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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Zebra
  04 avril 2015
« Les abeilles » est un livre de 400 pages écrit par J. Khalifman. Édité à Moscou en 1955, cet ouvrage présente de prime abord les conquêtes de l'apidologie et la biologie de la ruchée ; en fait, doté du Prix Staline 1951, cet écrit est un hommage à « l'esprit humain (qui) a découvert bien des merveilles dans la nature et (qui) en découvrira encore, augmentant ainsi son emprise sur elle ... ».
Au-delà des descriptions minutieuses et savantes concernant, la typologie des abeilles à travers le monde, l'abeille et ses outils, la ruche, la « famille abeille », les fleurs et leur pollen, le vol et la danse des abeilles, la fabrication du miel, l'essaimage, les ennemis des abeilles et bien d'autres thèmes passionnants, « Les abeilles » glorifie l'URSS, l'homo-sovieticus et la Science en marche, au service du pays des Soviets. Jugez plutôt : « Essayons (p. 19) de démêler ce que représente en réalité une colonie abeillère d'après les dernières données théoriques de la biologie et la pratique de l'apiculture. Au pays des Soviets où personnes n'a intérêt à déformer les lois de la nature et de la société, l'homme a la possibilité d'observer le monde, les yeux largement ouverts. L'homme soviétique a un intérêt majeur à voir le monde tel qu'il est. Lorsque nous mettons à découvert les conditions qui engendrent un phénomène naturel quelconque, nous obtenons un moyen sûr de le diriger. Joseph Staline enseignait que « les hommes peuvent découvrir les lois, les connaitre, les assimiler, apprendre à les appliquer en pleine connaissance de cause, à les exploiter dans l'intérêt de la société, les conquérir par ce moyen et les soumettre à sa domination ». Voilà pourquoi une force puissante réside dans une compréhension juste, matérialiste de la nature. Elle est mise à profit par les peuples de l'URSS dans leurs travaux dont le but est de transformer la terre. Les abeilles peuvent et doivent être utilisées à cette fin ». Édifiant !
Khalifman aurait donc rédigé cette oeuvre de propagande dans le seul but de montrer que l'homo-sovieticus allait subvenir à ses besoins en asservissant les abeilles du monde entier … Au passage, Khalifman donne des détails impressionnants de précision et d'exactitude sur le monde des abeilles ; il est vrai que (p. 35) « le matérialisme dialectique démasque les uns après les autres les subterfuges des idéalistes, lesquels affirment que le monde objectif est inconnaissable » et que le scientifique soviétique qui fait preuve d'une « pensée active appuyée sur des données des sens », met ainsi en oeuvre, « sous le contrôle vigilant de l'activité pratique, un instrument de connaissance fin, aigu et perspicace ». Cocorico !
Dommage. « Les abeilles » regorgent de dessins et de précisions qui intéresseront les amoureux du monde des abeilles. Encore faudra-t-il qu'ils slaloment entre les multiples formules émanant d'un cerveau accoutumé à manipuler la langue de bois, à la gloire de Lénine, de Staline, d'Engels et de nombreux académiciens (dont le fameux Mitchourine) protégés par le pouvoir central. La fin surprendra par sa poésie d'un autre âge, énoncée comme dans un rêve par un homo-sovieticus ébahi : « Sur des milliers de kilomètres s'étendent et s'entrecroisent les rangées géométriques des futures bandes boisées où, dans des semis en nids, les jeunes chênes, plus vigoureux chaque année, déploient leurs branches au feuillage ajouré. La lumière irisée du soleil se joue dans les gouttes d'eau pulvérisée par les appareils d'arrosage sur les jeunes pousses. La haute voûte du ciel au-dessus de la steppe se reflète, encadrée de verdure pleine de sève, dans les miroirs bleus des étangs. Un réseau de canaux d'irrigation relie entre eux des champs immenses. le maïs se dresse en massifs compacts. Un tracteur avance sur la route, trainant derrière lui toute une file de charriots où sont amoncelées les tiges vertes du maïs. […] Les prairies d'herbes semées s'étendent comme des tapis. Et les abeilles, messagères de l'homme, fécondent l'une après l'autre les fleurettes du trèfle kolkhozien en enfonçant leur langue dans les tubes des coroles ». Vous avez compris. Tout cela est l'oeuvre de l'esprit et des mains des Soviétiques qui, les premiers sur terre, sont devenus maitres de leur destinée et les premiers à avoir subordonné la nature.
En bref, voici un ouvrage réservé aux futurs apiculteurs ou aux nostalgiques de l'URSS. Je mets quatre étoiles pour l'apport scientifique du livre, plutôt destiné à un lectorat averti.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ZebraZebra   17 août 2012
[...] L'étude détaillée de la vision des couleurs chez l'abeille montre qu'elle ne distingue pas la couleur rouge, qu'elle la confond avec le gris foncé et prend le vert pour du bleu ou du jaune. Une série d'expériences ingénieuses, par exemple à l'aide de fleurs en papier ou en étoffe, ont permis d'établir que l'abeille voit le blanc, le jaune et le bleu et ne distingue les autres couleurs que d'après leur intensité.
Or, ces mêmes yeux discernent une chose invisible pour l’œil humain. Ce n'est qu'avec des plaques photographiques recouvertes d'une émission spéciale que nous pouvons observer le monde éclairé par la région ultra-violette du spectre solaire perçue par les abeilles. [...]
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