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EAN : 9782390251620
328 pages
Racine Be (11/05/2021)
4.32/5   19 notes
Résumé :
Un témoignage exceptionnel, qui vous plonge dans les coulisses de cette unité d’élite de la police


Pour la première fois, un membre des unités spéciales tombe la cagoule. L’incroyable récit de la traque du terroriste Salah Abdeslam, qui mènera à son arrestation le 18 mars 2016. Un engagement à la vie, à la mort, pour l’équipe et pour la mission Belgique, le 15 janvier 2015. À Verviers, les hommes des Unités spéciales partent à l’assaut d’une m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

L'auteur, Lionel D., qui souhaite rester anonyme pour des raisons évidentes de sécurité, a rejoint en 2003, à l'âge de 28 ans, la direction centrale des unités spéciales de la police fédérale belge (DSU).
Notre combattant du terrorisme a été assisté dans la rédaction de ses "mémoires de guerre" par la journaliste d'investigation flamande, Annemie Bulté.
Le livre, qui est sorti en mai 2021, compte 328 pages, un glossaire des termes techniques, une liste de djihadistes et 16 pages de photos exclusives.

L'établissement d'une unité spéciale antiterroriste dans plusieurs pays trouve son origine dans l'attentat sanglant des jeux olympiques à Munich en 1972.
C'est ainsi que le 16 mai 1977 l'Escadron Spécial d'Intervention (ESI) de la gendarmerie belge a vu le jour. Cette unité d'élite a été rebaptisée officiellement Directorate of Special Units (DSU), mais ses membres continuent à l'appeler ESI. Entre eux, ils se nomment les "Iris", d'après le prénom de la fille de leur commandant.

Après un entraînement particulièrement dur d'un an, Daniel D. est d'abord mobilisé pour la lutte contre le grand banditisme, comme l'émeute dans la prison d'Ittre à 30 km au sud de Bruxelles et la chasse au gangster Nordin Benallal de Molenbeek, le roi de l'évasion avec prise d'otage, en octobre 2007.
Quatre ans plus tard, une intervention similaire dans la prison de Namur, termine la carrière de Lionel contre les gangsters dangereux.

Dorénavant, place aux terroristes. C'est surtout cette seconde et dernière partie de l'ouvrage, intitulée "Les années de terreur", que j'ai trouvé fascinante.

La lutte antiterroriste c'est carrément "la guerre", comme l'a formulé un coéquipier de Lionel.

Une semaine après l'attentat sanglant de "Charlie Hebdo" à Paris, une patrouille des sections spéciales belges s'est attaqué à des membres de Daesh qui s'étaient cachés dans une maison à Verviers (près de Liège) d'où ils préparaient une autre opération sanglante. Lors de cette intervention du 12 janvier 2015, 2 terroristes redoutables sont tués et un autre arrêté.

Il est intéressant de lire comment une telle opération est en fait concrètement planifiée et exécutée contre des djihadistes lourdement armés et prêts au suicide.

L'assaut de Verviers a constitué un tournant décisif dans la lutte belge antiterroriste, dans la mesure où il a démontré les défaillances en équipement et matériel des unités spéciales.

L'année suivante, le 22 mars 2016, ont eu lieu les attentats de Daesh à la station de métro Maelbeek de Bruxelles et l'aéroport international de Zaventem, faisant 32 morts et 340 blessés.
De l'étranger la Belgique a été critiquée pour ne pas avoir réussi à eviter cette catastrophe.

Si effectivement il y a eu carence, cela n'a sûrement pas été de la faute des unités spéciales de police, des hommes qui ont travaillé jour et nuit pour justement prévenir une telle éventualité.

Même pas une semaine avant cet événement tragique, ils avaient par ailleurs arrêté un des plus dangereux terroristes, Salah Abdeslam, qui sera finalement condamné à la réclusion perpétuelle par la justice française le 29 juin 2022.

Outre que ce témoignage d'un participant direct à ce combat terrible est très rare, il propose en plus un document humain vivant en racontant les répercussions de cette lutte sur la vie de tous les jours des guerriers et de leur entourage immédiat. En l'occurrence les implications d'un tel engagement hautement exigeant pour Céline, la femme de Lionel, et leurs 3 enfants Matthieu, Charlotte et Maxime.

Il est incompréhensible, pour ne pas dire scandaleux, que ces hommes qui subissent une tension extrême et risquent leur vie pour sauvegarder la nôtre ne bénéficient pas de la part des autorités compétentes du respect et de la reconnaissance qu'ils méritent.

Pas étonnant donc que Lionel D. a décidé, le 15 septembre 2017, à 42 ans, d'aller chercher son bonheur dans le secteur privé.
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l s'agit ici d'un document relatif à une actualité actuelle ou du moins très récente. le livre m'avait été prêté par un ami et s'était un peu perdu dans mes montagnes de livres.
Je l'ai ressorti, car après le procès de 2021 en France, le procès “belge” se déroule en ce moment même et pas toujours de la manière dont le public peut l'espérer...Comme si souvent en Belgique, nous frôlons l'indicible et le surréaliste. le surréalisme belge, dont mon pays aime se targuer, est souvent de l'ignorance ou l'inculture, mais ici c'est d'incompétence et de l'inconscience.
Revenons au livre.
D'accord, le titre fait un peu penser à “SOS Fantômes” et on peut supposer un récit très stallonien avec les bons conte les méchants et tous les clichés qui vont avec.
Ce n'est pas que le témoin, Lionel D. Donc, veuille échapper à ce stéréotype. Simplement, il raconte l'histoire avec humilité en mettant l'accent ailleurs que sur les roulements de biceps ou le cliquetis des armes automatiques, même si forcément, ceci est très présent également.
Il raconte la création de ce groupe d'intervention belge, l'ESI (Escadron Spécial d'Intervention) et le déroulement de certaines interventions. Cela va de divers Forts Chabrol aux interventions hyperviolentes liées au terrorisme de l'Etat Islamique.
En Belgique, ces interventions eurent lieu à Verviers, Molenbeek, Forest...Chaque fois, elles furent ponctuées d'utilisation d'explosifs plus ou moins puissants, d'armes lourdes, de tirs à bout portants.
Le témoin raconte son enrôlement, sa formation très poussée et digne de scènes de “Full Metal Jacket”, la façon dont est inculquée le sentiment d'invincibilité aux membres du groupe. On se prend vite au jeu et on lit le livre de façon frénétique, car évidemment, les faits sont encore très vifs dans notre mémoire, que l'on soit belge ou français.
Le récit échappe aux clivages trop manichéens grâce à Lionel D. qui nous présente ces gros bras, avec des noms d'emprunt bien sûr, sous forme d'être humains et non sous forme de robots programmés pour l'action extrême. Il nous fait entrer dans le cocon des épouses, des foyers et des familles et on réalise que ces gars sont là pour protéger la population et que tout est centré là-dessus. Que dès l'action les appelle, ils délaissent tout pour exercer leur mission.
Il nous explique aussi que la vocation de l'ESI est d'être invisible et dépersonnalisée. Cette volonté va jusqu'à l'impensable. En cas de blessure (souvent graves au cours de leur fonction, vous pouvez imaginer...), les “Iris” (c'est le sobriquet qu'ils se sont donné) doivent faire la file au guichet au même titre qu'un fonctionnaire qui se aurait contracté une tendinite en utilisant sa souris. Pas la moindre compassion ou passe droit pour ces gars qui sauvent des vies. Les cellules accompagnantes sont là pour trouver la faille dans leur dossier et pour minimaliser les indemnisations pour tout accident, blessure ou burn out...
Le procès d'Abdeslam et cie. a lieu en ce moment et quelque part, quand on en suit le déroulement, avec tous ces aspects secondaires interpellants (avec les accusés, dont la culpabilité fait peu de doute, qui bénéficient de beaucoup d'attentions alors que les victimes ont été abattues sont merci), on doit bien constater que notre société est un peu malade et oublie facilement ses fondamentaux, dont la sécurité, et ceux qui se battent pour elle, est une pierre angulaire. Même si dans un monde idéal, il n'y a pas de méchants et donc pas de barrières ou de gardiens...
Si vous avez l'occasion de le lire un jour, n'hésitez pas.
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