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EAN : 9791095115311
149 pages
Yovana (16/09/2022)
4.62/5   16 notes
Résumé :
− Pourquoi Claude Lévi-Strauss, célèbre anthropologue français, suçait-il les perles dont il se munissait en vue de son expédition dans le Brésil central ?
− Que découvrit Mary Kingsley lorsqu’elle versa dans son chapeau le contenu de la besace appartenant à l’un de ses amis de la tribu des Fangs ?
− Dans quel but l’aviatrice américaine Amelia Earhart, penchée hors de la carlingue d’un avion, bombardait-elle un paquebot à coups d’oran... >Voir plus
Que lire après Sois sage, ô mon bagageVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Hélène Honnorat a été bien inspirée de proposer une version illustrée de son ouvrage paru précédemment en 2020, dont le titre est inspiré par Baudelaire.
En ouvrant cet opus, vous risquez d'être tenté de prendre connaissance des illustrations très colorées de l'artiste Luis Hurtado qui pimentent le livre.
Ceux qui fréquentent la gare Saint-Lazare reconnaîtront la sculpture d'Arman.
Sur le pont-couvercle d'un bateau, Albert Londres note que par la magie des étiquettes les valises révèlent leur provenance.
On est intrigué par cette aviatrice américaine Amelia Earhart, penchée hors de la carlingue d'un avion, qui bombarde un paquebot à coups d'oranges. Sorte de signal MayDay ! On s'émerveille devant la capacité du sac fourre-tout en tapisserie de l'iconique Mary Poppins, au mot magique, « superlong » ! La nurse y range une patère pour son chapeau, un miroir, une plante, un disgracieux lampadaire, des chaussures...
Certaines illustrations sont très suggestives, d'autres aiguisent la curiosité et invitent à se plonger dans la lecture pour en appréhender le sens.

L'auteure se livre donc à un vaste panorama des façons de voyager selon les époques sous le signe de Mercure, le dieu des voyageurs. Certains voyagent léger, d'autres ont eu besoin de porteurs en grand nombre ! Allez-vous vous reconnaître en Sisyphe ou Icare ?
L'auteure oppose « les minimalistes » aux « maximalistes ».
On découvre les exigences de la reine Victoria qui avait besoin de son propre lit lors de ses déplacements ! ( ce qui mobilisait «  une suite de soixante à cent personnes »!)

L'écrivaine a consulté maintes sources ( voir l'ample bibliographie) et nous fait croiser des voyageurs, des aventuriers des plus éclectiques ou excentriques.
Elle décrypte le sens des mots, leurs origines : bagage, «  du vieux français bagues », «  laie », qui a donné la layette et renvoyait à un coffret servant de « caisse d'emballage ». Elle balaye toutes les sortes de contenant.

Elle a articulé son inventaire en 7 parties dont le chapitre «  partir est une fête » qui plonge le lecteur dans l'euphorie des départs et « la volupté des premiers préparatifs » !
Elle livre sa vision de ce mystérieux objet qu'est le bagage : « Acolyte festif, vacancier complice de fugues amoureuses, de passions interdites, ou misérable ustensile, pesant, signe de rupture, d'exode, de guerre… ». «  le bagage est votre foyer », « votre double » !

Les bagages se sont adaptés aux modes vestimentaires ! Pas facile de transporter les crinolines, les chapeaux !
Hélène Honnorat s'interroge sur qui fait les valises, les malles, et les réceptionne.
Avec humour, elle se demande si l'époux de la célèbre aventurière Alexandra David-Néel lui préparait son sac.

Pour satisfaire ceux qui emportaient leur bibliothèque, Vuitton a inventé ( en 1911) une malle capable de contenir les 29 volumes de l'Encylopaedia Britannica, ainsi que la malle-bibliothèque ! Vive l'invention de la liseuse, des tablettes, mais les réfractaires vénèrent l'objet livre.
Les femmes coquettes ont vu l'avènement du vanity-case, «  croisement d'une cage de déplacement pour chat et d'une glacière de camping »! Elles vont pouvoir transporter leurs divers flacons, leurs produits de beauté ( l'incontournable cold cream), leurs parfums.

Quand se développe la tendance au «  pique-nique », les mallettes, malles débordent «  de porcelaine fine, d'argenterie.. ». Par exemple, la panoplie du maharaja de Baroda se compose d'un lunch-case et d'un tea-case ! ( bien pratique lors de ses chasses au tigre à dos d'éléphants , illustration à l'appui).
Une note d'humour quand sont évoquées les provisions alimentaires pour trois jours des personnages de «  Trois hommes en bateau » de Jerome K. Jerome. Une expédition qui convoque tout récemment celle relatée par Philibert Humm dans Roman fleuve.

La voyageuse décline son tropisme anglo -saxon, pour les adeptes des déguisements, citant des femmes comme l'américaine May French Sheldon, en route pour cartographier le lac Chala, en 1871. L'illustration la représente dans une tenue d'apparat ( « tunique de soie brodée de pierreries »),avec un baudrier d'où pend une épée et un poignard destiné au décolleté.

On a plaisir à croiser une pléthore de personnalités ( Malraux, Morand, Michaux, Cendrars, Chatwin, Jane Austen, Lawrence, Eco ( et son saumon), A. Londes…, impossible de tous les citer) ainsi que des auteurs contemporains comme Sylvain Tesson, Franz Bartelt.
On frissonne à l'idée que l'on pouvait entendre glapir un ou plusieurs passagers clandestins au-dessus de sa tête dans un avion ! Pratiques révolues.
C'est d'un autre clandestin dont il est question, quand nous est révélé la cavale de Carlos Goshn ! Comment a-t-il pu survivre dans cette malle ! Des secrets sont dévoilés.
D'autres faits divers sont évoqués, comme « la tonitruante affaire baptisée Air Cocaïne » !

La globe-trotter dispense quelques conseils pour faire sa valise de façon efficace, méthodique, mais cela implique de consentir à quelques exercices sacrificiels !
Les valises à roulettes sont décriées par certains. Depuis l' invention de «  cette immonde chose », en 1970, la nuisance sonore est insupportable, «  hachant les nuits citadines ».

L'écrivaine, qui a beaucoup voyagé, confie aimer arpenter le globe en solo et glisse à la fois des souvenirs personnels et de savoureuses anecdotes exhumées de ses nombreuses lectures.
Hélène Honnorat signe un livre divertissant, dense, d'une grande richesse, doté d'un double intérêt. Il suscite l'envie de lire les ouvrages cités ( d'y faire des escales!) et de voyager !
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En cette période de confinement et d'empêchement à voyager, la lecture de ce petit opuscule à propos des bagages a de quoi réjouir les esprits les plus grincheux.
C'est brillant.
C'est enlevé, c'est vif, c'est drôle, et c'est très agréable à lire.
Il faut dire qu'Hélène Honnorat a collectionné une quantité extraordinaire de récits à propos des bagages : ce recensement exhaustif de récits de voyages accompagnés de tous ses impedimenta est digne d'un encart dans Wikipédia !
Malles, coffres, sacs à dos, balluchon ou autres besaces destinés à accompagner les voyageurs, voilà une anthologie de tout ce qui peut devenir bagage pour son propriétaire, qu'il soit explorateur, aventurier, globe trotter, aristocrate ou simple bourlingueur.
On y croise le Dieu Mercure, le dieu des voyageurs, Scot Fitzgerald, Georges Marchais, Mary Kingsley dans la jungle africaine, Albert Londres, qui séparait les individus en deux catégories (ceux qui avaient des meubles et ceux qui avaient des valises), Umberto Eco et un très curieux saumon fumé, mais aussi des crabes échappés d'une soute à bagage, Sarah Bernhardt à la douane américaine, Phileas Fogg, Georges Perec, les passagers à bord du vol « Air Cocaïne », Landru, le voleur de la Joconde, Yvan Colonna, Albert Camus, Antonio Machado et bien d'autres encore, l'auteure faisant ici montre d'une grande érudition.
Cet ouvrage passionnant nous dit beaucoup de nous-mêmes : la valise dit beaucoup de nous. Parmi les voyageurs, il y a les minimalistes, et les maximalistes. Selon que vous voyagez léger, avec un baluchon rudimentaire pour simple bagage, ou comme la Reine Élisabeth, avec un fourniment de première classe, vous appartenez à une catégorie ou à une autre.
Que celui ou celle qui ne s'est jamais assis sur sa valise pour la boucler jette la première pierre à Hélène Honnorat. Et ce ne sera sûrement pas moi !
« Sois sage ô mon bagage » est aussi un superbe florilège de citations, à l'exemple de celle-ci : « Vais-je rester là, dans la poussière, à contempler la vieille peau de cochon de ma chère valise, ma douce compagne ? ». On aimerait toutes les citer. Comme celle-ci aussi : « Qui dit bagage, dit nouvelles racines. Je vis avec et dans mon balluchon comme l'enfant dans ses langes. J'emporte, je recrée ma maison, j'habite ce lieu fantôme installé dans ma valise ou mes malles. Chambre, salle de bains, cuisine, bureau, bibliothèque... L'objet qui paraît le plus spécifiquement pensé pour s'en échapper, conçu pour le nomadisme, est encore un reflet du bercail que j'ai quitté."
On aimerait aussi raconter ce mot que Desdemona fait porter à son amoureux pour qu'il lui apporte un petit lion plutôt que des lévriers afghans – lion qui se transformera à la dernière minute en tigre, avec de fâcheuses conséquences. Ou parler de très belles histoires de bagages, comme celle de la « malle d' Evangelia » qui va retrouver sa véritable destination 80 ans plus tard, ou celle de cette valise mexicaine pleine des négatifs que Robert Capa, Gerda Taro et Chim prirent pendant la guerre d'Espagne, retrouvées bien des années après.
« Je hais les voyages et les voyageurs ». La citation est de Claude Levi Strauss, bien sûr, au début de Tristes Tropiques, tout le monde le sait. Mais on sait moins le penchant de l'ethnologue pour choisir de la verroterie de bonne qualité destinée aux cadeaux et au troc avec les indiens.
Je ne crois pas qu'Hélène Honnorat haïsse vraiment les voyageurs et leurs bagages accompagnés. Je crois même qu'elle réussit le tour de force de nous captiver en 156 pages à propos d'un objet qu'on croyait jusque là purement utilitaire.
Vraiment réjouissant.
En période de confinement, quel régal de s'évader ainsi par l'esprit… le livre d'Hélène Honnorat en poche !
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Merci aux édition YOVANA pour cet envoi, fort intéressant.

En cette période de confinement, un bel ouvrage pour voyager à toute époque vers toute contrée sans bouger de chez soi.

On apprécie la multitude d'information sur cet objet indispensable ou presque pour les voyageurs de tout poil.
Certes, beaucoup se contente d'un simple sac à dos mais pour d'autre c'est tout une avalanche de valises, et autres paquetages.

Et si votre bagage serait le reflet de votre personnalité ? Allez savoir ! Tout comme on dit : dit moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es. N'en serait il pas de même avec : Montre moi ton bagage et je te dirai qui tu es !

Un récit parsemé d'anecdotes, d'histoires, d'humour, on ne s'ennuie pas.
En lisant dernièrement un célèbre roman de Dumas, j'y croisai un fameux "portemanteau" qui était aussi le bagage de l'époque, ce dit portemanteau est devenu depuis sédentaire et trône à demeure. Ce point je ne l'ai pas croisé dans cet opus, un manque, mais il est déjà si riche et ce qui nous permet de dire, que le bagage à long à nous dévoiler depuis la nuit des temps à nos jours.

Un livre fort agréable à lire, j'ai beaucoup aimé le style, l'humour, les anecdotes etc... c'est enrichissant.

Les vacances approchent, alors maintenant vous ne ferez plus vos valises sans penser à ce livre et à l'histoire de tous les bagages que vous avez croisés et que vous croiserez encore.



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Qu'emporterez-vous avec vous sur une île déserte ? Nous connaissons ce jeu qui nous pousse à réfléchir à ce qui nous est indispensable. Depuis l'antiquité jusqu'aux voyages organisés de notre société mondialisée, le contenu des valises est un révélateur. Dans ce livre érudit et joyeux, Hélène Honnorat nous fait découvrir la vie cachée des bagages de quelques personnalités célèbres qui, par ce qu'ils emportent avec eux nous dévoilent une partie de leur intimité et de leurs obsessions. Vous apprendrez dans Sois sage, ô mon bagage… que la reine Victoria voyageait avec son lit et sa chambre à coucher, que les malles s'adaptent à la demande : aux crinolines, aux livres – en 1911, Vuitton fabrique une malle dédiée à l'Encyclopaedia Britannica en 29 volumes – aux parfums et à toutes les lubies possibles.
Histoire du bagage mais aussi des voyages. Certains partent légers, trouvant sur place de quoi subsister, ou non. D'autres comme les escargots partent avec leur maison sur le dos. Va-t-on plus loin avec un sac à dos ? Pas sûr. Les explorateurs du XIXème qui étaient prévoyants, s'embarrassaient de plusieurs tonnes de matériel. le on ne sait jamais ce qui peut arriver arrive qu'on soit chargé ou non.
Pas de répit, les anecdotes se suivent selon un plan qui bientôt échappe au lecteur pris dans le tourbillon des noms et des expériences. On croise Blaise Cendrars, Albert Londres, Alexandra David-Neel, on admire l'auteur qui a transformé un essai sur les valises en un récit protéiforme et jubilatoire.
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Faire ses bagages. Pour certains, c'est la perspective de revivre et les chemises qu'on sort de l'armoire sont autant de voiles qui claquent au vent de l'aventure ; pour d'autres, chaque objet que la valise trop remplie refuse d'avaler est un morceau de son coeur qu'on abandonne. Pour certains, c'est une routine et le sac toujours à demi-fait, à demi-défait, ne quitte pas le vestibule ; pour d'autres, c'est une aventure qui commence par l'expédition à la cave ou au grenier d'où on rapporte une valise hébétée par un long sommeil poussiéreux. Mais quoi qu'il en soit, tout le monde, un jour ou l'autre, a fait, fait ou fera son bagage.
C'est dire si ce livre est celui de tous, celui où on découvre les multiples facettes du bagage et du voyageur, celui où se révèle l'individu, royalement cinglé ou prodigieusement organisé, celui où le bagage polymorphe contient tous les espoirs ou toutes les détresses, toutes les ostentations ou tous les secrets, tous les drames ou toutes les loufoqueries, tout ce qui nous console enfin du mal que nous avons parfois à boucler un modeste balluchon…
C'est dire aussi qu'il ne s'adresse pas aux seuls voyageurs impénitents, mais également à tous ceux qui, paralysés à l'idée de quitter leur maison, y trouveront une justification à leur angoisse du départ.
Ecrit d'une plume alerte mais aussi grave et poétique, riche d'une bibliographie abondante qu'on explorera avec plaisir, Sois sage, ô mon bagage est le compagnon idéal et léger d'un déplacement ; c'est aussi un beau cadeau à faire aux voyageurs immobiles comme aux escargots chargés de toutes leurs possessions…
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
"C'était aussi l'époque où, tout au long d'un vol entre les Antilles et Paris, j'entendis glapir et protester un passager clandestin, enfourné par une belle matrone dans le compartiment au-dessus de ma tête : un coq vivant, hérissé de colère. Et l'époque où, au cours d'une semblable traversée, les occupants de l'avion, au sein duquel s'était mise à régner une étrange agitation, furent surpris par la voix pincée de l'hôtesse : "la personne qui voyage avec des crabes vivants est priée de se faire connaître."
Le coq était promis à la rôtisserie, les crabes devaient finir pimentés et farcis... Mais ces derniers s'étaient échappés et, courant dans la cabine, tentaient du même coup de se soustraire à leur destin."
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"Ce n'est pas avec "deux harengs frigorifiés" mais avec une autre collation personnelle que se déplace Umberto Eco, tout au long de Comment voyager avec un saumon : malgré le titre didactique, Eco ne maîtrise pas le problème. Il ne cesse de vider des tiroirs de minibars d'hôtels de leur contenu alcoolisé pour tenter d'y caser son saumon fumé en mal de froidure, cependant que le personnel éjecte l'animal et que l'ordinateur lui facture le contenu du minibar. Bilan à l'arrivée : "le saumon est immangeable. Mes enfants m'ont dit que je devrais boire un peu moins"
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Soudain, l'ordonnance du capitaine entre, essoufflé, annonce d'un air mystérieux que tout est bien
et qu’il a trouvé un biberon.
— Vous comptez emmener un nouveau-né ? dis-je.
Pour toute réponse, Hollicott me tend un télégramme. Il est de Desdemona. Je lis : « Lévriers
persans portent malheur. Mais serais heureuse que vous m’apportiez demain un grand thermos et
un petit lion. Love. Desdemona. »
— Un lion aux Indes ? fais-je.
— Oui, cette fille est une amour, mais elle ne sait pas. J’ai remplacé par une tigre d’un mois.
J’aurais trouvé plus facilement à Udaipur, mais je ne peux pas arriver les mains vides.
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"Qui dit bagage, dit nouvelles racines. Je vis avec et dans mon balluchon comme l'enfant dans ses langes. J'emporte, je recrée ma maison, j'habite ce lieu fantôme installé dans ma valise ou mes malles. Chambre, salle de bains, cuisine, bureau, bibliothèque... L'objet qui paraît le plus spécifiquement pensé pour s'en échapper, conçu pour le nomadisme, est encore un reflet du bercail que j'ai quitté."
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Ni valise ni cercueil, comme ceux à qui l'on a tout pris avant de les convertir en fumée, ou ceux qui coulent à pic en méditerranée.
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