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EAN : 9782957310265
170 pages
Editions des quatre Seigneurs (01/05/2021)
4.69/5   8 notes
Résumé :
– C’est la dernière fois que j’épouse un métèque.
Comme d’habitude, il me rit au nez :
– Je, c’est la dernière fois que j’épouse.

Expatriée française, mari métèque, enfants métisses, mélanges détonnants !
Pour lui, la civilisation commence avec le bouddhisme, le whisky et la conduite à gauche.
Pour elle, le dépaysement tous azimuts est une potion magique, à consommer sans modération.

Ce livre raconte l’histoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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fbalestas
  27 décembre 2021
Voilà un livre réjouissant et rafraichissant – une très bonne idée de cadeaux si vous ne savez pas quoi offrir pendant cette période de fêtes.
C'est un récit nous dit-on sur la couverture. le récit d'un ailleurs que l'autrice a vécue sur le plan professionnel et qui est devenu aussi un ailleurs dans sa vie amoureuse.
Le livre s'ouvre au moment où le séduisant Upali, accompagné de sa future épouse, tente de braver tous les obstacles qui se dressent sur la route avant de convoler en de justes noces. Et des tracasseries il y en a ! La bureaucratie française se pique de dénoncer un mariage blanc – mais il n'en est rien, puisque de communauté de vie il en est bien question.
Les voyages, Hélène Honnorat, connaît son sujet. Mais pas en simple touriste comme nous le ferions, non, en véritable professionnelle expatriée. Jugez du peu : Malaisie, Sri Lanka, Antilles, Jakarta, Costa Rica– une spécialiste, vous dis-je.
Elle nous a d'ailleurs déjà livré un drôlissime recueil d'anecdotes que j'avais chroniqué en mars 2020 : « Sois sage ô mon bagage », sorte de voyage autour du monde en 80 références – je vous le recommande.
Donc le dépaysement elle connaît. Et lorsqu'il s'agit de sa vie amoureuse, elle n'hésite pas non plus. La narratrice a croisé le regard du bel Upali, et elle n'a de cesse de le revoir. Ce sera à l'occasion d'une soirée déguisée à Colombo – récit loufoque et captivant où l'on comprendra que l'amour peut donner des ailes …
Mais qui est ce bel autochtone dont tout le monde s'amourache ? « D'où peut venir cette étonnante aptitude à affrioler son prochain ?" écrit la narratrice dans « Un mari en Asie »
Journaliste à l'AFP, ce séduisant sri lankais a tout d'un autochtone, et la vie à ses côtés n'est pas de tout repos. Il lui donne deux filles et permet à la jeune mère de s'interroger : son charme ne viendrait-il pas d'une certaine qualité de son « rapport au monde », pas du tout à la mode occidentale – on lira avec plaisir les pages consacrées au rapport au temps et on comprendra qu'Upali n'a pas exactement le même qu'en Europe – mais peut-être est-ce dû à une simple aspiration à une vie paisible, lié à un souvenir de son enfance passée sur l'île qui ne s'appelait pas encore Sri Lanka mais Ceylan ..

Mais toute médaille a son revers, et des défauts, la narratrice ne nous cache pas qu'il en a : tricheur – savoureuses pages où il est question d'une triche à la tombola de l'association d'amitié France/Sri Lanka - mais aussi exercice illégal de l'activité de photojournalisme, couvrant les évènements au Timor, au risque de mettre en danger non seulement son activité, mais celle de son épouse fonctionnaire …
Mais il y a aussi plein d'autres choses dans ce récit : quatre pages magnifiques sur l'amour et sa sensualité dans ce pays lointain notamment. Mais aussi des couleurs, des odeurs aussi, pour mieux nous imprégner de cet ailleurs qui fait rêver.
C'est donc à bien à une « exigence de souvenirs » que l'autrice nous invite, avec un bel hommage à ce compagnon d'une vie dont on découvre le portrait en creux vu par celle qui l'a visiblement aimé, tout aussi bien qu'une réflexion sur le couple, et sur le couple mixte en particulier, la clef du récit se nichant à la page 153 ... (mais je vous laisse aller jusque là pour comprendre le fin mot de l'histoire).
La fiction se terminera par la délivrance du précieux sésame qui scellera le couple et la double nationalité d'Upali, mais il aura fallu pour cela batailler encore et encore dans l'enfer bureaucratique français.
Des histoires savoureuses donc, pleines de vie et de poésie, avec une pointe de nostalgie composant un récit plein de tendresse et de profondeur, avec l'impression, une fois refermé le livre, d'avoir rencontré cet Upali– un être bien sympathique que son épouse nous aura rendu par le sortilège de l'écriture profondément vivant.

Lien : http://versionlibreorg.blogs..
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Reinette06
  24 mai 2021
C'est toujours avec délice qu'on se plonge dans les écrits d'Hélène Honnorat car le dépaysement est assuré et dès la première page elle nous entraine avec humour et beauté dans l'aventure du voyage, de ses rencontres et de ses découvertes. Hélène sait nous faire rêver et à ses côtés nous sommes happés par l'agitation , les joies et les difficultés d'une expat en Asie, mais aussi par les parfums, les fruits dits exotiques pour les métropolitains que nous sommes et le désir d'un ailleurs. Nous t'accompagnons avec gourmandise et bonheur dans tes pérégrinations.
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Galactica
  14 mai 2021
Voilà enfin un livre qui ne nous livre pas les recettes du bonheur d'un couple mixte ou qui ne nous met pas en garde sur les drames juridiques potentiels de l'union de deux étrangers. Aucun enfant n'est arraché à l'un de ses parents, aucun des époux ne sort pantelant d'une union désastreuse. C'est juste la petite musique, tantôt joyeuse, tantôt aigrelette, de deux êtres apparemment peu assortis mais unis par leur non alignement sur leurs conventions culturelles, un amour sans faille de leur progéniture et un égal amour pour l'Asie. Ils cheminent dans la vie avec une aisance apparente ( lui), avec anxiété ( elle, souvent) mais avec la même détermination. Baigné d'humour et de poésie, ce petit livre ne se lâche pas jusqu'au bout et laisse un sillage de sagesse derrière lui.

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pascaletheriez
  27 juin 2021
Nos parents et grands-parents prévenaient bien les jeunes filles: "Attention! En vous mariant, vous épousez aussi sa famille.."
Que dire aux grandes voyageuses qui trouvent l'âme soeur à l'autre bout du monde? Elles devront en apprécier le tempérament, la religion, l'histoire, la langue et les dialectes, les habitudes alimentaires et les vêtements traditionnels, les vieux copains et alliés.
Aventure passionnante qu'Hélène Honnorat nous fait partager avec humour, tendresse et érudition.
Ceci dit, un mari est un mari et l'éternel masculin ne connait pas de frontières, comme le dit placidement un ami: "C'est chromosomique."
Chacune d'entre nous s'y retrouvera! Raison de plus pour lire ce beau récit où, non, les gens heureux ne sont pas toujours un peu les mêmes.
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Claudiane
  12 juillet 2021
Un cocktail exotique que j'ai savouré avec délice ! Prenez une « expat » française, un mari Sri lankais, ajoutez des affectations sur divers continents, des cultures et des langues différentes… saupoudrez d'humour ! On obtient un récit autobiographique retraçant les péripéties vécues par un couple mixte. Et plus encore…
Car Hélène Honnorat partage aussi les rencontres qui jalonnent sa vie de voyageuse passionnée : découverte de personnes et de styles de vie, de fruits et d'odeurs, de climats et de paysages.
Son sens de l'observation, son style dynamique et son auto-dérision sont irrésistibles !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   30 décembre 2021
- On nous a dit qu’on était noires.
- « On » ? Qui, « On » ? l’instituteur ?
- Non, les élèves.
- Ca se pourrait, et puis après ? Mais en l’occurrence vous n’êtes pas noires, vous êtes dorées.
- Qu’est-ce que ça veut dire, « en l’occurrence » ?
- Ca veut dire qu’en fait, tu es couleur sapotille, comme l’on dirait, je crois, en Martinique où tu es née. Ou bien que tu ressembles à un délectable morceau de sucre candi… ; moi qui suis blanche comme une meringue ou une savonnette, je paierais n’importe quel prix pour obtenir un ton de peau comme la vôtre ! D’ailleurs, il y a des tas de dames qui s’échinent à longueur de temps pour y parvenir … et vous deux ? … Pas eu besoin de lever le petit doigt : c’est Papa qui a fait ça pour vous !
Stupéfaction :
- Et Papa, il ne pouvait pas le faire pour toi ???
- Hé non ! … ça ne se transmet pas dans ce sens-là. La couleur descend du père vers l’enfant mais ne remonte pas vers la mère !
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fbalestasfbalestas   29 décembre 2021
« Mixte », adj. Et N. m. Qui est formé d’éléments hétérogènes (…). Ensemble constitué d’éléments différents, voire opposés.
« Mariage mixte », n’est-ce pas un pléonasme ? ! Tous ne le seraient-ils pas ? Sans doute certains le sont-ils plus que d’autres ! … « Mariage mixte » ; entre personnes d’obédiences religieuses différentes ou de races différentes, précise le dictionnaire Hachette encyclopédique … ; notre itinéraire sur la Carte du Tendre et du Temps en devient-il à ce point éloigné de celui d’un couple « non mixte » ?
Certains jours, j’en doute.
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fbalestasfbalestas   28 décembre 2021
Mais pour l’instant je m’envole sur les ailes d’Upali, je suis subjuguée par ces trois syllabes rares (pour nombre de Ranjit, d’Asoka, de Nihal, je connaîtrai jamais que deux Upali : celui-ci et celui que j’épouserai !, je rends son sourire au bébé, je lévite, le nez dans les étoiles et les embruns.

L’amour le plus exclusif pour une personne, écrit Proust, est toujours l’amour d’autre chose. L’empire exercé par Upali sur mon instable personne, lorsque nous avons pour la première fois échangée quelques mots, devait sans doute beaucoup à son charme…. Mais sûrement quelque chose aussi à ma passion déjà déclarée pour l’île comme pour ce prénom, celui du prince des aires, des opales et du chocolat.
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fbalestasfbalestas   28 décembre 2021
Immémoriale, la connivence entre l’amour et l’humide. Mais l’humble vie domestique est soumise aux caprices hygrométriques. A la maison, le vieux réfrigérateur fait entendre nuit et jour à intervalles irréguliers un ruissellement, une déglutition, un dégel incohérent, cependant que le chauffe-eau goutte-à-goutte dans un seau, que la mystérieuse bouche métallique encastrée dans le sol carrelé, juste sous le lit, résonne de gargouillis de boue et de billes explosant au gré des tempêtes extérieures et que la pluie xylophone sur les lames des jalousies comme sur celles d’un marimba.
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fbalestasfbalestas   30 décembre 2021
Temps irrémédiablement fondu, évaporé, dissous, des commencements, temps où Nell et Nagui grandissaient dans un pays ô combien étranger qui leur était si familier, qui était à la fois leur cocon et leur horizon, dans ce pays poignant qui les a bercées si tendrement et qui a basculé dans le sang juste après notre départ.
Je me penche sur ces quelques photos, et me point tout à coup une nostalgie si aiguë – alors que les filles sont belles, vivantes, proches encore – que je me demande comment font les parents qui perdent un enfant pour résister à ces images.
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