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ISBN : 2708708813
Éditeur : Editions Présence Africaine (23/12/2014)

Note moyenne : 4.52/5 (sur 29 notes)
Résumé :
À Kalep, ville du Sumal désormais contrôlée par le pouvoir brutal des islamistes, deux jeunes sont exécutés pour avoir entretenu une relation amoureuse.
Des résistants tentent de s’opposer à ce nouvel ordre du monde en publiant un journal clandestin. Défi lancé au chef de la police islamique dans un climat de tension insoutenable qui met en évidence des contradictions et brouille tous les repères sociaux. Mais la vie, à sa façon mystérieuse, reprend toujours ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
JeanPierreV
  08 mars 2016
Un titre "jeu de mots", une 4ème de couverture mettant en scène des islamistes et mentionnant la jeunesse de l'auteur né en 1990....il n'en fallait pas plus pour me solliciter et me tenter : un thème d'actualité et un jeune amateur des mots...pourquoi pas?
La tentation s'est transformée au fil des pages, et au fil des mots en plaisir, malgré le cadre du livre....
La violence est certes décrite dès les premières pages avec l'exécution de deux jeunes gens qui s'aimaient sans être mariés. L'auteur ne nous cache rien, ni les "descentes" de ces intégristes dans leurs 4x4, ni la chasse aux femmes qui ne se couvrent pas les cheveux pour sortir sur le pas de leur porte, mais ce ne sont que quelques pages suffisantes pour mettre en scène à la fois la peur qui brise les volontés, et la tristesse de ceux qui ont perdu l'un des leurs, du fait de cette violence...Peur contre laquelle vont s'élever sept hommes et femmes en rédigeant et en diffusant un journal clandestin. Un coté "Armée des ombres" de Kessel...une diffusion qui entrainera d'autres violences mais surtout de grandes interrogations au sein du groupe des sept quant à leur responsabilité dans les exactions commises par les intégristes au sein de la population quand des journaux sont trouvés.
Cet instinct de survie et de résistance, anime à des degrés divers ces sept, et leur font prendre tous les risques....y compris celui de faire éclater leur cohésion. Parallèlement au film de cette résistance, l'auteur nous fait partager les interrogations, la peur et la détresse de deux femmes, Aïssata et Sadobo qui échangent une correspondance...deux femmes fortes que le lecteur découvrira au fil des pages
Ce jeune auteur a été récompensé par le prix Kourouma pour ce livre, ayant pour thème la résistance mais aussi ces jeunes, élevés dans des familles sans problème, qui "basculent" vers cet intégrisme.
Un jeune auteur de 25 ans au moment de la parution du livre, un auteur d'une grande maturité dans son écriture, s'interrogeant sur la responsabilité, le courage mais aussi décrivant les motivations de rejet par les intégristes de toute notion de culture "Ce que l'idéologie craint et hait, c'est que l'écriture des livres dangereux soit le fruit d'une aventure libre de l'intelligence : ce qu'elle brûle et veut nier aussi, c'est L Histoire même de l'intelligence libre, dont l'écriture est à la fois le terme et le signe"
Sans aucun doute "Terre ceinte" est un livre dangereux fruit d'une aventure libre de l'intelligence. Mohamed Mbougar Sarr a aussi aussi obtenu, en 2014, pour sa première nouvelle "La Cale" le Prix Stéphane Hessel de la Jeune écriture francophone.
Une belle promesse à suivre, dans la lignée d' Ahmadou Kourouma, Boualem Sansal, Atiq Rahimi...on en reparlera

Lien : http://mesbelleslectures.com..
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LAP2016
  22 mai 2016
J'ai choisi « Terre sainte » de Mohamed MBOUGAR SARR car la religion est un sujet qui m'intéresse. de plus la religion islamique est un sujet d'actualité, au coeur des débats. Je dois avouer que le titre de l'oeuvre où l'auteur a joué de l'homophonie entre " sainte " et " ceinte" m'intriguait ; même si après avoir lu la quatrième de couverture j'avais une petite explication derrière la tête. Nous apprenons en effet qu'un groupe d'amis décide de résister au pouvoir islamique en publiant un journal clandestin.
L'auteur met donc en scène Malamine, personnage principal: un médecin musulman sans qui la publication du journal n'aurait pas été possible. C'est à travers son courage, son bon sens et sa force d'esprit que nous allons vivre cette aventure dans une ville fictive : Kalep.
C'est grâce à une écriture fluide, des intrigues, des rebondissements que l'auteur rend la lecture de son livre intéressante, captivante et agréable à lire. Ce livre nous offre implicitement de nombreuses réflexions, comme par exemple celles qui concernent les radicaux religieux. En effet il est question dans ce livre d'islamistes. le point de vue omniscient de l'écrivain nous dévoile le nécessaire afin de nous téléporter au coeur de cette ville et de ses habitants. Nous ressentons la souffrance intérieure des Kalépois mais aussi extérieure, nous nous identifions à eux. Nous sommes plongés dans une atmosphère de peur et de terreur dirigée par des terroristes. L'auteur utilise aussi de nombreuses et longues descriptions pour nous faire part des conditions de vie au coeur de la ville. La correspondance épistolaire des parents des victimes de lapidation nous aide à comprendre l'état d'esprit et les réflexions de la population.
L'auteur nous sensibilise sur l'importance de la communication, du langage en mettant en scène des personnages qui ont perdu l'envie et l'espoir de communiquer, comme les habitants de cette ville.
Le livre nous renseigne aussi sur certains aspects de l'Islam et du coran, car l'auteur aborde la question de la foi religieuse, ou encore la notion de d'islam modéré et radical.
C'est donc dans cette ambiance que le lecteur pourra s'interroger sur le sens de la responsabilité, de l'honneur, de l'héroïsme, de la lâcheté, de la vie et de la mort. En effet le groupe d'amis mené par Malamine tient le destin des habitants de la ville entre leurs mains. Nous sommes confrontés à la mort tout au long du récit, certains passages sont tristes et durs; cependant ils reflètent la pure réalité. Kalep était dite une ville fictive pourtant son nom se rapproche fortement de Alep en Syrie ou encore Kidal au Mali. Cette région se rapproche également de par sa situation politique de nombreux pays d'Afrique et du Moyen Orient.
Voici pourquoi J'ai apprécié ce livre, un livre passionnant, moi qui habituellement n'aime pas lire, j'ai eu un réel plaisir à lire. Il m'a instruit. Il est rempli de bon sens et offre une certaine vérité.
Je pense qu'il est important de promouvoir des livres comme celui-ci grâce à des prix car cette situation représente aujourd'hui un fléau pour le monde. La France elle-même est victime d'attentats relatifs aux situations exposées. Ce livre peut éclairer, sur la question du djihad et de l'immigration. Cela m'amène à dire que quel que soit la forme d'extrémisme, ici le fanatisme religieux, il entraine des situations intolérables et ingérables. C'est donc ce que j'ai retenu de ce roman.

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Fleurdemai74
  01 juin 2016
L'auteur est venu présenter son livre dans notre bibliothèque.
Son livre nous fait découvrir les horreurs de la guerre qui se déroule si près de son pays.
La correspondance entre les deux mères qui ont perdu chacune un enfant à cause de "l'amour" est très poignante.
On ne ressort pas de la lecture de ce livre sans quelques égratignures. Il faut garder espoir dans l'avenir du monde !
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Fuyating
  13 mars 2019
Quel très beau livre que voici ! Impossible de le lâcher avant d'en connaitre la fin. Il nous interroge sur de nombreux sujets, notamment le radicalisme religieux, la peur bien sûr, l'impuissance des familles face à la radicalisation des jeunes, les exécutions sommaires au nom de Dieu, la dénonciation, mais nous y découvrons aussi la résistance, le courage, l'amour et l'espoir tout de même. Ce roman est bouleversant, et le ton nous est donné dès les premières lignes avec l'exécution publique de deux jeunes pour avoir eu des relations hors mariage. La tension monte très vite et atteint son paroxysme vers la fin du roman.
Je recommande chaudement Terre ceinte à tous afin de mieux appréhender la vie de ces malheureuses personnes qui vivent sous le joug d'islamistes radicaux, qui ne reçoivent aucune aide extérieure et qui essaient de se battre malgré la peur.
L'écriture de Mohaled Mbougar Sarr est très agréable, ce jeune sénégalais semble être un auteur prometteur !
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psambou
  24 octobre 2015
Mohamed Mbougar Sarr est un jeune écrivain sénégalais, touché en 2013 par l'assassinat d'un couple d'amants lapidés par les djihadistes au Mali. Son roman s'ouvre sur cette scène de mise à mort. Nous sommes dans la ville de Kalep, où "la Fraternité" soumet depuis quatre ans, les habitants sous une chape de violence à son idéologie totalitaire.
A travers une correspondance qu'entament les mères des jeunes suppliciés elles formulent leurs doutes et questionnements sur le sens de la mort de leurs enfants, tout comme les débats entre les membres du groupe de résistants - éditeurs clandestins d'un journal - interrogent la portée et les conséquences de leur action.
Ce roman, couronné par le prix Kourouma 2015, interpelle parce qu’il incite à réfléchir, à s'interroger sur sa propre capacité d'engagement, de résistance face à la peur qui ceinture le courage et la raison.
Et si vous avez l'occasion de participer à une rencontre avec Mohamed Mbougar Sarr, n'hésitez pas, ce jeune homme est brillant et son art oratoire se savoure, tout comme la qualité de ses réflexions.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
psamboupsambou   24 octobre 2015
Idrissa pensa qu'il était au fond inutile de parler, mais il savait que cette pensée était peut-être la plus grande victoire de la Fraternité : arriver à faire croire aux gens que parler était inutile, et qu'elle pouvait parler à leur place, mieux exprimer leur pensée, dans son propre langage. Et en les dispensant de parler, elle les dispensait aussi de penser. Tout régime autoritaire grandit ainsi : parcequ’il réussit à faire illusion de l'inutilité de la communication, de la paresse devant le langage, une vertu individuelle et collective. ce n'est pas simplement d'une extinction de parole et du langage qu'il s'agit : de façon plus insidieuse, la propagande parvient et c'est autrement plus subtil, difficile, dangereux à faire croire à ceux à qui elle s'adresse que cette extinction de leur voix est une heureuse nécessité. Ces derniers se taisent parcequ’ils ne jugent plus nécessaire de parler, tant tout leur parait évident et clair.
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JeanPierreVJeanPierreV   08 mars 2016
La peur, la froide peur : c'est en elle et en elle seule, que se retrouvent ceux qui résistent et ceux qui se soumettent à un régime tyrannique. Il n'y naturellement ni héros, ni salauds et le courage n'a alors pas plus de sens, ni de valeur, que la lâcheté. Il n'y a d'abord que des gens qui ont peur et qui, ensuite, dont quelque chose de cette peur : ils volent avec les ailes qu'elle leur donne aux talons où demeurent au sol, désespérément perdus, les pieds entravés(P. 46)
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JeanPierreVJeanPierreV   08 mars 2016
Et ce peuple alors, uni quelques minutes avant par la faim, se divisait, se disloquait, de désagrégeait à cause de cette même faim. On se poussait ; et dans cette masse d'où l'intelligence s'était provisoirement retirée, les costumes se battaient contre les haillons, les directeurs d'entreprise contre les humbles gens, les patrons contre les chômeurs. La lutte des classes est le moteur de l'Histoire. La faim est le moteur de la lutte des classes. (P. 25)
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JeanPierreVJeanPierreV   08 mars 2016
Tous les régimes qui ont tué des hommes sont morts parce qu'ils croyaient qu'ils pouvaient continuer à tuer impunément ; tous sont morts de présomption. La Fraternité ne peut y échapper. C'est la punition de Dieu. C'est quand ils se croiront plus forts qu'ils tomberont dans la poussière (P. 123)
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DridjoDridjo   30 octobre 2015
"Notre allié, c'est le peuple. Sans lui, aucun espoir n'est permis. Lui seul peut renverser cette barbarie. Ce n'est pas nous qui le feront. Ce journal peut, au mieux, redonner de l'espoir. Je crois en ce peuple, malgré tout ce qu'il a fait. De toute manière, je n'ai pas le choix. Le peuple est dangereux et imprévisible. C'est possible. Mais il ne faut pas perdre de vue que c'est cette imprévisibilité qui déroute, et qui en fait une arme que l'on ne peut jamais tout à fait maitriser. Un jour, il se révoltera. Et ce jour-là, vous le remercierez."
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Videos de Mohamed Mbougar Sarr (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohamed  Mbougar Sarr
Le collectif Palabres Autour Des Arts reçoit le très grand, écrivain, lauréat du Prix Kourouma 2015, Mohamed MBOUGAR SARR et son roman "Terre Ceinte" (Édition Présence Africaine)
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