AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Terre Ceinte (13)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
JeanPierreV
  08 mars 2016
Un titre "jeu de mots", une 4ème de couverture mettant en scène des islamistes et mentionnant la jeunesse de l'auteur né en 1990....il n'en fallait pas plus pour me solliciter et me tenter : un thème d'actualité et un jeune amateur des mots...pourquoi pas?
La tentation s'est transformée au fil des pages, et au fil des mots en plaisir, malgré le cadre du livre....
La violence est certes décrite dès les premières pages avec l'exécution de deux jeunes gens qui s'aimaient sans être mariés. L'auteur ne nous cache rien, ni les "descentes" de ces intégristes dans leurs 4x4, ni la chasse aux femmes qui ne se couvrent pas les cheveux pour sortir sur le pas de leur porte, mais ce ne sont que quelques pages suffisantes pour mettre en scène à la fois la peur qui brise les volontés, et la tristesse de ceux qui ont perdu l'un des leurs, du fait de cette violence...Peur contre laquelle vont s'élever sept hommes et femmes en rédigeant et en diffusant un journal clandestin. Un coté "Armée des ombres" de Kessel...une diffusion qui entrainera d'autres violences mais surtout de grandes interrogations au sein du groupe des sept quant à leur responsabilité dans les exactions commises par les intégristes au sein de la population quand des journaux sont trouvés.
Cet instinct de survie et de résistance, anime à des degrés divers ces sept, et leur font prendre tous les risques....y compris celui de faire éclater leur cohésion. Parallèlement au film de cette résistance, l'auteur nous fait partager les interrogations, la peur et la détresse de deux femmes, Aïssata et Sadobo qui échangent une correspondance...deux femmes fortes que le lecteur découvrira au fil des pages
Ce jeune auteur a été récompensé par le prix Kourouma pour ce livre, ayant pour thème la résistance mais aussi ces jeunes, élevés dans des familles sans problème, qui "basculent" vers cet intégrisme.
Un jeune auteur de 25 ans au moment de la parution du livre, un auteur d'une grande maturité dans son écriture, s'interrogeant sur la responsabilité, le courage mais aussi décrivant les motivations de rejet par les intégristes de toute notion de culture "Ce que l'idéologie craint et hait, c'est que l'écriture des livres dangereux soit le fruit d'une aventure libre de l'intelligence : ce qu'elle brûle et veut nier aussi, c'est L Histoire même de l'intelligence libre, dont l'écriture est à la fois le terme et le signe"
Sans aucun doute "Terre ceinte" est un livre dangereux fruit d'une aventure libre de l'intelligence. Mohamed Mbougar Sarr a aussi aussi obtenu, en 2014, pour sa première nouvelle "La Cale" le Prix Stéphane Hessel de la Jeune écriture francophone.
Une belle promesse à suivre, dans la lignée d' Ahmadou Kourouma, Boualem Sansal, Atiq Rahimi...on en reparlera

Lien : http://mesbelleslectures.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
Fleurdemai74
  01 juin 2016
L'auteur est venu présenter son livre dans notre bibliothèque.
Son livre nous fait découvrir les horreurs de la guerre qui se déroule si près de son pays.
La correspondance entre les deux mères qui ont perdu chacune un enfant à cause de "l'amour" est très poignante.
On ne ressort pas de la lecture de ce livre sans quelques égratignures. Il faut garder espoir dans l'avenir du monde !
Commenter  J’apprécie          150
Fuyating
  13 mars 2019
Quel très beau livre que voici ! Impossible de le lâcher avant d'en connaitre la fin. Il nous interroge sur de nombreux sujets, notamment le radicalisme religieux, la peur bien sûr, l'impuissance des familles face à la radicalisation des jeunes, les exécutions sommaires au nom de Dieu, la dénonciation, mais nous y découvrons aussi la résistance, le courage, l'amour et l'espoir tout de même. Ce roman est bouleversant, et le ton nous est donné dès les premières lignes avec l'exécution publique de deux jeunes pour avoir eu des relations hors mariage. La tension monte très vite et atteint son paroxysme vers la fin du roman.
Je recommande chaudement Terre ceinte à tous afin de mieux appréhender la vie de ces malheureuses personnes qui vivent sous le joug d'islamistes radicaux, qui ne reçoivent aucune aide extérieure et qui essaient de se battre malgré la peur.
L'écriture de Mohaled Mbougar Sarr est très agréable, ce jeune sénégalais semble être un auteur prometteur !
Commenter  J’apprécie          100
Dridjo
  30 octobre 2015
Même la fin de ce "Terre ceinte" est comme il faut: mesurée, équilibrée. Sans excès et exactement ce qu'il fallait comme dose d'espoir et de réalisme.
En fait, je me retiens fortement car l'excessif dithyrambe n'est pas conseillé avant de recevoir un auteur (lol). Soyons comme l'est le livre; posé et mesuré.
C'est livre est MEGA-MAGNIFI-EXTRA-KIFFANT !!

Tout y est: une atmosphère lourde et tragique dans le huis-clos de la ville de Alep, des personnages forts, attachants et divers. Les histoires personnelles ne sont pas anecdotiques et viennent vraiment nourrir la grande histoire. La violence sourde prend aux tripes. L'enfant qui glisse vers l'extrémisme et l'impuissance des parents, les politiques français devraient lire ces lignes. Les collabos sans qui aucun tyran n'aurait de pouvoir sur le peuple. La fin totalement dramatique digne des plus grandes fins de films hollywoodiens. TOUT Y EST!!!

Des bémols ? Il faudrait en trouver quand même...

L'auteur a une maturité littéraire énorme et une maitrise de l'écriture qui laisse sans voix. Parfois, pourtant, s'en vient une légère sensation de "trop" de maîtrise. La plume est très classique, hyper maitrisée et (il faut bien lui chercher des poux dans la tonsure), manque un peu de folie, à mon goût.

Mon dernier coup de coeur-surprise pour un si jeune auteur date d'il y a 5 ans. Je découvrais "L'hibiscus pourpre" de Chimamanda Ngozie Adichie. Je viens de prendre le même genre de gifle. Je ne le fais que très rarement mais je vais acheter tous les livres écrits par cet auteur.


Ce livre est magnifique !!
Lien : http://www.loumeto.com/mes-l..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
psambou
  24 octobre 2015
Mohamed Mbougar Sarr est un jeune écrivain sénégalais, touché en 2013 par l'assassinat d'un couple d'amants lapidés par les djihadistes au Mali. Son roman s'ouvre sur cette scène de mise à mort. Nous sommes dans la ville de Kalep, où "la Fraternité" soumet depuis quatre ans, les habitants sous une chape de violence à son idéologie totalitaire.
A travers une correspondance qu'entament les mères des jeunes suppliciés elles formulent leurs doutes et questionnements sur le sens de la mort de leurs enfants, tout comme les débats entre les membres du groupe de résistants - éditeurs clandestins d'un journal - interrogent la portée et les conséquences de leur action.
Ce roman, couronné par le prix Kourouma 2015, interpelle parce qu’il incite à réfléchir, à s'interroger sur sa propre capacité d'engagement, de résistance face à la peur qui ceinture le courage et la raison.
Et si vous avez l'occasion de participer à une rencontre avec Mohamed Mbougar Sarr, n'hésitez pas, ce jeune homme est brillant et son art oratoire se savoure, tout comme la qualité de ses réflexions.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
lcath
  16 août 2019
Dans une région d'Afrique, la Fraternité, groupe islamiste armé, a pris possession de la ville de Kalep. Depuis cinq ans qu'ils sont installés, la ville s'est métamorphosée, la peur régit les gestes de chacun. Un groupe d'hommes et de femmes, essaient de donner corps à une révolte au travers d'un journal clandestin. Ils espèrent ainsi réveiller les consciences des habitants de la ville et offrir une résistance à la Fraternité.

le portrait sensible des hommes et femmes qui l'habitent, sans caricature, sans solution simple, la justesse des réflexions, sa construction réussie qui malgré la lourdeur de la situation décrite, emporte le lecteur , servi par une belle écriture, font de ce roman une de ces lectures qui ricoche encore longtemps après avoir fermé le livre.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
Commenter  J’apprécie          80
LAP2016
  22 mai 2016
J'ai choisi « Terre sainte » de Mohamed MBOUGAR SARR car la religion est un sujet qui m'intéresse. de plus la religion islamique est un sujet d'actualité, au coeur des débats. Je dois avouer que le titre de l'oeuvre où l'auteur a joué de l'homophonie entre " sainte " et " ceinte" m'intriguait ; même si après avoir lu la quatrième de couverture j'avais une petite explication derrière la tête. Nous apprenons en effet qu'un groupe d'amis décide de résister au pouvoir islamique en publiant un journal clandestin.
L'auteur met donc en scène Malamine, personnage principal: un médecin musulman sans qui la publication du journal n'aurait pas été possible. C'est à travers son courage, son bon sens et sa force d'esprit que nous allons vivre cette aventure dans une ville fictive : Kalep.
C'est grâce à une écriture fluide, des intrigues, des rebondissements que l'auteur rend la lecture de son livre intéressante, captivante et agréable à lire. Ce livre nous offre implicitement de nombreuses réflexions, comme par exemple celles qui concernent les radicaux religieux. En effet il est question dans ce livre d'islamistes. le point de vue omniscient de l'écrivain nous dévoile le nécessaire afin de nous téléporter au coeur de cette ville et de ses habitants. Nous ressentons la souffrance intérieure des Kalépois mais aussi extérieure, nous nous identifions à eux. Nous sommes plongés dans une atmosphère de peur et de terreur dirigée par des terroristes. L'auteur utilise aussi de nombreuses et longues descriptions pour nous faire part des conditions de vie au coeur de la ville. La correspondance épistolaire des parents des victimes de lapidation nous aide à comprendre l'état d'esprit et les réflexions de la population.
L'auteur nous sensibilise sur l'importance de la communication, du langage en mettant en scène des personnages qui ont perdu l'envie et l'espoir de communiquer, comme les habitants de cette ville.
Le livre nous renseigne aussi sur certains aspects de l'Islam et du coran, car l'auteur aborde la question de la foi religieuse, ou encore la notion de d'islam modéré et radical.
C'est donc dans cette ambiance que le lecteur pourra s'interroger sur le sens de la responsabilité, de l'honneur, de l'héroïsme, de la lâcheté, de la vie et de la mort. En effet le groupe d'amis mené par Malamine tient le destin des habitants de la ville entre leurs mains. Nous sommes confrontés à la mort tout au long du récit, certains passages sont tristes et durs; cependant ils reflètent la pure réalité. Kalep était dite une ville fictive pourtant son nom se rapproche fortement de Alep en Syrie ou encore Kidal au Mali. Cette région se rapproche également de par sa situation politique de nombreux pays d'Afrique et du Moyen Orient.
Voici pourquoi J'ai apprécié ce livre, un livre passionnant, moi qui habituellement n'aime pas lire, j'ai eu un réel plaisir à lire. Il m'a instruit. Il est rempli de bon sens et offre une certaine vérité.
Je pense qu'il est important de promouvoir des livres comme celui-ci grâce à des prix car cette situation représente aujourd'hui un fléau pour le monde. La France elle-même est victime d'attentats relatifs aux situations exposées. Ce livre peut éclairer, sur la question du djihad et de l'immigration. Cela m'amène à dire que quel que soit la forme d'extrémisme, ici le fanatisme religieux, il entraine des situations intolérables et ingérables. C'est donc ce que j'ai retenu de ce roman.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Zephirine
  05 décembre 2019
A Kalep, ville imaginaire et pourtant qui semble réelle, la population assiste à la mise à mort implacable de deux jeunes gens par les islamistes au pouvoir. Leur crime ? Ils se sont aimés en dehors des liens du mariage.
L'exécution de ces sacrifiés va déclencher un mouvement de résistance parmi quelques courageux. C'est ainsi que Rambaaj, journal clandestin, voit le jour.
Tandis qu'une poignée de résistants tente de s'opposer à la terreur, les islamistes continuent à tuer, couper des mains, battre les femmes à l'image de l'épouse de Malamine dont le tort est d'être sortie dans la rue sans son voile. Comment affronter l'inacceptable ? Comment résister dans un tel climat de peur, de violence et trouver le courage de s'engager ?
Tout au long du récit s'intercalent les lettres qu'échangent les mères des jeunes amants exécutés. Cette correspondance secrète est leur seul moyen d'exprimer leur souffrance. On plonge dans leur affliction, on assiste à leurs errements et c'est émouvant. Ces parenthèses épistolaires donnent une respiration au récit.
Mais, au-delà de l'intrigue, ce roman traite avec acuité des comportements humains face à la terreur des milices islamistes. L'auteur mène l'histoire sans jugements, il se contente de faire vivre ses personnages pour le plus grand plaisir du lecteur, embarqué à la suite de ces destins tragiques. Pas de misérabilisme ni de morale, simplement un récit, terrible, cruel, qui entre en résonnance avec d'autres évènements hélas bien réels. (Exemple : la destruction de la bibliothèque de Bantika et de ses manuscrits, disparition d'un précieux patrimoine)
Pour moi, c'est le point fort du roman
Un bémol, cependant, au sujet de l'écriture, qui ne m'a pas « charmée ». Je lui reproche quelques lourdeurs, des redondances, des descriptions qui tirent en longueur sans intérêt véritable. Heureusement que l'attrait de l'histoire prend vite le pas sur la qualité de l'écriture et j'ai lu ce roman avec un plaisir jamais démenti.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Enroute
  27 juillet 2018
Superbe roman qui nous donne à vivre de l'intérieur ce que peut être de vivre sous la domination d'un groupe qui applique la charia (et fait même un peu de zèle). Les situations sont fortes, on s'attache à ces personnages charismatiques, on apprécie l'oxygène apporté par l'originalité littéraire de l'intrusion d'échanges épistolaires ; et bien sûr on aurait tort de s'en tenir à une description réaliste ; car ce qui est mis en scène, c'est l'authenticité à soi-même, l'engagement et l'action. Comment agir, pourquoi agir, dans quel sens, dans quel but et à partir de quoi ?... C'est en cela que le roman s'élève à mon sens, qui ne se limite pas donner une représentation d'une situation donnée, mais bien de l'existence humaine. Après, comme dans le roman, il faut vivre.
Commenter  J’apprécie          30
ollivier
  09 mai 2019
Dans le nord du Sénégal, dans une ville contrôlée par les Islamistes, une oeuvre polyphonique : le point de vue du chef de la police local, celui de deux mères dont les enfants ont été exécutés pour conduite immorale, les débats à l'intérieur d'un groupe de résistants sur l'opportunité de publier un journal clandestin et les conséquences que celui-ci peut avoir sur la population (accentuer de la répression, favoriser la délation). Entre l'inertie du pouvoir central, celui des grandes puissances mondiales et la révolte spontanée et brève de la population...
Commenter  J’apprécie          10


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Une ville, un état

Los Angeles se trouve ....

en Californie
au Texas
en Floride
Je n'en sais rien...

8 questions
544 lecteurs ont répondu
Thèmes : américain , amérique , états-unis , état , villes , villes américainesCréer un quiz sur ce livre