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3,7

sur 406 notes
Chien du Heaume est le premier roman de Justine Niogret. Il a été publié en 2010 aux éditions Mnémos et a reçu la même année le Grand Prix de l'Imaginaire délivré dans le cadre du festival Étonnants Voyageurs. Dans ce court roman de fantasy assez réaliste, l'autrice nous fait vivre la quête de son héroïne, nommée Chien du Heaume, partie à la recherche de son véritable nom et de son identité, armée de sa hache et de sa témérité. Malgré quelques défauts mineurs, Justine Niogret réussit son coup d'essai avec un très bon premier roman.

Le premier point fort de ce roman est son style littéraire et la qualité de son écriture : Chien de Heaume est sacrément bien écrit, dans un style un peu « moyenâgeux ». le vocabulaire est riche et précis (j'ai apprécié le lexique en fin de livre, d'ailleurs), les phrases sont travaillées et percutantes… je dirais qu'il n'y a pas de « gras » littéraire. Presque tous les mots, toutes les phrases semblent minutieusement pensées pour servir le récit. Cela donne un texte dense, précis, qui va à l'essentiel, et offre ainsi une expérience de lecture très marquante. Dès les premières pages, on est immergé dans l'action avec un prologue qui introduit parfaitement bien le personnage principal. Très rapidement, j'ai été marqué par les tournures de phrases élégantes et ayant un fort impact sur le lecteur.

L'ambiance du roman est particulièrement réussie. On est à l'aube d'un changement civilisationnelle et une certaine mélancolie plane sur tout le roman, comme une impuissance face aux bouleversements du monde. Les saisons ont un véritable impact sur le cheminement des personnages, notamment l'hiver qui est décrit comme une saison morte, figée par le froid et la neige : dès que les routes commencent à geler, tout le monde se calfeutre chez soi, on ferme les portes, les fenêtres, on bouche les trous et les fissures et on se blottit les uns contre les autres près de la cheminée en attendant que le printemps revienne. le monde dans lequel évolue Chien du Heaume est froid et brutal, on y naît et on y meurt aussi vite, sans fioritures, de froid ou de faim, d'un coup de sang d'un homme armé ou d'un malentendu… Mais la vie est également très présente avec des personnages profondément humains et ces petits moments plein de chaleur, de solidarité, de partage. Ainsi, l'univers apparaît tantôt sombre et pessimiste, tantôt gai et paisible. Bref, c'est à l'image de la vie.

Parmi les quelques défauts que l'on peut relever, je dirais que la trame narrative se perd un peu au fil du roman et la quête principale de Chien du Heaume (retrouver son nom et son identité) finit par passer au second plan. Cela ne m'a pas tant frustré que cela car j'ai été véritablement pris par les aventures de la mercenaire, au fil des rencontres qu'elle fait et des combats qu'elle mène. Sa vie devient finalement la véritable trame narrative, au-delà de ce qu'elle pense être sa véritable quête.

Certains passages m'ont fait penser à la saga du Witcher, en particulier le premier recueil de nouvelles où Géralt de Riv vend ses services comme tueur de monstres. Un chapitre en particulier est emprunt de cette ambiance de chasse où Chien du Heaume traque un « monstre » qui terrorise les paysans locaux. le traitement de cette histoire et son dénouement est typique de l'univers du Witcher. Sans rien révéler de l'histoire, il y a aussi la Salamandre et cette légende qui mentionnent des sortes de chevaux, les Kelpies (nom donné par Ciri à son cheval), qui fait penser à la Horde Sauvage.

Et pour finir, le « bonus » est un petit bijou : Justine Niogret nous offre un lexique complètement barré, à dix milles lieux du style du roman et qui m'a fait franchement rire. le changement de style est tellement radical qu'on a du mal à imaginer comment l'autrice a pu nous servir un roman aussi sérieux, sombre et froid. Elle l'écrit elle-même : "Dans la vie, comme le savent mon armée de psys et mes contrôleurs judiciaires, je suis drôle. […] J'ai dû me briser les doigts les uns après les autres pour tenir le sérieux du livre que vous venez de lire (ou que vous vous apprêtez à acheter, voire à chiper comme un petit gredin)."

C'est donc un beau roman que je recommande. Et pour celles et ceux qui en veulent plus, Justice Niogret nous gratifie d'une suite avec Mordre le bouclier, sorti en 2011, que je lirai sans aucun doute très prochainement.
Lien : https://bibliobatuco.wordpre..
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En premier lieu, Chien du heaume est un livre noir. Noir au sens où l'ensemble de l'histoire ressasse un sentiment prégnant, distillé par l'ensemble des personnages : la solitude.
Solitude des protagonistes qui, chacun pour leur⋅s raison⋅s, s'isole des autres, vivant avec eux, mais sans y être vraiment ou en se mentant à lui-même.
Solitude de la nature aussi où l'on suit Chien au gré de ses pérégrinations mais qui ne sont que des chemins esseulés entre villages (quand on a de la chance).
Solitude enfin car, dans ce récit, on sent bien qu'on raconte l'histoire d'un monde sur le point de changer. Dans ce tome, seul le sentiment existe, est ressenti. On ne pourra mettre les mots dessus qu'à la situation du second tome, où l'on peut déduire que l'histoire se passe au retour de la première Croisade. Néanmoins, même sans mots, on sent un monde qui se meurt, un monde d'un autre temps, un monde qui va bientôt cesser d'être pour laisser place à un nouveau... Laissant donc les derniers représentants de l'ancien monde... seuls justement.

Le point fort de ce livre, ce sont les personnages.
Durs, complexes, chacun ayant ses forces et ses faiblesses, mais surtout chacun ayant reçu une blessure profonde autour de laquelle s'est forgé son caractère, si ce n'est sa vie.
Alors évidemment, on suit Chien qui est une mercenaire, on n'est donc pas avec des enfants de choeur, mais avec des survivants. de ceux qui ont réussi à ne pas mourir de froid et de faim, qui ont appris à se battre.
Mais on les voit tous vaciller au gré de sentiments qui pourraient éreinter leur solitude et d'évènements qui érodent leurs certitudes. Certains les masquent, d'autres les vivent pleinement, d'autres enfin se voient comme ils ne sont pas. C'est un univers terne qui est dépeint et qui pourtant nous entraîne dans ce récit, dans la découverte de ce « monde », plein de rage et de fureur, mais aussi de moments lents à passer. Un monde accordé aux saisons. de fols étés et de longs hivers.

Le récit est très particulier. On a le récit d'un morceau de vie de Chien du heaume. Récit qui retrace ce morceau de vie, avec son objectif : retrouver son nom, mais surtout ses errances, ses aventures et ses doutes.
Le récit n'est pas guidé par un fil rouge directeur, retraçant une histoire, mais par le passage du temps au cours duquel les évènements vont s'agglutiner.
Et pour le coup, je parle bien d'objectif de vie et non de quête, parce que franchement, cet objectif est la fois la raison de vivre de Chien, mais n'est clairement pas le coeur de ce récit.
Il faut donc accepter de se laisser glisser au fil des pages, en notant pour après ces éléments qui referont surface plus tard.

De ce fait, question scénario, c'est pas ce qui se fait de mieux, et notamment de grosses ficelles sont visibles et parfois on se dit que la vie fait quand même bien les choses à certains égards.
Néanmoins ce livre se lit non pas pour le scénario mais pour son ambiance et ses personnages.

Question background, on est sur une période moyenne-âgeuse, avec l'univers dur et rustre qui y est associé. le côté Fantasy apparaissant que de manière sous-jacente - principalement divinatoire, mais pas que, le chevalier Salamandre en est la preuve on ne peut plus physique.

La plume de l'auteur est vive, acérée, tranchante. L'atmosphère est clairement soutenue par cette écriture qui sait manier onirisme et réalisme du plus bas étage.

Au final, un livre différent de ce que j'ai pu lire jusqu'à lors. On se surprend à suivre un conte, mais qui prend son temps, à la fois fait de sentiment gris et sombre en fond, mais émaillé de pointes de couleurs, de sentiments vifs et ardents. Un livre très plaisant à lire et qui amène à une découverte en termes de style de narration.

Chronique source : https://plume-etoiles.blogspot.com/2020/07/chien-du-heaume--T01.html
Lien : https://plume-etoiles.blogsp..
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Je ne sais pas trop comment qualifier ce roman.Pourtant, j'ai bien aimé.J'ai bien aimé le rythme de ces courts chapitres décrivant à chaque fois une ambiance ou un moment unique (quoique ces termes soient parfaitement inadéquats pour recouvrir la réalité de ce récit).J'ai bien aimé le personnage de Chien du heaume, qui ne semble pas aimer grand monde ni grand chose, et qui n'a en fait, semble-t-il, pas vraiment de personnalité au début du roman.J'ai bien aimé certaines ellipses (dont en particulier l'ellipse finale qui nous ramène au début du roman en nous demandant ce que l'auteur nous cache).J'ai enfin bien, beaucoup, énormément, passionément même, aimé le personnage de forgeron. Pour tout dire, à un moment ce forgeron raconte comment il a arrêté de forger pour que ces mains s'adoucissent et qu'il apprécie mieux le contact de la peau de sa femme. Ca m'a touché d'une façon incroyable, tant par le côté logique de cette assertion que par les résonnances qu'elle a éveillé dans ma vie.J'ai enfin beaucoup aimé les autres presonnages, même ceux que j'ai détesté (parce que leur rôle dans ce livre les rend détestables).J'aurais bien envie de vous dire "en revanche, je n'ai pas du tout aimé .... Mais ce serait faux. Je ne crois pas qu'il y ait quoi que ce soit dans ce roman que je n'ai pas aimé. Et ça, c'est épatant.Bon, j'aurais pu m'en douter, hein, étant donné que j'ai un faible pour les romans racontant les aventures de femmes fortes, ce qu'est indubitablement Chien du heaume, dans des ambiances pas forcément joyeuses, ce qui est clairement le cas, à la poursuite d'un but pas forcément clair, et qui compte moins que la route choisie pour l'atteindre, ce qui enfin est le cas ici.Je pourrai juste avoir une réserve sur la conclusion donnée à la quête, qui montre que clairement l'auteur n'y était pas vraiment si intéressée que ça.Avant de finir, j'aimerais dire à quel point j'aime l'idée d'un roman noir, très noir même, raconté par quelqu'un que les annexes dévoilent comme drôle (son blog aussi, mais c'est une autre histoire). Quelque part, et même si j'imagine que la comparaison a déja été faite et l'embarasse un peu, ça me rappelle Catherine Dufour, mais avec un sens de l'humour un peu différent, apparement.Cela dit, il me paraît évident que vous savez bien que je vais chaudement vous recommander de lire cette chronique médiévale abondament documentée, tout-à-fait vraissemblable et parfaitement crasseuse. Ca vous changera de ces tarlouzes d'elfes qui se baladent dans la boue sans se salir les chausses.
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Qu'est ce qu'une belle plume, en fantasy ? Justine Niogret nous en donne une illustration.
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Ce roman n'est pas évident à lire, les descriptions sont nombreuses et le style est assez travaillé. Par moments, j'ai dû relire certaines phrases car mon attention n'était plus centrée sur la lecture et sans ça, on ne comprend plus rien.

Ce qui est particulier également, c'est l'ambiance du livre. le ton est donné dès le début, c'est un roman dur, violent et sombre dans lequel les personnages vont souffrir. Et c'est ce qui les a rendus attachants à mes yeux, même ceux qui apparaissent peu ont réussi a me toucher.

La découverte du monde dans lequel vit Chien du heaume est très intéressante, bien plus que la quête principale de la guerrière en fait. Car si au début, je voulais autant qu'elle qu'elle retrouve son nom, j'ai vite laissé cette idée de côté, comme elle le fait elle même. Alors on ne peut pas dire qu'il se passe rien mais ce qui arrive ne sert pas forcement cette intrigue principale. J'ai suivi avec intérêt les autres événements mais cette quête n'a vite plus été captivante.

Et j'ai bien fait de ne pas m'y attarder car son dénouement est ultra décevant. Ça arrive comme un cheveu sur la soupe et ça n'est même pas un aboutissement pour Chien du heaume.

J'ai donc terminé ce roman sur un arrière gout de déception. Heureusement qu'il existe une suite, je ne tarderai pas à la lire car j'ai vraiment apprécié l'héroïne et son univers.
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...

Je ne peux que conseiller cette lecture qui sort de l'ordinaire avec son ambiance cruelle et son héroïne atypique.
Lien : http://www.yuya.fr/chronique..
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J ai pas aimé. c'est confus et les personnages ne provoquent aucune empathie
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Difficile de parler de ce livre ...
Je ne savais pas quoi en attendre, et j'ai été happée, par un style d'écriture, par les personnages, par une intrigue quasiment inexistante (et pourtant), par une ambiance ...
Un livre dont je suis ressortie en ayant besoin de temps avant d'attaquer la lecture suivante, tellement celle-là avait été prenante. Un livre dont j'ai regretté les annexes, certes drôles et bien écrites, mais qui tranchent trop avec les émotions données par le livre. On aime, on déteste, on rejette et adhère tout à la fois. Plein d'ambivalences, ça change de la high fantasy parfois trop classique, vue et revue (même si elle est est de très bonne facture).
Bref, vous aurez deviné, j'ai énormément aimé.
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J'ai commencé les premiers chapitres, j'ai même été jusqu'à la moitié du livre au vu de toute ces récompenses..mais non vraiment, je n'y arrive pas, je n'accroche absolument pas, je ne me projette absolument pas dans l'univers.

Une vraie déception pour ma part.
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Elle s’appelle Chien du Heaume, elle est laide, trapue, et manie la hache comme personne. C'est une mercenaire hors pair qui vit sur la route à la recherche de travail. Mais elle a aussi une quête à mener : retrouver son véritable nom. Elle a pour seul indice le souvenir d'un père fou et une hache sûrement forgée par un homme de génie. Au fil de ses rencontres, on découvre un monde à l'abandon, ses rudesses moyenâgeuses et l'immense solitude qui colle à la peau, surtout lorsqu'on manie les armes et que l'on donne la mort.
Y aura-t-il un peu d'espoir pour Chien, le chevalier Sanglier qui l'a prend son son aile, ou le forgeron qui pleure dans son antre son grand amour ?

Voilà un premier roman aussi dur que fascinant, un livre d'ambiance où il ne se passe pas grand chose, quelques mots échangés, quelques regards, le temps qui passe, et pourtant Justine Niogret nous entraîne quasi immédiatement dans son univers. On suit les pas de Chien, on la voit s'ouvrir, se refermer, espérer, tomber, se relever ; c'est un beau portrait de femme dans un monde d'hommes. La langue pseudo-moyenâgeuse choisie par l'auteure est parfois envoûtante, parfois horripilante. Malgré cela et une fin un peu simpliste, ce roman est une bonne réussite.
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