AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Citations sur La peau (79)

lafilledepassage
lafilledepassage   22 août 2018
La mort ne me fait pas peur : je ne la hais pas, elle ne me dégoûte pas. Au fond, c’est là une chose qui ne me regarde pas. Mais la souffrance, je la hais ; et celle des autres, hommes ou animaux, plus que la mienne. Je suis prêt à tout, à n’importe quelle lâcheté à n’importe quel acte héroïque, pour ne pas faire souffrir un être humain, pour aider un homme à ne pas souffrir, à mourir sans douleur.
Commenter  J’apprécie          150
lafilledepassage
lafilledepassage   08 novembre 2018
C’est une honte de gagner la guerre.
Commenter  J’apprécie          121
lafilledepassage
lafilledepassage   21 octobre 2018
Febo me regardait fixement, pas un gémissement ne sortait de sa bouche. Il avait dans les yeux une merveilleuse douceur. Les autres chiens aussi étendus sur le dos dans leurs berceaux me regardaient fixement. Pas un gémissement ne sortait de leurs lèvres. Tous avaient dans les yeux une merveilleuse douceur. Tout à coup, je poussai un cri de frayeur : « Pourquoi ce silence ? m’écriai-je, que signifie ce silence ? » C’était un silence horrible, un silence immense, glacial, mort, un silence de neige. Le médecin s’approcha, une seringue à la main. « Avant des opérer, dit-il, nous leur coupons les cordes vocales. »
Commenter  J’apprécie          110
lafilledepassage
lafilledepassage   20 octobre 2018
Il savait que la liberté n’est pas un fait humain, que les hommes ne peuvent pas, ne savent peut-être pas être libres, et que la liberté, en Italie, en Europe, pue aussi fort que l’esclavage.
Commenter  J’apprécie          110
lafilledepassage
lafilledepassage   06 octobre 2018
La noblesse napolitaine, devant la mort, a un style différent de celui de la plèbe : elle n’accueille pas avec les larmes mais avec le sourire, presque avec galanterie, comme on accueille une femme aimée, une jeune épouse. Dans la peinture napolitaine, les mariages et les obsèques reviennent à une cadence obsédante, comme dans la peinture espagnole. Ce sont des scènes d’un caractère macabre et galant à la fois, exécutées par des peintres obscurs qui continuent aujourd’hui encore la grande tradition du Greco et du Spagnoletto, mais déçue, réduite à une manière facile et anonyme. Et c’était une vieille coutume, encore en honneur il y a quelques années à peine, d’ensevelir les dames de la noblesse enveloppées dans leur voile blanc d’épousée.
Commenter  J’apprécie          110
lafilledepassage
lafilledepassage   21 septembre 2018
Entre ses lèvres ouvertes en un sourire d’admiration je vis l’éclat de ses dents, la fulgurante blancheur de ces merveilleuses dents américaines contre lesquelles les années ne peuvent rien, et qui semblent véritables, tant elles sont blanches, égales, intactes. Ce sourire m’aveugla, me fit fermer les yeux avec un frisson de peur. C’était ce terrible éclat de dents qui en Amérique est le premier signe heureux de la vieillesse, la dernière lueur que tout Américain, lorsqu’il descend en souriant dans sa tombe, jette, comme un dernier salut, au monde des vivants.
Commenter  J’apprécie          110
lafilledepassage
lafilledepassage   21 août 2018
Après les carottes à la crème, assaisonnées de vitamines D et désinfectées dans une solution à 2% de chlore, l’horrible spam arrivait sur la table, le pâté de viande de porc, gloire de Chicago, disposé en tranches couleur pourpre sur une épaisse couche de maïs bouilli. […] Les meubles, les cadres dorés, les portraits des Grands d’Espagne, le Triomphe de Vénus peint au plafond par Luca Giordano, toute l’immense salle du palais du duc de Tolède, où le général Cork offrait ce soir-là un dîner en l’honneur de Mrs Flat, générale en chef des Wacs de la Ve Armée américaine, se teignit peu à peu de la lueur violacée du spam et du pâle reflet lunaire du maïs. […] Ce dîner dans cette salle, autour de cette table, devant ces assiettes, m’avait tout l’air d’un pique-nique sur une tombe.
Commenter  J’apprécie          110
lafilledepassage
lafilledepassage   17 août 2018
La plèbe était restée maîtresse de la ville. Rien au monde, ni les pluies de feu, ni les tremblements de terre, ni les épidémies, ne parviendra jamais à déloger la plèbe de Naples de ses taudis, de ses ruelles sordides. La plèbe napolitaine ne fuit pas la mort. Elle n’abandonne pas ses maisons, ses églises, les reliques de ses saints, les os de ses morts, pour chercher son salut loin de ses autels et de ses tombes. Mais quand le danger devient plus grand et plus imminent, quand le choléra sème les pleurs dans les maisons ou quand la pluie de feu et de cendre menace d’ensevelir la ville, la plèbe de Naples a coutume, depuis des siècles et des siècles, d’élever le regard vers les « seigneurs » pour épier leurs sentiments, leurs pensées, leurs décisions, mesurer, à leur comportement, l’importance du fléau, chercher en eux un espoir de salut, et prendre exemple de leur courage, de leur piété, de leur confiance en Dieu.
Commenter  J’apprécie          100
stcyr04
stcyr04   09 décembre 2012
- Dans toute l’Afrique du nord, dit Jack, les indigènes se sont immédiatement accoutumés à la civilisation américaine. Depuis que nous avons débarqué en Afrique, il est indéniable que les populations du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie ont fait de grands progrès.
- Quels progrès ? demanda, étonné, Pierre Lyautey.
- Avant le débarquement américain, dit Jack, l’Arabe allait à cheval, et sa femme le suivait à pied, derrière la queue du cheval, son enfant sur le dos et un gros paquet en équilibre sur la tête. Depuis que les Américains ont débarqué en Afrique du nord, il y a eu un profond changement. Certes, l’Arabe va toujours à cheval, et sa femme continue à l’accompagner à pied, comme par le passé, son enfant sur le dos et son fardeau sur la tête. Mais elle ne marche plus derrière la queue du cheval. Maintenant elle marche devant le cheval. A cause des mines. »
Commenter  J’apprécie          100
lafilledepassage
lafilledepassage   13 octobre 2018
Des vieillards presque nus, aux tibias décharnés et blanchâtres, marchaient en s’appuyant aux murs, le front couronné de cheveux blancs dressés par le vent et la peur, et ils avançaient en criant des mots tronqués, qui me semblaient latins, et qui étaient peut-être des formules païennes magiques, des mots de malédiction ou d’exhortation chrétienne au repentir, à la confession publique de péchés, à la préparation à la mort.
Commenter  J’apprécie          90




    Acheter ce livre sur

    FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





    Quiz Voir plus

    Grandes oeuvres littéraires italiennes

    Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

    Si c'est un homme
    Le mépris
    Le désert des Tartares
    Six personnages en quête d'auteur
    La peau
    Le prince
    Gomorra
    La divine comédie
    Décaméron
    Le Nom de la rose

    10 questions
    526 lecteurs ont répondu
    Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre