AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur L'amour est une haine comme les autres (18)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
marina53
  13 octobre 2017
Louisiane, 1948. Sous une pluie battante, dans une ruelle sombre, les coups pleuvent. Face à ces quatre hommes hargneux et racistes, Abélard encaisse, certain que sa mort approche. Étendu sur le sol, c'est là qu'est apparu Will, son patron mais aussi son meilleur ami. Une amitié de longue date mais qui, entre un Noir et un Blanc, était cachée aux yeux de tous...
Louisiane, 1929. Will et Abélard sont deux gamins insouciants et pleins de vie. Alors qu'ils se coursent dans le bayou, ce dernier tombe à l'eau et est heureusement sauvé grâce à l'intervention de Will qui, pourtant, sait à peine nager. Dès lors, reconnaissant et certain qu'il ne pourra jamais assez le remercier, Abélard, qui est un des seuls noirs à savoir lire, écrire et compter, lui propose son aide afin qu'il puisse reprendre l'affaire familiale. Des leçons qui se feront secrètement, le papa de Will étant un membre éminent du Ku Klux Klan.
Des années plus tard, Will, à la tête de l'entreprise familiale, a embauché son ami. Mais les deux hommes se comportent comme s'ils se détestaient...

Une amitié improbable entre un Noir et Blanc dans une Louisiane ségrégationniste. Deux hommes que, outre la couleur de peau, tout semble opposer. L'un est débrouillard et intelligent, l'autre, costaud mais très futé. Au fil des années, une entraide mutuelle s'est installée entre eux, Abélard ayant aidé Will a reprendre l'affaire de son père. Mais, dans ces années 30 et 40, l'amitié entre un Noir et un Blanc était très mal vue. Aussi se fera-t-elle en secret. Un album qui commence par une scène forte : le tabassage d'un Noir par quatre Blancs sous les yeux d'un autre. Puis, l'on retourne dans le passé où l'on apprend à connaître Will et Abélard, saisissant au vol le récit de cette amitié singulière. S'inspirant d'une histoire vraie, Louis, à travers ces deux hommes si touchants, dresse le portrait d'une Amérique raciste et nous offre un album poignant et sensible. Un sujet, malheureusement encore d'actualité, traité avec justesse et subtilité. le trait semi-réaliste et dynamique, ainsi que les couleurs tantôt sombres tantôt plus lumineuses, retranscrivent parfaitement les différentes ambiances, qu'elles soient violentes ou tendres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          653
Crossroads
  16 octobre 2017
L'un est blanc, l'autre noir.
L'un est aussi musculeux que benêt, l'autre chétif et érudit.
Ils vont se lier d'amitié.
Et alors me direz-vous ?
Alors bon courage à nos deux nouveaux poto que sont Will et Abe pour s'afficher au vu et au su de tous en cette Louisiane des années 30 un brin tatillonne sur le mélange des races. Si, si, un peu quand même.
Un point commun, cependant, histoire de positiver un chouïa, l'échelle.
Sociale et ascendante pour les blancs. Ultime assaut avant la corde pour les noirs.
M'ouais, pas plus convaincu que ça quant au bien fondé de cette dernière comparaison...

Trait précis, hyper agréable. Couleurs chaudes. le tout se déguste comme un bon mojito au saindoux un soir de canicule.
Le récit est prenant à défaut d'être surprenant mais tape dans l'originalité d'une amitié à la de la Fontaine qui, à l'instar d'un roseau ballotté par les vents de l'Histoire, pliera mais onc ne rompra.

Le message de tolérance est fort et sonne majoritairement juste.
A déplorer certains comportements amoureux caricaturaux assombrissant un brin la force du propos sans jamais, toutefois, le rendre croquignolesque. Manu, si tu me lis...

Si les parents semblent totalement hermétiques au message du dreamer qu'est Martin Luther King, ils peuvent toujours se replier sur un bon vieux Supertramp des familles, les gamins prouvent que l'avenir leur appartient pour peu qu'ils veuillent bien se donner la mimine plutôt que de se l'échanger à grands coups de mandales.

Bon moment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
Ziliz
  19 avril 2017
Tout petit déjà, Will n'était pas très futé, aux dires de ses proches. A trente ans, il est toujours perçu comme une « montagne de muscles sans cervelle ». Il est pourtant à la tête de Will's Tools, une grosse boîte. Grâce à qui ? A son papa qui lui a donné les manettes de l'entreprise familiale, ça, tout le monde le sait. Mais aussi grâce à son copain Abelard, qui l'a aidé à apprendre à lire et à faire illusion tout au long de sa scolarité. Ce deuxième soutien est un secret entre eux puisqu'au début du XXe siècle, en Louisiane, un Noir et un Blanc ne peuvent pas être amis, chaque camp s'y oppose activement - les Blancs sont plus actifs que les Noirs dans cette lutte, ils ont le pouvoir.

Ça démarre fort : passage à tabac d'Abelard, qui n'aurait pas respecté les limites assignées aux Nègres (sic) ; Will est avec ses potes du Klan, ils ne sont même pas dissimulés sous des cagoules.
Retour vingt ans plus tôt, sur la rencontre entre les deux garçons, lorsqu'ils ont scellé leur pacte. Comment leur amitié a-t-elle pu dégénérer ? Etait-elle d'emblée vouée à l'échec, vu l'environnement, les pressions sociales et familiales ?

On pourrait trouver simplistes les messages de ce bel album, heureusement, il réserve quelques surprises. On s'y laisse balader avec plaisir, entre haine, révolte, et bons sentiments... A faire lire aux adolescents pour montrer ce qu'est une société ségrégationniste !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          331
prune42
  19 février 2018
Etats-Unis, 1930. Will, un jeune garçon blanc pas très doué scolairement, fait la connaissance d'Abelard, un jeune noir doué pour les études. Mais leurs familles respectives ne voient pas cette amitié d'un bon oeil. Qu'importe : les 2 garçons se fréquentent en cachette et Abelard aide Will à réussir ses études pour reprendre l'entreprise familiale. Quelques années plus tard, Abelard est ouvrier pour Will mais la nouvelle femme de celui-ci, Lady Gwendoline, s'oppose farouchement à cette relation dans une Amérique marquée par la ségrégation raciale et où les Noirs n'ont pas les mêmes droits que les blancs. Lady Gwendoline va accuser injustement Abelard pour le faire châtier.

Je lis parfois des BD en fonction de leur sujet et celle-ci, sur une histoire d'amitié impossible à cause du racisme répandu à cette époque en Louisiane, m'a bien intéressée. Elle est dure, pleine de violence à l'image de ce qui se passait alors et dès le début, le lecteur frémit pour un des personnages, Abelard. Les dessins sont réalisés dans des coloris sombres pour bien faire ressortir la noirceur de cette époque.
Cette lecture nous montre les horreurs commises au nom d'une idéologie raciale et raciste et m'a fait penser au film "Mississipi Burning". C'est une BD intéressante et qui mérite d'être connue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
blandine5674
  09 avril 2017
Une belle histoire d'amitié entre deux enfants, l'un blanc, l'autre noir. L'un sportif, l'autre bon à l'école. L'entraide est au rendez-vous. Ce qui n'est pas du goût de leurs mères, qui finalement sont assez semblables. Comment cacher une amitié dans les années 30 en Louisiane ? Cette Bd se termine par le discours de discours de Martin Luther King ce qui donne espoir…Les dessins sont épais et les couleurs chaudes. de la qualité !
Commenter  J’apprécie          110
badpx
  29 septembre 2018
Un tel titre ne pouvait qu'attirer mon attention.
L'histoire débute bien en quelque sorte : on arrive au coeur de l'action, en plein lynchage.
Comment en est on arrivé là... c'est ce qui est raconté pendant le reste de la BD avec moult voyages dans le temps qui à la longue sont un peu lourd. Une fois remise dans le bon ordre cette histoire est un peu facile, me semble t'il...
Et la fin ? pour moi les dernières planches sont en trop ! pourquoi vouloir forcément avoir ce type de happy end, qui n'apportent rien au récit ?
Bref, je suis un peu déçue.
Commenter  J’apprécie          80
clarinette421
  24 mars 2017
En Louisiane, dans les années 20, il était impensable qu'un enfant blanc ait un ami noir et réciproquement. Les expéditions punitives du Klu Klux Klan étaient saluées par une société ségrégationniste. Pourtant Will et Abe avaient juré que rien ne les sépareraient... Un one-shot très réussi tant sur le plan du scénario que du dessin. Les allers-retours dans le temps donnent du rythme à l'album qui se termine par le discours de Martin Luther King en août 1963. Une BD à mettre entre toutes les mains.
Commenter  J’apprécie          40
Bookinette
  13 février 2017
Une histoire d'amitié improbable qui brave tous les interdits de l'époque...
C'est à la fois beau, subtil, dur, violent, émouvant ... un mélange remarquable. J'ai adoré cet album tant dans le propos que dans le dessin !

On est en Louisiane dans les années 30, deux enfants se rencontrent, s'entraident et lient une réelle amitié profonde et durable. Mais l'un est noir, l'autre blanc et cette amitié est interdite dans un contexte de violence extrême. le récit fait un état des lieux sans concession du racisme ordinaire qui mène à tous les indicibles, le ku klux klan sévit en toute impunité, j'ai découvert avec effroi la pratique des picnics...
Le peu de poids de la vie d'un noir et le peu d'intelligence qu'on leur prête sont bien exposés.. j'ai d'ailleurs vraiment aimé que ce soit Abe le plus brillant des deux, un démenti tout en finesse...
La haine brûle dans la famille de chacun, une haine véhémente qui masque même l'amour des mères... le propos est dur et d'un réaliste redoutable.

Malgré la société, malgré des familles haineuses, les deux garçons s'allient : Abe aidera William au quotidien à gérer devoirs, puis entreprise, William gardera toujours un travail pour Abe, le protégera autant qu'il pourra et ce dans le secret bien entendu...

La construction même du récit amène une tension palpable qui enfle page après page... en effet l'album commence sur un épisode particulièrement frappant, puis repart dans le temps pour distiller le récit de cette amitié hors norme, et peu à peu on découvre les moments clés de leur vie .... le doute sur la durée d'une telle amitié que famille, société, femmes réprouvent s'insinue doucement, on suit ce drame latent qui se noue lentement avec émotion, il y a un vrai suspens qui nous tient en haleine....

Les personnages sont denses et psychologiquement bien esquissés, il y a une grande justesse dans les dialogues et les actions, le perspicacité de Abe, la maladresse et le grand coeur de William, la noirceur de Gwendolyne, le père de William à la fois bon père de famille qui aime son fils mais qui commet des exactions pour lui tellement normales et anodines .... la frontière entre les sentiments est fragile, amour/haine, ils se mêlent, se confondent, se dénouent... L'amour est une haine comme les autres....

Un dessin au service du scénario, j'ai beaucoup aimé le trait expressif, les visages mouvants, les regards vivants... parfois des vignettes dépouillées d'une sobriété marquant l'essentiel.... et les couleurs de l'enfance, des îlots de douceur au milieu de toute cette noirceur...

Une bande dessinée très réussie, à la fois intelligente, subtile, palpitante et terriblement émouvante et un formidable message d'espoir en l'humanité....

Lien : http://chezbookinette.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Lizzy135
  13 février 2017
Une histoire d'amitié impossible, dans les années 30 en Louisiane, entre deux enfants que tout oppose.
L'un est blanc, issu d'un milieu favorisé, il n'est pas très dégourdi.
L'autre est noir, sa vie est un combat, malgré tout il est vif et intelligent.

Ils vont grandir ensemble tout en cachant cette amitié à leur entourage.
Ils se complètent l'un l'autre et n'imaginent pas ne pas vivre séparer.
Une très belle histoire d'amitié, que rien n'arrêtera malgré les interdits : les familles, la société, les moeurs de l'époque.

Commenter  J’apprécie          40
MonsieurHyacinthe
  21 août 2018
Quelle réussite ! Quel bel ouvrage ! Je découvre ce duo d'artiste, Stéphane LOUIS (scénario) et Lionel MARTY (dessin) par la grande porte, sur la Louisiane raciste des années 30, période glaçante qui me fascine.

Sans jamais nier les horreurs, entre fausses pistes et flash-backs, le scénario nous tourmente, nous chamboule, nous fait craindre le pire, ne laisse jamais indifférent. On croit en permanence à la simple histoire, on croît toujours savoir comment tout cela finira, mais les surprises seront nombreuses lors de la lecture. C'est vraiment brillant. La narration est créative, fluide, et fonctionne à merveille. Ça nous prend aux tripes comme rarement. On perçoit une multitude de caractères bien trempés, les personnages - principaux comme secondaires - sont d'une précision au scalpel. On sent les manigances, les faiblesses, les limites de chacun. Et c'est bien là-dessus que Stéphane LOUIS - toujours un coup d'avance sur le lecteur - appuie pour jouer avec nos craintes. Une leçon de scénario.

Côté neurones, le livre traite autant du racisme que de l'amitié, la force de conviction, la religion, l'anticonformisme, la carcan de la société et l'homosexualité. Rien que ça ! On pourrait craindre le trop-plein de thématiques, l'ambition trop haut placée, pas du tout, tout est fin et maîtrisé, et donne une profondeur criante à l'ouvrage. Porteur de messages forts et de bienfaisance, ça vaut franchement le détour !

J'ai trouvé le dessin remarquable, beau et laid quand il le faut, extrêmement puissant dans les scènes violentes, ce qui procure une impression de mouvement fulgurante, une sacrée claque. Les décors d'intérieur, les extérieurs, les textures, les détails, tout pue l'authenticité, nous fait voyager géographiquement et temporellement. La vivacité du scénario et du dessin offrent un élan rarement égalé à cette bande dessinée de haut vol.

Je suis dithyrambique, sans retenue, totalement conquis (j'écris pourtant a chronique un mois après sa lecture ! mais tout me reste intact et intense). Pour qui s'intéresse à cette époque ségrégationniste américaine, c'est de loin la meilleure BD que j'ai eu la chance de lire (et j'en suis friand). Sa portée historique me semble d'autant plus forte, utilitaire et nécessaire. A mes yeux, avec cette richesse pédagogique (en plus d'un artistique aux petits oignons), les enseignants devraient s'en emparer dans nos lycées et collèges pour aborder le sujet.

Rares sont les cinq étoiles que j'attribue sur ce site. Cette fois, je n'hésite pas et me jette dès que possible sur leur nouvelle création, Road Therapy. Un duo d'artistes à suivre les yeux fermés !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3468 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre