1793. L'arrestation des Girondins créé des remous politiques dans le sud de la France, notamment en Avignon, à Marseille et à Toulon. Et Toulon, ville qui fut divisée en deux camps radicalement opposés, ne va pas craindre de faire appel aux Anglais pour se rebeller contre le pouvoir parisien montagnard. La marine est elle-même bien écartelée entre les deux factions, l'une pro-royaliste rangée derrière l'amiral Trogoff, et l'autre républicaine. L'amiral Hood, chef de l'escadre anglaise, prend donc possession de Toulon avec des contingents britanniques, espagnols, piémontais et napolitains
Une expédition est aussitôt montée pour faire le siège de la ville et demander raison à ses habitants. le début des opérations se situe le 8 septembre 1793, avec l'arrivée d'une armée commandée par le général Carteaux.
Bonaparte, qui se plaint de n'avoir aucune affectation qui lui permettrait de donner sa pleine mesure, alors que bien de ses condisciples ont déjà fait leurs preuves, mais qui a préféré longtemps le théâtre corse où il espérait se faire un nom, ce qui ne s'est pas fait car l'expédition en Sardaigne s'est achevée en fiasco, ne demande qu'à servir et à montrer de quoi il est capable. Il pense donc que c'est une aubaine de proposer ses services aux attaquants.
Il a, sur les autres officiers présents, l'avantage de bien connaître la ville, puisque sa famille est d'abord passée par là après son départ de la Corse. Un rapide coup d'oeil lui permet d'affirmer qu'il faut prendre pied sur les hauteurs qui donnent vue sur les deux anses où se concentrent les moyens de défense de l'ennemi, aussi bien sur le plan maritime que terrestre, afin de canonner les bateaux et les forts. Son idée est donc de s'emparer de ces éminences et d'y mettre en batterie des pièces d'artillerie pour arroser de projectiles les positions adverses. Normal, Bonaparte est un artilleur et il est plein d'audace.
Seul problème, Bonaparte n'est guère aimé de Carteaux, qui est plutôt partisan de l'offensive conventionnelle par le moyen de l'infanterie et qui regarde avec mépris l'action des artilleurs. de plus, il s'arrange pour essayer de bloquer les initiatives du jeune homme en maintenant un contact direct avec le Comité de Salut Public, qui dirige les affaires à Paris. Bonaparte va allumer un contre-feu en se faisant un ami d'Augustin Robespierre, frère de Maximilien, qui est l'un des dirigeants du Comité de Salut Public et qui est représentant de la Convention, et en se faisant appuyer aussi par Christophe Saliceti, qui connaît déjà bien le jeune homme pour s'être servi de lui, en Corse, pour contrer l'action de Pascal Paoli, prêt à s'entendre avec les Anglais pour éliminer les partisans de l'alliance avec la France.
Malgré les obstacles dressés sur sa route, Bonaparte va pouvoir installer des batteries sur toutes les éminences qu'il désignait comme des points d'appui nécessaires pour espérer chasser les Anglais de Toulon.
Après le renvoi de Carteaux, son remplacement par Doppet, malchanceux dans on attaque contre le fort Mulgrave en novembre, c'est au général Dugommier, convaincu de l'utilité de l'artillerie dans la guerre de siège, que l'on fait appel, et qui donne immédiatement raison à Bonaparte dans son plan d'action. Dès lors, on tentera le tout pour le tout, surtout que l'impatience du Comité de Salut Public et de la Convention poussera tout le monde à agir, sous peine de perdre la tête en cas d'échec. le 30 novembre, une sortie très menaçante mais aussi très aventurée des Anglais et des Espagnols conduira Dugommier et Bonaparte à une riposte immédiate, qui vaudra au général O'Hara d'être fait prisonnier. Enhardi par ce succès, les troupes républicaines lanceront un assaut massif dans la nuit du 16 au 17 décembre 1793, au cours duquel Bonparte sera blessé à la cuisse, mais qui donnera immédiatement de très bons résultats en permettant à l'artillerie française d'écraser sous une pluie de boulets de canon les forts du Faron et de Malbousquet. Devant cette situation, les Anglais vont décider d'évacuer la ville et le port, sans cirer gare, non sans détruire l'arsenal et une partie des bâtiments français qu'ils avaient capturés.
Le 19 décembre, les forces républicaines pénétreront dans la ville, vidée d'une bonne partie de sa population, partie avec les Anglais. Ceux qui demeuraient là allaient faire les frais pour les absents et pour le soulèvement de la ville contre la République. Plusieurs centaines de personnes seront purement et simplement massacrées sans procès par une armée répondant à des ordres criminels. Par chance, Bonaparte ne se salira pas les mains dans ces représailles, occupé alors à se soigner et à retourner contre un éventuel assaillant les moyens de l'attaque qui allaient devenir désormais ceux de la défense. Il sera nommé général de brigade à la fin du mois, et trouvera un peu moins de trois ans plus tard les moyens d'organiser son destin en commençant par mener une campagne fulgurante dans la botte italienne.
À Toulon, il aura vraiment forgé ses premières armes et démontré pour la première fois non pas toute l'étendue de ses capacités militaires mais une bonne partie de celles-ci. Et il se sera constitué un premier carré de fidèles, parmi lesquels il faut retenir les noms de Muiron et de Junot.
Bonaparte à Toulon 1793 : Les prémices d'un destin est l'un des livres qui permettent de mieux comprendre l'action de ce jeune militaire, qui sut aussi se muer - déjà- en homme politique, puisque son célèbre dialogue écrit et passé à la postérité sous le titre de : le souper de Beaucaire a fait voir combien ses vues pouvaient être appréciées par les représentants en mission, notamment Robespierre le jeune, dont il devint très proche lors du siège de Toulon. Cela vaudra d'ailleurs au jeune Bonaparte quelques déboires et un internement provisoire à la chute de Maximilien Robespierre, le 9 Thermidor. Mais l'on sait que Bonaparte, qui savait retourner les situations apparemment défavorables à l'avancement de sa carrière militaire, réussit à se tirer de ce mauvais pas. Et ceci est bien sûr - ou pas du tout - une autre histoire.
François Sarindar
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talou61
  24 juillet 2017
Merci à Sarindar pour ce conseil de lecture ! C'est en regardant son profil et ses lectures en cours que j'ai connu ce livre...
Les descriptions des batailles, de la stratégie et des armes sont complètes et étayées par une carte très utile.
J'ai aimé les petites biographies des soldats présents à Toulon, les fidèles : comme Junot, Marmont et Muiron.
Dommage que la présence d'Augustin Robespierre, en tant que représentant en mission au siège de Toulon ne soit pas plus développée.

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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
talou61talou61   24 juillet 2017
Napoléon assistait à ce spectacle, qui lui paraissait aussi déchirant que sublime, et il l'a plus d'une fois retracé : les navires dont la carcasse et les mats se dessinaient distinctement au milieu de cette conflagration, ressemblaient à des feux d'artifice ; l'arsenal d'où s'élevait un tourbillon de flammes et de fumée, avait l'air d'un volcan en éruption ; une immense clarté rouge remplissait le ciel ; on voyait en pleine nuit comme en plein jour.
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talou61talou61   24 juillet 2017
Mais les représentants en mission à l'armée d'Italie, Barras, Fréron, Ricord, Augustin Robespierre, joignirent leurs plaintes à celle de leurs collègues. Barras et Fréron déclaraient que Carteaux ne possédait aucune connaissance militaire, qu'il avait déjà perdu deux mois et qu'il échouerait certainement. Augustin Robespierre affirmait que l'éloignement de Carteaux serait une victoire.
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