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On ne va pas raconter cette histoire devenue classique jeunesse.
Descriptions sublimes des terres du Nord, et plongée dans l'univers rude qui met en présence les prédateurs "naturels" que sont les ours et les prédateurs civilisés que sont les hommes. Chasse, traque ... tension...
François Happe signe une nouvelle traduction pour les éditions Gallmeister qui sont spécialisés dans la littérature d'outre-atlantique. de mon point de vue, ils ont réussi leur pari de redonner un coup de jeunesse à cette très belle histoire : le magnifique grizzly Tyr de ma jeunesse s'appelle ici Thor comme l'original américain...
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Il ne faut pas bouder la littérature de jeunesse de cette qualité.

Tout y est: aventures, émotions mêlées de crainte et d'admiration pour la bête hors norme du récit, férocité des hommes pour un trophée dans une nature originelle soumise dorénavant aux coups de feu et aux meutes de chiens.
S'installer, se laisser attendrir par l'ourson Muskwa qui découvre l'immensité du territoire de Tyr, une sorte de divinité animal, un Thor grizzly qui peut tuer d'un coup de patte mais aussi pardonner.

La scène finale est inspirée de la dernière chasse de l'auteur qui, ensuite, retourna sa veste et remisa ses cartouches dans la boîte à idées. Il s'ensuivit le message suivant en 1916 qui est toujours d'actualité: "le plus grand frisson de la chasse n'est pas dans l'acte de tuer, mais dans celui de laisser vivre. "

L'un des premiers livres pour la défense des animaux.
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L'histoire :
Nous sommes dans les montagnes Rocheuses, en pleine nature sauvage, au début du XXe siècle. Deux chasseurs - Jim et son ami Bruce - sont sur les traces de Tyr, un grizzly d'une taille et d'un poids impressionnant. Les hommes le traquent pour sa peau, mais rien n'y fait : l'animal les fuit et les sème, parcourant monts et vallées. Mais c'est sans compter sur l'Indien Metoosin et ses chiens, venus rejoindre les deux chasseurs. le trio se met en piste pour venir à bout du colosse. Tyr tient tête aux chiens les plus courageux pour protéger Muskwa, un ourson orphelin qu'il rencontre par hasard, affamé, apeuré et solitaire, errant pour retrouver sa mère partie chasser les loirs. Se sauvant devant l'avancée inexorable des hommes, Tyr et Muskwa rencontrent en chemin Iskwao, une ourse avec laquelle il avait jadis sympathisé. Muskwa en profite pour s'essayer au jeu avec le petit d'Iskwao, un ourson un peu plus âgé que lui. Dans leur fuite, Iskwao et Tyr viennent à être séparés. Soudain, Tyr fait face à Jim désarmé (en fait, il a cassé sa carabine en dégringolant d'un rocher), Tyr l'épargne et lui tourne le dos. du coup, Jim refusera de tuer le grizzly et relachera Muskwa, fait un temps prisonnier du trio.

Quel passage faut-il retenir ? il est difficile de choisir un passage de ce livre car tous dégagent une émotion et portent un message particulier. Les moments de complicités entre Tyr et Muskwa sont particulièrement touchants. Les scènes de chasse, mettant en oeuvre les chasseurs et les chiens ne le sont pas beaucoup moins. La scène où l'un des chasseurs fait découvrir à Muskwa le goût du lait condencé nous émeut. Et que dire de la scène du pardon accordé par le grizzly à son tueur ou de la scène où Tyr prépare Muskwa à l'arrivée de l'hiver canadien.

Mon opinion :
Le lecteur a entre les mains un superbe roman d'aventures qui se lit comme on regarde un film, mais pas n'importe quel film, le film "L'ours" de Jean-Jacques Annaud (1988), film qui a reçu le César du meilleur réalisateur et qui est la transposition à l'écran de l'ouvrage de Curwood : tout y est, depuis la description des montagnes, des pics et des neiges froides où règnent en maîtres absolus l'aigle, le bouquetin, la chêvre sauvage, jusqu'aux forêts profondes et aux lacs où nagent les truites sauvages et travaillent les castors. Sans parler des bruits du vent qui souffle entre les pins, du tonnerre qui gronde et fait exploser la montagne, de la pluie qui se déverse comme un déluge sur la tête des hommes et des bêtes. Et puis ce sont les senteurs des fleurs des montagnes, des racines fraîchement déterrées, de l'humidité qui s'est installée dans les creux et les arbres morts.

Le lecteur a également entre les mains une véritable aventure sentimentale, celle d'un ourson orphelin, inconscient et maladroit, qui est adopté par un ours solitaire. Tyr fera avec lui l'apprentissage de la vie et du mal, un mal que personnifient les chasseurs lancés à leurs trousses. C'est aussi l'aventure de l'un de ces chasseurs qui prendra peu à peu conscience de la dignité de la vie animale et de la futilité de la chasse.

Curwood explore dans ce livre beaucoup de sujets : la paternité, l'amitié, la folie des hommes, la lâcheté, la pureté de la nature, l'intelligence si facilement brisée par la bêtise. Il s'agit d'une fable émouvante et bien construite qui explore dans un parcours initiatique les penchants de l'âme humaine à travers le regard d'un animal innocent. Tantôt traumatisant par la mort de la mère de Muskwa et par les blessures profondes infligées à Tyr et aux chiens, tantôt amusant, espiègle ou émouvant, "Le Grizzly" donne un sens à la bonté des actes humains. Malgré ses griffes et ses pattes, les plantigrades, à notre image, suivent leur propre route. Croisant leurs chemins, l'homme - animal supposé supérieur - apprend la compassion, le respect, et trouve la rédemption.
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Enfant, j'ai été fascinée par le film "L'Ours" de Jean-Jacques Annaud sorti en 1988. Quel enfant n'a pas serré contre son coeur un ours en peluche ? Je m'étais attachée à ce personnage ursin et à son protecteur, roi du Wild, lui-même seul personnage principal du roman de James Oliver Curwood "Le Grizzly" qui a inspiré le réalisateur.

C'est un roman de grand nature-writing qui se déroule dans les Rocheuses, côté Colombie-Britannique. Les descriptions sont dépaysantes à souhait et j'ai de plus régulièrement consulté les photos publiées sur le net pour m'immerger complètement dans cette atmosphère à la "Into the Wild".

Le Wild offre justement un écrin enthousiasmant et cruel à l'action de ce récit : une chasse qui s'établit entre hommes et ours, jusque là préservés de la convoitise humaine. Si l'on se remet dans le contexte de 1916, date de parution du roman, on comprend à quel point ce dernier était précurseur en s'attachant à décrire la relation de domination entre espèces avec un parti pris pour l'animal. D'un côté les capacités de combat du "fauve" parfaitement adaptées à son environnement, de l'autre, les armes à feu et les chiens, totalement inadaptés au contexte naturel. Cela pose question, bien sûr, quant à la nuisance que l'homme représente pour la Nature et ses créatures.

J'ai beaucoup apprécié ma lecture qui m'a tout autant fascinée que l'adaptation ciné. Un beau moment qui peut être lu dès le jeune âge. Quel enfant n'a pas à coeur de défendre son ours en peluche ?


Challenge XXème siècle 2022
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Le roman le grizzly est le symbole parfait, d'une nature en combat permanent pour survivre et faire valoir ses droits par rapport au monde prédateur des humains.
L'auteur en racontant l'histoire émouvante de deux animaux mythiques du grand Nord canadien, un grizzly et un ours, nous immerge au coeur du territoire inaliénable de ces deux beautés de la nature.
Curwood lui-même ancien chasseur fait son mea-culpa en décrivant des chasseurs d'ours sans pitié, qui finalement pris au piège de la nature sauvage, prendront conscience de leur attitude stérile et vaniteuse en abandonnant leur cruelle battue.
L'auteur amoureux du grand Nord et de sa faune, donne un souffle presque mystique au récit, rendant l'humanité humble, devant ces êtres de pureté, élevés comme des dieux intouchables au panthéon de la nature.
Ce roman peut être considéré comme un des premiers récits écologiques du siècle dernier, il sera magnifiquement adapté au cinéma sous le titre L'ours en 1988.
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Nous sommes en Colombie Britannique dans l'ouest canadien, dans les Rocheuses. de vastes prairies, des massifs montagneux à perte de vue, un aigle traverse le ciel, au loin, un troupeau de caribous, des marmottes siffleuses et des spermophiles bien grassouillets et au bord de la Skeena, des castors s'affairent à construire un barrage. Là vit un gentleman, j'ai nommé le grizzly Thor.
Alors vous allez me dire qu'on est loin de l'idée que l'on peut se faire d'un véritable gentleman et que le grizzly est au contraire une bête féroce capable de tuer un bison.
Dans ce roman, deux chasseurs Jim et Bruce accompagnés d'une meute de chiens poursuivent pendant des semaines le plus gros grizzly qu'ils n'ont jamais vu, d'une puissance extraordinaire. Quel trophée magnifique s'ils arrivaient à ramener la bête, leur réputation de chasseurs serait acquise et on en parlerait encore aux générations suivantes. Mais les choses ne se passent jamais comme prévu.

Ce roman est un plaidoyer pour la nature sauvage et nous permet de réviser nos positions sur l'animal car comme je l'évoquais plus haut, les choses ne sont pas si simples qui est la bête féroce, qui est le gentleman ?

Jugez plutôt.
Le mâle est capable d'adopter un ourson orphelin qu'il ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam.
Lorsqu'il observe que l'ourson a du mal à le suivre, il va modifier son trajet pour le lui rendre plus accessible
Quand il pêche le saumon à l'aide de ses grandes paluches et qu'il envoie le poisson sur la rive, si un autre grizzly est là à chaparder la pitance, ça peut vite tourner à la bagarre mais s'il s'agit d'un vieux grizzly en fin de vie, no problemo, sers toi frère.
Enfin, lorsqu'il se trouve nez à nez avec le chasseur qui lui a tiré dessus, eh ben, vous savez quoi ? Non, rien.

Lorsque dans mes jeunes années, je crapahutais dans le parc de Yellowstone aux États-Unis, on nous avait prévenus à l'entrée du parc : pas de camping sauvage, louez des bungalows, pas de caravane car les grizzlys les retournent pour trouver de la nourriture.
Les campings étaient pleins, pas un bungalow de libre, alors avec mes deux potes, on a fait du camping sauvage une petite semaine. Pas vu un seul grizzly, le garde forestier travaillait là depuis un an et n'en avait pas encore vu un.
Mais quelle trouille on avait, on faisait des tours de garde la nuit, Pfft, n'importe quoi, moi, je vous le dis, le grizzly est un brave type, faut pas le chercher, c'est tout. Par contre les hommes… Non, rien.

Challenge Multi-Défis 2023.
Challenge Totem.
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J'ai grandi en regardant le film “L'Ours” de Jean-Jacques Annaud et j'étais curieuse de découvrir le roman qui a inspiré le film. Ma lecture était empreinte de nostalgie et des images du film se superposaient aux aventures de Thor et Muskwa.C'est aussi amusant de voir comment mon regard d'adulte m'a permis de redécouvrir l'histoire autrement. le roman est en effet la confession d'un chasseur repenti qui livre son récit dans l'espoir de changer les mentalités des autres chasseurs comme lui-même a changé suite à la rencontre d'un grizzly et d'un ourson en 1916.

On sent son amour des grands espaces, de la nature, ce qui ne l'a pas empêché pendant longtemps d'être un “meurtrier” (ce sont ses propres mots) et cette définition de la chasse comme d'une tuerie est amenée tout doucement, en filigrane au fur et à mesure de l'évolution du personnage principal.

Le roman alterne les passages où on suit les ours et les passages où on suit les humains. On a donc à chaque fois les deux côtés de la pièce, beaucoup plus que dans le film où les animaux sont vraiment au centre de la narration. L'action se situe dans les grandes rocheuses canadiennes et on a vraiment cette impression de grands espaces et de liberté absolue tout au long de la lecture. Suivre Muskwa à la découverte du territoire de Thor, des herbes qu'ils trouvent délicieuses, ou de la pêche à la patte est vraiment relaxant. de l'autre côté, lorsqu'on s'attarde avec les chasseurs, on apprend beaucoup de choses sur les ours d'un point de vue “naturaliste” et c'est tout aussi intéressant.

J'ai beaucoup aimé suivre ces aventures (mais je ne pense pas être objective) qui sont à la fois les aventures d'un jeune ours qui apprend à se débrouiller tout seul et d'un homme qui comprend que la nature est à protéger des hommes, y compris de lui-même.
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Il y a des films que nous regardons petit, en boucle et que nous adorons sans savoir pourquoi.
Et un jour en grandissant, on se rencontre que ce film était avant toute chose un livre.
C'est ainsi que je me suis plongée dans ce fabuleux récit de James Oliver.
Cet homme était avant-gardiste pour son époque.
La manière dont il arrive à parler de la nature et du respect que peu de personne ont pour elle ( et encore plus de nos jours) est vraiment fabuleux à lire.
C'est une belle lecture pour tous âges. Et surtout une très belle leçon de vie et de respect.
Un grand classique a lire absolument !
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Un plaidoyer contre la chasse écrit par un chasseur. Ce serait sans doute un bon résumé, mais qui ne dirait pas l'émotion provoquée par ce récit, écrit en 1916 et qui résonne plus que jamais cent ans plus tard, où la nature décrite ici s'est encore rétrécie...Vue de deux points de vue différents, celui du narrateur/chasseur/naturaliste (qui est aussi l'auteur, on le comprend en lisant la postface), et celui du grizzly Thor, l'histoire est plus que sobre et nous emmène dans les montagnes du nord des Etats-Unis, dans la vie quotidienne d'un ours et dans celle de ses poursuivants, décidés à tuer ce Roi de la Forêt, qui passe lui-même pour un tueur. On se sent très vite totalement immergé dans cette traque, priant pour que l'intelligence et la force de l'animal lui permettent d'échapper à la mort. Et on assiste en parallèle à l'évolution du personnage du chasseur, qui prend conscience qu'il goûte bien plus les scènes magnifiques de cette vie sauvage qu'il n'appréciera la mise à mort de Thor. Un face à face inattendu le fera basculer définitivement et nous fera comprendre que vivre au plus près de ses "ennemis" peut tout changer. Un roman intemporel et plein d'enseignements.
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🐻 Grizzly - James Oliver Curwood 🐻
Traduction : François Happe @editions_gallmeister

Thor, le grand grizzly, arpente les montagnes du Grand Nord, un vaste et magnifique
territoire, son royaume. Un royaume que deux êtres mystérieux, des créatures agressives
à l'odeur étrange et accompagnées de pisteurs enragés à quatre pattes, s'apprêtent
à lui disputer. Blessé comme s'il avait été foudroyé par le ciel, Thor parvient à
s'enfuir dans la forêt. Là, il rencontre Muskwa, un ourson orphelin incapable de survivre
par lui-même, qu'il adopte et auquel il s'attache chaque jour davantage. Mais leurs deux
ennemis n'ont pas dit leur dernier mot, et la confrontation est inévitable. D'autant plus
inévitable qu'ils parviennent à capturer Muskwa.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, la première où je rentre dans la tête d'un ours! Hommage attendrissant à la nature sauvage, l'histoire de Thor seigneur de ses terres et de Muskwa petit ourson orphelin est à la fois belle et touchante. Comme la plupart de ceux qui l'ont lu je pense, j'ai détesté ces hommes venus perturber la tranquillité des montagnes, j'ai eu de la peine pour le petit Muskaw qui a perdu sa mère et se retrouve seul et affamé, j'ai éprouvé du respect pour Thor, roi tranquille qui arpente ses terres en quête de nourriture et j'ai été attendrie par la relation qui s'est créée entres ces deux là.
Bref j'ai vécu une formidable aventure 😊.
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