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ISBN : 1632155486
Éditeur : Image Comics (29/12/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Eisner nominated artist JASON SHAWN ALEXANDER (Abe Sapien: The Drowning, Queen and Country) brings us a future 80 years after a worldwide black out. The world is a much darker and scarier place. Corinne White is an ex-soldier turned black market spy, data courier, manic-depressive, alcoholic. Punishing herself for mistakes from her past, Corinne is brought out from her spiral when she's contacted by her dead fiends who inform her of a plot to reanimate the bodies of... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  25 novembre 2016
Ce tome est le premier d'une nouvelle série indépendante de toute. Il contient les épisodes 1 à 5, initialement parus en 2015/2016, écrits, dessinés et encrés par Jason Shawn Alexander. La mise en couleurs a été réalisée par Luis Nct. Il s'agit d'un redémarrage à zéro d'une série ayant connu une douzaine d'épisodes à partir de 1995.
Quelque part dans un lieu indéterminé, un homme git inconscient sur le sol carrelé, avec des éclats de bois sur lui. Corinne White se réveille en hurlant dans son lit. C'est une jeune femme blanche, avec des cheveux blancs et une prothèse cybernétique en lieu et place de son bras droit. Ce récit se déroule plusieurs dizaines d'années dans le futur. Alors qu'elle attend que son café passe, elle reçoit un appel vidéo de Johnny 8 qui a 2 missions à lui proposer. Elle doit récupérer un dénommé Nixey Troy dans un bar appelé Bitwize. Puis elle doit se rendre à un rendez-vous fixé par Akanimoh Oni, un homme d'affaires important.
À peine l'appel terminé, elle entrevoit une présence à sa porte d'entrée. Elle s'élance à la poursuite de cet individu, jusque sur le toit de son immeuble. Après une lutte étrange, elle a l'impression de faire l'amour avec un ancien amant. Puis elle perd connaissance. Lorsqu'elle regagne conscience, plusieurs heures se sont écoulées. Johnny 8 l'a rappelé et lui indique que sa cible se trouve toujours dans l'établissement Bitwize. Elle s'y rend et commande 3 shots à Tim la barmaid.
En découvrant ce tome, le lecteur ne sait pas trop à quoi s'attendre. Il parcourt rapidement les pages pour découvrir des images qui ne cherchent pas à faire joli avec un encrage un appuyé et irrégulier, des séquences d'action assez sales d'aspect, et une ambiance de science-fiction. Une petite recherche sur internet lui apprend que Jason Shawn a déjà dessiné une poignée de comics (dont une histoire d'Abe Sapien The drawning) et que c'est un artiste qui expose des toiles dans des galeries. Il apprend également qu'il a déjà réalisé une série appelée Empty Zone. En consultant une interview sur internet, il découvre que la femme de cet artiste avait retrouvé ces pages, ce qui a donné l'idée à Alexander de la recommencer à zéro. Les premières séquences permettent de comprendre que le récit s'inscrit dans le genre de la dystopie de type cyberpunk. le début de l'épisode 2 évoque en 1 page la cause de la régression de la civilisation. Il ne s'étend pas non plus sur les modalités de développement des implants cybernétiques.
D'une manière générale, beaucoup d'informations passent par le biais des images. Jason Shawn Alexander est un auteur complet dont le domaine d'expertise est avant tout le dessin et la peinture. D'épisode en épisode, le lecteur remarque des images où il se fait plaisir, et qui constituent des visuels saisissants. Rien que dans le premier épisode, il y a donc ce dessin d'ouverture en double page, avec un individu gisant sur le sol, puis, une espèce d'amalgame d'ectoplasmes plus expressionniste que descriptif, une image occupant les 2 tiers d'une page dans laquelle Corinne White se fait arracher un bras, la même Corinne en train de marcher dans une rue dont le décor urbain évoque celui de Blade Runner délabré, ou encore un robot défonçant une porte en bois d'un grand coup de pied mécanique. le deuxième épisode continue sur cette lancée, avec le dessin d'une voiture modèle Mercury Comet de 1962, etc. le lecteur apprécie des images impressionnantes dans leur composition ou dans leur mode de représentation à plusieurs reprises dans chaque épisode.
Dans chaque épisode, l'artiste ménage également des séquences où les informations sont essentiellement portées par les images, voire exclusivement lors de passages dépourvus de dialogues ou de commentaires. Dans le premier épisode, il s'agit de la séquence sur le toit. Dans le deuxième épisode, Corinne White poursuit une silhouette fugitive ce qui l'amène à pénétrer par effraction dans un bâtiment, puis à descendre vers le sous-sol de cette installation industriel, et à s'enfuir en courant en remontant un long escalier. À nouveau la narration est à plus de 90% visuelle, avec une lisibilité sans défaut. le lecteur ressent ainsi des accélérations dans sa lecture devenue majoritairement visuelle.
Dès le premier épisode, le parti pris chromatique est assez affirmé. Luis Nct utilise une palette majoritairement composée de tons délavés grisâtres et verdâtres pour un effet un peu nauséeux, un peu sale. Pour quelques séquences, il a recours à des teintes rouges plus soutenues, pour souligner, la violence, l'échauffement des esprits, les affrontements physiques. Cette approche des couleurs souligne l'impression de délabrement de l'environnement, de monde sombrant vers des ténèbres maussades.
Jason Shawn Alexander trace des traits de détourage des formes, pas toujours réguliers, parfois un peu mangés par la couleur, discontinus à des endroits restreints comme si le pinceau n'avait pas assez d'encre pour terminer. Les surfaces restent précises et clairement délimités, mais cela participe à l'impression de déliquescence de l'environnement, comme s'il perdait en degré de finition faute de moyens. En fonction des séquences, il peut placer des aplats de noir plus ou moins importants, avec des contours nets, ou au contraire des contours charbonneux. de séquence en séquence, le lecteur observe que l'artiste adapte son mode de représentation, sans en changer radicalement et sans discontinuité car la mise en couleurs assure une forte unité d'ambiance. L'exemple le plus manifeste est la variation de densité des détails, du photoréalisme, à des ombres abstraites.
Ces modifications d'approche graphique peuvent prendre des formes variées. Il peut s'agir d'une page réalisée à l'aquarelle, sans trait encré de détourage, comme lors de la séquence sur le toit, page 11 de l'épisode 1. Dans l'épisode 2, l'artiste représente Corinne White en train de choir sur le trottoir dans une petite bande horizontale de 5 cases occupant le cinquième supérieur de la page. Dans le même épisode, il consacre un dessin pleine page à une vue de dessus de son héroïne grimpant les marches d'un escalier en ligne droite courant le long d'une des diagonales, évoquant par son esprit visuel les simplifications de Frank Miller dans Sin City (une influence énoncée par l'auteur). L'épisode 3 se termine avec 10 pages totalement muettes, dont 4 consacrées à un combat physique très violent. La narration est sèche, factuelle, montrant la brutalité de coups et des blessures, sans aucun commentaire, comme si le cerveau de Corinne White était en pilote automatique.
Le lecteur se laisse donc séduire par cette narration visuelle sophistiquée qui prend en charge la majeure partie de l'histoire. du coup, il consent, sans trop se faire prier, l'effort nécessaire pour assembler les différents morceaux du récit. L'auteur ne commence pas par une longue scène d'exposition pour tout expliquer. Il n'introduit pas un personnage novice pour que le lecteur puisse découvrir en même temps que lui la situation. Il appartient au lecteur de tirer ses propres conclusions de ce qui est montré, en faisant confiance à l'auteur pour que tous ces petits bouts aboutissent à une image complète à la fin du récit.
Effectivement ces 5 épisodes forment une histoire complète avec une fin satisfaisante. le lecteur découvre donc petit à petit qui est Corinne White et les motifs de sa désorientation. Il en apprend un peu sur son histoire personnelle, pas beaucoup sur son caractère. Hank reste une énigme du début jusqu'à la fin, juste un outil narratif. Les frères Choi (propriétaires de l'établissement House of Choi, spécialistes des implants cybernétiques) fournissent une courte respiration plus amusée que comique. Johnny 8 reste lui aussi à l'état de simple dispositif narratif. Tim, la tenancière du bar, joue un rôle plus important pour Corinne, mais là encore sans grande personnalité. Il en va de même pour Akanimoh Oni et son homme de main Massault. L'intérêt majeur du récit réside donc dans son ambiance un peu glauque, dans sa transcription d'un environnement de type cyberpunk et dans une intrigue bien ficelée.
Ce tome constitue effectivement un départ à neuf pour lequel il n'y a pas besoin de connaître une itération précédente. L'auteur complet crée un environnement d'anticipation, avec des individus améliorés ou modifiés par des prothèses cybernétiques. le récit repose sur une héroïne cherchant à comprendre ce qui lui cause des apparitions et des pertes de connaissance, recherche parsemée d'affrontements physiques brutaux. La narration visuelle impressionne par son parti pris esthétique tranché et sa capacité à choisir des modes narratifs variés et cohérents entre eux. Néanmoins le récit s'apparente à plusieurs reprises à un exercice de style manquant un peu de consistance.
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