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Cancie
  30 avril 2021
La rivière des disparues de l'auteure américaine Liz Moore se déroule à Kensington, un quartier de la ville de Philadelphie en Pennsylvanie, un quartier ravagé par la crise des opioïdes, véritable fléau sanitaire.
Dans ce quartier, nous allons suivre deux soeurs. L'aînée Michaela surnommée Mickey, la narratrice, travaille dans la PPD, le département de police de Philadelphie et Kacey, la cadette, a sombré dans la drogue.
Mickey se souvient que treize ans plus tôt, lors de sa prise de poste, les overdoses mortelles se produisaient deux à trois fois par an, alors que « rien que cette année, la ville est en passe d'atteindre les mille deux cents cas, dont la grande majorité se sont produits dans notre zone ». Aussi, chaque fois qu'elle doit se rendre sur les lieux où un corps a été découvert, l'angoisse est là « Et si c'était Kacey ? », question récurrente.
Lorsque la police découvre qu'un serial-killer est à l'oeuvre et opère dans les maisons abandonnées de Kensington, nombreuses, suite à la crise économique, Mickey n'a plus qu'une obsession, retrouver sa soeur qui a disparu depuis un mois.
En alternant deux époques et en les intitulant Aujourd'hui et Avant, Liz Moore nous permet de suivre la vie de Mickey au moment présent et sa course contre la montre pour tenter de récupérer sa soeur et parallèlement de connaître l'enfance et l'adolescence respective des deux soeurs ainsi que les rencontres qui ont modelé leur personnalité et leur vie.
Si ce livre est un roman policier noir par l'atmosphère glaçante dans laquelle il se situe, par les relations professionnelles tendues et confuses au sein de la police, et par les drames engendrés par cette addiction à la drogue dure, il est par ailleurs un roman familial riche par la diversité des sentiments éprouvés par les personnages les uns envers les autres et surtout par le lien qui unit ces deux soeurs, lien serré et complexe.
Liz Moore analyse minutieusement la psychologie des frangines et comment malgré les terribles événements et épreuves qu'elles traversent, leur amour mutuel peut parfois vaciller sans pour autant jamais s'éteindre.
Ce mix entre enquête policière et récit familial nous offre une lecture terriblement réaliste, je ne peux employer le terme addictive, tant l'addiction est dans ce livre source de dégâts souvent irréversibles.
Dès les premières pages, nous sommes au coeur de l'horreur avec la découverte du corps d'une jeune femme qui semble avoir succombé à une overdose. Mickey envoyée sur les lieux avec une jeune recrue, en observant attentivement le cadavre déclare qu'il s'agit probablement d'un homicide. Cependant, l'enquête ne va pas démarrer illico mais plutôt lentement et le premier tiers de l'ouvrage nous permet surtout de faire connaissance avec ce quartier de Kensington où les Tracks, ces rails de l'ancienne voie ferrée, rappels de la riche activité industrielle, sont devenus une planque pour les drogués en quête d'un fixe ou pour les prostituées. Sont relatées l'enfance et l'adolescence de Mickey et Kacey élevées « à la dure » par leur grand-mère maternelle Gee après le décès de leur mère lorsqu'elles n'avaient encore que quatre et deux ans et demi, leur père étant parti peu de temps après. Nous sont également présentés les différents personnages qui évoluent autour de Mickey et Kacey, notamment Thomas le fils de Mickey, son enfant chéri, Simon, le père de Thomas, Truman l'ex-coéquipier de Mickey, Paula, l'amie de Kacey et d'autres…
Liz Moore a su parfaitement ménager le suspense en allant crescendo, à la fois dans le déroulement des divers meurtres et dans leur résolution. Ce n'est vraiment qu'à la moitié du livre que tout s'emballe, que le rythme devient haletant et qu'il est quasiment impossible de le reposer et pourtant, il est parfois nécessaire de faire des petites pauses, plus de 400 pages obligent…
Le titre La rivière des disparues fait référence à toutes ces jeunes personnes asservies à la drogue « qui dispensaient de l'amour et en recevaient, toutes parties chacune à leur tour, en cortège, en un flot sans source ni embouchure, longue rivière lumineuse d'âmes disparues. »
Ce polar haletant où suspense, psychologie et saga familiale sont savamment mêlés, se déroulant dans un cadre hélas réel, (l'aspect documentaire est pour beaucoup dans sa réussite) m'a vraiment conquise et conduite de surprise en surprise.
Je me dois ici, de remercier sincèrement BePolar et le Club Sang ainsi que les éditions Buchet/Chastel pour cette magnifique découverte !

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Boulibooks
  05 mai 2021
« La rivière des disparues » est un livre que je découvre grâce aux équipes de Bepolar.
L'intrigue se situe dans le quartier de Kensington au coeur de la ville de Philadelphie. Quartier sombre où la violence, la drogue et la prostitution règnent en maître. L'atmosphère est sordide et devient vite oppressante.
C'est justement là que vivent deux soeurs que tout oppose : Mickey, qui a les pieds sur terre et travaille dans la police et Kacey qui végète dans un monde de paradis artificiels. Chacune mène sa vie sans vraiment chercher à voir l'autre.
Mais lorsqu'une série de meurtres démarre dans le quartier, Mickey s'inquiète pour sa soeur et s'implique personnellement dans l'enquête.
Plus qu'un roman policier, « La rivière des disparues » est un roman psychologique et social.
Malgré la très belle plume de Liz Moore, les thèmes abordés : graves mais intéressants, j'avoue avoir eu du mal à terminer ce gros bébé de 413 pages. le manque de dialogues a certainement joué mais pas que… Je ne me suis pas attachée aux deux soeurs et j'ai finalement trouvé l'histoire assez linéaire.
Au vu de tous les commentaires dithyrambiques publiés ici, je me dis que peut-être que je n'ai pas choisi le bon moment pour lire ce livre. J'essaierais de le relire plus tard.
En attendant, je vous laisse vous faire votre propre avis.
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Sharon
  06 avril 2021
Cela ne se voit peut-être pas trop, mais depuis le 24 mars et les jours qui ont suivi, j'ai beaucoup de mal à me concentrer sur la lecture d'un « gros » livre, et j'en ai beaucoup qui attendent d'être lus, voire même d'être terminés. Avec La rivière des disparues, ce n'est pas le cas. Je me suis plongée dedans, j'ai été attirée parce cette histoire dont on pourrait dire que ce n'est pas qu'un roman policier, et je l'ai terminée très rapidement.
La narratrice, c'est Mickey, diminutif de Micaela. Elle est policière. Elle patrouille dans les rues de Philadelphie et elle aime son métier. Elle a un fils, Thomas, auquel elle consacre le plus de temps possible. Son père ? J'ai aimé non que l'on découvre tardivement son identité, mais que les pièces du puzzle se mettent en place peu à peu, dressant de lui un portrait peu reluisant – à mes yeux – et illustrant aussi, quelque part, la naïveté de Mickey, qui pourtant côtoie le pire, tous les jours, dans ses patrouilles. Kacey, sa soeur, a à son égard un jugement extrêmement lucide – que Mickey n'a pas voulu admettre, à l'époque. Force est de constater qu'elle avait pleinement raison – et sa soeur aînée de regretter de ne pas lui avoir fait confiance.
Mickey/Kacey, deux soeurs qui se ressemblent et dont la vie a pris des chemins différents. Pour quelles raisons ? le lecteur le découvre au fur et à mesure de sa lecture qui bouscule la chronologie sans que jamais je ne me sois sentie perdue. Mickey et Kacey sont devenues orphelines très jeunes, et ont été élevées par leur grand-mère maternelle, qui ne s'est jamais remise de la mort de sa fille unique, qu'elle avait élevée seule après son veuvage. La cause de sa mort ? On la comprend à demi-mot, et Gee, la grand-mère, de reprocher à son gendre d'avoir fait tomber/sombrer sa fille sans la dépendance, éjectant son gendre de la vie de ses petites-filles, sans que celui-ci ne fasse apparemment grand chose pour s'occuper d'elles. Gee, d'ailleurs, les a élevées dans le sens « élevage » du terme, leur apprenant que la vie est dure, les sevrant de toute marque d'affection, affection qu'elles ne pouvaient guère trouver qu'auprès de leur soeur, ou auprès de leurs proches. Et leur proches ont aussi pris, parfois, des chemins de traverse, des chemins dangereux.

Mickey est devenue policière, sa soeur est devenue prostituée pour se payer sa drogue, et Mickey voit sa soeur, souvent, trop souvent, et l'ignore, souvent aussi. Sauf que cela fait un mois que sa soeur n'a pas donné signe de vie, un mois que personne ne l'a vue – et un corps est retrouvé, dans le secteur où Kacey travaillait. Ce ne sera que le premier.
Le portrait de la ville de Philadelphie ainsi dressé est sombre. La police a beau arpenter certains quartiers, elle n'empêche ni la violence, ni le trafic de drogue, ni la prostitution. Les policiers de terrain sont la plupart du temps dépassés, leurs supérieurs ne semblent pas toujours concernés et les habitants de Kensington (oui, comme Kensington Palace) n'aiment pas les flics, n'aiment pas parler aux flics, n'aiment pas que les flics rentrent dans leurs boutiques. Dans les quartiers plus huppés, ce n'est pas tellement mieux – pas de flics non plus dans les établissements, cela fait désordre. Mickey est à mi-chemin entre ses deux mondes, elle qui a tenu à scolariser son fils dans le meilleur établissement possible, tant que son père payait la pension. Après, elle a dû faire des choix, ce qui ne l'empêche pas de veiller sur lui, de s'occuper de lui chaque soir et de payer une baby-sitter quand elle travaille. Elle lit aussi quantité de livres sur l'éducation, et je m'étonne que tous déconseillent le co-dodo, pourtant abondamment pratiqué par… presque toutes les familles que je connais, et leurs enfants ne s'en sont pas plus mal portés ! le fait de ne pas avoir eu de modèle parentaux, d'être, à son tour, mère célibataire, a-t-il crée ce sentiment d'insécurité ? Là aussi, le fil du récit nous en dira plus, et franchement, je n'avais rien vu venir.
Le refuge est peut-être à cherche dans l'état voisin, le Delaware, état où tout semble paisible, où l'on peut se sortir de la drogue, de la dépendance, être quasiment apaisée, enfin. Non, ce n'est pas un univers rêvé, mais le lieu paraît stable, par rapport à Philadelphie, sa violence, et la possibilité d'une vie meilleure y semble possible. Et pourtant… le roman dénonce à la foi les violences policières, insidieuses, couvertes par la hiérarchie, mais aussi le fléau qu'est la dépendance à la drogue, et les conséquences pour les enfants. Ou comment sevrer un bébé déjà dépendant aux substances que prenait sa mère durant sa grossesse.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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paleoliticgirl
  02 mai 2021
Je ne savais pas trop dans quoi j'allais me lancer en ouvrant ce roman , mais certainement pas à le dévorer en un week-end. J'ai plongé dedans et je ne l'ai pas lâché.

Au delà d'une histoire policière avec un meurtrier c'est avant tout l'histoire d'un drame familial, deux soeurs dont la vie a été brisée à cause de la drogue. de leur enfance à leur vie d'adulte, dans leur choix, les conséquences de la drogue se fait sentir. CE roman n'est pas glauque, il est dur, il est vrai, mais je l'ai aussi trouvé plein d'espoir. Nous sommes bien loin des romans américains plein de clichés et de happy end, ici, nous prenons juste conscience d'une réalité qui peut sembler brutale mais qui est surtout vraie. C'est la force de ce livre. Mickey est policière en patrouille, Kaysey est droguée et se prostitue et nous allons surtout comprendre comment elles en sont arrivées là.

De la drogue au besoin d'être aimée au machisme et aux dérives policières, Liz Moore nous fait le récit d'une réalité brute et sans équivoque où le bien ne triomphe pas toujours du mal mais elle nous laisse tout de même un message d'espoir en l'humanité.

C'est un roman très fort qui a souvent étreint mon coeur de maman mais j'ai adoré.
Lien : https://loeildesauron1900819..
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krisk
  19 avril 2021
La rivière des disparues, un livre qui m'a attiré par son titre, puis par sa couverture que j'aime beaucoup et ensuite par son résumé qui clos le débat et qui ont fait que je ne pouvais pas passer à côté de ce roman.
C'est d'ailleurs grâce à #NetGalleyFrance et les éditions Buchet Chastel que l'opportunité m'a été donné et je leur en remercie !

Ce livre, que je n'ai pourtant pas beaucoup vu passer sur les réseaux sociaux et qui n'a pas eu beaucoup de critiques, vaut selon moi le détour et la peine d'être lu.
C'est l'histoire, qui se déroule à Philadelphie, entre de deux soeurs inséparables qui finissent petit à petit par la force des choses et de la vie à ne plus se parler. Un récit qui mélange présent et passé pour comprendre ce qui a bien pu se passer entre elles.
J'ai trouvé ce livre très bien construit, avec une lecture facile et très prenante, des sujets graves y sont abordés, comme la prostitution, la drogue et sa dépendance etc
On tient ici un livre qu'on n'a pas trop envie de refermer (comme une bonne série, on veut savoir ce qu'il va se passer), des personnages attachants, surtout Mickey, une des deux soeurs, qui m'a un peu fait penser à moi, bref un beau cocktail que j'adore !
Un livre dont j'ai tout aimé, et où je n'ai vraiment rien de négatif à redire, enfin faut dire aussi que je ne suis pas une lectrice difficile non plus lol.

En conclusion ce fût un coup de coeur pour moi, et je conseille vivement à tous ceux qui aiment le style policier, thriller et psychologique de ne surtout pas hésiter à lire ce livre !
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kathel
  10 mai 2021
Deux soeurs sont au coeur de ce roman. Mickey, l'aînée, depuis toujours la plus raisonnable, est devenue policière. Elle élève seule son petit garçon. Kacey, plus exubérante, mais fragile, est devenue dépendante aux drogues, et sa soeur n'a plus de nouvelles que de loin en loin. Jusqu'au jour où un corps de jeune femme est trouvé, et où Mickey réalise que cela fait quelques temps qu'elle n'a pas croisé sa jeune soeur. Dès lors, elle cherche à tout prix à la retrouver, allant jusqu'à renouer plus ou moins avec des membres de sa famille qu'elle évitait. Plus qu'un roman policier, le livre de Liz Moore constitue une histoire de famille sur fond d'addiction aux drogues et de perpétuation des schémas de dépendance. L'auteure plonge dans les racines des tourments qui ont terni les relations dans la famille de Mickey et Kacey, élevées par une grand-mère dévastée par la mort de sa fille. Elle dresse aussi un sombre portrait de la ville de Philadelphie, qui n'est pas sans évoquer, pour ceux qui connaissent, la série The wire, située à Baltimore, les deux villes n'étant d'ailleurs éloignées que de 150 kilomètres. Certains quartiers semblent échapper à toute présence policière, ce n'est pas très reluisant.

Si j'ai trouvé très bien rendus les caractéristiques des personnages et la situation de la ville, j'ai été moins emballée par le style. Une narration au présent, très plate, encadre des dialogues nombreux et plutôt bien composés. Heureusement, je ne suis pas fan de thrillers trépidants et angoissants, ce que pourraient laisser imaginer couverture et quatrième de couverture, ce qui fait que j'ai lu avec plaisir et intérêt ce roman où la psychologie des personnages a une belle part.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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ChaK_
  06 avril 2021
Très beau roman, qui dépasse le cadre connu du polar noir, pour s'aventurer un peu en litté blanche dans sa tonalité. Liz Moore nous y raconte une histoire de deux soeurs, que tout oppose mais que tout rassemble pourtant, sur fond sociétal, avec une Philadelphie peu clinquante, ses soucis de pauvreté, de drogue ou d'abus de pouvoir.

C'est un roman très psychologique, porté par une superbe plume qui donne naissance a de vrais bons personnages, assez mémorables. Une très belle découverte.

8+
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Natalivre
  14 juin 2021
Plus qu'un simple polar. Un roman fort sur les liens familiaux et la sororité.

Mickey et Kacey sont deux soeurs qui ont été élevées par leur grand-mère suite au décès de leur mère. Mickey, l'aînée, intégrera la Police, tandis que Kacey sombrera dans la toxicomanie et la prostitution à Kensington, le quartier "chaud" de Philadelphie. Mickey essaie malgré tout de garder un oeil sur sa soeur dont elle était très proche enfant. Alors, quand on commence à retrouver des cadavres de jeunes femmes assassinées, puis quand Kacey disparaît des radars, Mickey prend peur et se jette corps et âme dans la recherche de sa soeur.

Un superbe roman, une ode à la sororité. Les personnages principaux sont bien décrits, fouillés, attachants. Les deux soeurs sont bouleversantes, émouvantes. L'alternance de deux périodes, Avant et Aujourd'hui, construction très souvent utilisée actuellement, est efficace. L'auteure met la focale sur les drames liés à l'addiction aux drogues dures et tout ce que cela engendre. La Police avec ses dérives n'est pas épargnée. Saga familiale + thriller, un puissant et délicieux cocktail que j'ai savouré jusqu'à la fin.
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Rennath
  06 mai 2021
Merci aux éditions Buchet Chastel et à #clubsang et #bepolar pour l'envoi de ce livre.
L'intrigue policière sert plus de support à l'histoire de la relation deux soeurs élevées ensemble mais que peu à peu le vie sépare : Mickey devenue policière et Kacey toxicomane et prostituée. Les chapitres sont organisés entre avant sans plus de précision et aujourd'hui mais cela ne gêne pas du tout la lecture. C'est aussi une descente dans les bas-fonds de Philadelphie que l'auteure connaît visiblement très bien dans la description et les expressions locales (traduites heureusement !).
C'est surtout un hymne à la sororité et même à la famille aussi déglinguée soit-elle. L'intrigue policière, le meurtre de femmes toxicomanes retrouvées dans des terrains vagues, sert de ligne directrice, la crainte de l'héroïne que sa soeur disparue soit la prochaine victime est le ressort principal. Tout le roman est basé sur la vision de Mickey qui peu à peu s'ouvre au monde qui l'entoure et ouvre les yeux. L'évolution des relations entre les deux soeurs qui est passionnante.
Ce roman n'est pas un roman policier, c'est autre chose et c'est très envoûtant. le titre du roman est aussi très beau, c'est un hommage à toutes les toxicomanes mortes ...
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Selvegem
  01 mai 2021
Un livre que je découvre totalement, et ma première lecture de Liz Moore !
Kensington est un quartier de la ville de Philadelphie en Pennsylvanie. C'est un quartier gangrené par la drogue et la violence. Et c'est là qu'évolue deux soeurs : Mickey est l'aînée, la fille sage, qui a été élevée pour être responsable de sa petite soeur par sa grand-mère et qui s'est finalement engagée dans les rangs de la police ; de son côté, Kacey a toujours été à l'aise avec tous, solaire, exubérante, mais elle a fini par tomber dans la drogue et devoir se prostituer pour acheter des opioïdes... le lien si fort qui unissait les deux soeurs s'est distendu au fil des années, et Mickey ne croise que rarement sa soeur dans le quartier, lorsqu'elle la croise en train d'attendre des clients ou lorsqu'elle est forcée de l'arrêter.
Lorsque une série de meurtres démarre dans le quartier, Mickey s'inquiète pour sa soeur – surtout en s'apercevant qu'elle ne l'a pas vue depuis un moment, et les personnes avec lesquelles elle traîne habituellement non plus...
La rivière des disparues m'attirait pour plusieurs raisons : le résumé très tentant ; pour découvrir une nouvelle auteure ; et le fait que ce soit publié chez Buchet/Chastel, une maison d'édition que j'apprécie énormément ! Et j'ai eu raison de m'y plonger, car j'ai vraiment passé un bon moment avec ce roman.
C'est un roman policier mais surtout social et qui traite de nombreux sujets : la mort (souvent violente), la prostitution, la consommation de drogue, et le fait de grandir ou de vivre dans une famille parfois « dysfonctionnelle ». Mickey et Kacey ont perdues leur mère très jeunes, leur père est parti et elles ont été élevées par leur grand-mère, Gee. Même si elles vivaient mieux que beaucoup de personnes dans le quartier, Mickey et Kacey ont été sevrées d'amour et de soutien, Gee leur apprenant que la vie est dure et qu'il fallait s'y habituer tôt. le fait d'alterner entre la vie présente de Mickey et son passé est très riche, on apprend les épisodes formateurs de sa vie petit à petit, ce qui introduit une certaine tension et révèle certains détails avec parcimonie, notamment tout ce qui concerne son fils Thomas, ou comment Kacey a plongée dans la drogue.
Le portrait que fait Liz Moore de la ville de Philadelphie – et plus particulièrement de Kensington – est très sombre : la police a beau parcourir l'endroit, cela n'empêche ni la drogue, ni la violence, ni la prostitution... On ajoute à cela que certains policiers profitent honteusement de ce système, et que certains habitants du quartier ne se sentent pas particulièrement concernés pour arranger les choses, on peut dire qu'on ressent toute la noirceur et le désespoir que l'on voit à travers les yeux de Mickey. Elle-même se sent à la frontière entre les deux mondes, et elle n'a jamais été à l'aise nulle part Sauf lorsqu'elle était jeune, et que Kacey était à la fois sa soeur, sa meilleure amie et son lien vers le monde...
Tout cela pour dire que La rivière des disparues est un livre que je recommande, pour les différents thèmes qu'il aborde, pour sa description de Mickey et Kacey, pour cette dénonciation des injustices et d'un monde qui va mal.

(Voir mon avis sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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